JAZZ NEWS 2005 … (4) - Phi-Psonic / The Cosmic Tones Research Trio / Organic Pulse Ensemble / The Circling Sun

JAZZ NEWS 2005 … (4).


Etiquettes trompeuses ?
Réalité d’une esthétique qui n’en finit pas d’évoluer tant que se revendiquer telle ?
Ouverture XXL à LA musique dans toute sa dimension, sa splendeur même.
Identités culturelles présentes, parfois omniprésentes.
L’idée qu’on se serait faite du jazz ne cesse d’évoluer de nous surprendre.
Allons voir du côté spirituel, onirique et psychédélique ce que ça donne aujourd’hui.

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(Vous pouvez sauter ce paragraphe et aller directement aux albums si vous le souhaitez)

Ca y est Eudeline se réveille et s’en prend à l’IA.
Il choisit l’angle d’attaque du bon vieux blues, relifté par une IA, il s’en prend au sampling, home studios et autres outils de substitution aux « vrais » musiciens.
Ras le bol de ce débat…
Il reste stérile.
Et historiquement lui balance à la tronche plein de contre exemples.
Me vient comme ça, Zawinul et son Big Band synthétique WR – tiens Weather Report « remplaçait » donc une section de cuivres par des… machines…
Dans la même trace, Jaco dans « Crisis What Crisis ? » a utilisé une technique innovante, ce même pour un rendu hyper jazz quasi free, ou disons d’un modernisme post bop des plus déroutants en exploitant un truc proche des idées de Eno-Bowie période « Heroes » …
J’en reviens toujours là, les craintifs de l’avancée technologique oublient toujours une chose…
Un outil technologique est soumis à l’imagination créative de l’humain…
Hendrix a changé le monde de la guitare électrique tant au niveau lutherie, périphériques que jeu instrumental et il n’a jamais caché sa fascination pour les avancées qu’offraient le studio.
Cela ne date pas d’hier…
La société évolue, tout va très, trop vite.
Comme toujours, certains n’ont de génie que de profiter des avancées pour se faire du fric. Spotify en tête de liste pseudo musicale.
Et comme toujours d’autres comprennent que ces outils, ces « machines » vont leur permettre de développer, imaginer autre et autrement, optimiser … leurs esprits et parfois génies créatifs.
Que serait « Bladerunner » sans les « machines » musicales dont use avec génie le grand Vangelis ?

Eudeline écrit bien, très bien même et je lui laisse cette grande capacité.
Sa révolte est la légitimité d’un autre temps et pour un mec qui a cru - à une époque donnée, désormais passée et dont la musique n’a pas révolutionné grand-chose si je la compare au free jazz qui lui était réellement l’expression politique et révoltée d’un peuple – renverser le monde avec trois accords, un son crade et une récup’ d’une mode au départ de fringues et de look dévastateur londonien, son discernement de « sommité » du rock dépasse la suspicion.
Il reste un dandy bourge bien français qui a profité d’un mouvement pour se faire sa révolte d’ado…
Il est le problème de la France en ce domaine et le cristallise en une rock attitude qu’il a cru authentique, mais qui n’est que de papier.
Papier dont lui et Manœuvre ont su habilement (ne leur ôtons surtout pas ça) se servir pour reprendre à leur actif une revue bien connue. C’est sûr qu’avec ça ils ont bien mieux gagné leurs vies qu’avec leurs groupes douteux, mais certes, restés cultes, car éphémères et seuls représentatifs sur l’hexagone, d’une époque non révolue, mais – en France en tout cas – fort peu utile.
Preuve en fut un certain Bertrand de plastique, consommable, consommé et très vite jeté, même pas recyclé.
Et ce n’est pas positionnement supérieur d’Eudeline qui lui, sait ce qu’est un concerto, un maestro et un soprano (pour ces trois-là, il avance un argumentaire que je lui accorde), rocker bourgeois dandy de rive désormais empanachée, va me faire changer d’avis envers ces verbieux has been du rock qui n’est plus grand-chose.
Un plus grand-chose qui, sous leur aura, serait presque de leurs responsabilités de vieux au refrain « c’était mieux avant ».

