jeudi 12 mai 2016

BOBBY McFERRIN – « THE VOICE » - Elektra Musician – 1984

BOBBY McFERRIN – «  THE VOICE » - Elektra Musician – 1984

La performance...
Le phénomène...
Le stupéfiant...
L’incroyable...
L’inédit...
Talent ou génie ?...

En 1984 cet album a changé radicalement ma perception du chant mais également il a ré-évalué ma perception musicale intérieure en lui donnant une autre réalité.

Un lent et progressif processus m’a amené - après la véritable considération vocale instrumentale, passant par l’incroyable travail d’une Lauren Newton en pupitre au sein du Vienna Art Orchestra, bifurquant par l’obligatoire incontournable champion du « mime » vocal en la personne d’Al Jarreau – vers Bobby McFerrin.

Aujourd’hui il serait compliqué d’oser sortir un album intitulé « The Voice »...
Ce terme identitaire fut appliqué avec justesse à Mr Sinatra.
En 1984, Bobby McFerrin pouvait relever le défi de cette identité patrimoniale... en proposant la voix, comme « autre chose », autrement, différemment.
Un terme qui a été galvaudé désormais, comme tant d’autres.

Faire un petit "écart" sur la récupération médiatique actuelle autour du plaisir du chant, en « starifiant » sur le principe du radio crochet vieux comme Érode, ou en médicalisant l'affaire sans remboursement de la sécu et sous couvert d'un axe ratissant en même package le psy et la zénitude bab bio me titille un brin...
Cela m'amuse même, là où nombre de collègues tant professionnels de l'enseignement artistique ou musiciens s'irritent, s’agacent, s'excitent, montent sur leurs grands chevaux de la légitimité artistique.

La voix, quoi de plus personnel, de plus "naturel", finalement.
Un mot, un son, une inflexion, une « intention » et se révèle par elle ce que l’on dénomme personnalité, identité.
On aura parlé d'ADN, je trouve cela plutôt juste.

Certains l’ignorent ou n’y prêtent attention et pourtant on sait parfaitement les reconnaître au téléphone, par exemple...
D’autres en jouent et ont habileté à le faire, ce du présentateur radio/tv jusqu’à l’homme politique en discours.
La voix, leur voix leur permet le message... elle convainc, elle apaise, elle attire...
J’ai également vu un reportage récent mettant la voix au centre de thérapies, le chant en étant une...
pas nouveau que de savoir que chanter "fait du bien", exutoire, extériorisation, désinhibition, détente, bien être - bientôt à l'affiche des salons de massage...

Enfin le musicien chante, doit chanter...
Un musicien qui « ne chante pas », ne l’est, à priori pas.
Il enfile alors des chapelets de notes sans aucun sens, sans « direction », sans expression, sans « âme ».
S’il chante et ce, à plusieurs degrés de « lisibilité », il éclaire alors ce qu’il joue, il le rend compréhensible ce jusqu’à émouvoir, faire vibrer, rire ou pleurer, déclencher l’émotion, retenir l’attention.
Son propos peut faire adhérer ou énerver, voir rejeter... c'est ça, chanter et donner sa voix pour se faire entendre.... même à travers l'instrument.
Une mise à nu, en quelque sorte.

Certains chanteurs ne chantent donc pas forcément.
Leur ligne mélodique comptera moins que le texte qu’ils déclament, un axe français bien connoté sous l’étiquette « chanson à texte ».
Pourtant paradoxe, on aime "la voix" d'un acteur... tellement associée à son physique...
N'avez vous jamais imaginé le physique d'une personne, de par sa voix ?
Avez vous un jour découvert en VO la voix d'une actrice, d'un acteur, alors que son "double" de traduction masquait cette réalité physique ?...
Pour ma part subjective, j'écoute un texte s'il est bien chanté et bien représenté vocalement (de Bashung à Abd Al Malik, de Lavilliers à Dylan, de Sheller à Phil Collins, si si...) ... sinon, l'auteur n'a qu'à le dire... sans musique, après tout, pas besoin de deux accords pour ça, le "message" peut passer autrement... (j'ose : pathétique Renaud ?)...

