PROFONDEMENT POURPRE …

PROFONDEMENT POURPRE …


Deep Purple …

« In Rock » symbolise pour moi deux choses importantes de ma vie de passion à la musique.

1- Je viens d’avoir un électrophone, un Phillips, stéréo, couleur orangée.
Il est « tout en un » et dédié aux transports, autrement dit, on joint les deux petites enceintes ensuite on les clipse sur l’ensemble afin d’en faire couvercle.
L’électrophone devient alors une petite valise – et je l’embarquerais partout avec moi ainsi que les disques.
En attendant, c’est l’heure de l’installation…
Deux chevilles et deux crochets, du fil pour accrocher les enceintes, une petite goulotte pour amener les fils de branchement à l’arrière du précieux appareil.
Nous sommes en 1971, j’ai, sur un compte bloqué mais accessible par mes parents, une somme d’argent relative aux cachets de mes prestations musicales de choriste enfant d'opéra.
En principe je peux le débloquer à ma majorité, mais de façon exceptionnelle, mes parents peuvent retirer une somme dont un certain montant ne peut être dépassé – ce certainement afin que des parents ne dépouillent pas le pactole de leur enfant.
Bien verrouillé l’affaire.
Ma grand-mère, Suzanne, toujours attentive à ce que je fais, aura complété le reste.
Par la suite et très vite je vais m’acheter mon premier casque stéréo, auquel on aura adjoint un module permettant par bouton poussoir de passer de casque à enceintes.
Un long cheminement qui m’amènera à prioriser les achats musicaux dans ma vie et ça a commencé là avec … Deep Purple.
2- Mon oncle connait mon penchant pour le groupe.
C’est Noël, il arrive avec le précieux « In Rock » et lui, audiophile averti des premières heures de cette passion socialement naissante, va m’expliquer comment « faire attention » à ce disque, d’une épaisseur à faire pâlir – oui je l’ai toujours et il reste très, très audible, malgré le temps.
Deep Purple « In Rock » est donc mon premier disque, point de départ d’une collectionnite insatiable qui a rempli ma vie … et mes étagères.

Côté CD, mon premier CD sera celui de Masahito Satoh en trio avec Gadd et Gomez – pour le son de Gadd… « As if ».
Mais, et c'est une toute autre histoire.

Alors revenons à Deep Purple.
Ce groupe a littéralement envouté toute mon adolescence, même quand j’ai penché prog, même quand le jazz a pointé son nez, je n’ai jamais lâché l’occasion d’acheter le nouveau Purple, une sorte de tradition, d’usage, de cérémonial quand je le mettais en platine – et un truc de fan inexplicable que je n’ai eu pour les autres groupes.

Il est temps d’en venir au sujet principal.
L’influence de Purple est vérifiable à de nombreux égards, Mark 1, 2, ou 3 voir plus car j’ai arrêté de compter, le groupe a été usé, écouté, recopié, zone implacable d’influence pour tout musicien rock, qu’il soit chanteur, guitariste, batteur, bassiste même et bien entendu claviériste.
Les riffs, les plans, les petits trucs de chacun des héros du groupe sont passés dans les mains et doigts, à la moulinette de tant et tant de musiciens que l’on peut dire qu’ils ont véritablement eu une influence majeure sur le rock
Peut être même plus que Led Zeppelin ou que les Who …
Les premiers carrément inaccessibles en technique, les seconds bien trop identitaires et complexes.

