dimanche 10 juin 2018

EMPREINTES VOCALES - 1


Empreintes Vocales.
(Réflexions anarchiques... et affectives)

La voix, ce débat, cet instrument directement lié aux sens, au corps...
Elle accroche direct, elle peut révulser aussi, pas une question de technique, juste une question de sensations, d’émotion, de ressenti.
On a parfois et même souvent ces discussions interminables entre amis musiciens (ou non) rapport à cette voix, ces chanteurs, chanteuses que l’on côtoie, que parfois l’on accompagne, que l’on croise...
La vie quoi.
La musique est importante, mais dès que la voix entre en piste elle prend le pas sur le reste, elle attire, elle s’impose, elle est qu’on le veuille ou non, incontournable, alors son axe mélodique fera fredonner, siffloter, écouter avec sensibilité, on sera happé par une énergie inexplicable...
Elle est là, alors, plus rien (ou presque) n’existe.
Cette conscience je tente de la faire prendre à n’importe quel(le) élève chanteur (euse), car dès que tu prends le micro « miss », tu dois toujours penser que dès la première émission d’un son de ta voix, l’auditoire et même les musiciens n’en ont que pour toi...
Une sacrée responsabilité.
Le vocal touche directement à l’âme, il fait surgir l’être dans toute sa réalité.
C’est « sensible », c’est « à nu ».
Ce peut être beau, émouvant, insoutenable...
Enervant aussi ou insipide et ce, selon notre propre capacité de ressenti, sans explication, sans plus d’analyse que cela.

Il y a bien sûr l’appartenance à un « style », un genre, une étiquette...
Opéra, récital, jazz, pop, rock, chanson, world...
Récemment Noa, en duo, minimal, intimiste avec un guitariste (Gil Dor) et un éventail percussif, concert dracénois, chargé de têtes blanches, papotages et ragots de mise dans l’attente de remplissage de salle...
Elle entre, se raconte et en l’espace d’une note, la première, me voilà transporté, comme si plus rien autour de moi ne pouvait exister et le silence se fait, là, d’un coup.
Pas de volonté charismatique affichée, juste la simplicité et le chant chargé d’une vibration expressive inexplicable, palpable dès la première émission vocale.
On touche le sens du beau, ou du moins certainement cette idée qu’on en a.

...

J’écoute Sinatra, son album de bossa, le crooner y est entouré d’un écrin fait pour sa voix et la guitare si impérative de ce contexte.
Ça coule, ça frémit à chaque phrase, c’est sensuel, d’une coolitude absolue, délicat, élégant et d’une apparence simple, si simple... que c’en est désarmant.
Alors comme Franckie chante, tout semble chanter autour de lui, la moindre flûte semble le caresser, les cordes sont de soyeux tapis et même la batterie pourtant métrique prend des airs de mélodie à chanter. Lui, semble flotter au-dessus de ce paysage musical idyllique, il chante, tout chante et il en est le vecteur.

Tom Jobim e Frank Sinatra - 1967 - Full Album - YouTube

Je me souviens Nathalie Dessay à Ramatuelle l’an dernier. Un de ces concerts inoubliables.
Elle se pose avec élégance dans un somptueux fauteuil et sur des espaces de cordes contemporains elle raconte – sa  voix même parlée est envoutement. Une distinction mue par une technique pour laquelle le mot perfection semble bien piètre permet le détail de chaque mot, de chaque souffle, de chaque phrase... et là elle n’aura fait que « parler »...
Puis elle revient en comédies de Broadway et dès la première note du « on » de « on a clear day » elle aimante d’une pureté et d’une sensualité mêlées une assistance béate.
L’album ne rend pas le quart de ce ressenti, mais une fois qu’on a été happé par cette voix, c’est définitif.
Merci au « live ».

Natalie Dessay, "I'm a fool" - Teaser - YouTube

Je me fais le rapport technique avec Ella Fitzgerald, en jazz en ce qui la concerne, c’est similaire.
Pas de limites – juste la perfection tant dans la justesse, le feeling travaillé au cordeau que la précision rythmique avec un phrasé swing à pleurer.
Et un sens des racines blues qui est toujours là, omniprésent.

Ella Fitzgerald -- How Long, How Long Blues (1963) - YouTube
Ella Fitzgerald - Swings Lightly / Swings Brightly (Not Now Music) [Full Album] - YouTube

Alors quand la douce colombe croise pour quelques albums trempés dans le chaudron du jazz - celui-là qu’on sait vrai, authentique, sans autres fioritures que les inflexions du blues Mr Louis Armstrong à la voix qui est aux antipodes, rauquement furieux, transposition immédiate du chant de sa trompette, voix et instrument s’exprimant sur la même échelle de valeur, sans distinction aucune - le contraste émotionnel va au-delà du concevable, comme si la belle et la bête prenaient figure sonore en face de nous.
Une sorte de magie faite musique, en petite formation comme dans l’immense adaptation du Porgy and Bess par Russell Garcia de Gershwin, il est impossible de ne savoir au pire « apprécier », au mieux, « adorer » et remettre sans cesse ce « Summertime » impossible à oublier.
Y être insensible ?... je ne connais personne qui ait pu aller en sens contraire.


...

