mardi 24 juillet 2018

PLAYLIST – Allez, la suite.


PLAYLIST – Allez, la suite.

Bon, on s’est bien détendus avec la première, on y a cru et on s’est installé confortablement en sirotant le Mojito, histoire de...
Mais voilà, ils reviennent ce soir...
Comme chaque année ça va être l’occasion de leur demander notre titre favori, de causer aux pauses...
Ces musiciens, quels veinards !...
Toujours cools, décontrac’s, à l’aise... pas l’air stressés.
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Première partie...
La pause s’impose – voilà bientôt une heure et des brouettes qu’on enquille standards sur standards, le moment d’aller boire un coup pointe son nez.
Reprenons la playlist là où elle s’était arrêtée, avec Groover... enfin, Grover...
Une hésitation afin de ne pas le remettre, tellement bon...
Les pochettes défilent sur le téléphone devenu l’essentiel objet de prolongation de soi.
Ah ça y est...

01/ DIDIER LOCKWOOD – « Night and Day » - album « For Stephane ».


Pff, ce côté Hot Club si bien revendiqué, ce swing « up » et truffé de respirations – une écoute, une complicité parfaites.
Mr Lockwood use de tous les registres, fait siffloter son violon, s’amuse et se complait dans ce jazz à la teinte manouche avec lequel il aurait pu faire carrière de reprise de flambeau tant ça lui colle au patrimoine.
Passer du Lockwood en pauses ça m’est venu comme naturel, ce grand artiste français a tellement marqué de son empreinte une idée du jazz français, de la fusion en faisant appel à des musiciens de tous bords, en réunissant de belles complicités qu’il m’est apparu comme essentiel de l’écouter de temps à autre l’été et de le partager.
Son hommage au grand Grappelli c’est du Lockwood jouant respectueusement Grappelli.
Peu auraient été capables de le faire ainsi – lui avait cette dimension.
Respect.


02/ JAMES INGRAM – « One Hundred Ways » - album « Forever More, love songs, hits and duets »


James Ingram, sa voix, ce feeling si black et soul, ce falsetto irréel, ce sens rythmique de l’articulation... et ce titre, à l’origine inscrit dans ma mémoire depuis le fétiche « The Dude » de Quincy, chanté là aussi par Ingram... Comme si sa voix était totalement indissociable de cette chanson, de cette bluette...
La version présentée ici n’est guère différente de celle de « The Dude » (jusqu’au solo en mode Prophet horns, textuel) à quelques infimes détails près, mais peu importe, ici ce qui compte c’est cette voix, ce feeling et cette aisance.
Ca respire, c’est juste fun et si américain, une varièt’ de haut vol qui groove sur une basse rebondissante, qui s’inscrit dans un petit gimmick de claviers si enfantin et candide.
Un pont élargit et laisse place à James, puis à un ténor dont on sait qu’il va revenir.
Les cordes font leur boulot de texture, presque imperceptibles, les cuivres viennent tonifier un tantinet pendant que le ténor prend ses échappées et qu’un clavinet cocotte en toute quiétude.
Avec presque rien et finalement tous ces rôles distribués avec une parcimonieuse attention voilà bien un petit bijou, pour une voix que j’ai toujours gardé dans mon esprit comme étant exceptionnelle.

03/ BOB MARLEY – « Waiting in Vain » - Album « Exodus ».


Passer de la bluette Quincy taillée chart FM à Bob, c’est osé, mais c’est au fond, ajouter cette juste dose de beat qui va permettre d’avancer, d’installer une « profondeur » tout en restant cool.
Ah, ce titre et son « Like I said ! » claironné.
Un parfait exemple de la magie du reggae...
Allez, on se penche attentivement sur basse et batterie les voilà installés sur les seconds et quatrième temps de la mesure, normal...
Puis voici qu’on va prendre la guitare en compte, elle se joue aussi  en contre temps, sauf que sa base de feeling est le contretemps de chaque temps (1,2,3,4).
Alors il nous reste un peu d’attention utile pour les claviers qui eux, décomposent autour de la guitare afin d’un contre temps supplémentaire et complémentaire lui étant à la double croche.
Nous voici là avec trois niveaux de métrique, de précision et de complexité – pas étonnant qu’ils comptent avec rigueur dès le départ, pas étonnant que ce truc, une fois installé embarque vers des cieux rythmiques de transe auxquels il est impossible de résister (mais résister pourquoi faire ?... d’ailleurs).
Marley c’est de plus en plus indissociable de ma vie.
C’est une mine et une direction tant spirituelle que musicale et ce, en toute tranquillité...
C’est quoi le truc, Bob ?...

