FUSION … (01) - Casiopea, Karizma, Friends, Spyro Gyra
FUSION … (01)
Casiopea, Karizma, Friends, Spyro Gyra.
Seventies …
Propulsé par Miles, jamais aussi dense et déviant que ce qu’il fit en un jet
d’albums généralement produits par Teo Macero : sessions en continu,
coupées, montées, organisées à partir du matériau brut, « Bitches
Brew », « Jack Johnson », « In a Silent Way »,
« On the Corner », « Big Fun » … et tant d’autres avec des
enregistrements publics de légende -
Miles a, en électrifiant sa musique, ouvert la voie au jazz-rock.
Et ses émules s’y sont engouffrés.
La « paternité » du « genre » a même été sur la table des
débats entre Miles et Tony Williams pour son « Lifetime ».
Chacun a suivi alors sa voie et a produit, à partir de ce matériau
conceptuellement original et nouveau, sa propre musique sur cette base souvent
binaire mélangeant les sonorités saturées du rock et la capacité improvisatrice
tant que technique du jazz.
Fin seventies …
Une nouvelle génération issue des écoles, recrutée par les labels qui lui a
ouvert les portes des studios au regard de ses capacités à être apte à tout
jouer et mettre au service des sessions un professionnalisme couvrant tout ce
que ce mot peut exprimer (et qui est resté comme un objectif à atteindre tant
qu’un traumatisme comparatif pour nombre de musiciens) prend place sur
l’échiquier musical.
Ils sont jeunes, imparables techniquement et musicalement, ils sont ambitieux
et leur musique l’est aussi.
Ils vont très vite sortir de l’ornière jazz-rock pour chercher ailleurs des
zones d’influences effleurées, zappées, négligées ou à creuser.
Funk (Miles avait forcément ouvert cette porte, fan de JB qu’il devint très
vite), Latin Music, Groove, Pop – mais pas rock (ou de façon parcimonieuse et
abordé autrement en évitant l’amalgame jazz-rock).
Ils veulent autre chose et vont mettre tout leurs talents respectifs usé dans
les studios, pour créer leur propre musique.
Il ne faudra pas trop longtemps avant que celle-ci ne trouve son
étiquette : Fusion.
Et elle évoluera, au regard de son côté lisse, populaire, easy, vers un autre
terme : Smooth.
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KARIZMA : « Document » | Creatchy Records 2001.
David Garfield : keyboards | Mike Landau : guitars | Neil Stubenhaus :
bass | Vinnie Colaiuta : drums.
Live on tour 2000.
Karizma
- Document (Full Album) - YouTube
Si vous êtes amateur de jazz fusion, de jazz rock, il vous faut absolument
découvrir tant ce groupe que cet album enregistré live lors d’une tournée
européenne au Danemark et en Allemagne.
Si j’avais à le classer je le mettrais aux côtés d’un autre live « The
Players » - niveau identique, jeu musical inaccessible pour le musicien
quidam moyen, compositions et/ou choix de standards du genre nécessitant des
atouts musicaux, techniques et même physiques dépassant le cursus moyen ou
commun.
Ca y est, vous êtes suspicieux : il va encore nous déballer un de ces
albums surchargés de virtuosité inutile, inaccessible, où la technique
l’emporte sur la musique.
A vous de voir et de tenter.
On peut effectivement prendre ce live sous cet angle, car côté technique et
capacité virtuose des musiciens, qui ici donnent au public tout ce qu’ils ont
dans les tripes et sous leurs doigts sans parler de leur mental, on est servis
au-delà du possible.
Mais si s’arrêter à cela (et c’est déjà énorme) pouvait faire oublier le reste
- à savoir la musique pour laquelle ils mettent toute leur énergie au service -
était le seul axe possible que procure l’album je ne m’en enticherais pas à ce
point.
Fin des années 70 – 79 exactement – David Garfield, requin de studio très
sollicité décide de s’offrir le luxe d’un projet où va réunir ses potes
rencontrés au fil des sessions.