Deep Purple c’est une usine à riffs, on peut en compter parfois plusieurs fédérateurs sur un seul titre.
Deep Purple c’est un cirque rock organisé, avec des solistes qui croisent le fer là où chez Zep c’est Jimmy Page avec … lui-même.
Deep Purple c’est un sceau fondé sur le blues, durcit à souhait avec une identité très forte due aux membres du groupe et à leur egos divergents respectifs.
Pas de leader réel, même si l’on s’accorderait à refiler trop facilement ce rôle à Blackmore, mage noir, ombrageux et colérique et génie de la guitare.
Un riff = un titre et immédiatement c’est parti mon kiki !
C’est aussi cela Deep Purple, instantané, pas de chichis, pas de sur-facilité non plus à la AC/CD, une recherche musicale qui immédiatement sait accrocher l’auditeur et le fidéliser dans le temps.
On ne se lasse pas d'un titre de Deep Purple, même quand on le connait par cœur.
On aurait pu croire qu’avec les changements de personnel ils y eut déclin et que comme tant d’autres groupes ils seraient passé de la lumière à la pénombre – non.
« Burn » leur aura presque été salutaire et a remis plein de pendules à l’heure du rock.

Alors, cette zone d’influence a occasionné les officiels.
Ian Gillan a réévalué le truc, est parti en tournées et a, sous son nom avant de revenir dans la dernière mouture (depuis un bail d’ailleurs), remis le couvert Purple en reprenant beaucoup de ses titres phares, ceux qui firent sa propre gloire de chanteur - même si aujourd'hui sa voix n'est plus qu'un souvenir légendaire.
David Coverdale a monté Whitesnake et après un premier album solo, relativement funky (dans la lignée de certains titres de « Stormbringer ») il a opéré le virage et est revenu à cette filiation Pourpre.
Quant à Glenn Hughes, il continue à tenir le flambeau, brandissant sa basse épée trempée dans le sang pourpre comme s’il restait seul réel survivant de cette croisade métallique.
Ah, j’allais oublier Rainbow, le Deep Purple de Ritchie Blackmore, épique, médiéval, presque prog parfois, mythique aussi… un bien beau projet sous sa direction autocrate et ombrageuse.
Et les tributes ont fleuri.
Et c’est là que j’écris.
J’en ai choisi quelques-uns, deux ...
Ils peinent à s’échapper de l’original, le modernisent parfois, l’extrêmisent aussi.
Mais dès qu’on les met en platine, ces visions du répertoire Pourpre prennent une belle place dans, justement, ces parallèles qui prouvent là l’énorme influence qu’a pu avoir le groupe, car on y sent bien que tout le monde y connait plus que parfaitement son sujet…

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« BLACK NIGHT – DEEP PURPEL TRIBUTE (Acording to New York) – Fun House 1995.
Joe Lynn Turner, Richie Kotzen, Cory Glover, T.M Sade Stevens, Tony Harnell : vocals
Vinnie Moore, Al Pitrelli, Stevie Salas, Richie Kotzen, Simon Gregory, Lars Y Loudamp (cf Yngwie Malmsteem) : guitars
T.M Stevens : bass
Will Calhoun, Cindy Blackman, Van Romaine : drums
Bernie Worrell : keyboards

C’est sous l’initiative de T.M Stevens, bassiste rap … et métal/funk que nait cette initiative de reprises des titres les plus célèbres de Deep Purple.
L’idée était d’insuffler au répertoire emblématique du groupe une atmosphère et un jeu véritablement newyorkais.
Ici le bassiste qui va être leader des sessions est au cœur d’un véritable projet de groupe, même si quelques musicien-nes sont invité-es à participer.
Peu de claviers, mais avec la présence de Bernie Worrell on est largement servis.
Beaucoup de guitares et c’est brûlant de ce côté-là – j’irais même jusqu’à dire que c’est un véritable festival de schreders … tous s’en donnent à cœur joie. Il faut dire qu’entre les riffs et les possibilités d’ouvertures de solos que Blackmore a laissé en patrimoine, c’est un matériau idéal pour ceux-ci.
T.M Stevens est un bassiste dans la même lignée démonstrative, une sorte de Victor Wooten pro-métal et il déploie un jeu d’une énorme présence tant technique (il slape comme un phénomène) que posée sur un groove urbain qui colle parfaitement au sujet.
Avec lui la crème des batteurs du genre, à faire pâlir Dream Theater et on appréciera la présence de Cindy Blackman, habituée de ces sessions protéiformes qui comme toujours, électrise de son jeu puissant et volubile les titres auxquels elle se joint.
Joe Lynn Turner est un habitué du répertoire – il a tourné avec Rainbow, est un vieux pote de Glenn, bref, Purple c’est sa famille ou du moins il y est raccroché.
Entre lui et les autres chanteurs du projet, côté vocal, là aussi on est impactés – pas de répit pour ces hurleurs métalleux qui se mettent sur la même ligne d’horizon que leurs amis guitaristes et intensifient le propos pourpre d’une omniprésence vocale des plus enthousiasmantes…