Et Manœuvre, de son côté, qui profite de la sortie d’un duo soit disant retrouvé entre Hallyday-Berger à l’occasion de l’anniversaire de « Rock’n’Roll Attitude », qui, au passage, n’a de rock’n’roll que le nom, pour nous annoncer fièrement sous un éclairage de leds qui mettent en valeur son teint blafard de vieux bougon du rock à la voix de fausset haut-perchée de mégère que… les maisons de disques savaient que ce titre existait…
Et qu’elles attendaient ce moment pour le sortir…
Ben oui mon maigrichon, mon Dieu, mais quelle découverte que de démontrer aux gens que c’est… du showbiz…
Mais bon, Manœuvre, comme toujours, il est à l’affut de tout et une bonne émission, en invité, ça remplit le compte en banque. Alors Johnny, tu parles ! L’AUBAINE !!!
Il a tout de même attendu 40 ans… quelle patience !

Dans la foulée (et con-cernant l’IA il a déjà commencé…) il nous manque, sur le sujet, notre YouTubeur favori, ce type qui est passé de pédagogue exclusif (entendons là, enfermé dans un seul axiome avec de la fausse vulgarisation permettant au zicos d’apprendre ce qu’il sait déjà et au non zicos d’être admiratif) à lanceur d’alertes n’alertant personne…
Le musicien, au quotidien a bien d’autres choses à foutre qu’entrer dans ces débats stériles.
Il n’a pas de chaine YouTube pour bouffer, il n’a que son cachet d’intermittent du samedi soir, au pub du coin, pour 101 balles et des poussières (smic intermittent) et la technologie qui lui a coûté tout de même un max (et qui lui coûte chaque année) lui rend bien service… et si demain, l’IA l’aide à gagner du temps pour paramétrer son matos je pense qu’il sera preneur.
Et cette année, pour le réveillon, il a eu deux choix possibles… le passer en famille car maintenant les DJ sont dans la place ou baisser son tarif, et dire à ses potes (en général bassiste et batteur) que eux, peuvent justement rester en famille car seul ou en duo, il a réussi en cassant le budget, à trouver un gig et que grâce à pfff, … , Spotify, il pourra même faire des pauses syndicales.

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PHI-PSONIC : « Extanting to One » - Gondwana Records 2025.
Seth Ford Young : acoustic bass | Sylvain Carton, Randall Fisher : ténor saxophones, flûtes | Josh Collazo, Jay Bellerose : drums | Zach Tenorio : Wurtlizer piano | Mathias Künzli : percussions | Minta Spencer : harpe | Dylan Dya : guitars.

Après tout ce fatras généré par ces parasites de l’à côté de la musique, un temps de quiétude, de plénitude et de méditation musicale s’impose.
« Phi-Psonic est une exploration spirituelle du partage et du lien » - Seth Ford Young.
Cet album, enregistré live au magasin de disques Healing Force of The Universe, à Pasadena – Californie se veut immersif. Le public a été convié à six séances pour lesquelles les musiciens étaient changeants mus par une volonté de partage communautaire et de paix intérieure.
« Le public était composé chaque soir d’auditeurs attentifs, assis sur des poufs, les yeux fermés, se laissant porter par la douce mélodie de la musique. Désormais, en écoutant cet album confortablement chez eux, les auditeurs peuvent partager ce moment et s’immerger dans la douce beauté de l’univers musical de Psi-Phonics ».

Je n’ai lu ces notes qu’après l’écoute intégrale de l’album, au petit matin et elles reflètent parfaitement l’atmosphère qui s’en dégage, parfois japonisante, délicate et chargée de cette intention de bien être qu’effectivement ces pièces collectives procurent.
Beaucoup de flûtes au langage improvisé plutôt issu de la musique traditionnelle, le-les ténor-s sont de reptiliens improvisateurs, ma mention spéciale va à l’usage revendiqué du Wurtlizer, ce piano électrique à la couleur diaphane et à la sonorité assez « sèche », rapport au Fender Rhodes, permettant ici un jeu s’assimilant à un instrument à cordes.
Le jeu du leader à la contrebasse qu’il soit au doigt ou à l’archet guide ces espaces improvisés sans heurts, avec intentions, sollicitations ou dialogue et avec lui batterie et percussions organisent l’espace tant sonore que rythmiquement pointilliste.