Il y aura en toute logique les gars de Toto, consortium rock-fusion-prog qu’on
ose encore pointer du doigt pour son aspect FM, hyper pro, bref, le bla-bla
habituel de ceux qui oublient qu’en musique y’a des artistes qui ont bossé leur
instrument, y ont consacré leurs vies et qui de fait ont un niveau très
au-dessus d’une moyenne qui fait que professionnellement ils sont très
demandés, en vivent et ont choisi une orientation musicale où leurs capacités
sont en toute logique mises en avant.
Le claviériste a bossé avec un nombre incalculable de grands, soit sur leurs
albums soit en tournées, jugez un peu : Smokey Robinson, Nathalie Cole,
Michael Bolton, Freddie Hubbard, The Manhattan Transfer, Cher, Larry Carlton,
The Rippingtons, Brenda Russell, George Benson …
Bon avec un cv pareil et qui plus est quelques compos pour Smokey et la chance
d’avoir été directeur artistique de George Benson, il aurait pu en rester là,
après tout, une reconnaissance dans l’ombre de ses pairs dans ce métier c’est
déjà pas mal.
Mais il faut bien s’offrir un peu de fun, sortir du cadre policé, se faire,
tout simplement plaisir, sans réelles contraintes liées à l’environnement
exclusivement professionnel des affaires et des sessions – alors il va créer
Karizma.
Au départ il bossera avec les gars de Toto, dont le regretté Jeff Porcaro puis
Karizma va être un pôle de musiciens de haute volée et son association amicale
avec le batteur Vinnie Colaiuta sera décisive pour le groupe.
Dans cet album au degré énergique hors du commun, des compositions et deux
« reprises ».
Le presque oublié « Palladium » de Wayne Shorter, période Weather
Report, magistralement envoyé et « Nothing Personnal » du premier
album de Mickael Brecker qui m’a laissé admiratif.
Dans le groupe, le bassiste Neil Stubenhaus, le genre d’individu hautement
recommandable en sessions diverses qui a même enregistré chez nous avec …
Michel Berger. De la haute voltige que son jeu de basse dans cet album.
Et puis le guitariste Mike Landau, trop souvent estampillé « pour
guitaristes » mais d’un tel niveau de jeu que – comme le démontre là aussi
ce live – on a immédiatement l’oreille qui va vers la guitare dès qu’il entre
dans le spectre sonore.
Ici Vinnie est au sommet, ce n’est pas rien de le dire et il n’est pas encore
aussi bavard qu’il le deviendra avec, par exemple Jeff Beck dans les récents
live. Il est le point central du groupe qui organise toute sa musique, ses
improvisations, son jeu et même ses sonorités et textures, autour de la batterie.
Pour les batteurs, cet album est un festival, technique certes mais aussi de
gestion et de rôle dans le groupe.
David Garfield quant à lui fait montre d’un immense savoir-faire, pianiste
émérite, claviériste virtuose, improvisateur volubile, tisseur de toiles
sonores, complément sonique des thèmes et autres inserts mélodiques, c’est
l’homme à toute faire, le clavier dont tout groupe « rêve ».
On est au concert, on a été alléchés par le casting de ce groupe et c’est
parti, installés confortablement, coup d’envoi.
Et là…
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CASIOPEA : « Super Flight » | Alfa 1979.
Minoru Nukayia : keyboards | Issei Noro : guitars | Tetsuo
Sakurai : bass | Takashi Sasaki : drums.
Casiopea
"Super Flight" 1979 Japan Jazz Funk Fusion (debut Album) - YouTube
Festival de jazz de Montreux, Dimanche 08 Juillet 1984 je suis aux premières
loges pour le concert d’après-midi de Miles Davis. Le cousin de mon épouse m’a
obtenu une place VIP au premier rang et Miles ne sera qu’à quelques mètres de
moi – un souvenir inoubliable.
En première partie, débarque, avec un son d’une puissance phénoménale, une
envie tout sourire et une aisance incommensurable, un groupe de quatre jeunes
gens, bien propres sur eux, environnés de tout le matos hightech musical dont
nous rêvions tous à l’époque : Casiopea.
Ils vont jouer une grande partie de cet album que je me suis empressé d’acheter
en import, forcément japonais, dès la sortie du concert.
Et je vais garder d’eux un autre souvenir, celui d’une réalité musicale que le
jazz japonais (au-delà des innombrables imports d’albums studio et de concert
enregistrés ou masterisés chez eux avec un soin incomparable) pouvait, par ses
musiciens, offrir au monde.
