FUNNY SUMMER … TWO … Face A

FUNNY SUMMER … TWO … Face A


Chose promise et due, on va prendre une nouvelle K7, la mettre vraiment ou virtuellement par playlist dans l’habitacle de la voiture, sur la terrasse en préparant le barbec’ préféré de Mme Rousseau, avec plein de sauce et tout et tout et des frites, ou alors la ratatouille, puisque sud oblige.
Et là on va avoir un peu de funk, un peu plus … parmi le reste, hétéroclite, comme il se doit.
La face A est là, prête à être consommée et usée.
A vous de voir ce que vous en ferez.

- - -

01- KLEEER : Lay ya Down Ez » | album « Seeekret » / 1985.

De suite et d’entrée je pense à Take 6.
Puis y’a ce tout synthétique, cette voix sooo sexy de crooner.
Ca emballe ferme, ça groove autour d’un cubase rigide obligato et de rythm box aux claps fédérant le 4e temps avec ce petit plan de toms tacatac.
Un petit synthé lead s’évade de ces nappes lisses comme l’asphalte de la route qui fume de chaleur.
Purement kitch et délicieux.
Torride tant que moelleux.
Hot, comme cet été.

Vous connaissiez Kleer ?
Non ?
Eh bien c’est l’occasion rêvée.

02- HOLYBRUNE : « Off the Ground » | album « High Hopes » / 2025.

Ce petit côté Herbie tout synthétique de la grande époque aux claps discoïdes obligatoires sur l’after beat, c’est juste irrésistible…
Elle assure le chant dans le style, sera rejointe par le robotique et sensuel vocoder qui n’en peut plus de vocaliser en l’admirant.
Le robot est amoureux de la muse.
Et cette basse, ces faux cuivres pouet pouet, cette batterie comme samplée du Billie Jean, à l’identique… avec le tchtchpaa… le rhode phaser, le synt lead qui contre-chante …

Je vous avais prévenus, on va barrer Fooonky …
Et là mais franchement, je fonce écouter cet album, me délecter de cette prod toute synthétique vintage et je ne peux éviter le pas de danse.

03- MS. (SHARON) RIDLEY : « Full Moon » | album « Full Moon » / 1978.

On change de son, d’époque, la fin seventies avec son Fender Rhodes est encore bien là.
Ce côté bossa enrubanné FM avec congas qui fait toujours mouche.
C’est un peu brouillon en prod comme en jeu et c’est comme une série B avec cette rugosité quelque peu artisanale – mais je trouve que justement ça fonctionne tel quel avec cet esprit de l’enregistrement par requins de second plan qui jettent dans le studio l’essentiel (la set list des zicos sur discogs confirme ce sentiment avec un certain James Gadson, cf Herbie, au drums ou encore Michael Boddicker aux synthés).
De là va émerger un solo de guitare très « vivant ».
C’est en tout cas une volonté classieuse entre une prod disco et un axe soft comme les premiers Al Jarreau ou Michael Franks.
La route est moins sinueuse il n’est pas encore le temps de la fraicheur nocturne, mais on est en paix, oh pardon, en vacances.

04- MOFAK : « Groupy Love » | album « Funk Fries » / 2023.

Allez, retour au funk pur jus synthétique, comme j’aime comme Herbie me l’a fait adopter.
Il semble s’être glissé là dans le moindre pitch, au bout de chaque vocoder (faut vraiment que je pense un jour à y mettre mes économies de retraité dans ce truc de ouf).
Encore ces lignes de basse synth, ces claps obligatos pour faire la fête sur l’after beat.
Solo lead nasillard, stop chorus pour le valider et un petit solo de piano comme sorti de nos Imagination (s) de la belle époque disco où le funk avait sa place prépondérante sur beat implacable.
Elle est entrée en claquant hautainement des talons, a pris une coupe de champ’, dansé, rit, en allumant la piste et elle est repartie. Et notre robot vocodé en est resté micro bé.
Jamais eu de groupie comme ça moi …

05- YOUTHIE : « Bamboo Love » | album « Wild Vibes » / 2026.

Le reggae dub qui croise le bon vieux jazz Cotton club, ça valait le coup de voir et en plus pour surcharger le tout un accordéon sorti de la lambada (pourquoi pas ?). J’aime toujours je vous l’ai dit, mettre un bon gros reggae dans ce type de playlist.
Youthie joue merveilleusement la trompette, elle combine les genres, avec un sourire charmeur et une petite audace qui passe.
L’idée valait le coup d’être tentée et après tout d’être reprise, car cela fera des émules que de penser à mélanger sur beat reggae très marqué et schématique toutes les influences possibles (d’ailleurs l’album – mais je vous laisse vous en enquérir).

06- GILBERTO GIL : « Mar de Copacabana » | album « Extra » / 1983.

