samedi 9 mars 2019

"LAURA" - Charlie Parker with Strings


LA CHANSON ASSOCIÉE A UN VOYAGE INOUBLIABLE

Laura – Charlie Parker / Album Charlie Parker with Strings
Charlie Parker : Alto Sax / Joseph Singer : Cor / Eddie Brown : Hautbois / Sam Caplan, Howard Kay, Harry Melnikoff, Sam Rand, Zelly Smirnoff : Violons / Isadore Zir : Alto / Maurice Brown :  Violoncelle / Verley Mills :  Harpe / Bernie Leighton: Piano / Ray Brown : Contrebasse / Buddy Rich : Batterie / Joe Lipma : Arrangement et direction / Inconnus : Xylophone et Tuba.


NYC…

Certainement à ce jour le voyage qui m’a le plus marqué.
Il fut fait en famille, avec tous mes enfants (4) et le plaisir d’être réunis pour un tel moment n’a fait qu’augmenter l’impact émotionnel de ce voyage.
Un appart fut loué, juste à proximité de Time Square.
Chaque matin chacun par groupe partait vivre son aventure new-yorkaise, à chacun sa façon de vivre la ville s’était-on fixé comme consigne.
Les téléphones portables permettaient régulièrement de savoir où chacun en était et de se retrouver si lieux proches, si envies de faire la suite ensemble…

La bande son de New York a été, pour ma part, une plongée directe dans le jazz et les nombreux rapports que cette ville a avec celui-ci qui est son identité culturelle, sa force, son omniprésence ce, encore aujourd’hui.
Harlem proposait la messe gospel façon touristique et à quelques corners de là une église Zion célébrait d’une façon bien plus authentique un jubilé. Trois heures de vie locale, de prêche, de transe et surtout le tout imbriqué dans le gospel.
Un chœur « classique » d'une rare perfection œuvrant en négro spiritual, avec soliste incroyable, grandes orgues et en bas un groupe plus actuel avec le gospel sous sa forme la plus "moderne" mêlant orgue hammond, rythmiques funk et solistes décapant ainsi que prêcheur habité…
Passionnant.
Central Park est la fourmilière du jazz, ici un soliste sous un pont qui rappelle Sonny, là un groupe de free jazz qui attise la foule, à l’angle plus loin le blues en dobro… tant de musique, tant de vie musicale… une population concernée, attentive et sachant s’arrêter pour la musique et lui rendre hommage.
Le métro est une scène à lui seul, pas une station sans son groupe, pas un carrefour de correspondances sans une action musicale, soul, jazz, rap, groove, electro…
L’hôtel Edison avec la magique Karen Brown qui enchante l’entrée de Broadway avec son orgue Hammond et sa sono antique, faisant répéter et se chauffer en live, autour d’un whisky le gratin des chanteurs des comédies musicales qui seront données là, sous peu, ce soir.
L’Apollo, le Cotton Club déplacé x fois mais toujours là, le Carnegie Hall avec en face la boutique Steinway, Chelsea Bridge, le A train, Harlem (nocturne ou en journée), le Madison Square Garden, Little Italy et le mythe Sinatra, China Town et la bande son enchantée du titre de Joe Jackson…

NY m’a réalisé le jazz que j’écoutais et fantasmais, de ma chambre, de mon appart, de ma vie.
Le jazz a pris là sa véritable dimension, sa véritable concrétisation et j’ai compris bien des choses que ce rapport ténu entre la ville et cette musique mettent en évidence.

A chaque moment de mes tribulations, un flash, un titre, une idole, une histoire, une anecdote…


Une BO d’infinies références a accompagné ce voyage.
Parmi celles-ci et au-delà de celles apparue en tel ou tel lieu un titre n’a cessé de me hanter, rappelant Bird/Eastwood, rappelant l’engagement tenace du be bop et de son étoile éphémère capable de l’excès et de tous les excès, brûlant sa vie pour la musique.
Et capable de la plus magique des nostalgies expressives.
Alors « Laura » est restée là, en coin de mémoire et a cheminé tout au long des rues infiniment longues et grandes, surplombées de ces gratte ciels mythiques… puis dans chaque ruelle, dans chaque recoin l’image de Bird m’est restée, comme si, malgré un Duke d’une présence impossible à éviter, une Billie forcément obsessionnelle et tant d’autres Ahmad, Miles et Trane, Bird avait finalement collé le plus à cette imagerie citadine démesurée par sa musique, par son expression, par sa présence, simplement fantomatique.