Certains autres chantent sans réellement le savoir, quitte à dénaturer leur personnalité, cherchant dans la musique qu’ils expriment le mimétisme en place de l’authenticité ou croyant que ce mimétisme les rendra authentique...
Une bataille pédagogique pour ma part... trouver, à travers ce qu'on aime...SA voix...

Puis...
Il y en a qui, toutes catégories confondues incluant classique, jazz, pop et tout le panel vocal de par le monde, dès qu’ils chantent attirent, font vibrer, émeuvent...
Une note et hop ! On part...
Cela est bien subjectif et reflet des atomes crochus humains...
J’entends Louis Armstrong , Billie Holiday, Tom Waits, Cecilia Bartoli, Emma Kirby, Gino Vannelli, Michael McDonald, Rickie Lee Jones, Mark Murphy, Joni Mitchell, Alain Bashung, Sinatra, Tony Bennett... et instantanément le poil se dresse, la vibration positive s’installe, le plaisir est là, l’émotion entre dans tout le corps et l’âme...
Pour d’autres ce sera Céline Dion, par exemple, moi ce sera Véronique Sanson.
Je ne fais pas là le moindre rapport avec le texte, je tente de distinguer voix et propos, s’ils se complètent, s’associent ou encore s’additionnent pour un tout livrant une personnalité alors forcément ça s’intensifie...
J’écoute Brel, Ange, Bashung tant pour leurs textes que pour leurs voix...
Je n’entend pas Brassens, n’adhère pas à Bobby Lapointe, mais suis toujours ému et en admiration devant Trenet et bien entendu Piaf dont la voix transcende le texte, la mélodie et l’orchestration...
C’est donc très complexe et la voix d’une/untel attire... ou pas...

David Sanborn m’apparait comme une voix.
Satriani aussi, même si ...
Scofield est une voix, David Gilmour aussi et pas que quand il chante.
Ray Anderson chante comme il joue du trombone ou inversement...
Charlie Parker est un chanteur sur saxophone qui fout la chair de poule tout comme Coltrane, même quand il barre free, car même là, son âme s’exprime en chantant.
Ornette aussi chante, Garbarek c’est le chant intense, Jarrett chante d’ailleurs tout ce qu’il exprime et cela en agace certains, mais c’est tellement authentique de vérité.
Miles a toujours chanté, Tony Williams chantait sa batterie ainsi qu’Elvin... comme Jarrett d’ailleurs.
Je sors d'un concert d'Al Foster - il chante à l'évidence tout...

Cette subjectivité de "l'atome crochu" va pour le musicien instrumentiste vers des rencontres et choix naturels.
J'ai accompagné nombre de chanteuses et chanteurs dans ma vie.
Il y a eu des voix qui m'ont laissé indifférent, d'autres m'ont accroché et enfin certaines, rares, donnent un sens à mon jeu musical.
Et là aussi on peut l'étendre au vecteur instrumental...
Les chants se complètent et alors le dialogue est là, s'installe, s'instaure, se précise, communie.

Et puis il y a ceux qui poussent le bouchon très loin, avec une maîtrise technique effarante, une recherche permanente afin de « faire évoluer » le simple fait de « chanter »...
Leur voix devient alors instrument – elle chante d’autant plus qu’elle sous-entend le texte ou s’en affranchi pour une expression pure, palpable où seule la voix exprime, à nu, la musique.
Je parle encore de musique...

Ella Fitzgerald aura usé du scat et ce mimétisme instrumental nous aura au fil du temps amené vers un Al Jarreau parfois merveilleux chanteur, parfois énervant d’imitatif de circonstance là où l’on eût aimé la musique en place de la performance consistant juste à l’imitation de tel ou tel instrument.
L’excès... le passage du côté obscur du musicien qui oublie... la musique parfois.

Puis il est arrivé, là, Mr McFerrin, après un premier album Elektra que peu connaissent et qui pourtant proposait à ceux qui s’y intéresseraient une version de « Moondance » plutôt inhabituelle et soignée...

