EVASIONS CLASSIQUES … Chefs d’orchestre … Herbert Von Karajan (Salzbourg – 05.04.1908 / Anif – 16.07.1989). Chapitre 02b (Richard Strauss-Mascagni).
EVASIONS CLASSIQUES … Chefs d’orchestre …
Herbert Von Karajan (Salzbourg – 05.04.1908 / Anif – 16.07.1989).
Chapitre 02b (Richard Strauss-Mascagni).
Pour ce second chapitre où Herbert Von Karajan passe en fosse pour diriger
l’univers si difficile qu’est l’opéra, j’avais plusieurs options possibles…
L’évidence était Puccini. Ses enregistrements du grand maître de l’opéra
romantique italien, incontournable et surchargé d’émotions lyriques restent
quasiment inégalés et … très populaires. Pavarotti y a été magnifié.
Connu, entendu, chanté ou fredonné, admiré … avec encore une fois Karajan en
passeur d’émois face à ces mélodies intemporelles.
Sinon, Mozart, dont « une flûte enchantée » qui a fait date.
Trop … facile.
Alors j’ai choisi de m’engager dans deux autres ouvrages qui font aussi
référence, peu enregistrés, rarement joués et qu’il a, comme toujours, su tant
respecter dans leur Adn patrimonial que transcender.
Il s’agit de « Salomé » de Richard Strauss dont il a été l’un des
plus fervents interprètes ce qui a permis quelque part de le réhabiliter,
coincé qu’il était entre un romantisme lui collant à la plume et un
dodécaphonisme l’attirant irrésistiblement.
Sans parler de l’étiquette politique qui lui a valu quelques rejets.
Et de deux compositeurs réunis sur un même album, salué par la critique et
passé quelque peu sous les radars : Pietro Mascagni pour son mélodrame en
un acte, « Cavalleria Rusticana » et Ruggiero Leoncavallo pour son
drame en deux actes, « Pagliacci ».
Sortie de piste orchestrale pour l’un comme pour l’autre, Karajan est pourtant
installé « à vie » depuis 1955 comme chef de la Philharmonie de
Berlin.
Mais pour Strauss, c’est avec le philharmonique de Vienne - dont il est un
invité régulier (rappelons que cet orchestre est organisé de façon collégiale
en « choix » et que ce sont les musiciens qui décident, indépendants,
des chefs qu’ils sollicitent) - qu’il va enregistrer « Salomé ».
Quant à son échappée italienne c’est avec l’orchestre de référence de l’opéra
italien, celui de la Scala de Milan, qu’il va réaliser sa vision de deux œuvres
absolument oubliées.
Qu’il va, comme à son habitude, mettre en grand public.
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RICHARD STRAUSS : « SALOME » | EMI 1977.
Orchestre philharmonique de Vienne – Herbert Von Karajan
Hildegarde Behrens, Jose Van Dam, Karl Walter Böhm, Agne Baltsa, Wiestaw
Ochman, Heljä Angervo.
Avant toute chose, un petit rappel.
Karajan, 1929, fait ses débuts « officiels » de chef d’orchestre à
Salzburg.
Il y dirige « Salome » de Richard Strauss.
Il a … 21 ans.
Cette œuvre et ce moment marquent non seulement le commencement de sa carrière
mais également son attachement définitif à la musique de Richard Strauss.
Faire ses premières armes avec une telle œuvre (on le verra plus loin) dépasse
l’anodin, il faut bien le dire et le croire.
Tant qu’en avoir vraiment conscience.
Strauss va mettre deux années à composer cet opéra, entre 1903 et 1905.
Un opéra en un acte, basé sur la pièce d’Oscar Wilde, adaptée en allemand par
Hedwig Lachman, la pièce étant elle-même basée sur « Hérodias » de
Flaubert.
Ce second des « Trois Contes » de Flaubert publiés en 1877, fascina
Wilde qui décida d’en faire une adaptation théâtrale à l’attention de Sarah
Bernhardt. Il l’écrivit même directement en français, pendant son long séjour
en France entre 1891 et 1892.
Elle fut représentée par Sarah Bernhardt au Théâtre de l’œuvre en 1896 alors
que son auteur croupissait en prison, en Irlande natale, pour … détournement de
mineur (décidément on est en pleine actualité…).
La pièce, traduite en plusieurs langues eut un immense succès et c’est en 1902
que Richard Strauss la découvrit, à Berlin mise en scène par Max Reinhardt.
Il décida alors de mettre en musique ce drame de sang, de volupté et de mort.
