JOURNEY : « Original Classics » - Coffret 5 CD – Sony 2011. Chapitre 1.

JOURNEY : « Original Classics » - Coffret 5 CD – Sony 2011. Chapitre 1.

Chapitre 1 – « Infinity » / « Evolution »
+ « Departure ».

Nos récents échanges avec Aissa, puis Sorgual, lors de la playlist orgue dans laquelle je mettais en avant le solo et le jeu de Gregg Rolie dans le titre « Walks like a Lady », m’a fait sortir de l’étagère ce coffret de cinq albums enregistrés entre 1978 et 1986 par ce groupe mythique.
La période où est arrivé Steve Perry, chanteur à l’organe vocal tant qu’au physique charismatique.
Et avec son arrivée le groupe, issu des jam sessions woodstockiennes post Santana (il faut rappeler que le groupe a été constitué par d’anciens musiciens de la première mouture Santana) a progressivement cédé à un son plus commercial, ce qui a fait le bonheur de la critique en général française et soit disant spécialisée, car le succès, on le sait, est un crime de lèse-majesté et même les « gros » tels que le l’aérostat dirigeable n’y ont pas échappé, eux non plus.
Cela n’empêche pas Manœuvre (encore lui), fervent détracteur en ces temps de ces groupes stars et gigantesques d’aller s’esbaudir devant le coffret nouvellement sorti du Floyd de « Wish You Were Here » – il n’y a pas que les politiques qui sont spécialistes du tournage de veste.

Je m’applique donc à écouter ces albums dans leur progression chronologique, ou pas d’ailleurs… et à faire le point sur ce groupe qui a traversé le rock américain comme une révélation, comme étant quelque part précurseur d’un rock qui va devenir eighties et connoté FM.
Foreigner, Toto, Boston, Journey et une poignée d’autres y compris la mutation de Van Halen ont largement participé à ce son, à ce format taillé pour les radios, mettant progressivement le rock en tubes, en minutage pour la bande FM, support vénéré et référent de cette mémorable époque.
Ainsi le rock a pris une dimension nouvelle, conquis d’autres publics, est devenu plus international, certes moins rebelle (quoique), moins engagé politiquement (là encore quoique), moins sale, donc plus propre (sur soi et dans le mixage, dans le professionnalisme de la production, etc) et il a également usé des nouveaux outils émergeants dans les studios d’enregistrement pour des produits plus précis, plus détaillés et taillés pour la bande FM.

Côté instrumental, le jeu des musiciens s’est soigné d’avantage, mettant leurs capacités dans une boite plus conforme et les obligeant à être plus efficaces, plus directs, moins … bavards.
Evitant ainsi les longues plages improvisées ésotériques, psychédéliques pour aller à un essentiel.
L’exercice n’était pas simple et il fallait se discipliner.
La guitare a dû faire parité avec les claviers de plus en plus synthétiques, de plus en plus orchestraux.
La batterie s’est habituée progressivement au clic, métronome imparable et si le batteur n’en était réellement capable, les boites à rythme efficaces, implacables, faisaient nouvellement l’affaire.
Le jeu de la basse s’est augmenté, a pris consistance et grosseur sonore.
Et le-la chanteur-chanteuse se devait obligatoirement d’être perçant, empreint d’une forte personnalité, charismatique, à la voix chargée tant de feeling que d’émotion très travaillée, un rôle là encore ouvert vers le grand public.

Journey c’est tout cela et ces cinq albums en démontrent avec clarté l’évolution.
Et à ce titre mais également à bien d’autres, c’est captivant.
On fera ça en deux chapitres, Journey mérite largement cette "attention".

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Naissance…

1975 sort : « Journey », un album où nos cinq rockers sont en apesanteur sur une planète qu’on imagine être Mars.
Vêtus de tenues aérospatiales, cheveux au vent qu’ils imaginent décoiffant sur cette planète hostile ils offrent au public qui ne leur est pas encore acquis une musique bien installée dans leur temps, un savant mixage entre un rock lorgnant vers le hard-métal, une stratégie progressive et des virées dans le monde du jazz-rock.
En soit, ils fusionnent déjà les trois grandes tendances qui influencent les musiciens de leur génération et quel que soit la carte de style qu’ils tirent, ils sont gagnants à tous les coups.
L’album est riche en musiques, variés, déroutant et sera assez vite oublié pour devenir un objet soit rare, soit de curiosité.
C’est en 1973, en fait que le groupe, aidé et managé par Herbie Herbert qui était le manager de Santana va faire ses débuts. Mix entre certains musiciens de Santana (dont Gregg Rolie à l’orgue et au chant) et des musiciens d’un groupe ombrageux nommé les Frumious Bandersnatch augmentés du futur batteur des Tubes, Prairie Prince, ils ne s’appellent pas encore Journey mais The Golden Gate Rythm Section.
C’est suite à un concours qu’ils ratent que leur roadie leur suggère de s’appeler Journey et ça tombe bien pour donner un peu de corps à cette chronique, puisque leur premier engagement sous ce nom fut au Winterland Ballroom, à San Francisco, pour le réveillon de la Saint Sylvestre de 1973.
Cela signifia le départ de Prairie Prince vers les Tubes et c’est Aynsley Dunbar, batteur anglais sorti de chez Zappa, ayant également travaillé avec John Lennon qui postula pour le poste. Et il l’obtint.