LA belle voix...
Hmm, la belle affaire que voilà.
On parle d’une telle, d’une autre – l’une chante bien mais sa voix... brrr... l’autre a la voix à son image, alors si l’on aime son image, on aimera sa voix...
On parle d’une autre, encore qui s’oblige pour chanter à en rajouter sans interruption, sans respiration, noyant la voix dans un fatras d’inutiles effets qui au sortir parasitent l’impact immédiat, la véritable expression, le sens.
La chasse au mimétisme, la chasse à l’inutile, la chasse au superficiel, voilà bien notre bataille pédagogique face à ces émissions de TV à la réalité qui installe la démonstration, l’image, la bataille en place de la musique, le braillement comme référent technique, pourtant, parfois même là, la voix, quand elle prend sa place authentique : alors ...
Je me souviens cette jeune adolescente, guitare en mains, tellement timide et peu sure d’elle, première prestation publique à l’une des multiples auditions du Conservatoire.
Le power chord s’installe et positionne sa rassurante route harmonique et voici le premier son...
La salle se fige, une rare intensité émotionnelle vient de prendre tout à chacun.
Inoubliable.
Charismatique.
Pas la peine d’en faire une tonne, avec un rien et la pureté de l’intention de-par la voix cela est simplement suffisant.

Je sais avoir toujours placé Billie Holiday au-dessus de tout – chez elle, pas question d’imaginer un seul instant entendre la moindre forme « technique », cela n’a pas lieu même s’y penser.
Billie chante et c’est au-delà du jazz, au-delà même d’une idée esthétique que cela se passe, il y a dans sa voix une telle humanité, une telle âme que, forcément, on est d’emblée attiré, fasciné.
Pour ma part de ressenti je place Billie au-dessus de tout ce que je peux  connaitre (du moins... vous verrez plus loin).
Bien entendu cela reste totalement lié au subjectif car c’est une question de chimie, certainement. Ou d’alchimie.
Comment expliquer réellement cela ?
On écoute une voix et la peau se fait chair de poule, le poil de dresse, le parlé s’arrête et peut être va se teinter d’une  émotion palpable... Touché, coulé.
Billie me fait ça – je l’écoute donc quand j’en ai besoin, comme si cette expression vocale était une nécessité afin d’apporter un soutien ou un « transport » en face du quotidien, et ce forcément dans les moments pas simples de la vie.
Cette voix chante tout ce que j’ai besoin qu’elle me chante...

Billie Holiday - The man I love - YouTube

Une autre voix qui me laisse toujours pantois, c’est celle de Michael McDonald.
C’est incroyable cette teinte de nostalgie profonde qui émane de chaque note qu’il chante avec une âme là aussi emplie de soul, d’un feeling totalement particulier, aux inflexions profondément ancrées dans le gospel, à la rauquerie naturelle, à la tessiture qui caresse les aigus les plus improbables tout en faisant imaginer qu’il reste dans un registre grave.
Une sorte de féminité... une sensibilité qui l’est en tout cas.
Dès que je l’entends, en soliste comme caché au fond d’un chœur, je vibre instantanément.
Et il m’est difficile de ne pas user du replay...
Je l’ai découvert avec son premier album et sa reprise du « I Keep forgettin’ » de Procol Harum il n’a pas fallu plus que cette phrase pour qu’une forme d’addiction envers cette voix s’installe, irrémédiablement et durablement.


De Michael McDonald à Marvin le pas est simple à franchir et parmi les nombreux chanteurs afro américains que je vénère ou écoute je peux dire que Marvin Gaye a toujours tenu place de choix.
J’écoute « Trouble man » et c’est une boucle qui s’installe, comme si ce falsetto si limpide ne pouvait sortir de ma tête.
L’autre fois j’ai fait l’erreur de le mettre en playlist de musique d’ambiance à la pause entre sets musicaux et je suis resté figé, quasiment incapable de revenir à mon piano...


« What’s going on » est et reste l’une de mes préférences vocales de Marvin, la chanson comme l’album conceptuel et agencé autour de l’axe de ce titre (un jour qui sait, je me lancerais dans la mise en détails de certains albums de Marvin) – sa voix m'aimante radicalement
« Dream of a lifetime » tout comme « Midnight Love », c’est pareil...
Un barda eighties, des boites à qui mieux mieux et là, au-dessus, ce miracle vocal fluide, léger, chargé d’une expression incommensurable, d’une vie... de la vie.


Aux antipodes il m’est impossible de résister à Tom Waits.
Son implication vocale est unique, chargée de vicissitudes, bouleversante dès son premier rauquement, dès son moindre feulement.
Bien sûr il y a « Jersey Girl » ou encore « Blue Valentine », rien qu’à eux seuls ces deux titres que j’auréole d’un « Somewhere » droit sorti de West Side et qu’il a détourné ou simplement chanté à sa façon.

Jersey Girl - Tom Waits - YouTube
Tom Waits Somewhere (From 'West Side Sto Blue Valentine 1978 - YouTube

A sa façon...
Tom Waits n’en a d’autre de façon de chanter que celle de se mettre totalement à nu, d’exprimer le plus profond de l’être, le plus lointain de l’homme.
Son personnage, sa voix... ses albums barrés (« Swordfish trombones ») ou encyclopédiques... ou juste caressant le blues profond, le jazz de fond de club, le rock de bar à whisky.
Eternel Tom Waits...


...

« S’il y’ avait pas eu Armstrong, jamais on n’aurait osé chanter comme ça ! » m’avait lancé une fois une amie.
Personnellement je ne crois pas en cela.
Je crois plutôt que l’on chante comme l’on veut ou doit s’exprimer, que le rock, le blues et le jazz ont permis de s’affranchir d’un mode vocal lié à une technique impliquant acoustique et projection du son vocal et qu’ainsi on s’est progressivement détaché d’un passif, d’archétypes pour comprendre que chanter c’est certainement et avant tout être soi-même, donc s’exprimer comme tel et forcément s’assumer comme tel.
Avec tout son fardeau de vie qui se trimballe dans le grain de cette voix qui en dit d’un coup certainement très long, comme un miroir grossissant et ne laissant passer aucun détail.