Scandale de plus d’une « belle époque » déjà riche en remous,
« Salomé » fut censurée à Vienne, malgré le soutien indéfectible de
Mahler envers l’œuvre et son compositeur, qui jusqu’alors n’avait eu avec le
répertoire lyrique que peu de succès.
Seule son œuvre symphonique (ses poèmes symphoniques) avait reconnaissance.
Mais un argumentaire choc (une héroïne nymphomane qui va s’adonner en final quasi
nue, publiquement, à la nécrophilie), le scandale qui en émanait et un Strauss
qui en rajoutait complaisamment par rapport à l’original théâtral en renforçant
par cent vingt musiciens la tension dramatique jusqu’à un cri paroxysmique,
cela ne laissa et ne pouvait laisser indifférent.
Ce fut à Dresde, à l’opéra Royal en 1905 que l’œuvre fut finalement jouée en
première.
Même là, « Salomé » déclencha débats et oppositions – mais le sujet
des mœurs, chose surprenante n’était pas au cœur de ces problématiques.
L’opéra, en un acte, donc sans entr’acte, ne permettait pas au buvetier de
faire sa recette et malgré l’insistance du directeur de l’opéra pour que le
soir de la représentation un autre opéra soit ajouté afin de permettre
l’entracte, Strauss et son librettiste refusèrent.
Il est des œuvres qui se nourrissent de faits, d’articles, de scandales et qui,
par « automatisme », provoquent leur succès.
« Salome » en fait partie.
A la Scala sous la direction de Toscanini, au Met à New York où elle fut
immédiatement interdite, la Monnaie, à Bruxelles, le Chatelet à Paris puis au
Théâtre des Champs Elysées et à l’opéra sous la direction de Ida Rubinstein.
117 représentations en un demi-siècle …
Strauss avait franchi le cap de compositeur symphonique et avec un opéra d’un
seul acte, sans aucun prologue, où l’action entre immédiatement dans la fosse
dramatique, son succès était assuré.
« Salome » …
Un prisonnier, une princesse rebelle à la beauté telle que cette belle époque
pouvait en engendrer en fantasme, une fête de débauche, l’excès amène aux
présages, à la mort, au suicide et cela s’échafaude à une vitesse vertigineuse
où la musique va s’emparer de l’action – l’action se nourrissant elle aussi de
la musique.
« Salomé », ultime provocatrice à demi nue, baisera la tête du
prisonnier suicidé et même son beau-père, Hérode, figure même de la débauche en
sera si écœuré qu’il ordonnera de la tuer.
Il fallait oser travailler deux années pour composer une telle œuvre, avec un
tel argument et penser que celle-ci puisse être acceptée, représentée,
interprétée même.
Tant de barrières morales, tant de boucliers sociaux, tant de rejets potentiels
de lieux.
Mais le scandale amène la foule et attise la curiosité.
L’acte artistique provocateur est figure d’exceptionnel.
Et quand il est porté par le génie d’un compositeur comme Strauss, on ne peut
que s’incliner et s’inciter à une lecture de l’œuvre dépassant le premier
degré, déjà complexe à estimer tel.
Karajan et Strauss, comme Karajan et Wagner ou Karajan et Beethoven.
Richard Strauss - dont les tendances politiques en faveur du nazisme et une
œuvre encore enracinée dans le romantisme mais osant, quand l’argument le
nécessitait, les avancées modernistes auxquelles il adhérait philosophiquement
- sans Karajan serait peut être resté un compositeur volontairement relégué
dans des bouquins d’histoire de la musique, en quelques lignes.
Trop … gênant peut être…
Comme Bruckner, un parfait exemple d’un regain d’intérêt, d’un sursaut réaliste
face au génie créatif.
Il ne faut pas non plus négliger cette odyssée de l’espace, prévue en un 2001
déjà dépassé, mais avec une intelligence artificielle capable de prendre le
pouvoir sur son inventeur humain. Zarathoustra – Nietzsche – Strauss – SF…
Strauss … Richard.
Karajan est un interprète du compositeur des plus réalistes.
Sa direction ample tant que tonique permet une excellente lisibilité
orchestrale là où encore et souvent l’argument orchestral est noyé en jeu de
registres exécutés, mais non agencés avec les choix déterminants d’une partition
d’apparence complexe.
Karajan trouve toujours le bon angle, la bonne et juste mesure dans le propos
orchestral.