Le premier écueil du groupe est qu’ils n’avaient pas réellement de chanteur.
Pour pallier cette « absence », qui ne semble nullement être leur préoccupation du moment, c’est Gregg Rolie qui s’y est collé et ses comparses prirent même des cours de chant pour palier quelque peu à ce manque et assurer quelques chœurs et parties solistes.
C’est ainsi avec ces atouts et ces changements de personnel, ces hésitations, ces balbutiements, que ce groupe a commencé.
Personnellement, je n’aurais pas parié un kopek dessus, malgré un album absolument excellent …
C’était mal barré, d’autant que le second guitariste, rythmique, George Tickner se fit lui aussi la belle, il avait trouvé « mieux » ailleurs.

En 1976 sort le formidable « Look into the Future » que je considère avec beaucoup d’admiration et qui confirme de façon plus marquée la direction tripartite du groupe vers rock, prog, jazz-rock.
Les solos de Schon sont absolument flamboyants, le jeu de Dunbar dépasse de loin ce qui se fait ailleurs, la basse de Valory est digne de celle de Entwistle, et Rolie s’affirme en maitre des claviers.
Et il chante (fort bien), ainsi que Neal, mais par défaut.

« Journey » est un album qui mérite aujourd’hui d’être totalement réévalué tant il possède de titres absolument contagieux d’énergie positive et de moments brûlants (« Kohoutek », « Topaz »), dignes de la grande épopée de Santana.

Et…
« Look Into The Future » démarre tout shuffle dehors avec un titre très fun, « On a Saturday Nite », poussé à bloc par Dunbar et tranché à vif par Schon. Puis les titres, tous aussi majestueux s’échafaudent pour un plaisir des plus coupables et une maitrise instrumentale absolument décapante et inhabituelle pour l’époque.
Avec, de plus, une gestion de la forme qui permet à chaque chanson des possibilités de développements et d’ouvertures captivants « It’s all Too Much », « Look into The Future » et son orgue surdimensionné, « She Makes me Fell » trempé dans le métal rougeoyant etc.).
Mais Journey n’a … (toujours) pas de chanteur malgré des qualités de plus en plus affirmées.

1977… l’album « Next » sera la dernier de cette trilogie.
Et quelque part il marque une étape transitoire vers ce rock qui va devenir FM et dont ils vont devenir les têtes de gondole.
Des chansons plus courtes, plus pop au sens populaire où le piano va prendre une place plus prépondérante en mettant Rolie comme chanteur / pianiste, au premier plan.
Les chansons et l’axe musical commencent à prendre une tournure tube et ce d’entrée avec « Spaceman », un titre qui met Neal Shon indéniablement en avant avec un solo concis, incisif et très dense (ce qu’il fera systématiquement par la suite et sera quelque part, sa signature).

Alors Columbia convoque toute cette merveilleuse équipée de post hippies freaks dans leurs bureaux et leur intime de changer de cap.
Ayant prouvé là qu’une direction plus commerciale leur était somme toute possible, ils n’ont … plus qu’à…
Seulement voilà… ils n’ont toujours pas de « vrai » chanteur.
Et pour franchir ce cap, il leur en faut absolument un.
Il leur faut aussi dépolluer leur musique des résidus du passé qui trainent encore dans leurs usages de jeu (« Here we are » - « Nickel and Dime » - « Karma ») et dont ils peinent à se défaire (ce qui va prendre du temps, on verra ça plus loin), mais leur avenir est en jeu et si le groupe doit perdurer il y a là un cap à franchir et une opportunité, car Columbia croit vraiment en eux, à saisir.
Première urgence, trouver … un chanteur.
(Ah oui, on l’a déjà dit ! et cela dit j'aimais bien le chant de Gregg, moi).

