mercredi 1 avril 2020

HISTOIRES DE POISSONS…

HISTOIRES DE POISSONS…

Bonjour à toutes et à tous,
En ce premier avril après deux semaines et demi de confinement, ne pas oublier cette date…
celle des petits blagueurs malins qui, dès le 31 mars s’ingénient à :
inventer la petite blagounette,
découper cartons et feuilles de papier pour accrocher subrepticement un artefact marin au dos d’un(e) camarade, ami(e),…
Purée le lien social là, il compte vraiment…
Bon on se les fera en virtuel mais pour la blague potache qui impose de passer sa journée dans l’incertitude « d’avoir ce truc collé à son dos », en imposant une vérif’ régulière, c’est râpé !...
Voyons voir où m’amène l’idée de poisson en musique…
juste pour tenter…

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Le bassiste du groupe Yes, le défunt Chris Squire s’est fendu en 1975, histoire de faire une pause, de l’album « Fish out of water », certainement une métaphore pour exprimer son besoin d’aller voir ailleurs, hors des eaux confortables du groupe dont la célébrité, en cette mi seventies, est plus qu’évidente.

A sa sortie, je ne me suis pas franchement intéressé à cet album, je l’ai écouté, certes, mais sa grandiloquence, son mixage médium aigu, son symphonisme exacerbé et la « sous voix » d’Anderson, ça m’a laissé indifférent.
Pourtant, si l’on prête bien l’oreille attentive l’on remarque pas mal d’inventivité, soutenue par des partenaires de la sphère Yes (Bruford/Moraz) particulièrement intéressants ici, car eux aussi sortis du contexte habituel du groupe.
Un peu de funk par ci, un peu de jazz Canterbury par là  et une approche du prog différente, plus multiple et pour autant plutôt bien identitaire.
Les cordes et l’orchestre sont arrangés non en simple background, mais en écriture active de l’ensemble, ce qui est à souligner. Mel Collins (saxophones) ancien membre de Crimson apporte justement cette touche de mélange entre jazz et prog, qui caractérisait les premiers albums de cet autre groupe phare du prog’.
Des flûtes, un orgue d’église (préfigurant certainement le « Going for the One » du groupe Yes avec son sublime Awaken), tout ici se rassemble en un patchwork pas si décousu que cela et franchement captivant.
Plus qu’anecdotique cette sortie du poisson Squire hors des eaux de Yes est une bien belle redécouverte.

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En 1990 Charles lloyd a lui aussi voulu sortir de l’eau.
J’ai parlé de cet album au gré de la discographie de feu Jon Christensen, ce batteur pour lequel je voue une admiration sans limites.
Revenir à ce bijou de délicatesse musicale, servi qui plus est, par Bobo Stenson (que je place là encore sur les sommets pianistiques), Palle Danielsson (au jeu de contrebasse lyrique et ample) est un plaisir de lumière bienfaitrice en ces temps de confinement – où je vous recommande cependant de bien y rester, vous, dans l’eau qui vous est familière…
Vous irez voir ailleurs plus tard…
En tout cas, Charles lloyd (faut-il encore présenter ce pionnier aventureux du jazz avant-gardiste ?) est bien sorti ici de ses aventures américaines pour aller plonger dans un jazz européen désormais bien installé et alternatif.
Cette rencontre fusionnelle entre ces approches culturelles est juste irréelle et magique…

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Allez, un peu de ruralité urbaine, de flower power, un retour à Woodstock.
Country Joe and the Fish… ça vous dit ?
1967, voici le premier album du groupe du chanteur Country Joe Mc Donald entouré de son groupe de poissons, qu’il a pêchés en plein psychédélisme et qui jouait à San Francisco au Fillmore ou à l’Avalon.
Le public venait là pour se charger d’acide et partir en leur compagnie vers un long trip…
« Electric Music for the Mind and Body » résume vraiment bien toute cette période.
Le blues, langage tellement commun en ces périodes qu’on finirait presque par oublier qu’il est toujours là, émaille le parcours de l’album chargé d’orgues acides, de guitares qui le sont tout autant, saturées, vibrées, nerveuses et aigres, de tambourins cliquetants.
Basse et batterie sont solides, tracent une autoroute dure et sécurisante.
Jefferson Airplane, puis Starship, Grateful Dead… m… on avait oublié ces poissons vraiment lumineux…
Un plaisir que de plonger littéralement dans les eaux de cet album.