Pour cela, avec la « donnée » opéra (et ici un argumentaire puissant
chargé qui plus est d’un passif anecdotique pour un compositeur dont il a
croisé les idées), la ligne directrice est là, face à lui.
Et avec elle, pour un drame en un acte où il peut imaginer une réelle
progression dans le temps, comme un tout et non par paliers et sections, le
considérant en un seul moment se dirigeant vers la scène ultime, paroxysmique,
il opte pour l’interprétation d’un seul tenant.
Ce même si la célèbre « Danse des Sept Voiles » peut être extraite en
pièce symphonique.
Il existe fort peu d’interprétations de « Salome ».
Celle-ci, enregistrée en dix jours du 10 au 20 mai 1977 avec un philharmonique
de Vienne ne cessant de renouer avec l’autre Strauss emblématique de la cité et
un casting de solistes tous aussi imprégnés de l’ouvrage les un-es que les
autres, est un véritable choc.
Ce bloc musical, en un acte, que j’écoute toujours avec fascination, enfermé
dans un coffret vinylique de deux disques que j’ouvre tel une boite de Pandore,
est d’une rare densité, d’une formidable intensité et dépasse largement la
seule idée d’opéra.
Avec « Salome », Richard Strauss a fait très fort et Karajan est le
vecteur de cette force machiavélique qui surgit de chaque chant, de chaque
trait orchestral et de ces crescendos massifs, nerveux, tendus jusqu’au cri.
Essentiel.
Fascinant.
Malsain.
Ultime.
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PIETRO MASCAGNI : « CAVALLIERA RUSTICANA »
RUGGIERO LEONCAVALLO : « PAGLIACCI »
DG – 1966 ;
Orchestra et Coro del Teatro alla Scala, Milano. Direction Herbert Von Karajan –
Maestro del Coro : Roberto Benaglio.
Carlo Bergonzi, Fiorenza Cossoto, Adriane Martino, Giangiacomo Guelfi, Maria
Gracia Allegri – « Cavalliera Rusticana »
Carlo Bergonzi, Joan Carlyle, Giuseppe Taddei, Ugo Bennelli, Roalando Panerai,
Giuseppe Morresi, Franco Ricciardi – « Pagliacci ».
On allège presque le registre, on passe du drame pénétrant, au drame façon commedia
dell’arte.
L’affaire n’est pas aisée et la transition nette, mais ce transport vers un
autre univers musical est des plus bénéfiques.
Karajan, 1966, s’offre une escapade dans la patrie de Verdi et s’empare de l’orchestre
de la Scalla pour mettre au grand jour deux compositeurs oubliés, célébrés en
leur temps, de façon éphémère, avec leurs œuvres toutes aussi éphémères, mais à
grand succès : Pietro Mascagni et Ruggiero Leoncavallo.
Coup d’éclairage pour l’interprétation de leurs deux opéras, « Cavalliera
Rusticana » et « Pagliacci », le premier en un acte et le second
en deux actes, souvent associés.
Mascagni (1863 – Livourne / 1945 – Rome) est pourtant considéré comme l’un des
compositeurs majeurs de l’opéra italien du XXe siècle. Il va étudier avec
Poncheilli et à ses côtés il aura comme co-disciple Puccini…
Pourtant il abandonnera ses études, s’installera à Cerignola, vivant dans une
pauvreté bien réelle. Professeur de musique, chef de l’orchestre local il
tentera le concours Sonzogno qui avec cet opéra en un acte et sa réussite, lui
ouvrira les portes du succès. Un opéra composé en vingt jours, enthousiasmé qu’il
était par la naissance de sa première fille.
Le succès de cet opéra fut imminent et inespéré. Il le rendit célèbre à l’international
et même Mahler en fut enthousiasmé (alors qu’il avait rit pour la Bohème de Puccini)
…
Cette célébrité lui permit de composer de nombreuses œuvres, dont le vérisme
musical trouve là modèle représentatif.
Puis il devint un chef d’orchestre célèbre, resta un ami proche de Puccini
(dont il prononça l’éloge funèbre) et se rapprocha amicalement de Mussolini qui
le nomma par décret en 1929, membre de l’Académie d’Italie.
Fulgurance, succès et peut être bien, là encore, choix politiques qui obligent
à un oubli certainement volontaire.
Ce premier opéra, déclencheur du succès de Mascagni, n’avait pourtant pas sa
préférence. Il avait été trop associé au vérisme duquel le compositeur s’est
progressivement extrait pour chercher dans des directions musicales plus romantiques.
Mais Karajan a trouvé là un matériau musical à réhabiliter.
