COMME DES RETROUVAILLES … Steps Ahed, Neville Brother, The Doors.
COMME DES RETROUVAILLES … Steps Ahed, Neville Brother, The Doors.
Etagère à CD …
On navigue au hasard, puis on se dit « tiens, cet album, au fait, ça
donnait quoi ? »
Il faut toujours un argument bidon pour lancer un article.
En voilà un tout prêt…
Et le hasard fait souvent bien les choses.
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STEPS AHEAD : « N.Y.C » |
1989 Intuition Records
Mike Mainieri : Midi Vibraharp Synclavier, Acoustic Piano & Percussion
Bendik : Saxophones and Keyboards
Steve Khan : Electric and Acoustic Guitars
Tony Levin : Electric Bass and Chapman Stick
Steve Smith : Drums
Guest appearances :
Ray Gomez : Electric Guitar (« well, in that case » -
« festival »)
Rique Pantoja : Acoustic Piano (« red neon, go or give »)
Stephen Barber : String orchestration on « Charanga »
Bruce Martin : Additonal Keyboards, Synclavier Programming, Percussion,
Arranging and Associate Producer
Mass Kool and The African Posse african percussions on « Senegal
Calling »
Steps Ahead c’est finalement le groupe projet de Mike Mainieri.
Il est resté dans les esprits comme « figé » à une ère et heure de
gloire où Michael Brecker, Steve Gadd/Peter Erskine, Eddie Gomez et rapidement Eliane
Elias furent de passage et y apportèrent leurs charismatiques et réels talents
respectifs.
1989, j’en suis encore là avec eux.
Les premiers albums que j’ai tournent encore très régulièrement en boucle et je
n’arrive toujours pas à me remettre du solo de Michael dans
« Pools »…
Rayon jazz, Fnac, ce « N.Y.C » me fait de l’œil, pochette d’un goût
américain habituel à l’appui.
Je tente.
Je me souviens d’une sorte de choc face à cette nouvelle formation réunie
autour de Mike Mainieri.
Retrouver là Steve Smith, ce batteur sorti de Journey et qui commence
sérieusement à prendre place dans mon quotidien et à ses côtés l’incroyable
Tony Levin, échappé pour l’occasion de King Crimson et Peter Gabriel, venu là
avec son célèbre stick base dont il joue comme nul autre mais quel pied !
Et puis ce guitariste que j’adore en studio qui se retrouve là aussi, toujours
aussi inventif : Mr Steve Khan.
Je ne connais pas Bendik – et je ne dois pas à cette époque être le seul – mais
franchement, je vais vite constater qu’il tient le pavé à la bonne hauteur et
même si des réminiscences Brecker semblent logique, il va vite prendre sa part
actuelle identitaire au long de l’album.
Cela va aussi permettre au leader de retrouver sa place centrale et cet
éclairage donne un sacré lustre à cet artiste tant talentueux que créatif.
Le rôle prépondérant de Mike Mainieri tout au long de l’album, est,
au-delà des performances musicales et identitaires des sus nommés, le véritable
atout de ce très bel album.
Fait notoire, il a midifié son vibraphone et l’a connecté à une machine aux
textures fabuleuses, le Synclavier. Cela va permettre à cette unité sonore
d’autres axes que ceux habituels de programmations, de mise sous tutelle de
claviers et parfois guitares – là, sous le jeu de mailloches diaphane du
célèbre vibraphoniste, ces sons, tant par l’attaque que le jeu harmonique,
improvisé, s’autorisent une dimension tant différente qu’originale.
Et puis il va explorer les loops, le jeu caribéen, revenir à un jeu éthéré qui
le caractérise comme son collègue Gary Burton, africaniser en mode marimba -
Mike Mainieri sort ici toute sa brillante panoplie culturelle de
l’instrument.
Pour mettre tout cela en relief, le jeu de stick, ayant muté de Crimson/Gabriel
vers ce jazz qui n’est plus rock (alors que justement il embauche des musiciens
directement issus de la sphère rock) mais réellement fusion, de Tony Levin
révise le sujet en élargissant ses possibilités vers une originalité due à tant
son jeu que sa « pratique » de cet instrument unique.