04/ LARRY CARLTON « Sleepwalk » - Album « Sleepwalk »


Il faut faire retomber la sauce, on a failli se lever et danser. L’effet Bob.
J’aime Larry Carlton quand il s’empare du truc bateau (genre 12/8 avec une suite d’accords tombée sous les doigts) pour le sublimer par, en vrac, une doucereuse mélodie, un son dont il est le dépositaire, une virtuosité même pas apparente, un feeling de chanteur, une retenue musicale qui amplifie l’expression et une générosité doublée d’un évident bonheur de prendre sa guitare qui transparait à chaque note.
J’aime Larry Carlton tout court, en albums solo (quelle carrière !), en sideman (chez les plus grands) et ce depuis cet album, dont le titre « 10 PM » faisait l’ouverture d’une émission de clips tardive que je ne manquais pas, ado, de regarder.
La lumière du jour a fait place aux étoiles de la nuit...
On savoure et on se laisse aller – mais va falloir, y aller, justement...
Et reprendre tout ça en mains, là, sur le coup on s’est fait griller.

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05/ HANK MOBLEY « Soul Station » - album « Soul Station ».


Il ne faut jamais négliger un bon gros jazz qui tue, qui swingue, au feeling gros et généreux, aux teintes bluesy car sans démonstration virtuose.
Un bon gros jazz compréhensible et bien senti, voyez ce que je veux dire.
Un truc à l’ancienne avec ce son...
Donc chez Blue Note y’a qu’à puiser... Dexter ? Wayne ?
J’ai préféré filer chez Hank Mobley, gros swing retenu au fond du temps, phrasé bluesy authentique, son dense et qui ne lâche prise, sans prendre le chou.
La merveilleuse section rythmique (Blakey, Kelly, Chambers, excusez du peu...) est une véritable autoroute à soliste, elle tisse un swing au fond du temps absolument imparable.
Hank se fend d’un long et inspiré solo, Wynton est juste remarquable en background comme en un solo quasi modèle de blues (Écoutez-moi ces ponctuations de main gauche, ce tracé rythmique, ce jeu pouvant être tout à la fois dépouillé et chargé, mais jamais en clichés... tout en usant de tous les clichés du genre). Nu, Paul glisse son solo de contrebasse, précis, présent, inspiré pendant qu’Art stabilise par un beat ancré dans le tempo l’assise essentielle.
Au retour du thème, cette force tranquille et bien plantée dans le sol réaffirme son pouvoir et on est là, bien... le jazz a traversé d’un trait l’espace et la bière a supplanté le rosé, le côté club, pour sûr.

06/ RONNIE JORDAN « Summer Smile » - album « The Antidote ».


On peut dire que je l’ai écouté cet album, son relifting de « So What » forcément en tête, un « After hours » qui fut l’un des titres qu’on a beaucoup joué avec Jean Marc – bref l’entrée en idée d’acid jazz de Ronnie a marqué la petite sphère du jazz plan plan et les années passées il faut admettre que ce son reste d’actualité, ainsi que cette approche qui ne fut pas si révolutionnaire que cela, mais juste la continuité d’une mode jazz eighties dans laquelle avec une rare intelligence le guitariste s’est glissé.
La nappe lounge au son wave, le beat acid qui solidifie la ligne de basse avec le drumming  qui fait part belle aux ghost notes et ce son « à la Benson », ce jeu mélodique en accords sur cette mélopée estivale, plus qu’une recette, c’est un mode de jeu.
Un dépouillement calculé, qui laisse respirer chaque pattern, qui place l’écoute en mode paisible, sans surcharge – ça reste juste un must du genre.
Les têtes oscillent, le groove s’est installé, irrésistiblement.

07/ SPYRO GYRA « Catching the Sun » - album « Catching the Sun ».