Leur première partie passa tel un éclair.
Et elle nous présenta un festival de niveau instrumental, technique et de
compositions musicales qui surprit et enthousiasma toute l’assistance.
J’entraperçu Miles, qui depuis les coulisses écoutait avec une attention
admirative la performance de ces quatre jeunes, encravatés sur chemise blanche
sortie du pressing.
Le son sortait avec une clarté et une énergie inhabituelle.
Une sonorisation nerveuse, précise, quasi hifi.
C’est aussi un peu ce que l’on retrouve dans cet album, léché, peaufiné, où
chaque détail compte sans que pour autant il soit aventureux musicalement,
puisant principalement dans le jazz, le funk, le latin – bref tout ce qui fait
que ce jazz s’appelle fusion.
« Super Flight » entre d’évidence de plein pied dans ce nouveau jazz
qui va supplanter le jazz-rock et qui commence sérieusement depuis quelques
productions à interroger en classification, en orientation, en directions
musicales.
Casiopea, cette après-midi-là était l’apéritif au concert de Miles Davis.
Miles qui fut excellent m’apprit énormément en gestion de leader face à un
groupe avec tout de même Bob Berg et John Scofield, ainsi que le tout jeune
Darryl Jones.
Ces jeunes japonais lui ont déroulé le tapis rouge musical en jouant des
figures musicales de trapézistes, d’équilibristes, avec des sourires éclatants
démontrant un bonheur d’être ici et d’avoir l’immense honneur d’ouvrir le champ
au grand mage du jazz.
Et de représenter leur pays et son jazz en de telles circonstances.
Il n’en fallait pas moins pour que je commence sérieusement à m’intéresser à ce
jazz du pays du soleil levant qui est particulièrement actif et réactif tant
qu’inventif et créatif.
D’inconnus ce soir-là, les jeunes musiciens de Casiopea eurent en l’espace de
deux premières parties (Miles rejouait le soir et eux aussi) les honneurs dont
ils étaient dignes.
Et non seulement le jazz japonais sous leur « représentation »
suscita, en toute logique et légitimité, un intérêt auprès du public d’amateurs
du genre … mais d’un coup, en deux sets, Casiopea passa de la reconnaissance,
certainement nationale, à l’admiration internationale.
Côté jazz fusion, le J-Jazz comme on dit maintenant réserve de bien belles
surprises.
J’ai commencé avec eux, ce concert et cet album.
Et je les revois encore, heureux et produisant ce déluge musical fusionnel
bouillant comme la lave de leur île volcanique – extraordinaire !
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SPYRO GYRA : « Morning Dance » | Infinity Records 1979.
Jay Beckenstien : saxophones | Jeremy Wall, Suzanne Ciani, Tom Schuman :
keyboards | John Tropea, Rick Strauss, Chet Catalo : guitars | Jim
Kurzdorfer, Will Lee : bass | Steve Jordan, Ted Reinhardt, Eli Konikoff :
drums | Rubens Bassini, Gerardo Velez : percussions | Dave Samuels :
marimba, steel drums, vibraphone | The Brecker Brothers, Tom Malone (tbn),
Lewis Del Gaffo (fl) and John Clark (french horn) : brass section | Larry
Fast : synth programming.
Spyro
Gyra ~ Morning Dance (1997 Remaster / CD Quality) (Full Album) [High Quality
Audio] - YouTube
Si on parle de jazz fusion, il est impossible de passer outre Spyro Gyra.
Après un premier album éponyme, ils ont sorti « Morning Dance » dont
l’album et le titre du même morceau sont complètement emblématiques de ce
nouvel esprit fusion qui sort du jazz-rock et qui va mélanger jazz, funk, latin
et même caribéen avec un axe pop au niveau mélodique.
Mais certes pas rock et les quelques solos saturés qui apparaitront par la
suite dans certains titre restent ancrés malgré tout dans ce principe fusion.
Le groupe s’est formé en 1976, dans la ville de Buffalo et si Tom Schuman
apparait ici en sideman, il n’est pas l’un des membres fondateurs du groupe,
tel qu’on pourrait le croire.