Steve Smith qui a désormais et depuis quelques années choisi son camp jazz
fusion est son alter ego essentiel tant que fusionnel. On a pour coutume de le
classer (sale manie des batteurs) dans cette exclu technique de l’instrument
(aux côtés des Simon Phillips, Dave Garibaldi …). Dans cet album il n’est nulle
question de cela, il met (comme il le fit chez Journey d’ailleurs) son immense
potentiel technique ( « absolutely maybe ») au simple service d’une
musique qui va groover, flirter avec l’atmosphère prog qui s’invite et surtout
assurer des beats solides au gré des voyages que l’album propose.
N.Y.C, la mégalopole, est peut être bien représentée dans son aspect
cosmopolite, ici, de façon musicale.
On japonise, on africanise, on groove, on jazze, on rape, on funke, on latinise
– toute la richesse de la ville y passe et ce voyage en quartier ou même en
rues ou emblématiques lieux (Manhattan, Central Park, Time Square …) est dans
l’espace sonore.
Coté guitares, Steve Khan vient installer un jeu discret mais essentiel qui
complète tant en choix sonores qu’en ajustements harmoniques le propos du
leader.
Je ne peux m’empêcher de faire un
rapport de similitude avec celui d’un certain Andy Summers, lui aussi passé au
jazz fusion…
Côté soliste, j’ai eu l’occasion fréquente de le citer pour son originalité et
son jeu d’une rare imagination. On le constatera au long de ces plages où à
chaque fois qu’une brèche soliste lui est ouverte, il magnifie réellement le
titre (« absolutely maybe »).
Quant à notre invité habitué des sessions jazz-rock, depuis qu’il a quitté la
France pour s’installer aux States (une histoire de service militaire
parait-il), Mr Ray Gomez, il n’est pas là pour la figuration et la touche rock
guitaristique saturée de l’album – il en est tributaire.
Et je ne dois pas oublier Bendik qui survole ce tout en traçant les thèmes
comme des lignes d’inscrivant sur un horizon, en les chantant et leur imprimant
(tant qu’à ses improvisations) un lyrisme quasi vocal.
Bon, j’ai ressorti ce « N.Y.C » du secteur S de l’étagère jazz –
section Steps Ahead.
Et franchement il est revenu s’installer en mode replay comme à sa sortie où je
l’avais écouté inlassablement jusqu’à me décider à le ranger afin de passer à
autre chose.
A cette époque streaming et autre mode zapping de la musique n’étaient pas
franchement envisageables et quand on achetait un album on se donnait les
moyens de l’apprécier.
Celui-ci remplira largement cette fonction, qu’on aime ou pas le jazz-rock ou
le jazz-fusion, il dépasse ce seul critère.
Steps
Ahead - N.Y.C. (Full Album) - YouTube
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NEVILLE BROTHERS : « Brothers’ Keeper » | 1990 A&M Records.
Aaron Neville : vocals, keyboards, percussions
Art Neville : vocals, keyboards
Cyril Neville : vocals, percussions
Charles Neville : vocals, saxophone, percussions, keyboards
Willie Green : drums
Tony Hall : bass, backing vocals
Eric Struthers, Leo Nocentelli : guitars
Daryl Johnson : additionnal bass, guitars, keyboards, backing vocals
Guests :
Wally Wilson : keyboards (« Fearless »), Briand Stoltz :
keyboards and acoustic guitar (« Fearless »), Daniel Lanois, Bill
Dillon : guitars (« Fearless »)
Eurgene Ross : guitars (« Witness »), Herman « Hack »
Bartholomew : trumpet, piano, vocals (« Witness »)
Renard Poché : trombone, guitar solo (« Brother Jake »)
George Sartin : guitar (« River of Life »), Emmanuel Steib :
trombone (« River of Life »)
Horns – Tim Green (t sax), Fred Kemp, Roger Lewis, Reggie Houston, Ken « Snakebite »
Jacobs (b sax)
Vocals : Gaynielle Neville (« Brother Blood »), Linda Ronstadt (« Fearless »),
Buffy Sainte Marie, Marva Wright (« Sons and Daughters »)
Malcolm Burn : production, add instruments and backing vocals
Steve Jordan : production, vocals, additionnal drums, guitars, additional
bass (‘River of Life »)
Une chose est certaine c’est que quand tu as découvert comme ce fut mon cas les
Neville Brothers par leur album « Yellow Moon » auréolé d’une
production dépassant l’imaginable (Eno-Lanois), passer au suivant (leur
cinquième) qui va retrouver une production plus « ordinaire », sous
la houlette des Neville eux-mêmes et de plusieurs partenaires (Malcolm Burn /
Steve Jordan / David A.Stewart), on l’imagine, sera difficile.