Le traitement des titres même s’il en modifie parfois le tempo, ou le groove, est textuellement semblable à l’original, souvent structure comprise.
Le seul écart sera le « Child in Time » réaménagé en reggae – pas forcément heureux, d’ailleurs, mais un choix est un choix et je respecte cette envie de sortir du cadre, d’autant que Bernie était le sideman idéal pour faire revivre ce titre de la sorte.
Des plages urban-rap pour lier le tout  et voilà en gros l’affaire.

On se prend tout de même un énorme uppercut dans la tronche et va direct au tapis avec cet album.
Si cette énergie était renouvelable il suffirait de le mettre et on aurait au moins une année d’électricité gratos – là ça ne s’amuse ni ne plaisante avec la matière en fusion qu’ils ont dans les mains.
On est là, béats, redécouvrant avec un plaisir dépassant l’immense, un ensemble de titres que l’on connait par cœur et qui vient de passer au remodelage coup de jeunesse.

Deep Purple a toujours aimé l’exagération, le don du maximum, la surenchère musicale et scénique – eux sont certainement partis de là et avec leur axe newyorkais ils ont réinjecté une surdose de vitamines à ces titres.

C’est bon.
C’est énergisant comme un pack de Red Bull.
Cela n’a pas pris une ride tant ce traitement actuel reste véridique.
Et Purple est ici dignement servi par ce groupe (car ici c’est plutôt comme cela qu’il faut considérer la chose).

PS : j’ai eu à écrire pour un groupe avec cuivres, un arrangement qui mettait en medley des titres de Purple – deux medleys, un période Gillan, l’autre période Coverdale-Hughes et l’écoute de cet album m’avait, à l’époque, ouvert de nombreuses pistes de travail…

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«  SMOKE ON THE WATER : A Tribute to Deep Purple » | Shrapnel Records 1994.
featured : Glenn Hughes, Joe Lynn Turner, Paul Gilbert, Don Dokken, Kip Winger, Reb Beach, Yngwie Malmsteem, Jens Johansson, John Horum, Tony McAlpine, Vinnie Moore, Kelly Keeling, Russ Parrish, Tony Harnell, Robert Mason, Jeff Scott Soto.

Du terreau pourpre ils sont sortis et nés, ils en connaissent les moindres recoins, le moindre riff, le moindre blues hurlement. Ils sont la filiation directe, nourris et biberonnés à la couleur pourpre ils ont grandi avec mais ne s’en sont que très peu émancipés.
Certains (Yngwie Malmsteem) envoient du schred comme s’ils jouaient à chaque fois leur vie, leur réputation – pour briller comme le fit, mage de noirceur gothique infinie, le maitre Richie.