Pourquoi cela semble important ?
Parce qu’à partir de son arrivée les deux têtes pensantes du groupe, le
saxophoniste Jay Becekntein - au son caractéristique, souple et moelleux,
surtout à l’alto (et aussi au soprano), tranchant avec les habitudes sonores
acides et agressives de l’instrument – et Tom Schuman, claviériste tant que
pianiste, chercheur sonore et tributaire d’un jeu groovy, parfois churchy et
honky-blues-jazz ont œuvré pour l’identité du groupe.
Avec ce second album, ils ont fait très fort.
Et au-delà du titre tube, ce mix entre les influences stylistiques énumérées
ci-dessus pose immédiatement la personnalité Spyro Gyra.
On note aussi un petit truc qui deviendra un systématisme, à savoir des parties
A (verse ou équivalentes) dans un style tant rythmique que de phrasé, en
général rythmées s’opposant à des parties B, généralement plus climat, ou
s’engageant dans un style différent.
Funk-Samba (« Heliopolis ») | Latin-Groove | Half Time-Jazz, etc …
Cela permet aux solistes des palettes d’expression et de registre qui attisent
l’attention.
Une petite astuce toute simple qui par exemple dans « Song For
Lorraine » soumet le titre à une exploitation de forme et de développement
improvisé des plus sympathiques à écouter.
Spyro Gyra a toujours eu un réseau de musiciens impressionnant et là, le
parfait exemple est la section cuivre autour des frangins Brecker, avec des
solos de Randy (trafiquant sa trompette tel qu’il aimait le faire à cette
époque – « Jubilee ») et de Michael tout simplement exquis
(« Starbust »).
D’ailleurs je range volontiers cet album et l’esprit – si ce n’est la
difficulté d’exécution - qui s’en dégage aux côtés du premier album de frères
Brecker (le titre « End of Romanticism » est très Brecker Bros).
Avec un atout supplémentaire qui est que cette musique est directement plus
abordable (ce qui explique l’immense succès de cet album), moins
« tarabiscotée », plus accessible et chantante.
Et pourtant, en m’y étant frotté à de nombreuses occasions, car la jouer
procure un réel bonheur tant elle est funny, joviale, expressive et attractive,
être dans le bon esprit, trouver le bon truc pour la rendre tout en restant
fondamentalement jazz est très loin d’être simple.
S’impliquer, envoyer, produire des solos inventifs tout en gardant cette idée
de légèreté, rien de plus compliqué à produire que cela.
Cet album a ouvert la voie au futur jazz smooth, par son aspect easy.
Il est un peu au jazz ce qu’est le calif’ au rock et il est incontournable
quand on prononce le nom de fusion, ce bien avant que ce terme ne se radicalise
et ne se réduise à smooth jazz.
Ici, le mot fusion prend vraiment tout son sens et Spyro Gyra a créé un espace
d’expression nouveau, où le mot jazz garde tout son sens car il en est animé.
Le terme jazz-rock, avec Spyro Gyra, a volé en éclats, en se débarrassant des
lourdeurs de jeu, des compositions créées pour et par la virtuosité que ce
mouvement a trop souvent mis en exergue.
A de nombreux points de vue « Morning Dance » tranche singulièrement
avec ce qui s’est fait jusqu’alors et ce jusqu’à certaines avancées similaires
chez CTI – là nous assistons à la naissance d’une identité, englobant la
production sonore d’une incroyable clarté, légèreté dynamisante, le jeu
instrumental agile et souple et l’immense savoir-faire en matière de
composition et d’arrangements.
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FRIENDSHIP : « Friendship » | Elektra 1979.
Ernie Watts : saxophone | Lee Ritenour : guitars | Don Grusin :
keyboards | Abe Laboriel : bass | Alex Acuna : drums | Steve
Forman : percussions.
Friendship
- Friendship - YouTube
Voici un album culte ou collector comme vous voudrez, généralement trouvable en
import japonais, distillé au compte-goutte et inscrit dans la liste des
chercheurs de pépites.
C’est sorti en 1979, je l’ai découvert à l’armée, via le pote de bureau tout
aussi fan que moi de ces musiques qui ne s’inscrivaient plus dans les anciennes
mouvances.