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« Laura »…

Nous sommes des jeunes gens jouant du jazz, pas ou si peu d’expérience…
On osera pourtant non seulement par passion créer en milieu rural un jazz club, mais ce jour là (le jour où l’idée est venue de se lancer dans une telle aventure), le maire nous a invité pour jouer lors d’une émission de radio populaire, particulièrement suivie en auditeurs dans tout le département isérois.
Il souhaite sortir des habituelles interviews et donner à son image un penchant culturel lisible.
Ce sont les années Lang et son parti, je vous le laisse deviner.
Il soutiendra le jazz club pendant tous ses mandats et celui-ci parti de rien sera positionné sur une bonne échelle régionale en se développant avec bonheur.
Un type arrive, genre VRP en costard, nous venons de terminer le premier set sur la place de la bourgade. Les moyens techniques de repiquage du groupe sont sommaires…
L’ingé son a placé un simple micro SM57 face à nous.
Mon ami trompettiste se tourne vers moi : « ce gars est un spécialiste de Charlie Parker, s’il bœufe avec nous va falloir assurer ».
Heureusement le pianiste avait son real book sur lui.
« Wah, les jeunes, j’étais en voiture et je vous ai entendu à la radio, j’ai filé chercher mon sax… on se fait Laura ? ».
On l’a fait ainsi que « Now’s the time » et jamais cette mélodie n’a pu sortir de ma tête depuis ce jour et quand Bird, le film est sorti j’en ai eu les larmes aux yeux de l’entendre encore sous son tapis de cordes soyeuses.


Plus tard l’un des plus beaux cadeaux qu’on me fit en matière de Cd fut le coffret intégral de Parker Verve.
Plus tard la radio nous offrit une séance d’enregistrement et le jazz qu’on aimait prit une réalité autre. Un cap fut franchi et on s’est engagé dans cette voie…
Certains en ont même vécu professionnellement.


Puis vint ce coup de fil de mon épouse :
« Dis, on peut partir à New York, j’ai une possibilité mais il faut répondre dans les deux heures ».
La réponse fut immédiatement positive, le téléphone en deux heures réussit à réunir une famille au complet et quelques potes de ces jeunes tout excités par l’idée.
L’arrivée à l’aéroport fut un flash ponctué de « Nougayork », mais dès la montée en taxi et le travelling des buildings défilant le long des vitres sur fond d’autoroute vint instantanément « Laura », pour ne pas s’enfuir de ma tête pendant 10 jours et même ensuite…

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"Laura" par Bird c'est ici le croisement, la rencontre et la quasi fusion entre l'écriture et l'improvisation.
Charlie Parker était un improvisateur de génie, un travailleur de la musique équivalent au forcené, obstiné par la perfection et le respect par la musique, de son peuple, des afro américains.
Avec Diz et une poignée d'irréductibles ils ont bougé les lignes, ils ont rebellé le jazz en l'accélérant, en lui créant un langage véloce, inimitable et unique, le bop.
Pourtant Bird restait obnubilé par l'écriture musicale, lui, autodidacte estimait que l'écriture musicale était la noblesse, l'installation pérenne de la pensée musicale.
Il vénérait Stravinsky et n'osa le rencontrer.

L'album Charlie Parker with Strings est une pause douceur émotionnelle dans sa discographie.
Il était inquiet des séances car il savait devoir se frotter à des musiciens lecteurs, lui qui était un sommet d'improvisation.
Ce paradoxe existe encore entre les musiciens de culture et de langage classique et écrit et les improvisateurs. Une admiration et souvent un immense respect s'établit entre eux, les uns enviant la liberté, les autres enviant la rigueur et la précision du texte laissant pourtant place à la personnalité d'interprétation.
Aujourd'hui ces frontières tendent à se franchir, nombreux sont les musiciens qui naviguent d'un univers improvisé à un langage écrit rigoureusement - le mot musique, parfois au pluriel commence enfin à prendre d'autres droits et la musique dite savante ou sérieuse ainsi que la musique dite populaire n'ont plus d'identité réelle.
Nous n'avons plus de Stravinski entends-je parfois dans ces débats, je rétorque que des Pärt, des Adams sont pourtant des compositeurs savants, mais que leurs musique a dépassé cette sphère d'initiés pour aller vers un plus grand nombre d'auditeurs. A l'inverse Bowie, Eno et tant d'autres ont insufflé une dimension intellectuelle et savante à la musique dite populaire en se positionnant comme chercheurs ...
Internet et l'évolution sociale ont permis par la suite et progressivement cette démocratisation et d'avoir un recul qui, à l'époque de Bird semblait difficile à prendre.