En live, le lascar, genre l’artiste le plus économique du monde...
Avec rien d’autre que lui-même, sa voix, son corps, sa culture, son ouverture et une technique novatrice (et un micro...),  Bobby McFerrin a juste révolutionné l’approche du « chant ».
Il l’a fait en trois claps, en usant d’une verticalité pour la placer en horizontalité, pourtant culturelle, au chant, en abusant d’une tessiture se fichant complètement des degrés transitoires ce, finalement, avec une voix relativement « ordinaire », du moins peu estampillée, étiquetée, assimilée à...

Tout le contraire d’un jazz soigné et brillamment détaillé à la Ella, pas vraiment non plus déchiré comme une Billie... pas une diva ou un ténor, un crooner, un bluesman rauque, un faux timide, un métaleux à l’organe esbroufant ou encore un champion de la vibe ...
Non, Bobby McFerrin chante, tout simplement, comme finalement chacun d’entre nous pourrait le faire dans sa salle de bains, sauf que...
Sauf qu’après l’avoir écouté et réalisé la palette impressionnante de sa proposition vocale on préfère mettre le disque et à peine fredonner... ou siffloter (car il sifflote... aussi)

Bobby McFerrin c’est « tout en un »...
Il transforme l’horizontalité physique de la voix en un concept vertical de prise en conscience harmonique et même rythmique puisque son corps, sa respiration (tant inspiration que souffle) et ce jusqu’aux attaques des mots ou onomatopées, sont ou peuvent être prétexte rythmique.
La mélodie alors réunit tous les axiomes en une ligne effectivement horizontale mais qui chemine par tant de hauteurs, fracas, pulses et autres éléments musicaux qu’on entend un orchestre en un seul homme.

L’idée n’est pourtant pas nouvelle ou même révolutionnaire...
On fait tous plus ou moins cela... dans nos têtes en chantant "intérieurement".
Pour s’en convaincre je vous incite à vous chanter effectivement « dans votre tête » un titre que vous connaissez par cœur et vous constaterez que votre voix intérieure met tout l’ensemble sur un chemin horizontal en se référant à l’émission sonore vocale comme « source sonore ».
Normal, l’homme s’exprime par la voix...

Alors si vous résumez par exemple le « Come Together » des Beatles vous passerez par la basse à laquelle vous enchaînez directement les triolets de batterie, mais vous n’aurez oublié pour autant de donner à cette basse en première note le schu... du chant, puis la chanson prendra sa place sur l’échiquier pour s’estomper vers le toum toutoum des toms de transition...
Le cerveau fera le complément des backgrounds, la voix ne pouvant l’exprimer, apparemment trop occupée par mélodie et texte...
Pourtant si l’on voulait, on pourrait entre les phrases insérer çà et là, telle petite note, inflexion, respiration rythmique, etc, propre au texte musical (une note grave pour la basse, etc...).
C’est ardu, ça demande une « partition intérieure », un souci du détail, une parfaite connaissance de moindres recoins du morceau... un sens aigu de la synthèse...
C’est ça Bobby McFerrin...

C’est le résumé sur une ligne « horizontale » de toute une musique verticale et rythmique...
C’est ce que notre esprit résume dans le temps en synthétisant et compressant par la ligne horizontale vocale et monodique l’ensemble des données d’une œuvre, d’une pièce, d’une chanson, bref... d’une musique.
C’est tout aussi valable chez Mozart que chez Armstrong, ou encore Dream Theater – on compresse, on réduit, on synthétise pour un recul une lecture uniforme....
Le reste n’est qu’environnement et couleurs, perception de « décor » qu’on associe, pour les sensibles et à certains degrés de finesse, ou pas.