J’ai acheté cet album à sa sortie, l’ai quelque peu boudé puis adopté.
Il ne correspondait pas vraiment à mes « attentes » quand on pense Brésil.
Pourtant j’aimais plus que tout Djavan, mais là, ce trop plein de reggae traité eighties qui avait le malheur d’ouvrir l’album me révulsait.
Il ne faut pas oublier que le reggae fut une fâcheuse mode mise à bien des sauces, la plus réussie étant Police …
Mais Gilberto quand il prend sa guitare et chante bossa, c’est naturel et inégalable – ou du moins inégalable comme tout brésilien qui la chante.
Il parle de la mer, d’une plage célèbre, bref de vacances et même si c’est loin, imaginaire par reportages ou fotografies, il suffit de se poser là, pas très loin de chez moi, en Méditerranée, et de regarder au loin le soleil qui brille et se reflète sur cette étendue qui en fait rêver plus d’une et d’un.
Alors ce titre pourrait très bien être l’accompagnement idéal de cette vision.

07- ELJURI : « La Voz » | album « Reflexion » / 2022.

Rock, reggaeton, salsa-mambo, son …
Mon pote Edmundo spécialiste trouvera là de quoi m’expliquer toutes les influences jusqu’à ce solo comme sorti des doigts de Carlos (Santana of course).
Ce piano rend dingue (je connais ça quand je joue ce type de « patterns »), faut faire groover, être immuable et choper le truc, car là le truc est bien là.
La section cuivre appuie là où ça fait du bien, le lead vocal est pêchu, l’intro ne laisse aucun doute, ça va être bouillant et dès que la batterie prend le pouvoir c’est parti et irrésistiblement festif.
Tu sors ça sur ta playlist à l’apéro et va falloir très vite enquiller pour faire danser…

08- OLIVIA ONG : « I Can’t Go For That(No Can Do) » | album « Olivia » / 2010.

Bon, j’adore ce titre, j’adore Hall and Oates et je l’aime d’autant plus qu’il fait partie des titres de notre répertoire avec Jean Marc qu’on ne manque jamais de jouer et pour lequel j’ai passé des heures de traitement electro pour lui installer un gros son et un gros groove.
Alors dès que je l’entends j’ai un penchant positif vers ce petit bijou pop à la forme structurelle avec sa petite descente d’accords si chargé d’émotion quasi nostalgique qui adoucit le propos dansant, sa boite à rythme vintage sans oublier qu’il a inspiré notre Michael pour son Billie Jean.
Et puis ce petit trait au départ pianistique qui est ici au sax, et puis et puis…
Alors cette version ? avec sa basse ronronnante, pff, mais quel extase de subtilité.

09- JOANNE SHAW TAYLOR : « All My Love » | album « Reckless Heart » / Sony 2019.

On change de décor, un groupe rock-blues est installé sur la petite scène de la plage.
Elle est là, guitare empoigné comme un étendard, voix rauque surchargée de clopes et de whisky et elle envoie avec franchise, avec hargne, avec plaisir son blues saturé, nerveux. La rythmique et son penchant seventies oscille vers un côté funkysant et le pianiste honky tonk à souhait.
C’est live, ou pas, mais en tout cas ça en a l’énergie vitale et immédiate et c’est ce qui est juste bon.
Vous ne la connaissiez pas ?
Elle a déjà un paquet d’albums et chacun d’entre eux vous réjouira, en tout cas je l’ai écouté sans m’en lasser.

10- VAN MORRISON : « Snatch it Back and Hold it » | album «  Somebody Tried to Sellme a Bridge » / Orangefield records 2026

Dans les vieilles gamelles…
On ne croit pas si bien dire et un tel titre avec ce qu’il transporte en lui de ce qu’on connait et aime jusqu’à ce solo d’harmonica rauque fait se vérifier l’adage.
Rien de neuf, rien de nouveau, le bon break qui fait décoller les voix, le bon vieil orgue qui chauffe, le bon piano qui bastringue, les chœurs qui ondulent tambourins en mains, la rythmique qui boogaloo harcelée par la guitare.
Et c’est parti mon kiki, et on sait bien que ce fond de blues, rythm’n’blues va nous entêter sans nous lâcher.
Je peux faire un trajet avec ça, mais attention la température va monter.

11- LEON RUSSELL : « Spanish Harlem » | album « Stop all That Jazz » / 1995.

On va terminer cette face bien roots, entre jazz, blues de pub et percussions africanisantes.
Ce bon vieux thème s’y prêtait, ce vieux piano sorti au soleil depuis son fond de bar aussi et il en est tout guilleret.
Le tempo s’affole un peu, la chaleur certainement et je repars là redécouvrir un album magique, fusionnel, métissé, mélangé et bon comme tout cocktail que l’on s’offre, avec ces noms qui font voyager car c’est déjà là, aussi, l’été …
Carte des cocktails : « Spanish Harlem », hmmm tentant.
Je vous laisse l’inventer (à moins qu’il n’existe déjà, comme un certain Tequila Sunrise ou un Sex on the Beach).

- - -

La face A est terminée, funk, rock et blues relation roots, avec le détour au soleil obligatoire ont été de mise.
Profitez d’elle comme bon vous semble, dans l’ordre ou en aléatoire – elle fonctionne et de tout’ elle vous emmènera certainement vers des albums intéressants et attractifs.
C’est aussi son but, les chemins de traverse.

Bonne semaine et à bientôt pour la face B.
Profitez bien des vacances.





Commentaires

Articles les plus consultés