Bird a donc réalisé ces séances avec cordes, cette sorte de "Graal" pour un artiste de jazz était de réaliser des albums de ce "genre".
Les arrangements sont délicats et correspondent parfaitement au jeu de l'altiste.
On note que la section cordes n'est pas magistrale mais plutôt de chambre avec un effectif réduit permettant une intimité qui ici dans ce titre charge d'émotion et de vérité le jeu sublime de Bird qui n’évitera pas ses incartades bop. Mais l'on sent ici qu'elles sont calculées, maîtrisées et qu'il a choisi soigneusement le placement de ses us et coutumes de langage bop pour les inclure dans ce contexte, restant principalement enfermé dans le thème.
Les contre-chants sont placés avec subtilité s'échafaudant par solistes et l'ouverture avant l'entrée de l'altiste est juste un petit joyaux d'attente, de préliminaire avant la magie de son phrasé.
Le thème est ponctué, jouxté, le jeu de questions réponses est installé de façon à ce que l'espace soit dédié au saxophone, opérant en quelque sorte comme un concerto pour soliste au sein duquel le dialogue est de mise.
Les pizz et harpes rythment le sujet puis Buddy Rich va exciter le tout swinguant nonchalamment pour embarquer Bird vers une latinerie rhumabaïsante de courte durée revenant vite au swing.
Le trémolo des cordes relance alors l'affaire et le hautbois se permet de marcher sur les plate-bandes de Charlie Parker, l'incitant à tirer profit fugace de cette prise de position.
Ces quelques minutes je les ai gravées à jamais dans ma tête et si par un heureux hasard je sors Laura du real book pour le jouer ou même le lire c'est avec cet axe déroulant de musicalité parkérienne que je me dois de l'imaginer avec un respect qui s'impose.

"Laura", ce brin de nostalgie m'envahit dès les premières mesures...
"Laura", j'y associe cette envie quasi obsessionnelle de revoir New York...
"Laura", c'est finalement le romantisme et le lyrisme sous la carapace rebelle, l'engagement politico-musical, la vie passée à la même vitesse que les traits fulgurants de ce langage qu'est le bop, un langage dont le jazz ne sait ou ne peut encore s'émanciper tant il est vivace et vivant.
"Laura" c'est "l'aura" de Bird en quelques minutes et la magie de sa musique.

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Avec ce titre s'achève ici notre et ma participation au jeu des blogueurs, une quinzaine de jours chargée de musiques et de rencontres avec la découverte de nouvelles sphères, tant musicales que de passionnés s'exprimant sur le net.
J'ai d'autant plus apprécié cette édition du jeu qu'elle s'est faite dans le plus grand des respects et sans polémiques stériles ou provocatrices, ce qui change d'éditions précédentes - une conscience de chacun d'entre nous que ce respect qui a donné à la poignée de participants passionnés l'occasion d'échanges constructifs, passionnants et passionnés, attentifs et bien sûr heureusement humoristiques.
Chacun ayant ses obligations professionnelles j'ai aussi remarqué que la course à la publication n'était plus de mise mais que l'espace des deux jours a permis à chacun de publier selon son humeur, son envie et de façon détendue. Là aussi c'est un changement révélateur.
Personnellement j'ai commenté chez les participants de façon peu prolixe, j'étais intéressé par cette nouvelle édition mais un emploi du temps très chargé m'a limité dans les échanges, ce qui ne m'a pas pour autant empêché de noter et mettre en listes dans mon streaming les nombreuses découvertes faites chez chacunes et chacuns afin d'enrichir le lot de mes écoutes quotidiennes.
Les choix couvraient toutes les esthétiques et c'est vraiment intéressant que de le constater.
Merci à El Norton initiateur de cette belle affaire.
Et merci à vous tous pour cette quinzaine musicale chargée en écoutes, dialogues et je le redit... respect mutuel.
Je crois que je vais m'octroyer une pause d'écriture mais pas de soucis, à très vite.















jeudi 7 mars 2019

« SUEURS FROIDES – Prélude, le cauchemar, scène d’amour » - Vertigo / Bernard Herrmann


 LA CHANSON QUI MET DES FRISSONS DANS LE DOS
« SUEURS FROIDES – Prélude, le cauchemar, scène d’amour » - Vertigo / Bernard Herrmann – Album Portrait d’Alfred Hitchcock – Decca 1994 (Compilation) -
Orchestre Philharmonique de Londres – Direction Bernard Herrmann.


La double question du frisson…
Le frisson de plaisir, le frisson du malaise…

Vertigo-Sueurs Froides est certainement l’un des films d’Hitchcock que j’ai le plus regardé, préféré et partagé.
Cette arnaque qui va provoquer l’amour le plus dense, le plus dangereux, le plus ambigu, le plus fou.
La passion, l’obsession passionnelle.
Cette fausse Espagne américaine, ou mexicaine, cette montée en angoisse, cette sensation de vertige qui va détruire sur son passage et laisser un mystère planer, un homme meurtri et accablé de remords…
C'est la quintessence de l’art du suspense chez Hitchcock, de l’intrigue avec peu ou rien que la suggestion, rien que le travail mental du spectateur qui échafaude des théories, des solutions, des pistes et qui sera, de toutes façons habilement détourné, surpris et forcément atteint en son fort intérieur.

Tout cela n’est pas qu’image et la musique de Herrmann a contribué lors de leur longue collaboration à créer cette atmosphère si particulière qui fait que l’image d’un film d’Hitchcock n’est pas dissociée de cette texture orchestrale et compositionnelle qui d’emblée installe chez nous ce malaise tout comme aussi, ce plaisir.
Une atmosphère se crée et devient familière… Hitch sans Herrmann… cela sera difficile.