Alors prenons le présent album, ce live de 1984, cette performance stupéfiante et penchons-nous sur ce saucisson de chez saucisson, le fameux (et magique) « I feel good ».
Bobby McFerrin nous balance là, en un tour de pirouette vocale ou l’esbroufe n’est pas dans la puissance, ni dans quelque critère habituel de perception d’une « grande voix » tout ce qui fait le titre. Chaque recoin de la version de JB est restitué, la ligne de basse, les cuivres, la gratte du second temps, la batterie, le cri de James, le pont, la carrure et l’esprit du blues (oui I feel good n’est rien d’autre qu’un « simple blues » de 12 mesures avec I – x4 / IV – x2 / I – x2 / V – x1 so good / IV – so good / I – I got u) avec son phrasé, son énergie et ses racines...
Pas un gramme de mimique si chère à notre Al du rythm’n’flouze (Nougaro), pas de surenchère à la Chaka qui malgré une armée de chœurs, de cuivres et un mur du son arrive toujours à passer « au-dessus », pas de grandiloquence romantique telle qu’Alberto sait si bien la faire, pas de chuintement, de susurrement ou, à l’opposé, de bon gros "Babe-eeeee" à la Coverdale genre bien viril... le délice sucré du crooner de Frankie à Mel (Tormé) est rangé sur l’étagère du has been...

Je réfléchis et je confirme...
Bobby chante finalement comme vous... ou moi à ce petit détail prêt c’est qu’il en fait un axe tant artistique que technique ou innovant et que de là surgit, à mon sens... la différence.

« The Voice » - ne pas confondre avec l’équipe des braillards du samedi sur les TF1ventures coachés, la vaste farce, par un club de potes au demeurant presque sympathiques depuis qu’une certaine midinette anciennement star ac a pris congé – est donc sorti en 1984, sous le label Elektra Musicians...
Il fait la pige à Stanley Jordan, autre solitaire un peu chanteur d'instrument mais plus attaché à placer ses doigts en technique pianistique sur manche, lui est sur Blue note.
Le "performer"... ça intrigue... et ça rapporte.

Cet album porte vraiment bien son nom et il est plutôt universel tant humainement que vocalement...
On y est bien, c’est quasi intime et pourtant le public ces soir(ée)s-là (pas pu m'empêcher) était large et en lieux vastes...
On y est proches de cette VOIX.
C’est un peu celle qu’on a dans notre tête, en mieux ou en vrai... comme notre propre walkman, celui qui trotte dans notre esprit quand on se met à ne savoir se débarrasser d’un « truc » entendu, accroché et qu’on fredonne.
On se le fredonne « dans son ensemble », dans sa globalité et comme là, tout y passe...
Bobby McFerrin - I'm My Own Walkman - 1984 - YouTube

Ça aurait pu être ce beau « Blackbird » de nos fringants Beatles, que cet air.
Alors on aurait surement, comme Bobby, alterné les basses et leurs réponses d’aigus harmoniques, on aurait fredonné et même sifflé l’air... puis on aurait qui sait, tapé la ‘tite impro... doudidoudidouou didoudou... tout ça dans le bus, en allant au boulot...
Un sacré prof de chœur ce Bobby au passage...
Prenez « El Brujo ».
Le voilà qui fait chanter l’assistance à trois voix, les installe, joue le prêcheur de la bonne parole bluesy/churchy et même qu’il va récupérer l’escapade fugace d’un choriste en transe, histoire d’un vrai dialogue, d’une vraie écoute...
Une performance – oui.
Un show ? Même si Bobby se range d’emblée dans le cabinet des curiosités il est bien trop proche, là encore, du public pour ne pas faire que lui donner, mais également s’en nourrir.
Chose sure, sa boite à musique place la barre vraiment très haut, tant vocalement que techniquement... alors ça repositionne tout de même le sujet.
Il aurait pu inviter Cecilia à baroquer avec lui ce soir-là, côté précision je ne vois qu’elle sur tessiture et technique pure qui puisse ainsi s’amuser avec autant de facilités sur les octaves, les timbres et les onomatopées vocalistiques, de gamme en arpège, de basse en jeu mélodique, presque une fugue à lui seul... et ce jusqu’à la cadence.
Exceptionnel.
Music Box (Live Version) - Bobby McFerrin