Prenez la copine de Tom, justement, Rickie Lee Jones...
Elle balance son « Coolsville » ou bien son « Lucky Guy » et on pleure...


J’en connais un autre qui me fait cet effet, c’est Bill LaBounty, il est la symbiose réelle du succès « Bodyguard » (oui, le film qui a fait pleurer nos petites amies ados et qu’on a tous vu, nous avec une bière en mains, elles avec une boite de Kleenex). Il pleurniche classe – en général il en rêve, elle est partie ou il la fantasme, peu importe – et pour ça il va mélanger un jazz groovy/funky/pop-calif de bon ton FM avec ce talent country qui fait miauler dans les chaumières...
Vous vous souvenez de « I will always love you », cette ballade country mise à la sauce FM eighties Quincy Jones par la regrettée Whitney (dont, au passage la voix ne m’a jamais fait le moindre effet... un phénomène curieux que je ne m’explique pas ou peu). Ces accents ampoulés chargés de pleurnichements tout droit sortis du fin fond d’un Harlem en quête de sortie de ghetto – chez Bill on est carrément dans le réel de tout ça.
C’est pas un film, c’est juste comme ça que ça le fait et alors quand j’entends « Didn’t want to say goodbye », « Slow Fade » ou encore « It used to be me » - titres dont j’ai réalisé que je ne sais m’en passer – bêtement, je fonds.


La voix, cette façon de creuser le texte, de chercher le lancinant expressif, de nasiller si nécessaire afin de donner ce grain, cette texture qui te fait dire inconsciemment « yeah »...
Bill LaBounty j’ai réalisé à quel point j’écoute encore et toujours ce gars – il me parle, sa voix (et sa musique ) me parle(nt).
J’en aurai presque oublié Rickie, qui même quand elle chante en français dans un accent tel qu’on adorait ça quand on draguait les anglaises en voyage scolaire, en un semi gémissement chanté sur le sillon te bouleverse.
Oui, te bouleverse...

Rickie Lee Jones - Rorschach - YouTube

Ce mot est fort ? La voix de Rickie Lee Jones me bouleverse sitôt que je l’entends et ce, même dans ses titres les plus fun. Elle a ce truc nasillard mais sans plus qui infléchit le texte et le son de sa voix et ainsi elle enfonce le clou de l’hyper expression en l’espace d’une phrase, d’une sifflante, d’un « ttt »...
Elle ne fait pas exprès, et c’est bien ça le truc, c’est juste comme ça, naturel, profondément féminin, chargé de galères, d’une envie de vie et de bonheur à venir... et de musique et forcément, ça touche.


...

Bon là où j’en suis, j’ai encore des oubliés... tellement d’oubliés, mais je les prendrais en compte, vous en faites pas.
Il faudra bien un deuxième état de réflexions...
Là je remarque que je me suis laissé embarquer par ces chanteuses et chanteurs « à musique »...
Bref, plutôt simple quand on me connait, on se dit, ouais, d’accord, mais quand même ceux-là, derrière y’a du lourd côté zicos, il nous la joue calif, jazz, rock classieux, donc forcément ça ne peut QUE chanter...
Même chez Billie y’a un sacré background (et pas que Lester...) – mais ceci dit, quand elle chante, vous y faites VRAIMENT attention ?...

Bon j’y vais franco, une voix qui m’a toujours gonflé à l'écoute first, c’est celle de Phil Collins.
Pourtant j’ai toujours adoré très paradoxalement Phil Collins et la récente lecture de sa bio via les conseils avisés de Charlu n’a fait qu’accentuer ce fait.
Avec lui, il me faut me mettre en condition et d’un coup une sorte de porte s’ouvre...
c'est l'écoute second...
Elle s’est ouverte avec le titre « In the Air » dont on me dira ok ras le bol, passe à autre chose...
Oui mais réécoutez le...


Et puis « if living me is easy » là on touche ou effleure le gros feeling à fleur de peau...


Il y eu encore « That’s just the way it is » avec David Crosby en chœur et soudainement je n’ai plus décroché de sa voix, comme si j’avais saisi la profondeur du truc, le sens caché... au-delà de « Sussudio »...

Phil Collins - That's Just The Way It Is - YouTube

Et certaines chansons de Genesis me sont apparues... chef d’œuvre (« blood on the rooftops », "say it's alright Joe").


Alors on parle Genesis et automatiquement me vient la voix la plus unique ou spécifique que j’ai entendu, genre indéfinissable car rauque mais pas rock, car cassée mais plutôt abimée, car expressive comme celle d’un acteur, ou d’un conteur, ou d’un visionnaire – Peter Gabriel.
WHY DONT U TOUCH ME ! « The Musical Box », rien que ça et je me le résume, une voix tellement chargée d’un sens réellement théâtral, sans autre volonté que de servir la vie d’un texte, d’une affabulation, d’un monde ancré dans un esprit parallèle.

Genesis - The Musical Box - YouTube

Puis Peter Gabriel c’est la voix de « Red Rain » avec un traitement qu’il ne quittera plus et lui donnera une définitive identité.

Peter Gabriel - Red Rain - YouTube

Il faudrait un chapitre rien que pour parler de la sensation que procure la voix de Peter Gabriel et croiser tellement de sensations.