Au départ je voulais me contenter ici de la seule scène d’amour mais en réécoutant cette suite orchestrale vertigineuse je ne peux que l’associer en son entier , telle que présentée dans cette compilation, à cette idée de frisson.
La musique de Bernard Herrmann peut être appréhendée à plusieurs degrés de perception.
Chose assez rare dans le principe de la B.O et ce malgré une forte co-identité entre le réalisateur et le compositeur, elle peut tout à la fois s’émanciper du film en lui-même et avoir sa propre vie, sa propre fonction comme rappeler à celle ou celui qui a plongé dans l’image qu’elle reste le vecteur fonctionnel de l’intrigue hitchcockienne.


Le frisson s’empare de l’auditeur qui se remémore ou pas cette spirale du vertige dans cette première partie qui prélude la suite, qui ouvre en générique, le film.
Ces boucles d’arpèges traités en multicouches et s’opposant pour créer justement cette sensation vertigineuse, de manque de repère, de chavirement, d’inquiétude, d’angoisse même, d’indécision et surtout de non contrôle de soi sont un coup de génie tant orchestral que structurel.
Les arpèges de harpes s’opposent dans leur débit harmonique entre ascendant et descendant.
Ils sont également traités en rythmiques combinatoires de façon à ce que divers découpages de la pulsation (noire, croche, double croche) s’entrechoquent ou se croisent sans jamais pouvoir se réunir et s’unifier tout en se battant contre d'imposantes figures de cuivres (trombones en particulier). 
L’idée, alors, du malaise du vertige prend toute sa dimension, comme si ce malaise maladif prenait là, sa réalité et son acuité sonore.

Vient ensuite un cauchemar qui lui aussi fait frissonner d’angoisse.
La stridence s’invite et par à-coups de chocs, d’impacts orchestraux, de traits véloces indiquant que l’on courre afin de fuir l’empreinte mentale, cette panique cérébrale qui semble installée à l’infini temporel prend une place dans tout notre être.
Le frisson parcours l’échine du corps et les effets d’écriture, dont le terme de savant ou de parfait savoir est plus que légitime, arrivent à installer ce que chacun a forcément connu dès l’enfance, cette phase mentale qui vient détruire la paix du sommeil, rendant celui-ci impossible, chargé de sueurs froides incontrôlables, de replis nerveux sur un soi qui n’ose plus la quiétude, car… si ça revenait… et ça revient… forcément.
Alors l’entrée dans le sommeil devient rude, frissonnante dans la nuit et un stress menaçant, pénible, obsédant ne peut que s’installer en soi.
Ce cauchemar, seconde partie de la suite est là encore d’un réalisme d’illustration sonore absolument piquant de pertinence – on y plonge car il est là, au beau milieu de cette suite, mais ce n’est pas spécialement avec une envie délectable, si ce n’est celle paradoxale que l’on peut avoir quant on aime à se faire peur en regardant un film dit d’épouvante ou en lisant, par exemple Lovecraft.
Mais ici l’épouvante n’est pas palpable, ni chargée d’évidence, elle est insidieuse et on se la crée soi-même, comme l’on créera soi-même son « propre » cauchemar même si celui de James Stewart, mélangeant vertige, amour obsessionnel et culpabilité revient hanter comme un trait familier dès les premières mesures de cette seconde partie.

La suite se conclut avec la merveilleuse et frissonnante scène d’amour où le génie de Herrmann va s’autoriser l’art wagnérien mêlant quelques incartades hispanisantes (une Espagne déjà évoquée en castagnettes éblouissantes tant qu’inquiétantes - mais auxquelles l'on n'avait pas vraiment prêté attention, angoisse oblige), contexte du film oblige.
Ces crescendo expressifs, ces nuances exacerbées, ces cordes soyeuses, cette sublime mélodie…
Ce passage, arrivant ici après le déluge orchestral cauchemardesque, l’on y plonge avec un délice quasi serein. C’est un espace où le sentiment pur prend sa place, où l’infinie noblesse amoureuse se positionne… mais il faudra attendre la réalité de cette coda majeur amenée par truchements orchestraux avant de se dessaisir presque réellement de ce frisson d’angoisse apparu clairement dès le prélude.
Celui-ci n’a pas vraiment quitté l’ouvrage, il n’a pas vraiment été estompé, car Kim Novak en Madeleine – Carlotta a installé cet amour sous couvert d’ambiguïté tout au long de l’ouvrage et la musique de Bernard Herrmann s’est emparée de ce vecteur essentiel à la trame du synopsis.
Il l’a alors disséminé en accords tendus (diminués), en stridences même quand l’axe mélodique est roi, comme ici en cette scène d’amour où les violons leaders vont chercher dans les aigus les plus enneigés. Il l’a choqué en effets de nuances, accents, chromatismes et crescendos decrescendos compulsifs afin de donner à ce délicieux sens du frisson qui parcours l’auditeur une valeur ambiguë, plurielle, hésitante.