Jazzy et latinisant, avec la touche funky, des thèmes aux mélodies immédiatement chantantes, la couleur tropicale en marimbas et ce lyrisme qui suinte partout chez chacun c’est le Spyro Gyra des débuts, léché, détaillé, « Breckerisé » (Randy vient pousser le solo) sans excès, juste avec la touche de fun nécessaire.
Jay Beckenstein (avec Tom Schuman) est Spyro Gyra, son âme, sa précieuse sonorité, son charisme mélodique, sa verve soliste qui jamais ne sort d’un cadre, un cadre paradoxalement très ouvert.
Cet album et ce titre pourraient presque synthétiser cet « esprit Spyro Gyra », ce jazz qui deviendra smooth, ce penchant vers les horizons latinos mâtinés d’urbain.
La plage n’est jamais bien loin et la mer s’oblige dans ce cadre à prendre une place en horizon.
Une valeur sure (je crois bien que j’avais dit un truc comme ça il y a bien longtemps).

08/ DAVID SANBORN « Sugar » - album « Time again »


Le grand David Sanborn...
Crispé d’émotion permanente, acidifié par une présence sonore qui rend l’instant cher et précieux.
Un beat en points d’appuis qui respire, qui charge d’un feeling gros comme le cœur généreux de l’altiste le titre et le sucre du dessert n’est pas surcharge mais savant dosage.
Sanborn est l’un des plus grands chefs au monde, sa cuisine musicale sait allier toutes les saveurs avec parcimonie et sens précis de bon gout.
Il peut être roots, comme ici, ou plus funky, ce grand chanteur de l’alto est pour moi le plus grand saxophoniste, l’un des plus grands musiciens encore de ce monde.
Sa place s’apparente à un mythe...

09/ TONY BENNETT « The Good Life » - album « I Wanna be around ».


Allez, une petite dernière...
Je pense générosité, je pense sourire, je pense plaisir, je pense bonheur, je pense Tony Bennett.
J’aime l’homme, j’aime sa voix, j’aime son jazz et sa façon de crooner ces intemporels standards, j’aime ses duets au cours desquels il va inviter les plus improbables des artistes.
J’aime sa gentillesse et son professionnalisme.
Le décor est chargé comme une chambre d’hôtel de Las Vegas, ça scintille de partout, c’est plein de strass et même si Lady Gaga n’est pas encore venue lui redonner une cure de jouvence, Tony chante là cette belle vie, cette chanson composée par Sacha Distel, cet autre crooner intemporel, français, qui avait toujours le jazz dans sa guitare et dans sa voix.

BON...
On va reprendre et on sifflote cet air délicieux, si expressif, si vocal...
Ça valait bien le coup de trainer une poignée de mn en plus avant de s’y remettre...


jeudi 19 juillet 2018

PLAYLIST – (PLAISIR ou CASSE TÊTE ?)

PLAYLIST – (PLAISIR ou CASSE TÊTE ?)

L’été est bien là.
Ici chaque trajet en voiture a été revêtu d’une dose de patience, d’une augmentation d’environ une demi-heure de temps, d’une grande vigilance avec un œil permanent dans le rétro, scooters et autres deux roues oblige.
La chaleur est au rendez-vous, ponctuée cette année de quelques pluies bienvenues, la nature a besoin d’elles.
Le foot c’est fini – à chacun de s’en faire son éternel constat.
Je ne m’étends pas – je constate juste que ça a fait bosser, beaucoup bosser alors rien que pour ça...
Bon, allez, la playlist... (de l’été ?)...
à quoi bon, à quoi ça va bien servir et pourquoi faire.

Il y a une bonne quinzaine d’années suite à un accident de voiture je me suis vu contraint de racheter une occas’ bon marché mais solide.
Il s’agissait d’une X’ara avec... un lecteur K7... je m’étais fait des compils de titres sur cet antique support, utile.
Puis le jour de l’arrivée en lecteurs du mp3, j’ai fait de même dans la voiture suivante, mais là on pouvait en mettre un paquet de titres...
Aujourd’hui (encore une fois le débat du support pratique), hop, via mon appli Napster, on stocke et on crée, recrée, efface, remet des titres à gogo.
Reste à savoir pourquoi, ou pourquoi faire.

Ça a (re)commencé avec cette seule et première idée :
Une prestation musicale c’est environ trois sets, voire deux selon les lieux.
Donc la pause qui s’impose...
Cette pause il faut la combler par, un peu de zic.