Allez je me pousse la porte de l’hexagone et me viennent directement trois voix...
(Je laisse Johnny dans la mélasse judiciaire).
Piaf (normal et pas étonnant), Bashung et Gainsbourg.
Directement je me rajoute Christophe, Polnareff et Brel.
Montand – jamais pu arriver à capter ce qu’adolescent, usé par les microsillons que mon père passait en boucle parce qu’adorateur du communisme affiché de l’acteur je considérais comme de l’esbroufe, du superficiel, de la « poudre aux yeux ». J’en suis encore là et ce ne sont pas quelques feuilles mortes qui me feront changer, pour l’instant.
Edith Piaf c’était quasi religieux à la maison.
Dès gamin, quand sa voix perçait du haut-parleur j’étais apeuré et fasciné. Ces rrrr gutturaux, cette gouaille, ce don total de soi dans le corps d’une si petite femme avec une si grande voix et tant de sens donné par cet organe minuscule, moi qui faisait du chant, je ne captais pas le comment, mais ce que je sais c’est que je captais une énergie émotionnelle unique. Et c’est encore vrai aujourd’hui.
J’écoute Piaf, plus rien n’existe.


Bashung je l’ai découvert ou du moins su l’apprécier fort tard.
C’était « Fantaisie militaire » - sa musique et sa voix tellement indissociable de ses textes d’une poésie à décrypter.
Cette façon de faire parler les mots, de les recaler dans le beat, de jouer sur le sens tant musical que contextuel. Comme une cicatrice, ça te reste à vie.


Puis il y a toujours eu Serge...
On a le compositeur, l’arrangeur, le défricheur, le récupérateur... d’accord.
Le provocateur, ça on sait...
Mais le chanteur – tiens passez comme moi en boucle « Je suis venu te dire » c’est chargé de sensibilité ça, ça frémit de respirations haletantes pour accentuer le sens, c’est vraiment interprété...


Et un jour j’ai bloqué sur le live au casino de Paris avec ce retour scénique en « Javanaise » et je ne cache pas les larmes à chaque réécoute de ce moment unique d’hyper sensibilité tout comme cette « Dépression au-dessus du Jardin » qui reste l’un de mes titres fétiches du chanteur pour le coup...

Serge Gainsbourg - Casino De Paris 1985 - la javanaise - YouTube

Gainsbourg était tant et tant de choses – il était parmi celles-ci, un merveilleux chanteur et son inimitable parlé chanté (l’école de Vienne rejoignant le rap) reste un truc facile à analyser, mais un truc complètement mystérieux à réaliser, car tellement associé à l’artiste.
Parler une mélodie toujours sous-jacente et ne jamais en perdre son fil musical... pour parfois le faire imperceptiblement ou franchement surgir. Quel art de l'expression !

Christophe ? Oui, sa voix écorchée en « Mot Bleus » fait mouche à chaque fois. Cette fragilité, cette fausse approximation, ces aigus contenus et cette empreinte de pudeur. Une sorte de mythe.

Les mots bleus (Christophe) - YouTube

Polnareff m’a toujours interpellé – il joue avec sa voix comme avec son piano. Ses seules limites sont lui-même. Cette redondante facilité qu’il met en avant pourrait faire oublier que derrière des Tamtams inchantables tant ils sont techniquement stratosphériques, il pleure des larmes de verre, regrette le temps de grand maman ou peut assassiner par jalousie. Alors de sucré bonbon acidulé il redevient émotion, car le sucre, ça fond.

L'homme qui pleurait des larmes de verre - YouTube
Michel Polnareff - Le bal des laze (1968) - YouTube

Brel, difficile, un peu comme Waits, c’est un monument d’implication, il est ce qu’il chante et devient alors un très grand chanteur. On se fiche alors de sa voix, ce qu’on retient c’est qu’elle est au service d’une immense expression.
« Ces gens-là » et « Ne me quitte pas » me suffisent... 


Comme « Avec le temps » de Ferré me suffira pour lui seul.
Il suffit d’un moment gravé avec une voix imbriquée dans le sens de l’expression musicale pour que celui-ci franchisse le pas de l’éternel.

léo ferré - avec le temps - YouTube

Maria Callas a franchi ce pas.
J’ai pu dire que je n’étais pas un farouche admirateur car son choix de transcender l’œuvre vers elle n’est pas spécialement celui qui me plait (comme Gabin dans ses films) – mais rares sont les divas capables d’une telle complète identité et ce dans un répertoire d’interprète, classique de surcroit donc chargé de contraintes, d’écrits, de consignes...
La reconnaitre immédiatement, c’est certain.
Lui conférer un statut de voix unique aussi, car elle a su mener sa voix et sa carrière avec cette identité directe.
Callas ne laisse insensible.
Je l’écoute pour elle, pas pour l’œuvre.


Bartolli quant à elle réussit à tout associer.
Respect du texte, du contexte, de l’œuvre, du compositeur qu’elle va chercher en faisant un travail d’historienne de la musique...
Elle a tous les registres, une technique qui suscite l’admiration, une puissance et un charisme incroyables et puis, elle soupire et peut sotto voce faire monter l’émotion la plus simple et la plus profonde.
J’en suis fan.
Elle représente l’idée d’une évolution moderne de l’approche artistique du « classique »...
Son engagement féminin (comme celui de Khatia Buniatishvili) et artistique sera un exemple pour les générations à venir.


...

Retour en voix arrières.
Directement ému lorsque Marianne Faithfull a posé ses affres avec une conviction vocale sans détours sur son album « Broken English », le titre et sa façon d’exprimer ces deux mots, comme si elle peinait à l’exprimer sans spasmes, sans tout ce que la pensée peut évoquer à la simple énonciation d’un mot...
Cette voix-là, celle de Marianne Faithfull, une fois qu’on l’a imprimée dans son conscient on sait qu’elle ne vous quittera plus.
C’est peut-être cela l’un des mystères de cette alchimie entre la perception organique et la mémoire sensorielle qui lui est liée.
Un peu comme une saveur, un bon vin par exemple, de ceux d’exception, il suffit d’une gorgée et d’un retour sur palais pour l’imprimer immédiatement et irrémédiablement et rien que l’évocation de son nom fait alors agir les sens restés en mémoire.