Bernard Herrmann avait peu de considération pour son œuvre musicale cinématographique, il rêvait et aspirait à une autre noblesse artistique, une autre reconnaissance.
Il n’avait pas conscience d’avoir non seulement écrit quelques-unes des plus belles pages musicales du 7e art, mais de la musique du XXe siècle, ce tout court.
Cette suite ancrée dans un cadre symbolique reflète parfaitement son art et sa science de l’écriture musicale et orchestrale. 
Ses compositions pour « Psychose », par exemple, aux stridences inédites et novatrices ré-éclairant l'école de Vienne dépassent ce simple cadre créatif pour argumentaire – elles imposent un style d’écriture contemporain de ce XXe siècle où la musique de B.O prend une réelle valeur inventive, s’émancipant de l’illustration sonore pour agir en mouvement indépendant mais cependant parallèle à l’image.
« Vertigo » est pour moi une forme de synthèse de son art musical total, de son sens novateur comme des réappropriations culturelles qui rendaient sa musique finalement, « familière » tant que complexe et savante.
 


mardi 5 mars 2019

GENESIS – « Dancing in The Moonlight Knight ».


 LA CHANSON DECLIC QUI NOUS A PERMIS DE DECOUVRIR UN NOUVEL UNIVERS MUSICAL

GENESIS – « Dancing in The Moonlight Knight ».

Grenoble, 1974-75.
Les Eaux Claires-Champo…
Le Conservatoire, pas encore imaginé CNR…
Les cours de solfège avec Mme Durand, décidément, bien présente dans ces chroniques de chansons.
Les nouveaux amis, enfin !
Michel, Jean Pierre.
Un groupe va se former, à la sortie des cours de solfège, on se réunit au Chantilly, fief ado-lycéen enfumé autour du flipper. C’est le mercredi après-midi.
On s’attable, on commande un Monaco, boisson que le proprio du lieu autorise aux ados échevelés et on se crée, par l’idée de musique, un avenir utopiste.
Il nous faut un gratteux, justement, il y en a un qui traîne là, comme nous. Il n’est pas au Conservatoire, mais il a fabriqué sa guitare électrique en apprentissage, ses pédales, ça fascine.
Je viens d’entrer en percussions – qu’à cela ne tienne, je serais le batteur.
Un chanteur, un claviériste (qui deviendra célèbre au sein de formations françaises, d’équipes accompagnant des grands de chez nous) avec les deux compères. Voilà, Arsenic rock est né…
Il sera éphémère et on en rit encore… tant de naïveté(s).

Il faut un projet, des ambitions et que je me sorte de mes carcans pourpres et zeppeliniens.
J’ai exprimé mon addiction à Dark Side, Michel me refile deux albums, à la sortie d’un cours de soirée (à cette époque le solfège c’était deux ou trois cours par semaine en cours de niveau dit moyen) où on n’avait fait que chuchoter de ce groupe, de cette perspective : « Fragile » de Yes et « Selling England by The Pound » de Genesis.
Rentré chez moi, j’ai foncé directement dans mon sanctuaire rock de chambre, jeté mes affaires de cours et remis aux calendes ultérieures les devoirs à faire.
J’ai hésité et ai mis sur l’électrophone le Genesis et là, en une fraction de secondes, transporté par la voix de Peter, j’ai compris que je venais de passer dans une autre dimension, dans une musique que j’attendais finalement depuis que le rock m’avait détourné et que cet amour pour ce rock dont j’ignorais la simple idée de sens progressif venait de naître.