L’orchestration luxuriante (incluant même des grandes orgues), à laquelle des chœurs
absolument somptueux se mêlent et des arias d’une grande émotion, remarquablement
interprétés ici, ont certainement été un choix décisif pour le grand chef.
Un hommage à un chef respecté, aux choix et amitiés politiques discutées et
discutables (et proches de son parcours).
Une mise en valeur de sa première œuvre célébrée partout dans le monde, adulée
et qui serait certainement, sans lui, passée dans l’oubli – voilà qui a dû
orienter ses choix.
Karajan et l’orchestre fascinant de la Scala transcendent ici une œuvre apparemment
anecdotique ou semblant juste représentative de son temps.
Il va trouver l’angle d’attaque, avec des solistes majestueux, pour transformer
une partition certes à l’écriture tant originale que parfaite en une œuvre majeure
d’un répertoire représentatif du succès d’une époque.
Leoncavallo (1857 – Naples / 1919 Montecatini Terme), c’est presque la même
chose…
Il est l’expression même du vérisme.
Personnage haut en couleurs, complexe, il se crée, suite au succès de son
premier opéra, « Pagliacci », sa propre légende, s’inventant une
biographie changeante.
On sait qu’il fut pianiste de cafés concerts et qu’à Paris il s’est lié d’amitié
avec Massenet et qu’avec Paillasse / « Pagliacci », son succès assuré,
il eut de nombreuses commandes lui permettant de se distinguer dans de nombreux
styles musicaux, de l’opérette en passant par le poème symphonique.
Marié à la cantatrice française (de Carpentras) Marie Jose Jean (alias Berthe
Rambaud), le compositeur est honoré en Italie (fondation Leoncavallo à Locarno,
musée à Brissago où il est citoyen d’honneur).
« Pagliacci » est une mise en abîme (représentation d’une œuvre dans
une œuvre similaire) qui met en exergue le paradoxe du comédien avec des
procédés dramatiques particulièrement efficaces, sensibles et qui par leur
réalisme touchent immédiatement le public. Caruso a été l’un des interprètes
les plus marquants du rôle de Canio qui, par jalousie, tuera sa femme et son
amant.
Là encore le terrain de jeu musical et orchestral ainsi que les airs tourmentés
de l’œuvre sont parfaits pour un Karajan en pleine ascension glorieuse.
Il va transformer et transcender une œuvre de répertoire en un véritable acte
artistique.
Il fait apparaitre, là où l’action tarabiscotée entre réalité et autre réalité
oblige à une direction de fosse centrée sur le théâtral, une richesse
orchestrale au service du chant absolument inimaginable si l’on s’en réfère à
la seule direction « opéra » que suppose la pièce.
Deux actes pour transformer un fait divers que le père de l’auteur (magistrat)
aurait eu à juger et qui inspirèrent le fils compositeur, faisant de ce « Paillasse »
une direction, un chemin dans lequel Puccini va s’engouffrer.
La direction du grand chef aura permis de (re)positionner l’œuvre, aux côtés de
celle de Mascagni (leurs deux premiers opéras respectifs) en première place.
L’éclairage qu’il en fait les transcende et fait, par son implication
suggestive et son charisme se dépasser tant l’orchestre que les solistes et le chœur.
Un chef peut parfois faire qu’une œuvre est surpassée.
Karajan excelle dans Puccini.
Il excelle logiquement dans Leoncavallo et Mascagni où le grand compositeur (ami
du second) a puisé là une influence vériste indéniable … en dépassant l’intensité
dramatique des sujets quotidiens qu’il abordait.
Vérisme : mouvement artistique italien de la seconde moitié du XIXe
siècle, inspiré par le naturalisme français, visant à une représentation fidèle
et sans embellissement de la réalité.
Démarche artistique visant à reproduire avec précision la réalité quotidienne.
Source : la langue française.
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Oser l’opéra c’est entrer dans un univers intemporel et addictif.
Osez donc.
Je me suis doublement fait plaisir. SALOME tape dans ma période 100% opéra, mon entourage me rappelle encore comme j’étais ch****. Je pense que SALOME est mon 4eme opéra, après deux Puccini, un Verdi, je tente pour de mauvaises raisons : Oscar Wilde, La danse des 7 voiles, le thème… Je suis un peu bousculé par une entrée direct sans le moindre prélude… Mais j’ai vite apprécié l’énormité de l’œuvre. J’ai acheté la version dirigée par Sinopoli sur les conseils d’un HS de Télérama. Le mot fascination colle bien, j’imagine un décor péplum révisé par un Fritz Lang, rouge et noir écrasant les protagonistes. J’ai tout de même bien fait de commencer par SALOME, ELEKTRA pour commencer aurait été plus déroutant, noir et violent alors que SALOME tient aussi du conte pour adulte, un conte malade avec des moments chatoyants, exotisme et même une valse malade. Et même impression qu’avec l’OR DU RHIN, il y a une délicatesse comme si le thème était déjà suffisamment malaisant, inutile d’en rajouter, tout au contraire.