Ça m’a fait ça automatiquement quand le grand Joe s’est transcendé à Woodstock en gospélisant « With a little help » des Beatles (le passant d’une bluette enrubannée à 4 temps à un profond hymne spiritual mesuré à 3/4). Il y avait là ce cri... long, puissant, bestial, entre jouissance et souffrance, cherchant un aigu démesuré.

JOE COCKER "With A Little Help From My Friends" 1969 Woodstock - YouTube
Joe Cocker - With A Little Help From My Friends - YouTube

Alors Joe Cocker est entré en voix comme en musiques de « reprises » réarrangée ou réaménagées, reliftées ou sublimées dans ma part de légende incontournable...
Joe Cocker, intimement lié à cette voix, cette présence physique palpable, comme un objet aux contours brutes, un objet rare, exceptionnel et hors normes.
Mon album du grand Joe ? « Sheffield Steel », et ces deux reprises « many rivers to cross », chargé d’une foi que seule sa voix pouvait re-transcender après l’empreinte de Jimmy Cliff et la reprise du « Talking back to the night », cette merveilleuse chanson de Steve Winwwod.


Steve Winwood, justement...
Que je considère comme l’un des plus grands songwriters de tous les temps.
Cet art mélodique, cet art du contour, cet art de la forme, cet art du sujet...
Le musicien multi-instrumentiste n’a jamais oublié qu’il est chanteur.
Sa musique chante comme lui et son chant est partout. Il y a chez lui une subtilité toute britannique en retenue, en suspens, une semi nonchalance, une décontraction d’apparence.
Chez Traffic (la version de « John Barleycorn »), avec Blind Faith (« sublime « Can’t find my way home) ou encore dès son premier éponyme album solo sa voix m’est familière, comme celle d’un ami, elle me parle, elle semble intemporelle, hors des habituels repères et pourtant si palpable.
Joe rend toujours hommage à Steve.

Steve Winwood "Let Me Make Something In Your Life "(1977) - YouTube

Un cri, une libération.
Je ne dois ni peux causer à bâtons très rompus de voix sans m’arrêter sur l’improbable Robert Plant.
LA voix de Led Zeppelin.
LA voix du hard, du heavy, bref de tout ce qui a commencé à s’alourdir au début des seventies.
LA voix légendaire du rock, la plus grande disent certains, la plus représentatives pensent d’autres, la plus incroyable, authentique, unique... On peut passer le dico des synonymes.
Qui de ma génération a pu passer à côté de Led Zeppelin, porté par Robert et-ou-avec Jimmy, puis de John et enfin de John Paul ?...
Qui n’a pas été parcouru de frissons ou de plaisirs compulsifs quand il découvrit la longue plainte de « Since I’ve Been lovin’ You », ce retour vocal sidéral, cette voix qui hurle un blues, qui reprend son pouvoir charismatique balayant tout sur son passage, perchée en haut d’une montagne sacrée, positionnée en mythe.


Qui ne sait faire les han, han, hein hein qui font vibrer les foules même quand on est seule foule dans son salon, ceux qui précèdent le break d’anthologie de John dans « Black Dog » ?


Qui n’a pas essayé en vain de donner le max tant d’énergie, que de puissance et bien entendu d’aigus inaccessibles  en fin de parcours de ce « Stairway » là aussi d’anthologie, tentant d’approcher l’impossible en braillant avec Robert et se casant la voix pour le reste des heures de la journée redescendant automatiquement au registre de Tom (Waits) ?


Robert Plant reste un « phénomène » vocal à part entière, une hyper identité tant personnelle que représentation vocale de deux paires faisant quatre.
Si l’on aime le rock, on aime Robert Plant, comme s’il était impossible de dissocier tant de figures parallèles, de sensations combinées, d’images représentatives, de symboliques devenues légendaires en quelques décennies.
L’un des chanteurs avec lesquels j’ai bossé voici des années, le genre de gars impossible à oublier, ce dans un contexte pourtant rythm’n’blues m’a dit un jour alors que je le questionnais sur l’incroyable énergie qu’il insufflait en live « J’ai toujours en tête Robert Plant – il est le plus grand et l’inaccessible, mais si tu te le fixe comme repère et comme objectif tu ne te décevras jamais ».

Led Zeppelin - Rock and Roll HQ - YouTube

Chez le Pourpre on a eu principalement deux voix (la seconde ayant été accolée à une troisième... on voit ça en passant).
Ian Gillan, qui a eu pour démontrer sa véracité et sa férocité vocale son « Child in Time ».


Une voix suraiguë, pointue, agressive (pas autant que les divers gueulards de chez AC/DC tout de même), nerveuse et acide, parfois capable d’un brin d’émotion, plutôt encline à électriser les foules et se tirer la bourre avec Richie, trop heureux en ce temps d’avoir un alter-ego lumière, lui qui œuvrait en côté obscur.
Ce Purple là, c’est celui de mon adolescence et « Into The Fire » est son hymne.


« Smoke on the Water » son fer de lance et « Live in Japan » son testament.


Puis il partit et dès l’entrée de son successeur je suis tombé dingue de cette voix rocailleuse, trempée dans le blues-rock, chargée de feeling machiste, gueulant avec retenue, pleurant avec virilité, aguicheuse, dragueuse, sorte de représentation du mâle rock pour ados en quête d’authenticité d’avant punk.
David Coverdale est apparu et je ne l’ai plus quitté.
La nouvelle voix du Pourpre dès l’entrée de « Burn » fit couler beaucoup d’encre.
Le groupe avait pourtant gagné là en soul, en blues, en racines aussi. « Mistreated », mon titre fétiche de Purple reste – en studio comme en live – la pièce maîtresse taillée pour David Coverdale.