Pour cette compil tribute ils se sont réunis autour de la table ronde et ont fait surgir les esprits enfouis dans leurs passés respectifs – et ils ont joué, braillé, fracassé, saturé.
Ils ont repris à l’identique ces riffs taillés au cordeau, ils ont déplacé au milieu du studio ce bon gros Hammond et ses cabines Leslie et l’ont saturé, lui aussi, en lui mettant ses copains synthétiques nerveux et canardeux pour le titiller en voisinage.
Ils ont mis dans une cabine qu’ils ont tenté d’insonoriser une batterie format XXL et ils l’ont choisie d’une « marque repère » solide et indestructible car au long des sessions ils se sont employés à la détruire – mais rien n’y a fait – ils ne sont pas gauchers, c’est peut-être là, le truc…
Deux murs d’amplis de la première heure se sont fait face, fumants de lampes surchauffées – d’un côté ceux pour les guitares de l’autre ceux pour la basse..
Dans une autre cabine, ils ont un peu hésité à adopter le micro suspendu ou à refiler aux chanteurs un bon vieux filaire afin qu’ils puissent gueuler, bouger, sauter et haranguer, comme un bon vieux Ian ou un plus jeunot David, sans parler de l’invité surprise, seul à savoir envoyer des aigus inaccessibles, ce bon vieux Glenn, toujours de la partie quand on prononce le nom de Purple.
Mentor professor Glenn…
Et puis ils ont engagé un ingé son qui a vite lâché l’affaire, laissant les vumètres rebondir dans le rouge du rouge de la console, sans jamais en redescendre – et face à ce fait incorrigible, tant dépité que résigné, il a descendu ad lib, entre deux pétards un pack de bière pendant que le producteur hochait du chef, face aux moniteurs dont les membranes ont bien failli se détacher.
Les sessions terminées, aucun déodorant corporel, aucun désodorisant ou parfum d'intérieur ne sont arrivés à effacer l'odeur tenace de sueur alcoolisée et enfumée qu'ils ont laissé en souvenir de ces moment passés en studio et l'équipe de ménage a eu fort à faire pour ramasser diverses canettes, vider nombre de cendriers, nettoyer, réunir les empilements de boites de pizzas livrée à heures anarchiques du temps et redonner au lieu un lustre correct pour les locations suivantes. 

Ont-ils refait, réinventé, relifté, remodelé cette lave pourpre éternellement en fusion et prête à jaillir à la moindre occasion dès que le couvercle de ce volcan est à peine soulevé ?
Non.
Ils sont resté éminemment « fidèles » au sujet.
Ce même quand leurs solos pensaient s’en écarter quelque peu, impossible au sortir de s'en détacher véritablement.
Ils ont Purple dans leurs doigts, dans leurs réflexes, dans leur corps et leur âme toute entière y est vouée dès qu’ils engagent l’un et n’importe lequel des titres, même les plus cachés au fond des albums authentiques, de ce répertoire qu’ils ont en mythe absolu.

Alors dire que ce tribute va vous révolutionner Purple ou vous apporter « autre chose » sera faux, illusoire même.
Mais ils jouent Deep Purple comme Deep Purple, ou presque et finalement on ne leur en demande pas plus, d’ailleurs pourquoi faire ?
Et nous on se refait la tracklist hyper métallisée, redorée en mode scintillant, du presque neuf avec de l’ancien.
Ils y ont même glissé quelques bons vieux trucs qu’on aurait presque oublié (« Rat Bat Blue » - « Maybe I’m a Leo » et aussi « Hush », peut être bien le plus actuel et surprenant de ce tribute) histoire de chromer le tout…

A fond la caisse – ces … « Highway Stars » …

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Il aura suffit de deux tributes bien envoyés pour me refaire une plongée Pourpre.
De là, en toute logique je suis retourné à quelques originaux dont le goût et la saveur restent intacts, tant dans les traces qu’ils ont laissé – inaltérables – dans ma mémoire, que dans ce plaisir qu’ils procurent encore et toujours après tant et tant d’années.
Je me lasse toujours d’un bon vieux Zep sur la distance.
Je peux remettre en boucle un bon vieux Deep Purple sans m’en lasser.
Allez comprendre …

Et si le cœur vous en dit, allez écouter ces natifs spirituels de Deep Purple dans leur élément naturel – l’énergie positive qui s’en dégage ne peut qu’être bénéfique.