J’avais pourtant acheté cet album et si j’avoue qu’il a moins tourné que
« Yellow Moon » qui m’avait provoqué un véritable engouement, cet
opus retournant aux racines les plus profondes de ce groupe - qui est tout de
même emblématique d’une certaine idée de la musique « actuelle »
à la Nouvelle Orléans – que je ressors là, est plus qu’anecdotique.
Pour celles et ceux qui ont en tête la voix … de tête-falsetto, entêtante, d’Aaron,
déjà, on est servis – « My Brother’s Keeper ».
Son aura tant spirituelle que vocale inonde le lieu musical.
Spirituel est d’ailleurs bien le mot qu’il conviendra d’utiliser ici tant la
donnée gospel, soul, ferveur collective est directement affirmée ce, dès le
premier titre « Brother Blood ».
Titre où la voix de basse de l’un des frangins installe immédiatement l’idée
liturgique, telle que ces racines profondément religieuses l’imposent.
(Au passage je réalise que j’écris cet article un jeudi de l’ascension …
coïncidence ?).
Si l’on voulait résumer l’album à son seul aspect vocal, il est, à ce titre,
exceptionnel.
L’écriture chorale, les sections lead, les participants additionnels, tout
tourne autour de, avec et par l’axe vocal – et le message spirituel qui est
désiré prend forcément une dimension attractive.
Affaire de famille et de foi, avant toute chose, les Neville Brothers agissent
dans cet opus comme un collectif qui va s’organiser autour de leur fratrie-fusion
au sein de laquelle ils sont communautaires, liés par … le sang.
Cet album est considéré à sa sortie, très certainement à juste titre par des « spécialistes »,
comme « le plus attendu de l’histoire récente de Nouvelle Orléans ».
Sans aller jusque-là, à sa sortie j’ai lentement mais avec certitude appris à
le considérer non sur ce système de valeurs – il eusse d’abord fallu que je
sois très pointu dans ce domaine et que ma « condition » de petit
français passionné de musique puisse à ce point être apte à établir un tel
jugement sur une musique ancrée dans des racines culturelles, religieuses,
ethnique et populaires si profondes - mais effectivement parce qu’il est chargé
d’un petit quelque chose qui dépasse les seuls degrés de funk, groove et autres
étiquetages de surface.
Et puis, la pâte Eno/Lanois (invité ici) a laissé quelques traces (« Fallin
Rain »), sorte de résidu sonore qui vient au gré de quelques titres s’installer
et donner à cette profusion rythmique une autre vie.
Un peu de reggae (« Jah Love » composé avec Bono) avec son orgue bien
roots et ses masses de cuivres sorties du marchin’ band du coin – couleur particulière
que d’écrire une partie de saxophones avec trois barytons et un seul ténor, l’alto
étant réservé à Charles, soliste à la sonorité immédiatement perceptible.
Croisement entre l’urbain et une certaine ruralité de quartiers, rencontre
cosmopolite des musiques les plus diverses, lieu de foi, de prière comme de
partage familial et spirituel, cet album des frères Neville tient largement sa
place et n’est pas si loin d’être essentiel – du moins pour celles et ceux qui
vibrent à la sincérité de cette culture émergeant de ce lieu mythique qu’est la
Nouvelle Orléans – au-delà des clichés, au-delà du « folklore », au-delà
du catalogue touristique.
En vrai, quoi (« Witness » - inimitable, à faire pâlir Eric Clapton…).
The
Neville Brothers - Brother's Keeper (Full Album) - YouTube
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THE DOORS : « Strange Days » | 1967 Elektra.
Jim Morrison : vocals
Ray Manzarek : keyboards, marimba
Robby Krieger : guitars
John Densmore : drums
Dough Lubahn : bass
Venir ici causer du second album des Doors, après tout, pourquoi pas…
Certes, comme tous leurs albums il est très documenté donc je n’aurai pas grand-chose
à ajouter sur ce qu’on peut trouver rien qu’en tapant son titre dans la barre
de recherches.