J’ai donc commencé par ça, proposer, selon le style joué, quelques titres qui permettent aux clients de continuer à se détendre pendant que les zicos pausent, boivent un coup (bière, rosé et même parfois de l’eau) et tapent la causette avec patron, habitués, amateurs, amis venus écouter, et entre eux bien sûr.
Ils ne parlent plus de musique, ils la font, c’est suffisant, par contre, il y a fort à parier que les titres de la playlist s’immiscent dans le sujet.
D’où, là encore, l’intérêt d’un choix méticuleux.
Un judicieux saupoudrage de bossa (obligatoire) de jazz soft, de calif, calibrer le son, éviter l’agressif, mélanger connu et ce qui accrochera par le beat, le genre, l’idée... rester easy, parmi de nombreux critères voilà un peu ce qui m’a dirigé.

17 titres, Napster a de suite tagué « Relax », « pop » et « jazz ».... comme quoi.

Ah oui...
Préalables requis avant d’attaquer :

- Choix d’une boisson à caractère estival (mojito, bière pression belge de préférence ou type Corona, rosé couleur claire, cocktail fruité...)
- Choix d’un environnement de préférence extérieur et ensoleillé.
- Choix d’un siège imposant la détente (transat, bain de soleil, ou carrément serviette sur plage)
- Pour les addicts du protocole apéro ne pas oublier les tomates cerises, une petite tapenade sur croutons, les éternelles cacahuètes (non salées été oblige), pistaches ou encore fruits séchés et bien sûr la fougasse.
- Si ça cogne pensez au parasol, on ne sait jamais car, une fois installés, se relever va être très... très difficile.

01/ KENNY G – « Brazilian Nights » - album « Brazilian Nights »

On ne va pas chipoter, l’entrée, cordes soyeuses enchainées par le piano souple et délicat évoquant le thème... Kenny entre en piste, alors le décor s’ensoleille...
Le sax, la bossa, Getz, je laissé défiler le package de clichés et c’est bon.
Comme son mentor Kenny ne lâche jamais la mélodie, il soloïse tranquille, peu de bavardage, juste ce qu’il faut – commercialité loungisante oblige, cool attitude logique.
Un solo piano laisse se reposer un temps les cordes qui vont revenir en horizon.
On avait presque oublié le thème, mais est-il si important ?...
L’important ici c’est cette souplesse, cette délicate attention bossa ré-évoquant en quelques 6.32 mn  tout ce que cette vague nouvelle a embarqué d’images radieuses et positives.
Et ... de bonheur.


02/ BILL LABOUNTY – « Look who’s lonely now » - album « Bill LaBounty ».

Cool sans écouter la voix de Bill ?
Ça m’est impossible – les habitués du blog le savent.
J’ai pourtant hésité avec la version de Randy Crawford, mais Bill, sa voix...
Moelleux, souple et aéré, les cuivres de Jerry Hey, cette rythmique qui respire, cette voix qui accroche, qui pleurniche d’amour country, ces quelques chœurs parcimonieux (look), la gratte de Toto/Lukather (ce solo), le gimmick flûté et futé, le drumming précieux de Porcaro en halftime pré Rosanna rebondissant et cette fin qui transpose...
Ces mecs sont des orfèvres, les rois du détail, mais ça, je l’ai déjà dit.


03/ RICKIE LEE JONES – « Easy Money » - album « Rickie Lee Jones ».

Il me fallait un titre dépouillé après cette tonicité retenue.
Le genre « allez on se calme », on s’assoit, ou du moins là, on s’en ressert un.
Elle entre en scène, présentée calmement par une contrebasse laidback, quelques arpèges de guitare hésitant entre une pop « unplugged » et un sentiment jazz viennent rejoindre cette voix qui raconte, nous parle, nous susurre une mélodie inchantable et pourtant d’une telle évidence pour Rickie.
Vibraphone et piano en clichés jazzy viennent compléter l’atmosphère du club devenu jazz en l’espace de quelques touches de style bluesy.
On a à peine remarqué le subtil Gadd aux balais... comme quoi, Rickie, quand elle est là et chante...
Le second verre n’est pas encore terminé – on a encore le temps et Rickie a déjà alimenté la conversation.
Normal, elle est inévitable.