Vous aviez été épatés par le « Donna Lee » version Jaco Pastorius ?
Moi aussi.
Mais le jour où j’ai écouté la « version » de Bobby McFerrin, chargée de vitesse bop hallucinante, d’aisance dans le phrasé, de concision, de justesse et de précision au-delà du pensable, j’ai décidé que, à part celle de Bird, ce serait définitivement celle-là qui serait dans ma mémoire.
C’est pas des doigts, là, qui courent, c’est des cordes, certes, mais vocales...
Grace à Bobby j’ai intégré Bird comme l’on intègre une « chansonnette »... alors qu’avec Jaco je pensais « Donna Lee » en performance olympique...
Avec Bobby qui plus est, il partait en délires humoristiques, jouant avec sa voix comme un bambin avec un jeu de construction... en passant en un éclair tous les pseudo-clichés du jazz... le phrasé bebop qui eut fait hurler de rire Diz...
Sur le terrain du blues solitaire Bobby ici ne transige pas non plus, il est seul certes, mais trimbale avec lui un bagage de racines qui groovent, pulsent, vibrent, pleurent, s’épanchent...
Le peuple noir est là, avec lui, même apparemment seul sous couvert de multiples voix qui se parodient elles-mêmes, qui se jouent d’elles même, qui s’amusent, car Bobby McFerrin est ici sérieusement non sérieux... mais pour parvenir à ce jeu de timbres de « T.J »  qui s’obstine à nous prendre dans le groove, quel boulot !... quelle maîtrise !


« The Voice » m’achèvera par un « Take the A train » improbable au scat réinjectant d’un trait Sarah, Ella et tant d’autres Double Six..., réduire la dimension du big band à la simple voix... tout en lui gardant son ampleur, s’amuser sur une technique vocale d’une énorme complexité (le scat a des règles très strictes d’onomatopées en fonction des figures rythmiques - un vrai lexique...), faire le petit train, boper comme un furieux sur un tempo de feu... et foultitude de détails à chaque interjection, expression...
C’est un peu tout cela aussi Bobby McFerrin, un pan de culture tout entier en une voix... 

Bobby sera ensuite parti dreads devant pour des performances plus vocales cette fois, plus scéniques et démonstratives aussi.
Je ne lui en veut pas, ne le rejette pour autant, j'aime, en bloc et quand je le retrouve chez Weather Report, par exemple ou en sessions chez Quincy je m'installe et déguste, comme un grand cru.

Alors...
Je reviens toujours à cet album, je chante avec lui « El Brujo », je hoche du chef sur « I feel good », je me marre avec « A-train » et « Birdland » agit comme la lecture d’une poésie...
Et j’ai passé « The Jump », là aussi parfait exemple de mise en une ligne des éléments de la musique...


Il nous a dit de ne pas nous en faire, d’être heureux.
Bobby me rend heureux dès qu'il chante, c'est ainsi... et c'est bien simple comme sensation, mais tellement rare que c'est bon de le préciser...

Puis il a été sérieux, de Cycles en aventures duettistes avec des associations improbables.

J’aime entendre ou écouter Bobby McFerrin, avec attention, comme "dans l’air ambiant " il procure cette bonne humeur directe, cette jovialité du jeu enfantin.

Il joue avec sa voix et cela sans limites car il n’a pas, dès « The Voice » enfermé sa voix dans un critère d’étalonnage comparatif tant  techniquement que stylistiquement.
La nature lui a donné ce don qu’il a travaillé mais il lui a laissé sa couleur naturelle, pas d’excès, pas de gimmick, pas d’us de genre.
Il n’aura eu qu’à l’augmenter d’un travail technique évidemment hors pair et commun pour la rendre tant pure qu’incroyablement inimitable et irréalisable dans le réel vocal.

Samedi soir, mettez "The Voice"...
Pas la télé, mais Bobby... et vous verrez, le sourire entrera dans la maison.
Il est, de toute façon, hors compétition et a gagné à lui seul toutes les "battles" du monde...