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Hé les gars ! Vous qui aimez le punk rock, vous vous souvenez de : Eddie and the Hot Rods ?
« Fish and Chips » est un album produit par Al Kooper, qui sonna la fin (ou quasi fin) du groupe en 1981…
Ce pub rock nerveux, solide et pugnace, c’est le genre d’enfilade de titres qui met la patate…
Beats fédérateurs, refrains directement accrocheurs, son compressé et combatif, ça défile et ça installe l’énergie positive…
Idéal pour la série de pompes du matin…  
Faites gaffe au rythme cardiaque…

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1975, Steve Hillage sort son premier album « Fish Rising ».
Il ne sait pas que cela deviendra un album culte et pas vraiment pour les sphères musicales dans lesquelles il nage…
Il bourre son concept album de boucles électroniques, ce qui sera progressivement l’un de ses axes créatifs et sonores, une pâte identitaire…
Il deviendra ainsi (avant d’en faire carrément partie) l’un des artistes qui influencera le mouvement techno.
« Fish Rising » n’a donc pas pris une seule ride tant il est d’emblée en avance sur son temps dès sa sortie.
Hillage est le « guitar hero » du foutoir collectif créatif Gong, sorte d’aquarium confortable ou transitoire mené par le patron gourou Aelen.
Steve va partir et revenir dans ces eaux inspiratrices, pour finalement récupérer cette philosophie dynamique de brassage collectif d’influences et de mutualisation culturelle, et la déployer à sa façon.
Avec sa compagne Miquette, les voilà partis et comme ce saumon érigé en héro de par sa volonté naturelle, il va remonter pour sortir avec force, volonté et imagination, le courant musical dans lequel il sait que son bien être créatif ne pourra s’émanciper.
Il ira chercher d’autres eaux, rencontrer d’autres espaces et s’entourera progressivement et toujours avec une actualité pertinente, de la technologie la plus pointue et immédiatement maitrisée pour sortir album après album, des petites pépites lumineuses.

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« Fishing with John » est un de ces albums pour soutenir l’image de John Lurie.
1991, John Lurie devient la vedette d’une série Télé.
Le concept est simple…
Il n’y connait rien à la pêche… il invite à chaque épisode un ami, un invité et ils partent pêcher…
Le genre de truc complètement absurde et délirant que seul un gars comme Lurie peut faire…
Il invite Jarmush, Tom Waits, Denis Hopper… et les voilà partis pêcher.
Bien entendu, pour accompagner ces pérégrinations il a composé et joué la bande son, devenue elle aussi  (car cette série l’est devenue) culte…
On y trouve les ingrédients de Lurie… 
Ces sonorités venues du free, mâtinées new wave eighties…
Ces espaces minimalistes pour lesquels il est maestro en la matière – en quelques secondes il « installe » une atmosphère, de l’image, du rêve ou une situation… alors avec la force de l’image en plus, je vous laisse imaginer…
Cette attirance à jouer de l’accord de 7e en espace de langage.
Chaque mini pièce est un espace d’évasion et partir pêcher avec John ça devait être un sacré moment… d’évasion et de sortie du quotidien.
Chaque mini pièce est juste géniale…
Idéal pour sortir mentalement du confinement si réel.
Et puis si ça vous chante regardez vous du coup les films « Stranger than paradise », « Down By Law » et « Mystery Train » de Jarmush… purée… que c’est extraordinaire…