 






Commentaires

  1. Moi j'ai plus été Black que Purple ... que je n'ai découvert qu'en 72 avec l'achat de cet album peu connu "Machine Head" usé jusqu'à la corde, l'écoeurement, l'échange puis le rachat d'une galette non rayée ...
    J'avais ensuite remonté la discographie, scotché par In Rock, écouté très très fort, et même ce premier avec leurs tronches impayables sur le premier avec "Hush".
    Je vais écouter ces tribute ...
    Tu dois connaître le londonien Shabaka, le saxophoniste que je poste aujourd'hui !

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    1. Je peux jalonner mon adolescence avec Deep Purple.
      Chaque album qui sort et qui prend place au milieu des études, des ami(e)s, de la vie… comme si c’était une sorte de BO qui accompagne l’ado.
      Il y a eu nombre d’autres groupes et avec le prog c’était bien rempli, mais Purple avait cette régularité, une sorte de fan attitude sans déception et son lot d’attentes à chaque sortie.
      Inexplicable.

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  2. « Black Night: Deep Purple Tribute According To New York » He bien, j’en reviens pas qu’il y en ait tant, Alors je me suis jeté sur ta proposition. « Black Night » je fais un effort pour oublier un effet que j’adore dans la VO, dès que le chant démarre tu as derrière comme un effet boogie abandonné ici. « Fireball » à la sauce Red Hot Chili et comme tu le précises cette basse qui slape. Hot Chili, ZZ Top sur Space Truckin. Ha et puis mon « Burn » démarrage à l’identique mais hop virage davantage hard funk. Mais le refrain « Buuuuuuuuurn »
    Conclusion, un disque qui mérite une écoute aussi pour son traitement, hard funk metal à la Red Hot.
    « Smoke On The Water: A Tribute To Deep Purple » Coloration plus proche des originaux.
    Ton papier est l’étincelle qui m’a manqué pour terminer un papier qui évoque ma période Purple, même si elle a été plus courte que pour toi. Elle fut importante, pas autant que Led Zep mais c’est surtout une question de circonstances.
    Par rebond j’ai cherché l’autre tribute « Re-Machined - A Tribute To Deep Purple's Machine Head » surtout que QOBUZ a désactivé les prestations de Carlos Santana, Iron Maiden, Metallica…. ?? Gros son !! et je termine avec mon titre fétiche « Highway Star » Solo de Ritchie respecté dont pas de Fatwa.

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    1. Des tributes Purple, y'a a un paquet apparemment.
      Ces deux là, ça fait un moment que je me les traine, aussi ils méritaient un coup d'éclairage qui est venu en farfouillant dans mes CD et je me suis dit, tiens, why not ?
      je ne te cache pas ma préférence pour le premier, le NY côté approche.
      pour le second j'aime le fait qu'ils soient allés chercher des titres pas forcément phares.
      Purple a énormément influencé et sans faire de tribute, tu retrouves dans nombre de groupe ces influences et ils persistent avec un nouvel album pas mal du tout, voir excellent.
      J'ai vu trainer un article qui pointait du doigt ces vieux du rock qui à leurs débuts parlaient de cette musique de jeunes, de considérer qu'au delà de 40 ans ils n'imaginaient pas la vie, etc. Le titre en toile de fond, My Generation...
      Que les Who jouent encore du haut de leurs 80 piges.
      Et puis les sorties Purple, Madonna, Stones à venir, etc étaient le fond de réflexion.
      L'idée étant que voir un "vieux" jazzman sur scène était logique, mais pas forcément un rocker, tout en mitigeant le propos ensuite avec la revendication de certains comme Robert Plant donc les choix musicaux actuels lui sont représentatifs de son âge.
      Bref, ce débat là encore ... comme si parce que t'avais dépassé un "certain âge", tu te devais - parce que jeune tu avais revendiqué une forme de rupture sociale due à l'âge et en lien avec celui ci - d'arrêter de créer de la musique ou simplement d'en faire...
      perso, je me dis que passé 70 piges, 72 max, ce sera à réfléchir ... mais y'a tant et tant de paramètres - dans l'orchestre que je dirige y'a un sax qui vient de passer les 85 ans et franchement, ça joue, c'et présent et en plus il a la frite, alors...

