FUNNY SUMMER - Playlist - Face B

FUNNY SUMMER ... (b side)


Chose promise, entre deux articles d’albums, la suite de petites playlists avec un argument simple pour celle-ci.
Profitez de l’été et des vacances.

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Vous avez écouté la face A, voici maintenant la face B. 

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01- « Feelin’ Alright » / Rare Earth (« Get Ready »).
Rien de tel qu’un bon vieux titre oldies directement sorti des cartons sixties et inauguré par le puissant Traffic sous la houlette de Steve Winwood, puis repris par le non moins puissant Joe Cocker.
Un super titre, qui permet en deux accords (I, IV) à la blues connotation une progression verse-récit, chorus-chœurs ouvrant également le champ à des solos guitaristiques attaqués en saturation, à un orgue de jouer son éternel rôle de tapissier pas que décoratif et à une rythmique bien marqué de se ruer sur l’after beat, histoire d’en rajouter un peu.
L’ingé son s’est encore laissé prendre par ce tout nouveau joujou : la stéréo et ça complète le charme funky-rock de cette version de ce groupe qu’il ne faudrait pas oublier, signé chez Motown, tout de même.

02- « Boys and Girls Together » / Chase (« Chase »).
Chase, coincé entre BS&T et Chicago, avec ses trompettes qui cherchent l’éternel suraigu (et les ratent souvent, n’est pas Maynard qui veut, mais l’intention y est) c’est une surenchère musicale qui en album complet peut fatiguer, mais qui par titres fonctionne bien.
Comme ici, cette plongée dans les big bands rock, aux cuivres bien gueulards ça met la pêche.
L’idée que la trompette puisse faire la pige aux guitares électriques ? Miles avait trouvé la solution, il avait simplement mis des effets de guitares sur sa trompette…

03- « Boa Viagem » / Moyses Do Santos (« Maria »).
Après le réveil tendancieusement rock on va prendre la vitesse de croisière pour se rendre à destination, mettre le régulateur et l’assistant conduite puis se laisser filer sur le ruban bitumé.
Un détour brésilien mi jazz et salsa (sacré cocktail) permet cette échappée.
On rêve de décapotable, on ouvre les fenêtres, on respire l’air marin et on espère une brise.
Soleil de plomb, luminosité surexposant les UV, lunettes de soleil obligatoires et chapeau vacancier  pour compléter l’utile et l’agréable.
L’album ? à l’identique.

04- « Central Square City Park Flowers Day » / The Mellons (« The Mellons in Color »).
Les Beatles continuent encore à faire rêver, influencer, traumatiser, inspirer.
The Big Circus en mode fanfaronnant avec tous les clichés et une forme qui déjoue les attentes en quelques minutes, comme le fit un certain Sergent Poivre.
Des cloches tubulaires, des cuivres, un bordel rythmique assuré et assumé , des chœurs pop, une ambiance de foire, de cirque, de fête – un luna park musical quoi.
Allez les gamins, filez vous payer une barbe à papa puis on ira aux attractions.

05- « Mr Train Conductor » / Jalen Ngonda (« Doctrine of Love »).
Cette obsession du train en soul…
Soul ? Oui, une nouveauté qui nous fait plonger en arrière, qui officie en rappel et qui reprend tous les bons codes de cette musique et de l’époque qui va avec, qu’on aime à remettre pour ce fun irremplaçable, inimitable et tellement authentique.
Ces chœurs, ce lead, cette guitare rythmique, ces cordes agencées dans le titre pour le mettre sans exagération, en relief, cette basse-batterie si rebondissante … pas certain qu’on ait envie de passer au titre suivant, mais plutôt de prendre finalement le détour de l’album…

06- « Come Closer » / Roots Raid (« Blue Hour »).
Allez, on va accélérer, durcir en beat le propos sur cette mouvance R’n’B, soft, smooth, sans excès vocal qui sont les habituels clichés dont cette musique nous abreuve.
C’est la raison de ce titre et de cette artiste dans cette playlist.
La boite est hyper bien programmée, très festive et attractive, la basse ronronne, la gratte jazzy fait son taff et le pont est plus qu’une rupture mais un véritable petit écrin de fraicheur.
Et puis y’a ce sax en faux-semblants – la mode dit-on, mais c’est vrai qu’aujourd’hui si tu joues du sax, que t’es bien sapé et que tu connais quelques DJ, tes dates d’intermittent vont se faire toutes seules.
Une seule gamme sous les doigts, généralement penta blues, quelques plans qui rythmiquement tournent, un micro avec un petit peu d’effets et surtout une panoplie de fringues pour la beauté du geste en soirées et voilà, c’est embarqué.
Vachement bien ce titre en tout cas.