Coverdale, parti ensuite pour Whitesnake, est à mon sens l’autre pendant de cette voix gravée au sceau du rock. 


Même Jimmy Page est venu le chercher pour un Coverdale/Page qui aurait dû faire immense carrière et qui n’est resté que rencontre à peine remarquée.


Et puis, David version Purple, il se tirait la bourre pas toujours amicale avec Glenn Hughes qui, malgré une occupation des deux mains fixée à la basse pour accrocher le tempo implacable de Ian Paice, lui en faisait voir tant scéniquement que vocalement. L’espace de lead à partager ressemblait bien plus à un ring pour médaillés qu’à un bar entre potes.
Glenn en sortait souvent vainqueur immédiat de cet espace de battles, naturellement aidé par une voix aux aigus trempés dans la black soul influencée par le maitre Stevie (Wonder), il ne se gênait pas pour tirer quelques cartouches puissantes accrochant directement l’auditeur.
David puisait (et s’épuisait) alors dans le fin fond de son blues, laissant virevolter son brillant adversaire, puis il revenait, plus rocailleux, plus profond, plus geignard et reportait la mise émotionnelle.
Glenn Hughes reste à pour moi l’autre héro issu des profondeurs pourpres.
Dépositaire de ce hard blues devenu hard funk, sa voix torride l’a largement porté, malgré des écarts destructeurs, vers des sphères inédites, vers des espaces expressifs mixtes, multiples, synthétisant les genres et les modes d’expression.
Quand on a un tel « organe » et, qui plus est qu’on est un musicien plus que talentueux, alors le champ de possibilités s’ouvre largement. La musique de Glenn Hughes, sa voix à l’incroyable puissance – même quand il pique maintenant en toute amitié le « Mistreated » de David, en live – est d’une clarté et d’une précision, d’une justesse à frémir.
Et chargée d’un feeling gros comme son cœur.


Les battles...
Ça m’a toujours laissé perplexe que cette expression quand elle use de la musique comme espace.
Mais à y réfléchir, je me refais la scène du Bird de Eastwood avec le jeune Charlie Parker.
Je repense à ces soirées bœufs en scènes soi-disant ouvertes dans des jazz clubs tenus par de piliers face auxquels il n’y a pas d’autre alternative – crois-t-on – que d’en « foutre plein la vue »...
Je me suis retrouvé parfois dans ces espaces où il faut jouer des coudes pour prendre sa place.
Peu technicien, je m’en suis toujours sorti avec le jeu de l’expression, c’est peut-être pour cela que celle-ci – bien qu’on me prête facilement l’idée de passionné de zic pour zicos, donc technique – que je sais que j’oublie parfois, embarqué dans des us inutiles, est la clé qui ouvre toutes les portes.
Les pires battles sont ces déflagrations de braillements auxquelles on assiste dans « The Voice » (en mode Kids, c’est encore pire mentalement, car la cour de récré reste perceptible, mais c'est pourtant là souvent le meilleur de l'expressif) – mais le public a toujours eu besoin d’arènes, de jeux, de perdants et de vainqueurs... de gladiateurs...


Il mise...
Il se passionne...
Il encourage...
Parfois, oui parfois... il s’émeut.
Ça marche encore, alors.

The Voice Kids 2014 | Carla, Gloria et Mina - L'homme à la moto (Edith Piaf) | Battle - YouTube
mais l'enfance sait toujours émouvoir... car là encore le naturel prime.

On reviendra sur tout cela.
Au prochain épisode.








16 commentaires:

  1. Je reviens et vois que tu n'as pas chômé ces derniers mois...
    Là il y en a pour tous les goûts...alors la voix est importante et reste souvent indissociable de la musique pour moi, n'étant pas très attirée par les prouesses vocales seules...
    Pareil que toi pour Bashung, je pense qu'il n'a jamais mieux chanté que sur sa dernière période d'ailleurs...
    Par contre je n'ai jamais aimé la voix de Peter Gabriel, je l'ai toujours trouvé trop "synthétique", comme celle de Phil Collins mais comme j'ai toujours préféré ses chansons, ça passe et je l'apprécie plus aujourd'hui...
    En écouté Michael Franks là je me dis qu'on est loin de ce que tu décris, on pourrait dire qu'il n'a pas de voix pourtant la douceur qui s'en dégage me parle bien plus qu'une voix plus puissante...il y a un côté mat dans son timbre ( je ne sais pas si ça se dit ) que j'aime bien retrouver en général chez les chanteurs ...qu'en penses tu ? ;)

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    1. merci de ton passage,
      pour michael franks, il sera bien entendu question de lui dans le chapitre suivant, car j'adore cet artiste et sa voix reste une intrigue... à décrypter si possible.
      pour les voix collins, gabriel, c'est l'entrée par les artistes que j'ai aimé, mais ceci dit peter quand t'as pris cette voix en compte ado via les premiers genesis, c'est définitif...
      à +

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  2. J'ai l'impression qu'un comm à moi n'est pas passé sur l'article "groove". J'ai du l'envoyer y'a une 10 ène de j.