04/ GEORGE BENSON « Affirmation » - Album « Breezin ‘ »

Il faut toujours une touche d’instrumental pour laisser retomber l’attention et relaxer à nouveau.
« Affirmation » est l’un des titres de Benson dont je ne sais me lasser.
Le mélange cordes d’une infinie pertinence qui contre chante, avec cette rythmique jazzy/funk en clavinets, tapis de fender et wah wahs sur cette ligne de basse latinisante et un drumming mêlé aux congas : une parfaite alchimie.
Benson c’est ce son qui chante, c’est instantané, on entre dans le jeu, direct.
Puis il y a ce petit riff unisson qui vient en milieu de parcours augmenter le groove soigné du titre avant le lumineux solo de Rhodes.
Un instant de clarté.
Tiens, elle décline justement, cette clarté et le soleil va se coucher...
Il est temps de retourner à nos instruments...


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05/ ROBBEN FORD - « Riley B King » – album « Truth »

Si on l’a jouée pop teintée de blues, la seconde pause embrayée par ce titre soft et pourtant soutenu, ça va le faire.
Robben Ford c’est depuis un bail ce nouvel artisan du blues, ce guitar-hero adulé par nombre de passionnés de la pentatonique, un son précis, un phrasé subtil et personnel (en attestent les solos où l’on frémit de plaisir à chaque bend), une voix atypique pour le genre qui ajoute une touche d’originalité indéniable.
Il est entouré de la crème, il connait son sujet plus que nul autre (vibrant hommage à BB King ici), il est égal à sa direction musicale et pourtant chacun de ses nombreux albums tant en reprises qu’en compos originales atteste d’une carrière dans le sillon d'un blues sans concessions ... et sans compromis au plaisir.


06/  MICHAEL MCDONALD - « I Keep forgettin’ » - album « If That what it takes ».
Imaginer une playlist sans Michael, je n’en suis pas capable.
Ils sont tous là, les meilleurs (de ceux qui firent rêver Jonasz) pour l’accompagner en studio pour en 82 pour son premier album solo, ça s’ouvre par cette reprise du titre de Procol Harum et tout est dit.


07/ DONALD FAGEN – « The Goodbye Look » - album « The Nightfly ».

Après Michael quoi de plus évident...
Donald a sorti la panoplie caribéenne, il s’offre une escapade hors des cités américaines.
Il surfe west coast, beach devient son mot fétiche, c’est félin, comme toujours c’est d’une telle perfection là encore et tellement bien composé (le petit pont central, qui avant le gimmick écrit redimensionne et encadre la guitare en solos).
Pas de hasard et un plaisir jamais perdu de vue.
L’adéquation basse/batterie/percussions, à elle seule, vaut le détour...
La coda permettrait de penser à chalouper en regardant les dernières filles qui traînassent en rigolant sur la plage afin de rejoindre la scène, mais non... on a encore le temps et ils sont bien... une nouvelle tournée vient d’être servie, alors calme... encore un peu.


08/ GROOVER WHASHINGTON, JR – « Make Me A Memory (Sad Samba) » - album « Winelight »

Un classique...
Gadd-Miller, LA rythmique de rêve.
J’affectionne particulièrement ce titre, beaucoup joué avec mes amis Roland et Joël il y a longtemps.
Sa magie reste intacte cette opposition entre mélodie aérienne et seconde partie rythmée, un sujet idéal pour l’improvisation avec un tracé sans heurts aisé à suivre pour s’exprimer.
C'est que fait ici Groover avec en passant, ce son de soprano merveilleusement maîtrisé qui est d’une rare finesse, reposant sur ce Rhodes vaporeux au son chorusé...
Je me surprends à pencher vers les duettistes de la rythmique – ils me traumatisent...


Vite retourner vers l’espace scénique avant qu’on commence à en parler car ça sera long...
Le temps d’une pause passe vite...
La tête dans les (ces) musiques permet de se relativiser soi-même, de se ressourcer et de prendre l’autre part de plaisir là où elle se trouve.
Un lendemain, histoire de changer, on prendra le temps d’une autre.
Car il ne faut pas rester sur la même, soi-même on s’en lasse (ou pas) et puis il y a tellement de titres à écouter qu’on en aurait le vertige.
Bon, la première est passée.
Le rosé était impeccable et bien frais, la plage (clin d’’œil à Chris) avec sa vue unique a tenu ses promesses de far niente.

Prochaine(s) listes autres articles.
Huit titres ça passe décidément trop vite...