Ils engagent donc Robert Fleishman (co-compositeur de « Wheel in the Sky ») qui part un an en tournée avec eux.
Bof…
Les fans et le public difficilement acquis n’adhèrent pas, des difficultés de management s’ajoutent à cela. Fleishman quitte le groupe.
Le groupe va alors engager celui qui sera leur apport décisif, Steve Perry.
Et qui sera aussi sa réelle et profonde, définitive même … identité vocale, aussi inscrite que Plant pour Zeppelin, que Gillan puis Coverdale (malgré Hughes) pour Purple, oui à ce point.
Mais ils ne le savent pas encore.

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1978 : « Infinity ».
Herbie Herbert décide de renvoyer Aynsley Dunbar qui retrouvera vite du travail chez Jefferson Starship et qui sera remplacé bientôt par le batteur de jazz Steve Smith.
Cependant, Dunbar va clore son partenariat dans Journey de façon admirable avec « Infinity » et signer là un jeu « de studio » qui ouvre véritablement la porte vers ce futur que le groupe visera toujours.
Les titres des albums en attestent, Journey voit toujours plus loin, plus avant, vers l’avenir.

« Infinity » ouvre le nouveau terrain de jeu avec la splendide balade : « Lights »
L’arpège de guitare de Neal est délicatement saturé – grandiose !
La chanson en mesure 12/8, lorgnant vers le slow-rock post blues augure d’entrée un album dont les changements sont efficients et surtout elle place en avant, d’emblée la nouvelle voix du groupe, Steve Perry.
Et le travail vocal des autres fait merveille désormais en chœurs.
Solo de Neal ramassé, concis et d’un très haut niveau.

 « Feeling That Way » prend le relai et là encore le jeu de Neal Schon prend aux tripes, rock quand il faut, délicat quand le titre opère sa parité. Steve et Gregg en parlant de parité, se partagent les vocaux, avec des identités complémentaires. Aynsley enfonce clous sur clous, Ross tel un énorme boa glisse son jeu reptilien sous ce déluge qui en public fera lever les foules, et d’ailleurs sans transition l’immense « Anytime » ouvert en chœurs prend le relai.
Gregg cherche des aigus afin de contrer Steve, Neal prend définitivement le pouvoir et surcharge sa guitare de tous les effets high tech à disposition à cette époque, Gregg, bien trop occupé à chanter depuis ses claviers lui laisse le champ libre et Steve vient pousser sa voix fédératrice sur le pont.
Un bon coup de flanger studio digne de chez Sweet Smoke pour renflouer la batterie et voilà, envoyé c’est largement bien pensé et pesé.

 « LaDoDa » ne laissera pas le moindre répit à l’auditeur, shuffle-boogie endiablé, il va permettre à Steve de poser son sceau, de creuser la distance de tessiture avec Gregg et d’installer sa voix dans l’esprit sonique de ce que Journey va maintenant et désormais représenter.
Des mises en place guitare batterie au cordeau, un solo de Neal qu’un certain Van Halen n’aurait pas renié, des chœurs qui inondent le terrain et toujours ce flanger doublé d’un reverse qui démontre que Journey va aussi passer pas mal de temps en studio à l’avenir afin de sceller sa réputation professionnelle.

« Patiently » est la première balade, le premier slow et on sait à quel point les slows des groupes de métal sont tant émotionnels qu’efficaces. Celui-ci ne déroge donc pas à cette règle. Le titre est subtilement construit, offre de belles parties mélodiques à tous degrés et bénéficie d’un mixage en traitements réverb, flanger et reverse au studio qui sont encore inhabituels et qu’Hendrix aurait tant aimé explorer…

Et voici le tube : « Wheels of Life ». Steve a adouci son expression vocale, Neal a composé un truc entre riff et arpèges. Le refrain est taillé pour haranguer les foules, réunir les fans en une communion musicale afin de chanter, en chœur – ce qu’ils font déjà là, avec le titre forcément sorti en 45tours et ayant rempli les ondes. Steve va chercher des vocalises insensées d’aigus derrière le solo de Neal.
Cette fois on en est certains, il a installé définitivement sa place et ne sera pas un chanteur de passage ou anecdotique – les fans l’espèrent en tout cas.

« Somethin’ to Hide » oscille en décomposition ternaire entre un beat dans le temps bien profond et un feeling accents jazzy détournés. Le jeu de Dunbar est remarquable et l’on y retrouve ce qui l’a installé durablement chez Zappa. Un titre où l’écriture est particulièrement soignée et où Steve va encore une fois s’envoler, en coda, en vocalises stratosphériques.