Second album – 1967…
Quand on le réécoute, cela laisse pantois, cela fait rêver. Certains le
préféreront sortis de leurs étagère vinyliques, d’autres regrettent déjà
amèrement de n’avoir plus de platine pour l’écouter, de l’avoir refilé à un
pote…
En tout cas, avec leur premier, rares sont ceux de ma génération qui ne l’ont
eu entre leurs mains avec cette improbable pochette d’artistes de rue
newyorkais – le truc complètement barré qui en dit long sur le délire maitrisé
et sonique auquel on va assister au long de l’écoute de ce bazar musical où l’ont
trouve … de tout … et de qualité.
Je l’ai en réédition masterisée CD (le vinyle disparu de mes rayons il y bien
trop longtemps pour que je m’en souvienne… et dans quel contexte cela ait pu
arriver – certainement l’une de ces soirées psychédéliques où l’évasion se faisait
avec la musique) et à chaque fois que je le sors c’est le même constat d’incroyable
objet.
Pour mettre leur musique en forme(s) le groupe est allé enregistrer au Sunset
Sound Recorders – Hollywood. C’est là où ils ont enregistré le premier album et
se sont organisés au gré de leurs tournées pour les sessions.
A noter : ils ont travaillé avec un huit pistes – ce qui était
révolutionnaire et leur a permis ici d’expérimenter pour une mise en relief
quasi imagée de leurs chansons.
La voix de Jim est d’une clarté, d’une diction, d’un charisme absolument
envoutant.
Les claviers de Ray - qu’il expérimente son joujou Moog, qu’il bastringue au
piano, qu’il tisse des toiles crépusculaires de son Farfisa ou qu’il baroque au
clavecin – sont au cœur de l’atmosphère que dégage l’album.
Les guitares de Robby pourraient être qualifiées de limpides, ce même quand il
les sature – il est là, très certainement le pôle central de l’équilibre de la
musique qui est produite ici et arrive à dévier l’instrument de ses usages (« when
the music’s over », solo vraiment précurseur et inspiré du « Watermelon
Man » d’Herbie Hancock).
Le jeu binaire mais de conception jazz de John vient compléter ce tout,
toujours subtil, imaginatif, d’une précision d’horloger et avec un soin d’accordage
de l’instrument qui, pour l’époque – là encore – pourrait être une belle
matière à réflexion.
Dough vient « soulager » la main gauche de Ray et prend, souvent au
médiator, la guitare basse, distinguo notable dans le rôle et la fonction, ce
jeu est plus un complément guitaristique qu’un jeu réel de bassiste, là où le
jeu de « basse » de Ray est réellement celui … d’un organiste.
Le blues et une forme de musique « de rue » forment de socle de cet
album.
Le premier comme le second semblent souvent se croiser et s’associer dans les
chansons des Doors – socle séculaire pour l’un, dimension imagée et qui image les
textes poétiques de Jim pour l’autre.
L’album va se conclure par « when the music’s over », longue suite sur
fond de blues, où le jeu d’atmosphères autour de la déclamation chantée et
parlée de Jim (l’écoute de titre, envoutant, hypnotique me fait instantanément
penser à « the terminal bar » des Urban Verbs) qui va avec insistance
aller vers le cri paroxysmique est remarquable.
Certainement l’un des titres des Doors qui m’a le plus fasciné, même là, en en
reprenant le fil.
Je remets donc « Strange Days » dans la platine CD, je monte le son
et cela passe comme un éclair. Un flash incandescent, qui reste exclusif tant
qu’unique vient de traverser l’atmosphère quotidienne de mon espace de vie
musicale.
Et je dédie amicalement cette chronique Doors à mon ami Aissa qui, en excellent
jazzman qu’il est, m’a avoué sa passion pour ces Doors, leur musique et ce qu’elle
lui a apporté étant jeune.
Je crois bien que moi aussi …
A chacun ses Doors pourrais-je dire, car une chose est certaine, il fut
difficile de passer à côté et de n’être happés par leur art.
Et là, avec ce son remasterisé où chaque détail de la musique, des instruments,
de la voix est dentelle, cette fascination reste plus que présente.
Strange
Days - The Doors (Full Album) - YouTube
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Jazz fusion, groove-funk, rock psychédélique …
Y’en aura eu pour tous les goûts.
Des retrouvailles ça fait toujours du bien, alors avec elles les souvenirs, le
temps qui est passé, la vie …
Merci pour votre fidélité et à bientôt, pour la suite.
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