Plonger et s’immerger d’un tel album fait sans nul doute un bien incommensurable, installant immédiatement cette envie de « se poser », de se laisser porter par la musique, le lien que les musiciens font entre elle, eux, et nous.
Le packaging de ce bleu tant doux qu’intense avec ces tracés de mélodies graphiques filaires ouvre le champ de cet imaginaire introspectif que ces moments de grâce suggèrent.
Pas d’image, pas de rapport réellement au concret possible, juste un repli sur soi pour être enfin, en paix.
« We’re All One » semble droit sorti de certaines sessions méditatives d’un certain Miles électrique (« Guinnevere » en guise d’exemple…) et insiste de fait sur l’idée de collectif qui place cette musique face à nous – fascinant.

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THE COSMIC TONES RESEARCH TRIO : « The Cosmic Tones Research Trio » - Pyramid Records 2025.
Harlan Silverman : cello, flûte, modular synth, small percussions, fretless bass | Roman Norfleet : saxophones, alto clarinet, flûte, vocals | Kennedy Verrett : piano, electric piano, duduk, percussions, vocals.

Alice et Trane ont ouvert la voie de ce « spiritual jazz ».
Ici le jazz de The Cosmic Tones Research Trio – dont c’est le second album - se place à la frontière de la musique traditionnelle (usage très fréquent de « bourdons » et autres « drones ») et s’apparente instantanément à une world music où l’improvisation est la ligne collective.
L’atmosphère est très onirique, méditative et quasi transcendantale.
Une sorte d’ambient jazz.
Une forme hypnotique pénètre l’auditeur-trice, mettant l’objet sonore en lévitation, semblant surgir d’un ailleurs que l’on n’avait pas entendu depuis un passé presque trop lointain, rappelant les Codona, Charles Lloyd ainsi que d’autres espaces psychédéliques plus rock qui émergèrent avec le flower power. Des espaces où l’improvisation prenait un sens hallucinatoire, communicatif sans être pour autant véloce ou démonstratif – restant un langage participatif.
Un sens spirituel, élevant l’âme.

Un trio avec l’avantage de la multi-instrumentalité même si certains communs (vocaux, percussions) sont prolongation de capacités instrumentales individuelles.
Les souffles (sax, flutes, anches) exprimés par Roman Norfleet semblent suspendus dans l’espace et le temps.
Les ambiances digitales de Kennedy Verrett installent la trame, l’envoutement.
Les chants contraires de Harlan Silverman créent le lien émotionnel.
Tout cela est collectivement organisé, sans réel dialogue, ni même trilogue mais juste avec une rare osmose qui fait que ces trois là n’agissent que comme un.
Et proposent une aventure introspective et recueillie fascinante.

« Eternal Love » au thème clairement exprimé conclut ce bien trop court voyage, alors on ouvre les yeux et le matérialisme de la vie reprend malheureusement ses droits. Mais on sait désormais qu’il existe encore des possibilités d’y échapper, avec et grâce à eux, quand le besoin s’en fera impérieusement sentir.

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ORGANIC PULSE ENSEMBLE : « Ad Hoc » - Puro Productions 2025.
Gustav Horneij : all instruments.

Il est suédois, lui aussi s’est barré dans ce jazz spirituel.
Et, « ensemble » … avec juste lui-même et la magie du re-recording qui permet d’enregistrer en pistes superposées, soi-même, ou en invitant qui bon nous semble, un-des titre-s, il se suffit aussi à lui-même.