      Bon, à fond ces Purples, pas possible autrement...
      merci et à plus

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  3. J'ai longtemps été un inconditionnel du Pourple Profond, e considérant comme l'un des meilleurs, si ce n'est tout simplement le meilleur - probablement parce que j'étais tombé dedans étant petit, demandant à mes frères et sœurs de me passer les disques de "Dèpe Purpleu" 😊 Du Mark I, II et III. Une fois assez "grand" pour me passer les galettes moi-même, j'avais usé jusqu'à la corde la double compilation "Mark I & Mark II", "Deep Purple" et surtout "Made In Japan". À mon sens, il n'y avait rien à jeter sur les albums des trois premières moutures.

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    1. Merci Bruno de venir commenter ici, c'est toujours agréable d'avoir de nouvelles personnes pour dialoguer.
      Ce n'est pas moi en tout cas qui te dirait le contraire...
      J'avais raconté il y a longtemps à mes débuts de bloggeur (première mouture obligée à disparaitre du mode public suite à des procédures de copyrights) mes souvenirs avec Machine Head, écouté à longueur de journée quasiment au milieu, gamin que j'étais alors, d'ados pendant trois bonnes semaines estivales en Corrèze.
      Avec cette petite équipe on ratissait en semaine et forcément les samedis les bals populaires qui ratissaient du musette au rock en passant par la variété fr de l'époque (on était en 72 je crois et l'album venait de sortir). Ces groupes de bal passaient de l'accordéon à Johnny puis à Smoke on The Water - le bal à cette époque n'avait pas de limites esthétiques et les zicos étaient vraiment bons (lecteurs, une excellente oreille et une capacité d'impro assez large).
      Ces groupes nous avaient adoptés...
      Et ils nous faisaient entrer gratos, car on les aidait en fin de soirée à ranger leur matos.
      Y'avait souvent l'éternelle bagarre éméchée et alcoolisée, très vite calmée par le service d'ordre. Moi je restais scotché devant la scène, admiratif du pianiste, du chanteur (un black si mes souvenirs sont bons et qui chantait JB comme pas 2) et du batteur qui en fin de soirée me laissait essayer son instrument avant que je l'aide.
      De là j'ai adopté ces trois instruments, sans distinction et par la suite, fin seventies ça a été mon tour d'être musicos de bal et là encore Purple faisait partie du répertoire et ce Smoke on The Water est resté emblématique et très souvent joué aux côtés de Highway to Hell puis ce fut We will rock you et I love rock'n'roll qui s'ajoutèrent a ces sets rocks encore obligatoires qui venaient en fin de soirée conclure après JJGoldman ou encore les incontournables Cie Créoles.
      J'ai été inconditionnel de Made in Japan que j'ai bien failli ne jamais rendre au pote qui me l'avait prêté jusqu'à ce que ma grand mère me file les francs pour me le payer, un double c'était un investissement...
      Puis ce fut Burn et une nouvelle addiction au groupe avec David et Glenn devenus en un album mes nouveaux héros et là Jon touchait enfin réellement aux synthés et là j'ai aussi pris cette direction parallèle à la batterie avec les claviers et rêvé d'un orgue (que j'ai) de synthés (n'en parlons pas) et ma caisse claire était l'obligatoire Ludwig, comme Ian, la même, pour avoir le même son...
      J'ai eu presque honte de dire publiquement que je préférais David à Ian - Mistreated avait fait la différence.
      Et encore aujourd'hui, je reste fidèle au groupe, leurs sorties d'albums mais aussi tout ce qui tourne autour (inconditionnel de Glenn, de Whitesnake et toujours accro à Rainbow).
      Bon, si tu trouves un zicos de ma génération qui n'a pas été influencé même à minima par Deep Purple, qu'il se signale, j'aurais du mal à le croire...
      ce groupe fut et reste un socle référent pour nous et si je suis un jour passé au jazz je crois bien que Lazy y est pour quelque chose...
      Rien que d'en parler je revis tout ça, en plus c'est l'été donc sacré flashback et comme t'as parlé d'enfance...