Déjà Dave Grusin et Lee Ritenour travaillaient ensemble, avant de s’installer
comme résidents du label GRP.
Et déjà leur vision du jazz vers ces données fusion était bien caractérisée.
Cet album j’en ai épuisé la K7, enregistrée justement à l’armée, de K7 à K7,
car on ne s’avisait pas de trimbaler des vinyles en chambrées – trop risqué …
Dans l’espace militaire dans les années 80 (j’ai fait l’armée en 82), le nombre
de blaireaux au m2 dépassait largement celui des sangliers dans nos forêts
aujourd’hui.
Alors opposer Lee Ritenour à Cloclo ou Johnny (oui déjà…), mieux valait pas y
penser.
Pour moi, Lee c’était le mec qui avait le symbole des claps et coups de chapeau
dans l’album américain de Polnareff.
C’est vrai qu’il balançait un sacré solo en fin de parcours (un solo d’ailleurs
où on le reconnait instantanément) … et son nom, on ne pouvait que le retenir.
C’est véritablement avec cet album - dont j’ai pigé la rareté quand il a fallu
me le procurer et son autre « Feel the Night », là aussi parcours de
disquaires à faire pour l’avoir - que j’ai découvert tant Lee que Dave Grusin.
Alex Acuna m’avait également surpris en bien, je n’ai jamais été fan de ce
batteur plutôt lourd et peu imaginatif qui est peut être bien le seul écueil
qui écrase malheureusement la musique d’une rare qualité du « Heavy
Weather » de W.R.
Dans l’album « Friendship » où l’amitié entre requins de studio est
de mise pour une musique qui leur correspond, il y a Abe Laboriel, sorti tout
droit des tournées Al Jarreau – bassiste qui à cette époque nous changeait un
peu de Jaco et Stanley, bêtes de concours de podium.
Lui, possède un groove inimitable, il installe la musique dans un tracé souple,
aéré, défait de toute démonstration bien qu’ici il scotche littéralement par un
jeu d’une grande technique (« Waterwings » où il se double vocalement
basse-chant – une réminiscence de son travail chez Jarreau certainement - pouvait
quasiment lui servir de carte de visite …).
Et puis il y a là l’inimitable, le redoutable, le remarquable (ça y est j’ai
rimé) Ernie Watts qui depuis sa caractéristique sonore repérée dans « The
Dude » de Quincy n’a cessé de me réjouir, tant en axe sonore qu’en
inventivité et imagination de soliste (« The Real Thing » aux racines
gospel où il fait chanter le ténor, comme un prêcheur).
Encore une fois, ce jazz, car c’en est, n’a rien ou pas grand-chose à voir avec
son prédécesseur, le jazz-rock.
Il va chercher dans d’autres contrées, d’autres espaces stylistiques, son
inspiration et ses références, rendant l’approche plus « populaire »
au sens pop du terme, avec un axe mélodique tant dans les thèmes qui se
distinguent souvent par leur lyrisme que dans les solos où là encore
l’imagination mélodique prime sur la dextérité et la mise en gammes des improvisations.
Avec « Friendship », une part de cette jeune génération de très haut
niveau musical, sortie des hautes écoles et facultés de musique américaines,
sachant tout faire, excellents lecteurs, improvisateurs, compositeurs et
arrangeurs, instrumentistes hors pair, s’est amicalement réunie et a pondu ce
seul album.
Et ouvert là encore la porte vers un jazz qui va fusionner leurs talents
respectifs.
Et engager une direction musicale plus populaire, voir commerciale, dont ce-le
jazz avait justement grand besoin.
Et à chaque fois que j’écoute cet album, au-delà des quelques souvenirs qu’il
ne manque de m’installer, je passe un excellent moment musical – en fait, je
n’en demande pas moins.
- - -
En quatre albums on aura surfé sur ce jazz qui s’est appelé fusion.
C’est l’été et je crois bien que cette vision musicale du jazz s’accommode bien
avec la vie estivale, vacances, réunions entre amis, parcours automobiles en
mode fenêtre ouverte, traînasseries plagistes, etc.
A vous de voir si cette tendance vous intéresse.
Je suis déjà dans ce camp musical depuis fort longtemps.
Profitez bien de votre été.
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