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Bon allez, c’est fini pour aujourd’hui.
Pour vous occuper, écoutez de la musique, vous pouvez aussi recycler le tas d’emballages destiné au tri cartons en poissons… avec des crayons de couleur, des feutres et même de la peinture je suis certain que vous allez libérer votre imagination créative.
Et puis, c’est l’occas’ de blaguer un peu, après tout ça fera pas de mal en espérant que Macron n’aille pas nous sortir un autre poisson d’avril, genre annonce illusoire ou irréelle, genre effet de manche purement imaginaire ne reposant que… sur du vide…
Lui, des poissons d’avril , il nous en fait à chaque prise de parole (qu’il lit, car le par cœur, à son niveau y sait même pas faire…) et franchement… il me fait pas du tout marrer…
A plus et restez… pêcher... chez vous…



 


6 commentaires:

  1. La bonne idée ! Faudrait que je regarde ce que j'ai comme "poisson " dans ma discothèque...
    Je ne connais pas grand chose là, à part John Lurie, j'ai un album avec les Lounge Lizards c'est tout mais Jarmush ❤...

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    1. Les lounge lizards tu as, c'est déjà super... je suis fan de ce groupe...
      et ces jarmush, cette trilogie c'est avec lurie, compositeur, acteur, etc... y'a tom waits aussi... screaming jay, etc... génial.
      à +

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  2. :D Pas mal.. j'ai raté.. je lis seulement ton billet. Je suis encore à réécouter mes Nils Frahm qui passent en boucle le matin, avant de sortir au soleil.
    Des disques avec des poissons.. j'adore ce genre de challenge ;D ça m'aurait évité d'écouter du Johnny :))))))
    Steve Hillage pour moi, génial .. Lurie connais pas.

    La biz

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    1. On essaie de suivre l'autre actu comme on peut...
      Bizs à toi, porte toi bien

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  3. Ha le Steve Hillage, tiens-lui je l’ai bien suivi, tombé amoureux que je fus de « Lunar Musik Suite » mon premier achat. Du coup le précédent je n’ai même pas cherché à le découvrir. En attendant de nager je plane … Sur ce coup là je vais te suivre.
    Sinon, des souvenirs
    Le chris Squire je n’ai pas su l’écouter comme tu l’expliques… Comme je replonge dans la prog, sans exces ni précipitation, peut-être qu’à l’occasion ? Mais comme je connais mal l’école de Canterb.. il y aura d’autres priorités
    Charles Lloyd, mon vieux pote Kaserio qui m’avait présenté « Love-In » mais en Jazz j’ai mon fil, à part quelques incursions que tu provoques 😉
    Haaa Country Joe, a découvrir, tu as raison, à l’èpoque j’avais privilegier Quicksilver, davantage à mon goût.
    Bon et puis le « Give me an "F! ..."F"!, Give me a "U"! ..."U"… »
    Hot Rods et cet album que je pensais mauvais…
    Reste John Lurie …. Inconnu totalement. Suis-je prêt ?

    Pas recoupable dans tes choix, je te propose des dames qui chantent le blues rock, découverte de Laspyke, le roi du commentaire concis
    Samantha Fish - Chills & Fever
    « Plutôt orientée jusqu'alors dans le registre blues-rock, la guitariste et chanteuse Samantha Fish propose ici un excellent album de rhythm 'n' blues old school en reprenant des titres vintage peu connus. Mention spéciale aux musiciens efficaces qui l'accompagnent. Recommandé »
    Amanda Fish – Free
    « Du blues de facture très classique, mais quasiment toutes les facettes du genre sont présentes sur cet album et surtout on y trouve plein de sincérité et une voix efficace. »

    Tout ça se trouve sur Spotify… La bise et jusqu’ici mon entourage et moi, ça se passe bien (Juste Katja qui est triste, j’ai décidé d’arrêter nos diners entre confinés à 3, familles et amis m’ont convaincu que ce n’était pas sérieux, que sortir c’est à chaque fois une remise en jeu…)

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    1. re,
      j'avais hésité avec Samantha, car le nom bien sûr... et je trouve ses albums sympas.
      il y avait aussi Fishbone qui dépote bien et dont un de mes collègues est fan...
      sur qobuz j'ai donc trié car tu tapes fish et là... c'est le bottin...
      mais en quoi les poissons peuvent-t'ils inspirer tant que ça... ???

      oui, sois raisonnable...
      c'est mieux.
      à +

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