      Alors merci pour tout.
      Et à très vite.
      Bonne journée

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    2. Effectivement, consciemment ou inconsciemment, il semblerait bien que Deep Purple ait marqué toute une génération - voire deux. Gen' Punk exceptée. Oui, Ian Paice était une des références absolues en matière de rock - jusqu'au matos utilisé. Je me souviens d'un copain batteur me faire une démonstration explicative sur la maîtrise des cymbales pour "Child in Time".
      Et ces querelles de clocher pour savoir laquelle des moutures était la meilleure - pour ma part, ça me faisait marrer parce que j'appréciais les trois. Mais, à l'époque, tout le monde s'accordait pour renier le Mark IV avec Tommy Bolin. Y'en a bien eu un (courageux) pour dire que son préféré était "Come Taste the Band", mais il fut bien le seul 😁

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    3. Passer de la Compagnie Créole à Smoke on the Water 🤪 Il faut avoir un estomac de fer, non ? 😄
      Amusant - ou triste -, les groupes qui jouaient - et pouvaient - jouer un peu de tout. C'était une sacrée expérience formatrice. Et sympathique pour le public qui réclamait des titres - comme si la formation était un juke-box -. Ça existe encore, mais bien plus rare. Hélas, on préfère des "Dj" qui bourrinassent des galettes au tonalités synthétiques sur des tempo robotiques, à un volume apte à faire sauter les lentilles de contact.

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    4. Je te réponds en vrac,
      Quand Come Taste the Band est sorti je venais d'arriver à Grenoble, en troisième et vu mon look rocker - glam importé de la capitale je peux te dire que j'étais "observé" ...
      Dès octobre, pour mon anniv' j'avais organisé la boum habituelle ...
      Consigne : vous laissez votre musique de blaireaux à la maison, je m'occupe de tout...
      Et ils s'étaient cotisés pour m'offrir le précieux sésame.
      Et j'en suis tombé raide dingue et puis j'ai acheté les albums de Bolin et l'ai suivi chez Cobham et la voix de Glenn et Dave, bref... et Lord qui triturait de plus en plus funky...
      Je passe au bal, dans l'un des groupes qui m'a engagé début eighties j'ai été très surpris de trouver comme chanteuse une des filles qui avait dédicacé ce vinyle. J'ai fait deux tournées d'été avec ce groupe - c'était la copine du guitariste et elle chantait faux comme une casserole...
      Avec elle France Gall devenait un moment de souffrance pour le public et les zicos ont faisait mine de ... car lui c'était le patron qui nous assurait notre intermittence, donc, on la bouclait.
      Une fille sympathique au demeurant et elle se souvenait bien de mon esprit rocker de l'époque qu'elle avait retrouvé là, en groupe, car comme tu le dis il fallait tout savoir jouer : musette, rock, pop, disco, varièt' fr, créole et le jazz en début de soirée ...
      A cette époque et environ jusqu'à leur déclin, les groupes de bal étaient une véritable école. Le vrai problème était d'être capable de sortir de cette sphère, de son étiquetage, de ce milieu avec ce travail musical très chronophage car on repiquait tout et on devait jouer à l'exactitude, bien souvent.
      Certains groupes commandaient les arrangements repiqués et réajustés en fonction des formations, un métier parallèle qui arrondissait bien les fins de mois (je l'ai fait un temps) et là il te fallait être lecteur, car la partition était taillée sur mesure.
      Dans ces groupes il y avait comme dans la société, un panel représentatif de l'humain. Des connards, des beaufs, des intellos, des cachetonneurs pour lesquels juste le billet comptait assorti des dates d'intermittence, des timides, des adorables, des filles pros ou allumeuses qui compensaient tout par leur physique avantageux et bien sûr des zicos pros, capables de tout jouer ...
      Y'avait aussi des gens comme moi, profs en début de carrière au statuts incertains et pour lesquels le bal était la garantie financière.
      Bref, peu importait en fait le répertoire, il fallait le travailler (des heures en voiture à écouter les K7 distribuées avant l'été avec la partition sur le siège passager et les baguettes de batterie idem), l'assimiler puis c'était la semaine de répé et la tournée sur deux mois, en car, avec l'amitié en règle générale et le lien qui restait ou disparaissait dès septembre venu.
      Ce que j'ai appris par exemple c'est l'implication professionnelle.
      Il n'y a pas de mauvaise musique et même si tu la considères ainsi il te faut trouver le biais pour t'y investir, la jouer aussi bien que les autres et lui trouver un quelconque mais subsidiaire intérêt...