    Whouah la liste. Je crois être très "tolèrent" côté voix (j'aodre celle de Daho ;D), y'en a pas des masses qui m'irritent le cerveau, même bono par exemple j'aime bien. Bon, c'est vrai que quand ça monte un peu dans la puissance comme Céline ou Adèle, là je sature vite. Pourtant, dans la puissance, je suis dingue de Steve Winwood, et de Murray Head aussi, en passant (même timbre et puissance ?)
    Pour revenir un peu sur Collins, j'avais aussi un peu de mal au début, lorsqu'il partait dans les hauteurs à finir un morceau saturé. Et puis me suis toujours demandé comme la transition avec Gabriel s'était faite aussi bien, comme si de rien n'était. Pourtant au fil du temps, elles se sont pas mal éloignées.

    Poldo, c'est vraiment de la crème, Dominique A aussi. La nonchalance de Murat et Gainsbourg, le timbre ténébreux de Stuart A Stapples, Cohen, Bill Calahan...
    Bon, vais d'abord te lire dans les détails avant d'allonger la liste.

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    1. merci de ton passage, les comm's sont finalement arrivés à bon terme, blogger a un protocole assez pénible en la matière...

      tant de voix, tant de plaisirs à les capter, c'est sur la liste peut être longue et très longue.
      marrant le débat gabriel collins, même tant de lustres après la transition genesis il reste vivace.
      un truc mythique, quoi...

      à très vite.
      bizs

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    2. Bono? Une autre des grandes voix, moooonsieur Charlu. Histoire de te taquiner un peu. "Miss Sarajevo" accord Bono Pavarott. Juste pas possible

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    3. Bono,
      C'est marrant ce statut de non chanteur en soi mais juste de la voix de U2 - comme si son identité-personnalité s'était figée autour de cet unique direction.
      Pourtant, oui, l'album Passengers, mais aussi les duets avec Sinatra et Bennett, et autres échappées très belles de ce chanteur prouvent sa voix et pourtant, malgré tout, même quand on l'écoute et l'apprécie dans ce contexte le rapport U2 prime genre, "vachement bien le Bono de U2 là en invité dans cet album"...
      bon etc, etc...
      car si on commence à causer U2 on va y passer le mois en cours.
      à plus bas.

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  3. Réponses
    1. Faut que je prenne le temps d'aller vérifier dans les paramètres pourquoi les comm's ne sont plus "annoncés" comma avant dans ma boite mail.

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  4. Parfois je te maudis, attaquer une chronique pareil. Je pensais survoler, papillonner, picorer... Mais en fait, sur mon canapé, depuis plus d'une heure, je lis, j'écoute, je prends des notes pour un commentaire à venir. Mais alors quoi?
    "Rorschachs, Theme For The Pope" de Rickie Lee Jones. J'ai quasi les larmes. J'ai été trouver "MAGAZINE" mais la version est juste fredonnée (commentaire équivalent sur ton YOUTUBE) alors j'ai repris via Jdownloader et je me la pleure et je voulais venir le dire, avant de te noyer dans tout le reste.

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    1. J'ai attaqué cette chronique qui va forcément avoir des chapitres (j'en ai en cours, genre ECM, plus facile mais tt de même, Sinatra, là y'a du taff et ce sera quand forcément cet été je vais devoir le rejouer alors c'est plus simple, les solistes, là encore je peux en faire ... et Blue Note qui a commencé à pointer son nez...).
      Les débats sur la voix avec mes collègues tant pédagos que zicos sont tellement ancrés dans notre quotidien que j'ai pensé commencer par une petite synthèse des questions ais aussi des réflexions qu'on se fait souvent.
      Puis tu connais le processus, on attaque léger, on creuse, on se dit, tient et elle, et lui, puis des idées germent et c'est parti pour rentrer dans un entrelacs de remarques, de réflexions, de questions à tenter de résoudre par des remarques forcément subjectives.
      la voix ça te touche...
      ou peu (car pas c'est impossible).
      Sujet BAC philo cette année "peut on rester insensible à une oeuvre d'art ?" - j'aurais dû le repasser avec un sujet pareil...
      Je le réadapte ici - "peut on rester insensible à une voix ?".
      Qu'on aime ou qu'on laisse passer ou encore qu'on n'accroche pas on est directement lié à la sensibilité... alors.

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  5. Allez en style télégraphique
    - Sinatra, le maître, golden voice
    - Nathalie Dessay, ma mémoire m'a soufflé la version de Dylan, je l'ai dans la tête, en parlant de voix.
    - Porgy, Ella et Louis. J'ai entendu et aimé avant de savoir. Cette trompette me transperçait comme celle de "ARsenic Blues" générique des 5 dernières minutes.
    - Billie… je n'ajoute rien ou alors une autre fois.
    - Michael McDonald Sans tes conseils (2013!! Il semble?) que des reprises, un look à trainer dans les hôtels de luxe, Las Vegas (sorry cliché) Mais à sa découverte, j'ai de suite fondu comme pour le Daryl Hall. En fait une certaine classe sans se forcer. Comme quoi.
    - Jersey Girl, Tom Waits et cette voix!! La version de Springsteen me touche aussi, plus en force mais j'y entends de la complicité.
    - Bill laBounty, l'exception, pas de sensation particulière. Rare
    - Rickie... je pensais à la sensation de fraîcheur en 79 avec son 1er disque, un peu comme les premiers Dire Strait. Faut croire que ça nous manquait.
    (Je tapis ces notes quand soudain "Rorschachs")
    - La Bio, toi aussi tu t'es fait avoir par le Charlu. IN THE AIR pas de souci, il avait tout déplacé: voix, batterie et pour finir un truc qui aurait pu atterir chez Peter Gabriel dans ses albums solo

    "If Leaving Me Is Easy" découverte, pas l'émotion de "Rorschach" mais bien touchante, et bien placé dans ta chronique
    "That's Just The Way It Is" s’enchaîne bien. (et cette idée de réédition des pochettes avec sa tête d'aujourd'hui, sa bio raconte bien ce besoin de sortir du quiproquo 80's. Tu te souviens du livre de Bruford qui évoque le regard éteint de Phil Collins lors d'une rencontre en pleine période de succès de Phil Collins)

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    1. je trouve super que tu cites Daryl Hall.
      Son album solo "Sacred Songs" produit par Robert Fripp et blindé de rock punkisant se mélageant à la bluette et à l’expérimentation de frippertronics est décalé rapport à sa carrière et pourtant c'est par là que je suis entré avec un bonheur sucré dans le duo Hall-Oates qui, au passage a fait une sacrée carrière...
      J'en parlerais un jour car ils m'ont toujours impressionné et j'y reste très attaché.