« Dancing in The Moonlight Knight » défila donc d’un seul trait, inédit, novateur et me laissa là, assis et en mutation totale, tous les sens en éveil, ébahi et en une poignée de minutes, transformé.
Le pouvoir vocal…
Avec le recul, je sais que c’est cela qui m’a immédiatement embarqué.
La voix de Peter Gabriel, si particulière, d’un rauque apprivoisé, théâtralisé et aux antipodes de ces rauquements bluesy dont j’étais familier venait d’entrer dans ma sphère auditive et instantanément elle avait créé une onde de choc – le genre de tsunami interne qu’un ado en quête de quelque chose ne peut oublier. Il racontait quelque chose, pour sûr et le mettait en évidence…
Je ne faisais anglais que depuis très peu mais mon instinct me disait que ce n’était pas une de ces chansons ordinaires en couplets refrains, qu’il y avait là une imagerie, un univers en forme de conte, des personnages et une histoire.
Alors se laisser aller au voyage, quand on est avide de voyage intérieur et substantiel, voilà bien qui m’incita d’autant plus à ouvrir la porte que ces cinq-là permettaient de franchir.
Phil, instantanément, au jeu cassé, fracturé, concis et particulièrement puissant avait d’emblée toute mon attention. Ses relances étaient nouvelles, sa sonorité était inédite, sa technique était carrée, de haute volée mais paraissait « abordable » par des heures de mimétisme qu'il fallait que je m’impose.
Tony instantanément positionné en intellectuel m’impressionnait et je tentais souvent de reproduire ses arpèges pianistiques, de comprendre les incroyables espaces sonores qu’il savait produire pour ouvrir le voyage et créer les atmosphères adéquates à chaque chanson, à chaque titre. Il m’apparaissait comme ce chef d’orchestre aux sonorités de claviers inédites et pourtant si proches de ces réalités familières (chœurs, cordes, sans pour autant jouer le copié collé des modes d’usage).
Steve était un guitariste dont je ne comprenais guère le langage, cet homme de l’ombre délicat et presque classique ou médiéval, capable de sonorités contradictoires avec l’idée de ces guitaristes vedettes pour lesquels j’avais un dévolu indéfectible (Gilmour, Page, Blackmore…) mais là, ce solo d’un mélodisme sensible absolu m’a de suite marqué pour ouvrir les portes de son univers parallèle.
Restait Mike, le côté obscur, pas franchement le virtuose, pas franchement le bassiste identifiable côté assise rythmique, pas spécialement valorisé et pourtant, en creusant j’ai vite compris que l’édifice, sans lui… ce ne serait qu’identités divisées, sectarisées ou sectionnées. Il m’est apparu comme le lien, le point central, la stabilité tant musicale que morale et de stature. Par la suite j’ai pu comprendre à quel point un tel rôle au sein d’un groupe peut être contraignant et usant.
Il y a fort à parier que la seconde main de Genesis, celle du quartet puis du trio de rescapés est fondamentalement mue par sa stabilité et sa volonté. Le mélodiste, le guitariste devenu bassiste, le musicien discret et là, toujours quand il faut et qui si l’on veut y prêter une attention particulière, reste scotchant de technique et de perfectionnisme...

« Dancing in the Moonlight Knight » s’ouvre comme un récitatif d’opéra, comme une histoire que l’on raconte et pour laquelle il faut, dès les premières inflexions de la voix, captiver son auditoire.
Quelques accords intemporels sur l’échelle de l’histoire de l’harmonie, ancrés dans le passé profond et pourtant insérés dans l’actualité musicale de cette époque et une ritournelle guitaristique viennent seconder la voix qui mue son personnage et voilà, le voyage hors des frontières franchissant les limites de nombres de musiques cumulées en mon petit mémento sensoriel venait de s’engager.
50 secondes de musique et la comptine nouvelle, dans laquelle le groupe s’est installé en douceur, a produit l’effet désiré.
Plus de quarante ans après, l’effet me reste intact, c’est dire.
De profonds arpèges pianistiques entrent en jeu, la petite ritournelle de Steve est, en peu de temps, devenue obsédante, insistante et pourtant si légère et aérée.
Phil installe sous celle-ci un beat dont on sait par avance qu’il va nous mener vers un crescendo émotionnel formidable. Le son est d’un soin saisissant pour l’époque, la production laisse chaque détail prendre une place pertinente et pointue dans l’espace auditif et les chœurs mellotronnés vont me saisir comme une découverte, comme une révélation.
Curieusement j’ai toujours fait de ce passage, de ce moment une allusion à la musique russe, musique à l’influence caractéristique dans le rock progressif de ces seventies qu’elle ait été revisitée (ELP et les Tableaux), réappropriée (Yes) ou encore popisée (Bowie).
Un roulement de caisse claire bien orchestral de Phil et voilà, Peter peut balancer le grand jeu émotionnel, ce crescendo vient d’aboutir, tous se réunissent vers Peter, vers le texte, vers l’intensité de son jeu chanté, de son théâtre musical, de sa verve et de son charisme total. Nous venons tout juste de franchir les 2 mn et je me souviens avoir eu l’impression qu’une immensité venait de s’ouvrir devant moi, ne me restait plus qu’à explorer, découvrir et avancer.
Phil roule en tous sens, Steve soutient Peter, un pont unisson va mettre les solistes Steve et Tony en complicité. De pédales de volume en soutien de basses organiques profondes Steve va s’échapper pour un court solo et Tony va jeter à la face de Peter ses chœurs imparables, symphonistes et orchestraux.
Steve s’est emparé d’une nouvelle ritournelle qui complète Peter.
Phil oscille entre tenue rythmique et appuis orchestraux et Tony sort son synthé canardeux pour contrecarrer Steve. Je me penche sur le travail de Mike, remarquable, efficace et d’une écriture rare.
Un nouveau climat s’impose, normal, Peter a sorti furtivement sa flûte pour une poignée de secondes et Tony s’est plu à le singer, les mandolines égrènent ces arpèges qui encore aujourd’hui me foutent la chair de poule et Tony installe son tapis de nuances synthétiques.
Là encore, un nouvel univers me jette sa créativité, sa pertinence et sa richesse musicale.
J’aurais pu passer à côté, je suis entré en addiction, de plein fouet.
La précision technique est rare, le sens du jeu et des nuances est inédit – je crois que l’on va reprendre, que l’on va retrouver la ritournelle, l’autre ritournelle, qu’un crescendo va surement venir brusquer toute cette quiétude.
Il n’en sera rien le titre est terminé.