Le re-recording permettrait de remettre le débat, la technologie … et celles ou ceux qui savent-peuvent en tirer avantage artistique ; Et je referme cette parenthèse sans fin ))))))))))……

Vous ne savez pas qu’il réalise cela à lui seul en écoutant chaque titre tant cet idéal de création de groupe, collective est bien perceptible.
Admirable cette façon de tenir tous les rôles, tous les instruments et de proposer une telle intensité musicale.
J’écoute et j’essaie de comprendre le « processus », connaissant moi-même parfaitement comment « ça marche » et quelles astuces pour bien démarrer un titre, poser une base et s’organiser autour, bref, avoir un fil, un tracé…
Là…
C’est comme si réellement un groupe interactif agissait, ce qui suppose un recul extrême sur le sujet que l’on veut exprimer et il s’agit là réellement d’une écoute où l’improvisation et les fluctuations tant de son que de tempo interagissent. Déjà, côté usage tech de l’outil ça laisse admiratif, mais ça ne s’arrête pas là, car la musique proposée est conceptuellement attractive et motivante.
Une bien curieuse plongée dans l’univers spirituel et collectif … d’une seule personne…
Chez nous Teddy Lasry avait tenté ces échappées…

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THE CIRCLING SUN : « Orbits » - Soudway Records Ltd 2025
Cameron Allen : Tenor Saxophone | Julien Dyne : drums | Carla Camilleri, Samara Alofa, Semisi Ma’ia’l, Kenny Sterling, Navatakoa Tekela, Abigail Aroha Jensen as « Love Affinity Choir » : voice, choir | Finn Sholes : trombone, trumpet, Flugelhorn, vibraphone, marimba | Cory Champion : synthesizer |  Joey Kaptein : piano, fender rhodes | Jong Yun Lee : flute, baritone & soprano sax, bass clarinet | Ben Turua : bass.

Vous vous souvenez de l’étonnant « Caravanserai » de Santana ?
Vous  avez quelque par en tête Azimuth, Roland Kirk et tout ce jazz s’échappant du jazz-rock pour chercher, tel parfois Gong, des espaces différents, stellaires, profondément spirituels ?
Ce collectif Néo-Zélandais est là pour vous.

Tant en présentation sonore (une production semblant sortie des seventies), qu’en présentation collective The Circling Sun à l’intitulé sans aucune équivoque a réellement illuminé une de mes journées de quête d’autre chose, de musique permettant l’échappatoire.
Le chœur « Love Affinity Choir » est forcément pour quelque chose à cette sensation de palper une dimension immatérielle – il est au centre du propos et la musique s’organise autour et avec ces voix.
Alors le groupe et sa rythmique jouent en apesanteur des rythmiques pourtant très ciblées (« Flying », latin jazz samba, par exemple) et leur approche en fait oublier le fonctionnel.
Les vents sont mixés dans la même atmosphère que les chœurs ce qui les met eux aussi dans un espace réverbéré leur accordant une réalité moins intrusive qu’à l’accoutumée.

Avec The Circling Sun je fais un saut vers un passé resté en plan, rarement ressurgit, souvent négligé et quelque peu oublié. Celui où Santana rencontrait John Mc Laughlin, celui où Miles se posait pour « Big Fun », celui où Magma se chargeait trop rarement d’optimisme, celui où Gong s’évadait vers des territoires irréels …
Un univers musical tourné vers l’infini et l’espace et désireux de se détacher du terrestre.

C’est avec cet album enthousiasmant et apaisant, tout comme les précédents d’ailleurs, que ce termine ce voyage à travers un jazz empreint de spiritualité, un jazz tendant vers le cosmique, vers d’autres dimensions et faisant appel à nos envies d’évasion des âmes.
Cette vision du jazz semble revenir en force afin de permettre à nos quotidiens l’évasion dont ils ont bien besoin tant nos repères matériels et communs s’effritent, se délètent, dégradent.
Certains choisissent la révolte, d’autre l’évasion.
L’art est aussi fait pour cela.

Bientôt s’achèvera 2025.
Ces jazz news m’ont réconforté quant à l’avenir de cette musique qui n’a cessé d’emplir ma vie et donc l’évolution semble toujours possible alors que d’autres s’engluent encore, peinant à sortir de leurs poncifs.
Cela me charge d’optimisme – et ces temps, l’optimisme est un bienfait qu’il ne faut surtout pas négliger.