      Pour Phil et en anticipant plus bas.
      Voix, musique, personne (et ce bien avant que je finalise avec sa bio et peu avant les évocations de Bill B, son ami).
      Discussion récente avec un collègue autour d'un verre : "Phil Collins, m'a toujours semblé le gars arrivé là par hasard, par chance mais surtout par la vie. Un gars simple, qui te chante son quotidien et qui en sortant de la cabine d'enregistrement passe en short à la cuisine pour se faire des œufs au plat..."
      Voilà en tout cas sur cette remarque qui m'a résumé ma pensée suite à la lecture de cette bio (que j'ai directement offerte à mon ami Jean Marc) certainement l'une des raisons qui fait qu'on aime Phil Collins, que sa voix, finalement nous semble si proche, si familière et si directement abordable, sans chichis, sans effets, sans maniérisme...
      J'aime le bonhomme en son entier...
      Pas que sa voix, mais ses chansons (donc avec sa voix), son jeu de batterie (qui chante), sa programmation des boites (qui chantent elles aussi) et sa production qui met tout vers le chant...
      un tout, pas juste un chanteur.

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  6. - Les Genesis je les ai usé. Et ils te donnent un peu tord, la force musicale ne s'en laisse pas conter par le chant. La preuve le refrain de "Say It's Alright Joe"
    Haaa Gabriel. Je reste justement sans voix sur son "Home sweet Home" et sa façon de le pousser à la fin, fortofragillo!!
    - Les français… M. Montand, je pense me le passer régulièrement, LastFM m'a compté 30 "Bicyclettes" et 13 "Il n'y a plus d'après" tente. Et j'économise mes commentaires sur les autres.
    A part peut-être Bashung. J'apprécie, mais le chant ne me touche pas autant que certains qui suivent. Tiens comme Gainsbourg. Je reconnais les voix mais…
    Les mots bleus!! Heureux que je fus d'apprendre que la musique était de Christophe pas de Jarre qui a fait les textes (bien les textes). Trop long à expliquer

    - Je découvre "L'homme Qui Pleurait Des Larmes De Verre" avec bonheur.

    - Et Ferré, pfffouuu tu veux ma mort "Les Musiciens" qui vous est dédié, n'est il pas? "L'affiche Rouge" je parçimonise tellement elle me fait mal

    Et Brel, Et Piaf…

    Maria Callas… je stoppe ici ;-)

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    1. Bon, t'as encore fait la totale de commentaires...
      Je suis sur mon téléphone, donc obligé de faire bref, je te répondrais plus conséquemment.
      Je bloque juste Rickie...
      Eh oui, intacte cette émotion.
      Inexplicable, enfin si... si on considère que la vie et la voix ne font qu'un...
      Bon je reviens dès que possible.
      Merci de tes immmmenses et formidables commentaires.
      Amitiés

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    2. Ouf, juste soulagé de ne pas les avoir perdu

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    3. là pour conclure les réponses à tes nombreux comm's, je trie.
      Genesis, j'en reste inconditionnel.
      C'est comme ça, et toutes périodes confondues, car si on bloque sur l'univers premier avec Peter on se prive non seulement de la trilogie transitoire (j'en avais fait une règle de trois) mais surtout d'une suite qui, je l'admet, a mis beaucoup de temps à s'installer dans mon quotidien, toujours enclin à revenir vers Supper's Ready ou Cinema Show ou Firth to Firth...
      Abacab, Mama m'ont ré ouvert les nouvelles portes, neuves, orientées vers de nouveaux espaces.
      et j'ai commencé à écouter les "derniers" Genesis avec une nouvelle sensibilité - de souvenirs ado je suis passé en mode adulte.

      Nos chers français...
      Je m'impose chaque année de faire chanter français aux ados - pas juste par sentiment de cocorico (avec l'invasion du foot c'est bon on a suffisamment de fierté affiché à gérer...), maispparce que l'approche française est et reste particulière.
      Le texte prime, la voix s'y colle avec ou après puis enfin parfois la musique, donc l'environnement, prennent une place "relative".
      La place de la musique dans la chanson (et la varièt'... quelle est la frontière ?) est environnementale.
      Y'a des tendances, mais texte/voix puis ou avec musique.
      Alors faire jouer du français à des ados c'est leur faire prendre conscience que là, t'as beau faire le Satriani/Vai/Van Halen en répé... tu mets ta gratte en veilleuse et tu gardes ton solo, non pour lui même, mais pour mettre l'essence de la chanson en relief, en évidence, en éclairage...
      Il n'est rien en soi, il devient tout dès que tu l'as compris.
      Alors... tu sais pourquoi l'identité de la chanson-musique française (la chanson italienne a elle aussi ses modes d'approche) se doit d'être abordée autrement et ce quelle que soit l'influence stylistique proposée.

      bon j'arrête là...
      demain fête de la zic on a un peu de taff à préparer tt de même et justement de la chanson française à gérer.

      amitiés et encore merci de tes comm's

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