Je ne sais plus si c’est une chanson, un titre, un morceau… rien de réellement identitaire  pour mes référents adolescents ne peut s’installer, finalement mes seuls référents seront le rapport avec le classique que j’étudie, avec ces cours d’analyse qui me passionnent, avec ces écoutes que notre professeure de solfège ne cesse de nous proposer afin d’ouvrir nos esprits.
On lui prêtera ces disques de Genesis et Yes, elle les écoutera et avouera y avoir trouvé beaucoup d’intérêt. Alors on l’aura adoptée, définitivement et ses cours me marqueront, à vie.
Et ces passerelles entre les musiques et les cultures, les esthétiques et les cloisons à défaire ne cesseront de me hanter, réellement et d’en faire bien plus tard, mon éthique pédagogique.
Je suis resté sur mon lit à fixer un plafond, seul support capable par sa neutralité de soutenir visuellement un tel univers inédit.
De la petite chambre il m’a fallu de temps avant de m’extirper pour répondre à l’appel du repas venu d’en bas et retourner à la réalité.
De cette petite chambre j’ai alors passé des heures à ne plus savoir si comprendre, jouer ou aimer cette musique étaient des vertus distinctes ou unifiables, mais ce que je sais c’est qu’encore aujourd’hui je n’ai toujours pas su ni pu m’en détacher.


samedi 2 mars 2019

STEVEN WILSON – « The Raven That Refused to Sing »



LA CHANSON QUE L’ON ECOUTE SEUL AU CASQUE LE SOIR

STEVEN WILSON – « The Raven That Refused to Sing ». 2013.


Steven Wilson - The Raven That Refused To Sing (orchestral version) - YouTube

Au gré de l'album :

Steven Wilson : Chant, Claviers, Mellotron, Guitares / Adam Holzman : Claviers, Minimoog, Orgue Hammond, Piano / Guthrie Govan : Guitare solo / Nick Beggs : Basse Chœurs / Marco Minnemann : Batterie, Percussions / Théo Travis : Clarinette, Flûte traversière, Saxophones.
David Lloyd Stewart :  arrangement des cordes.
London Session orchestra : Cordes.
Perry Montague Mason : Violon Solo.
Steven Wilson : Production, Mixage - Alan Parsons : Assistant Production, Ingénieur du son - Brendan Dekora : Assistant Ingénieur du son.

C’est Chris (Ma Petite Boite à Musique) qui m’a fait découvrir Steven Wilson.
Je lui en suis extrêmement reconnaissant, je n’avais plus trop d’espoir en une renaissance du progressif, j’avais décroché et écoutais encore mes albums passés ou les nouvelles incartades Crimsoniennes mais il y eut « Drive Home », directement adopté ce jusqu’à le faire jouer à mes élèves… et cet album.
C’est aussi à cela que doit servir la blogosphère avec la tolérance tant que faire se peut envers les orientations d’autrui, qui manque, malheureusement souvent.

Je n’écoute plus vraiment de musique au casque si ce n’est quand je travaille en home studio et en studio, afin d’affiner les panoramiques, de créer la spatialisation, de soigner les détails du mix, d’user avec précision des multitudes de plugs dont l’on peut disposer aujourd’hui…
La musique, au casque, le soir seul…
Voilà bien longtemps que cela ne m’était arrivé.
Quand je rentre le soir tard de mes cours avec des groupes qui ont, jusqu’à plus de 21h fracassé Hendrix, Springsteen, ou Wilson, mes oreilles ont besoin de repos et le retour en voiture permet de passer par des phases de décompression du son en écoutant, souvent de l’ambient ou du classique.
J’ai donc rejoué le jeu du casque, pour l’occasion et me suis replongé dans de nombreux titres qu’il y a quelques années encore je me plaisais à disséquer avec cette proximité auditive.
C’était bienfaisant que faire cela, mais bon, je reste mitigé.

J’ai alors repensé à cet album et en particulier à ce titre dans sa version orchestrale et il s’est trouvé correspondre parfaitement à l’attente que j’aurais aujourd’hui d’un tel critère de recherche sonore d’absolu, de bien être, de soin méticuleux de la mise en l’espace du son et d’une forme d’énergie qui ne quitte pas le propos d’un bout à l’autre du fil de ce titre, même si l’on reste - dans cette version -sur une approche symphonique, sous entendant l’énergie rythmique rock.