Commentaires

  1. Un voyage spirituel ? Pourquoi pas.. des destinations galactiques...? A ticket please...
    Phi sonic..très bon groupe et une musique qui s'écoute dans le partage,on le voit l'assistante réagit et participe au voyage sensoriel de ce groupe.
    The Cosmic tones research ,est un peu plus difficile à cerner, il est vrai que l'expérimentation nécessite des oreilles et une mise à plat de ses réminiscences musicales.
    Ainsi ce musicien suédois,organic pulse ensemble, sorte de remi bricat puissance 1000, réalisé une prouesse impressionnante.. exceptionnel même.il ne faut pas chercher une ligne mélodique je pense,mais plutôt suivre une pensée,un cheminement,un déroulé dans une suite improvisé,et ce musicien à de solide repères,des idées novatrices pour allez au bout de son message, en évitant l'écuelle de la répétition.
    Arrive the circling sun...
    Wahoo suffirait à qualifié cet album.
    Cet album nous emmène t'il dans des galaxies intersidérale,reprend t'il le discours des années 60/70 de ces jazzmens emprunt de spiritualité qui avec un seul instrument à leur arsenal mélodique tentait d'exprimer une voie différente celle d'une quête, d'une approche religieuse ,transcendante,voir extasique , préfigurant une musique avant gardiste , échappant aux standards connus..john Coltrane,pharoa, Sun ra, Albert, Archie sont partis dans cette voie,et sont avec ce terme en vogue aujourd'hui les influenceurs de ce mouvement.Alors ce groupe Inconnu (pour moi) sans aller si loin dans la spiritualité arrive à toucher et les étoiles et l'auditeur.. c'est la découverte d'une musique expressive avec des rythmes brésilien, cubain,des accents de earth wind and fire, et presque dans les voix un peu de kool and the gang..mais pas que...cet album porte bien son titre.il nous emmène la où on ne s'y attend pas.une écoute qui ne lasse pas,on attend la suite avec curiosité, une attente où se mêlent impatience, satisfaction, étonnement, chaque départ repart vers des détours et des directions inattendus,on est surpris et rassuré à la fois de la trajectoire finalement logique mais surtout on est touché par cette musique,ça pulse, ça entraîne,c'est créatif... j'en parle avec enthousiasme car je me retrouve dans cette symphonie de sons.. particulièrement sur mizu et seki..cette approche musicale réussit non pas à remettre les standards emmagasinés, mais à tenir compte de cette apport et à s'en inspirer, chose que je vais faire tant leur synthèse musicale est profonde.
    C'est l'album que j'apprécie le plus depuis que je lis tes chroniques.
    Ces musiciens réussissent assurément leur vol ,avec Passagers pour un voyage dans leur cosmos musical d'une incroyable beauté.
    J'en étais rester ces temps ci à écouter le planeur eberhard Weber jouant en live avec le déroutant Charlie Mariano Yellow fields, ( thème repris par Gary Burton sur l'album passengers)..cette musique du passé demeure,mais je trouve que orbits tend résolument vers le futur.
    Enfin rien à voir, mais j'ai toujours aimer cette version de the man i love par miles et milt jackson( ou Thelonious,il me semble à un moment d'absence). Je viens de lire balade en Jazz d'Alain Gerber, dont cette version à été un tournant dans sa vie, je comprends mieux pourquoi on est marqué par des musiques, mais pas seulement...mais parfois la musique devient plus qu' essentielle dans la vie.
    Merci encore.
    Aissa.

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    1. Merci Aissa pour ce long et passionnant commentaire.
      C'est vrai que cet album "orbits" rafle tout sur son passage et parvient tant en création musicale qu'en production sonore à se positionner en tête de gondole.
      La dimension vocale intemporelle soutenue par ces rythmiques y est certainement pour beaucoup, c'est une très belle osmose.
      Que le jazz sous cette forme spirituelle ait enfin des émules me réjouit, car cela permet d'autres ouvertures, d'autres possibilités avec l'intégration des usages et modes des musiques traditionnelles - une voie ouverte par Trane, mais dont par exemple avec le Shakti de John Mc Laughlin, j'ai toujours adoré me laisser bercer.
      Et puis, quelque part cela rejoint l'ambient music dont je suis inconditionnel (quand c'est pas une supercherie synthétique) avec des artistes comme les frangins Roger et Brian Eno, le pianiste Harold Budd et le trompettiste qu'il faut absolument écouter qui est John Hassell, complètement déroutant...
      merci mil fois de ce commentaire détaillé et réfléchi.
      à... demain.