07- « Escape » / Toshiki Soejima (« Komorebi »).
Le jazz Japonais (J-jazz) se met au smooth, rien de surprenant et ce n’est pas d’hier.
C’est classieux ici, tout, vraiment.
La ligne synthétique de basse, un plaisir groovy.
Le solo de guitare saturé et retenu.
La boucle de sax qui obsède, le Fender Rhodes qui envoute, le beat drums 16 solide.
Tout l’album est sur cette ligne et même si ça n’est pas forcément inventif, c’est de l’excellence côté musique.
Et l’été, se prendre la tête dans les embouteillages ? Non, alors de tels albums ça fait passer les choses et l’esprit va vagabonder et regarder ailleurs sur une telle B.O.

08- « Flippin’ Eck » / Nightmares on Wax (« in a Space Outta Dub »).
J’aime toujours glisser un bon reggae.
C’est la bonne humeur garantie et côté mix, son, on et toujours servis en présence…
Des albums reggae, il en sort à la pelle chaque mois, y’a qu’à piocher.
Un bonheur pour les accrocs du genre, une mine d’or pour ceux qui, comme moi, papillonnent reggae.
Adrian Sherwood est l’invité de Nightmares on Wax pour ce dub pur jus poussé par des whistles innocents et une boite à rythmes qui semble sortie des placards et qui a certainement pris la poussière.
Orgue, basse en doublette (lead et beat), un bon piano qui contredit et des effets partout.
L’habitacle de la caisse s’est transformé en vaisseau spatial reggae-dub, le pied.

09- « Song for My Father » / Madlib (« Shades of Blues – Madlib invades Blue Note »).
Le sample, le montage, le collage, la réorganisation à partir du vintage, c’est son truc.
Madlib, rappeur, a récupéré la bibliothèque sonore Blue Note et recrée à partir de ce matériau une bande son hip-hop absolument géniale, où l’amateur de jazz va retrouver là tout ce qui l’a fait frémir.
Ce titre d’Horace Silver n’est que le sommet d’un iceberg généreux, respectueux, culturellement ancré et indispensable pour l’enracinement du jazz en considérant son évolution et ce qu’il offre en possibilités multiples et revendicatives.

09- « Long Hair Soulfull » / Gap Mangione (« Sing Along Junk »).
Dans la famille Mangione après Chuck, je voudrais le frangin avec lequel ils avaient d’ailleurs monté un groupe : « The Jazz Brothers » aussi « Mangione Brothers Sextet », à découvrir en urgence pour les amateurs.
Chuck est bien entendu là et son frangin Gap tient les claviers.
Arrangements luxueux, orgue flûté, rythmique à double sens.
Un titre enjoué, fun et qui enthousiasme qui se conclut en collective avec un solo de Chuck débridé.
Et qui nous amène bien le suivant …

10- « Never Get Enough Sax » / Bobby Bird (« Sayin’ it and Doin’ it »).
Avant dernier titre de cette playlist qui démontrera qu’il n’y a pas que Macéo sur cette terre funk, ou Pee Wee …
J’arrive bientôt à destination, j’étais un peu à la bourre mais avec cette face tout s’est passé sans heurts et ce dernier coup de fun m’a donné là aussi l’envie d’aller mettre l’album.

11- « Nicole » / Enrico Intra (« Momento Intra »).
Toutes les bonnes choses ont une fin et cette fois on va terminer par un coucher de soleil en mode romantique à l’italienne.
En en rajoutant un peu avec quelques chœurs vocalisés sirupeux et un sax à la réverbération lointaine, le cocktail est délicieux.
Le piano égrène, la basse et la batterie admirent l’horizon marin sur lequel le soleil disparait, rougeoyant en laissant place à sa frangine lunaire, argentée.
La plage est fraicheur nocturne.
Quelques éclats de voix subsistent, les footeux sont au bar et nous au calme.
Une petite brise presque fraîche nous apaise.

On va rester et en rester là, sur cette mélodie sublime et savoureuse.
On refera une K7 plus tard, celle-ci n’a pas encore usé les têtes de lecture et doit encore tourner un peu.
Elle m’a bien fait débuter l’été…





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