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    5. Il faut se dire que dans ces années là j'ai aussi été remplaçant du remplaçant du remplaçant (donc 4e en file) d'un groupe de bal célèbre dont la chanteuse était une certaine Eliane devenue Liane et un certain pianiste André ... et que là, côté pros, ça ne plaisantait pas du tout, mais vraiment pas du tout...
      C'est certain qu'aujourd'hui le bal est passé "de mode", une certaine évolution musicale avec des titres impossibles à reproduire a accéléré ce phénomène, même si le côté insupportable "années 80" reste le créneau de ces survivants.
      Pourquoi je dis insupportable c'est parce qu'ils ne rejouent que justement la plupart du temps le mauvais côté de ces années là.
      Dans les années 80, le public dansait aussi bien sur le boite de jazz, toutes les mamas, manureva, tout mais pas ça, le douanier rousseau que sur nuit de folie et les démons de minuit ...
      Le pb c'est que les blaireaux du bal d'aujourd'hui ont résumé cette richesse des années 80 à ces deux derniers titres... avec bien entendu JJ Goldman, l'insupportable faiseur de tubes et Bruel sur lequel je ne veux surtout pas m'étendre ...
      Alors que m ... tu pouvais faire du Madonna, du Communards, du Bashung et un max de Chic et de EW&F, Gaynor et autres D.Summer...
      bref comme toujours... on réduit à la beauferie.
      Et Johnny dans tout ça c'était somme toute sympa, y'avait de bons titres.
      Et puis tu pouvais encore avoir la chance de te faire engager (ce qui m'est arrivé) dans un groupe de "bal rock" et là, franchement Purple était au rendez vous... et enfin tu pouvais fracasser ton matos et bosser tous tes plans.
      Puis ce furent les groupes de covers (j'ai tourné de très nombreuses années dans un groupe de covers Police-puis Sting, ainsi que Beatles) ... là aussi fallait bosser et le leader trouvait les contrats.
      Le souci a été le schématisme de certains zicos de bal, les mecs blasés, aigris, endormis sur leur instrument, cachetonneurs pas du tout investis ... le bal étant pour eux, le ratage de carrière qui leur permettait pourtant de vivre de leur, non musique, mais instrument...
      J'en ai croisé un paquet et franchement ce sont des indéboulonnables de la non motivation, à se demander s'ils aimaient vraiment la musique et forcément ça transpirait auprès du public...

      Bref, le bal est une super école, un partage convivial avec les autres musiciens-nes mais aussi avec le public, car que de souvenirs et là peu importait le musique... juste voir les gens heureux...
      C'est le plus beau souvenir que j'en ai au delà de l'attitude de tolérance professionnelle qu'il faut avoir et qui m'est restée.

      ...

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    6. À mon sens, une belle vie 👍🏼😃 (et puis, ça devait boire pas mal de coup à l'œil... )

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    7. Oui, c'est certain pour les deux...
      Les comités des fêtes savaient recevoir et comme c'était généralement en Savoie, je te passe les détails, mais il valait mieux dormir sur le parking ou avoir en tournées un bus (à bien aérer le lendemain ...)

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  4. De passage: un vrai plaisir de lire ces derniers échanges... Bonne coninuation

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