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  2. Je saisis ces 4 merveilles pour bosser à la maison. Elles sont raccords, cohérentes, d'un même touché ambiant qui fait planer la douceur et pas que. Je me dis souvent qu'on ne parlais pas assez de nouveautés en jazz. C'est souvent des écoutes dans le rétro, les piliers, la charpente, et moi le premier. Que du frais ici et c'est vraiment aérien, délicat. Je suis accroc à ces voyages world cuivrés cosmic planants, harpe (Healing Time), cordes, percu, flûte.... merci beaucoup pour ces pépites toutes fraîches.

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    1. Oui, effectivement le "nouveau" jazz, celui de maintenant s'est pourtant bcp développé et mixe avec lui énormément d'influences.
      Et depuis qq temps il prend vraiment son essor en partant sur des nouvelles bases, des nouvelles directions tout en restant réellement jazz.
      Là j'ai fait un voyage entre world, spiritualité et ambient jazz...
      Cette fois, c'est sûr, la nouvelle génération du jazz sait aussi planer comme avant...
      Ragale toi !

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    2. ragga - le toi, aurait été plus approprié.

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    3. 🤣 j'aime bien ragale toi. On pourrait même aller jusqu'au rafale toi. Je ne me lasse pas de ces 4 albums..vraiment. je n'ai pas parler de l'IA.. je fuis le problème même s'il approche a grande vitesse. Rien qu'au boulot. Je sais juste que tout ce que l'on invente d'extraordinaire est vite récupéré par les ténèbres. Le feu, Révolution industrielle, nucléaire, internet..ia. et je n'ai pas envie de n'avoir a disposition que des albums absolument parfaits a mes oreilles 😌

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    4. https://lifesensationsinmusicii.blogspot.com/2025/11/jazz-news-2025-chapitre-3-theo-croker.html
      Si tu as aimé cet article et les musiques qui en découlent il te faut aussi découvrir le levitation music orchestra...
      sinon l'IA est entré dans le "faux jazz", c'est un ami qui commente ici qui m'a mis sur la piste...
      presque bluffant, mais pas encore assez réel pour y croire vraiment.
      Pour le formatage pop et autres genres à destination commerciale ils ont compris le système et spotify l'encourage même... mais pour le reste, y'a encore du boulot, trop de données, de connaissances et de vecteurs musicaux à mettre en place...
      et puis comme tu dis, la perfection n'est pas une notion quantifiable.
      l'humain a sa propre définition de celle ci et j'aime en tant que musicien à penser le faire et je crois bien que ce critère s'applique à toutes et tous, mais la perfection mode IA, ça devient une autre appréciation et là, ça coince forcément.
      J'ai coaché un groupe qui avait fait appel à l'IA pour créer une (plusieurs) de ses chanson(s) - ils étaient face à une énigme... ce qu'ils jouaient était, en l'état, quasi suffisant et finalement ne changeait pas beaucoup de ce qu'ils faisaient musicalement avant , à savoir une base reposant sur des schémas musicaux usuels, basiques même et sur lesquels ils posaient des textes se voulant engagés. L'IA a alors simplement agit sur les textes, car musicalement la demande faite était tellement simpliste, ancrée dans leurs schémas qu'elle ne pouvait sur ces bases véritablement aller plus loin.
      Je leur ai alors expliqué qu'une intelligence artificielle si on ne lui donnait pas les moyens culturels, techniques, de savoir faire, de connaissances, etc. comme elle se mettait au service de la demande, elle ne ferait pas le boulot à leur place...
      En gros ils s'attendaient avec des notions musicales de faible niveau à ce que l'IA leur écrive l'équivalent d'une fugue de Bach... sauf que Bach, ils n'y connaissent rien ou pas grand chose... et que (j'extrapole avec cet exemple), même en étant un spécialiste de Bach et très pointu (ce que je suis loin d'être, je parle d'un musicologue averti) j'aimerais vraiment voir où ça nous mène.
      Alors l'IA faisant du free jazz - on a encore une grosse marge de manœuvre...
      M... encore lui...