RépondreSupprimerPAGLIACCI c’est celle de Karajan que j’ai, c’est la référence, j’ai été enlevé dès le début, le prologue et l’arrivée du cirque me let en joie comme sur CARMEN. Je n’oublie pas « Vesti La Giubba » qui me faisait rêver ténor comme ado je rêvais guitare héros.
Par tes papiers je réalise plus clairement la couleur Karajan, élégance et fermeté, tout y est « lisible » même les parties tonitruantes deviennent éblouissantes. Du coup je comprends aussi la boutade de Godard qui disait « la 5eme de Beethoven c’est de l’art, la 5eme de Beethoven dirigé par Karajan c’est encore de l’art, mais distribué par Deutsche Grammophon c’est de la culture » En creux, un sacré compliment pour le chef.
PS : par rebond je découvre le PAGLIACCI avec La Callas, di Stefano et Gobbi, le trio grandioose de Tosca.
Merci pour tout
Il n'y a bien que toi pour venir ici commenter avec régularité les chroniques classiques, mais je ne désespère pas, si on ne parle pas de la musique classique et de ses interprètes alors comme toujours, cela s'étiolera, se noiera et peut être se perdra...
SupprimerJe crois sincèrement qu'on peut apprécier tant un opéra de Strauss qu'un solo de Clapton, question de "disposition" et de se mettre dans cette disposition.
J'aime que parfois, cela soit détaillé, analysé, historiquement documenté, mais j'aime aussi l'entrée simple dans la musique...
J'ai commencé des playlist classique - elle vont également entrer dans le blog, le temps de les ajuster et surtout de bien vérifier qu'elles sont agencées convenablement.
Car là, ce n'est pas si simple...
Sinon, j'ai choisi le Karajan opéra par ces deux œuvres.
Là où, finalement il a encore été passeur culturel et j'ai adoré la citation de Godard, tellement réaliste et véridique.
je vais écouter avec Callas, forcément ça doit être qq chose.
à +
Je lis souvent que l’Opéra n’est pas dédié à une élite, qu’il doit être populaire. Comme si l’obstacle principale était cette réputation d’art sectaire. Je suis le contre-exemple, le blocage quand on n’a que le disque pour découvrir est le fossé entre la musique et pour beaucoup d’entre nous une éducation musicale insuffisante. Il m’a fallu découvrir que quelques premières écoutes sur des compositions compliqués, pas complexes, compliqués dans le sens que cela foisonne en thèmes, ne peuvent suffire quand on n’a peu de bagage musical. La patience est ensuite largement récompensée, comme une illumination. Nous avons tous dans d’autres genres musicaux un disque que nous ne lâchons plus ce qui n’a pas été évident au tout début, mais généralement il y avait une entrée possible pour ne pas abandonner : un genre familier, une chanson d’entrée. Pour retrouver les mêmes circonstances en Opéra il y aurait bien CARMEN ou le BARBIER, des airs connus pour apprécier le reste puis tenter l’aventure ailleurs. J’ai un ami qui a connu le conservatoire, sa faculté à apprécier l’Opéra a été bien plus rapide. Reste aussi la chance d’assister à un spectacle, encore un accélérateur pour enter dans cet univers. Conclusion : ne pas aimer au tout début n’est pas le signe que cette musique n’est pas pour vous, il faut quelques écoutes pour que la musique s’agence dans un tout qui se dévoilera et alors… du bonheur. Et ensuite c’est de plus en plus facile.
SupprimerDésolé j’ai été long, et encore, j’ai réduit 😉
oui, c'est bien vu et résumé.
Supprimeret comme toujours, ensuite, une fois l'effort fait, le travail sensoriel tant qu'intellectuel fait, un peu comme avec la poésie ou encore l'art contemporain en peinture, non seulement on reste avide et curieux mais en plus ça devient insatiable.
le barbier ... j'ai énormément de souvenirs avec cette œuvre.
non t'as pas été long, je le suis bien plus en général...
merci