« La chanson titre de l'album raconte l'histoire d'un vieil homme qui attend la mort avec impatience. Il repense à une époque de son enfance durant laquelle il était incroyablement proche de sa sœur aînée, qui est morte alors qu'ils étaient tous deux très jeunes. L'homme est convaincu qu'un corbeau qui visite son jardin est en vérité une manifestation de sa sœur. Le fait est que celle-ci avait l'habitude de chanter pour lui à l'époque de leur enfance, dès qu'il avait peur ou ne se sentait pas en sécurité, et cela avait une influence apaisante sur lui. Ignorant qu'il ne s'agit que d'un simple corbeau, il finit par penser que si le corbeau chante pour lui, ce sera la preuve que sa sœur est revenue pour l'emmener avec lui dans l'au-delà. »
Source Wikipedia.


Wilson installe un minimalisme pianistique mixé dans son spectre en proximité, son chant est plaintif (soutenu par des chœurs lointains) et un vocoder vient dialoguer en circulant dans le panoramique avec lui.
Autour de cette base solide et autonome (elle peut se décliner avec nombre d’instrumentations et d’arrangements possibles), se suffisant presque en soit, il va faire construire un univers orchestral de cordes d’une rare justesse émotionnelle (mixées comme en classique avec l'espace de disposition de l'orchestre, comme si l'on était face à celui ci - elles seront complétées au chœurs mellotron en final, sublime idée qui redimensionne le tout)  induisant  un solo de violon superbement réverbéré avec un naturel saisissant, écrit avec un savoir qui pour une fois n’est pas juste une transposition claviériste mais bel et bien un arrangement d’écriture en connaissance contextuelle des cordes.
Les solistes sont « justes » d’expression du sujet là où la surenchère eut pu guetter, là où l’effet de forme eut pu primer sur l’intention de fond et l’anéantir.
J’ai beaucoup écouté ce titre de façon extérieure (enceintes en salon, voiture, forcément, diffusion en sono de salle…) – je n’avais pas encore passé le pas de m’y atteler dans le confinement du casque, qui reste pour moi, associé au travail. Sa mise en forme dans l'espace confiné du casque est particulièrement soignée et respectueuse d'une spatialisation quasi acoustique.


Alan Parsons n’est pas ici pour rien…
On se souviendra qu’il fut l’une des chevilles ouvrières de Dark Side, ce monument Floydien qui dépoussiéra l’idée sonore du rock et l’ouvrit vers de nouveaux horizon.
Ici aucun détail n’est laissé au hasard et le sujet profond exprimé par l’auteur est agencé avec un soin qui en accroît la densité, le sens émotionnel.
Il apparait évident que les nouvelles technologies du studio permettent une précision sonore de plus en plus impressionnante, mais pour autant Wilson ne s’égare jamais de ses racines prog (pour lesquelles il a souvent œuvré en restauration de clarté sans destruction de la philosophie de base, en remixant les monuments du genre) –  il additionne ici l’actualité technologique avec ce qu’il convient d’appeler un style.
En point comparatif je citerais ces prises de son de la musique baroque (Hogwood, Minkowski, Christie) qui savent mettre le high tech au profit du langage séculaire.
Cette dimension d’approche sur une chanson à la mélodie superbe, claire, dépouillée prend, au casque un réalisme de proximité, tant qu’une spatialisation paradoxale.
Alors le plaisir de ce type d’écoute m’est revenu, cette quiétude, ce calme, ce confinement confortable puis cette analyse de la mise en espace qui est fondamentale et utile dès que cette proximité palpable s’invite.
J’ai bien entendu réécouté tout l’album et le plaisir de certains titres éminemment énergiques s’est lui aussi invité pour des constats similaires, la précision et le soin du détail n’annihilant pas l’essentiel musical. « Drive Home » a forcément pris sa place dans l’échiquier avec ses guitares (et son solo) miraculeuses.
D’autre part j’ai aussi repris le chemin de nombre d’ambient Eno – Budd et autres Clive ou Guthrie, plongée dans le son bénéfique… mais au sortir de ces écoutes casquées, j’ai retrouvé avec recul l’autre plaisir, celui de la véracité physique du son, de la perception organique des basses, de la réalité spatiale de l’espace dans l’espace et non dans l’enfermement…

Le casque…
Un objet dont ado je ne savais me passer ayant investi tant et tant dans l’apparition de plus en plus de qualité en ce domaine… (mon dernier, un Sennheiser sans ajout d’égalisation, mais avec un son « naturel » m’est d’une immense utilité, pour mes mixs, justement).

Puis devenu un outil plus qu’un plaisir…
Puis devenu nécessaire en certaines situation (avion, attente, besoin d’isolement)… comme dans le travail (piano et claviers numérique, parfois, studio et mixage où c’est une étape obligatoire quoique souvent mensongère…).
Mais je lui préfère la réalité, le corps qui s’accorde à la musique, le vivant, quoi.
Un autre débat s’installe autour de cette thématique – celui du casque…
et de son usage contextuel.

Dernier détail et non des moindres, la mise en images de ce titre est un pur plaisir visuel tant dans sa version avec groupe (que je n'ai pas choisi ici mais qui dépote côté mix rock), que dans le packaging pochette.