      bon week end

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  3. curtis farrelll. (Pas de majuscule). comment suis je passé à côté de ce saxophoniste mélange de Stan getz,Hank Mobley véloce comme Coltrane jouant giant steps...après des recherches infructueuses et lisant le commentaire sous l'album je me rend à l'évidence..IA..mais.. j'avoue avoir été bluffé,un moment j'ai remis en cause mon histoire personnelle du Jazz et les heures d'écoute,de découvertes,de curiosités..Et je me dis que le danger guette la jazz,car un informaticien gérant ainsi le processus de création musicale volerai quelques part le vrai créateur qui lui, visionnaire et véritablement compositeur saurait donner la vrai dimension à une œuvre musicale..celle de pouvoir la reproduire en public,la jouer en quartet , orchestre etc... ainsi n'importe qui ayant la maitrise de l'IA pourrai créer une musique,sauf que, dans tout ce que j'ai écouté il n'y à pas de thème, vraiment original,c'est une suite de questions réponses,ce sont souvent les mêmes intros ,rythm changes..en 2 mesures on sait que c'est Stella by Starlight en jazz (en vrai jazz je dirais) la après quelques heures d'écoute l'IA se répète, se trahit...mais ce danger guette pas seulement le jazz, toutes les formes de création sont concernées par cette facilité,cette sorte de délégation artistique, et donc Gare aux impostures,au faux Modigliani, qui je le vois venir va asséché les droits d'auteur, et détruire les copyright...il ne manquerai plus qu un hologramme crée un groupe sur scène et l'IA se chargeant de mettre en scène des interprètes virtuoses .....des peintres,des écrivains aussi talentueux qu' imaginaire . C'est tout de même inquiétant,car on ne sait pas vraiment jusqu'où peut aller
    Cette machinerie... Mais je me dis que l'IA n'aura jamais le pouvoir de créer un mouvement comme le bebop, ou qu'elle puisse inventer le solo de Chris Potter sur moment notice à 13 ans...( enfin j'espère)…..........j'écoute en boucle the circling sun, et c'est tellement bien écrit,que le seul reproche que je formulerai c'est que les titres sont trop courts, certains moins de 4 mn,alors que la dimension spatiale du planage mérite au minimum le double de temps...A quand la suite...

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    1. Au cœur du sujet que cette IA.
      En ligne de mire des sacem et autres spedidam qui ne cessent de chercher des contours, faire amender des lois, etc. pour protéger des droits d'auteurs et compositeurs.
      La tâche sera ardue, d'autant que parallèlement ils - elles installent des délibérations et protocoles qui leur font éviter de rétribuer même à strict minima des artistes et créateurs-trices.
      Trouvant là des prétextes sous un noyage bien français administratif de paperasse et de dossiers, le moyen d'économiser 30 € sur les "petits"...
      La bataille IA leur bouffe toute leur énergie ...
      Et les oubliés qu'ils avaient déjà oublié sont encore plus oubliés.

      Oui, c'est bluffant et je reprends le débat.
      Selon ce qu'on lui donnera comme "matière", l'IA pourra non se substituer, mais je l'espère, aider.
      Pour le moment et c'est bien là que c'est effectivement inquiétant, les mecs font soit du pognon avec, soit joujou avec, genre, tiens je vais essayer de voir si ...
      Alors certainement qu'avec un minimum de connaissances en jazz on peut imaginer un résultat de ce genre, mais comme tu le dis, on se rend vite compte que...
      Alors oui, jusqu'où cela ira t'il ?...
      Et surtout comment le créateur, le vrai, saura t'il-elle, prendre cet outil formidable à son compte pour faire de la musique autrement que faire avec elle l'équivalent du jeu vidéo ?
      L'avenir va très vite nous le dire et comme l'inculture s'est installée de plus en plus de façon massive dans la société, de par la volonté des élites qui nous gouvernent, cela est encore une fois inquiétant au monde où le pognon règne.

      The Circling Sun - ça t'a bien marqué...
      C'est vrai qu'ils sont extras.
      Si ils t'ont plu écoute ou réécoute The Levitation Music Orchestra que j'ai chroniqué précédemment, tu trouveras là une identité similaire et... des titres plus longs...
      De bonnes fêtes - et whisky entamé (!), pas pu résister...
      THX

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