 « Winds of March » est d’une rare beauté, des réminiscences prog s’invitent dans cette balade où encore une fois l’ingé son, au mixage final, va profiter des breaks de batterie pour mettre en route ses flangers, dimensionnant ainsi le titre vers d’autres possibilités.
Le solo de Neal est « écrit », puis le studio va s’inviter sur son riff en jouant allègrement de la stéréo et Gregg va offrir, comme au bon vieux temps, un solo d’orgue puissant, inspiré, massif et solennel qui ouvrira grand la porte à Neal, désormais évident guitar hero qui va retrouver le merveilleux contre chant qu’il a écrit pour ce titre exceptionnel.

« Can Do » va trancher sans transition et nous faire un rapide rappel du Journey des débuts. Le riff de guitare est incisif, sauvage, nerveux, la batterie joue la profondeur avec le jeu sur toms.
On note le soin de l’écriture permanent qui même ici s’invite sous divers aspects : chœurs, solos inscrits, breaks et tuttis, souci de la forme, jeu de contrastes, etc.

 « Opened the Door » va clore l’album qui est passé à toute allure et nous a imbriqué la voix de Steve Perry.
Désormais Journey y est associé, comme par magie et avec ce quatrième album ils ont enfin leur chanteur …  et perdent leur batteur.
Désormais Neal est la cheville ouvrière de la texture sonore du groupe, son jeu de guitare tant subtil que varié et riche en idées musicales se place avec bonheur aux côtés, avec et en soutien de Steve et fait le lien avec les claviers de plus en plus orchestraux de Gregg.
A grands coups de cymbale China, boostant le solo de Neal qui fait déjà rêver à l’album suivant, Aynsley Dunbar tire sa révérence, en beauté, avec puissance et charisme, avec conviction et professionnalisme, avec inventivité et honneur.
Bientôt le groupe va encore gravir les marches d’un cran.
Le chemin fut long et cet album scelle à la fois la fin d’une époque et le départ vers de nouveaux horizons.
Les studios d’enregistrement, le matériel, les possibilités en cette proximité d’entrée en eighties sont plus que prometteurs … Journey a commencé à en user et il saura en abuser.

« Infinity » est bien plus qu’un album transitoire.
C’est un formidable pavé rock, intelligemment pensé et produit, ce qui n’a pas échappé à nombre de musiciens qui s’en inspireront pour tailler eux aussi leurs routes vers ce futur tout proche et qui fera tout changer.

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1979 : « Evolution ».

C’est toujours  intéressant d’entrée de constater – pour le moment du moins – le réalisme des titres des albums.
« Evolution » résume bien en quelque sorte ce que le groupe est en train de faire : évoluer.

Cette fois le groupe se fixe tant au niveau de son personnel que de sa direction musicale.
Steve Smith (fraichement arrivé de chez Ponty et Focus) fait sa première entrée dans le spectre, une sonorité plus actuelle, un jeu en apparence moins complexe, nettoyé des habitudes volubiles qu’Aynsley Dunbar gardait en lui, inscrites, témoignages d’une époque désormais révolue.
Nous allons entrer bientôt de plein pied dans ces eighties où l’industrie du disque, de la production musicale (même en classique) va évoluer, va muter et se développer de façon excessive, tentaculaire. Les enjeux sont colossaux et certains groupes devront soit disparaitre, soit se contenter d’un passé glorieux mais devenu obsolète, soit s’adapter pendant que d’autres, purs produits de markéting attendent sagement leurs heures de gloires futures.

Columbia a parié sur Journey.
Columbia ne s’est pas trompé.
Et Journey va suivre la direction souhaitée et qu’ils souhaitent certainement eux aussi.
Leur précédent album, l’arrivée de Steve Perry, le départ de Aynsley Dunbar retourné vers un groupe aux données passéistes, qui fut tant soit peu leur concurrent, leur ouvre des possibilités inespérées jusqu’alors.
Journey n’en n’est plus à s’adapter, ils ont compris les enjeux qui vont redessiner le rock et ils vont en devenir des acteurs essentiels, car, eux … ils ont … le métier.
N'oublions jamais que Journey c’est un groupe de super pros et de requins de studio réunis pour fonder un super groupe sous la houlette d’un manager brillant et visionnaire qui met toutes ses compétences (et les leurs) au service du … dollar.
Peter Grant a fait ça avec le Zep.

Il faut maintenant tailler le produit pour le gigantisme, les stades, travailler, répéter, figer, fidéliser les fans et en acquérir d’autres – leur manager, leur maison de disque sont là pour ça.
On demande à Roy Thomas Baker, qui a produit Queen, de passer aux commandes de la production et au mixage final.
Les essais de console de studio perceptibles dans « Infinity » vont être optimisés, le son hard rock FM va être le sceau de cette nouvelle direction.
Neal Schon est le guitariste idéal pour cela et le tandem Ross Valory-Steve Smith lui permet une assise d’une rare solidité, une puissance majeure qui va souder la musique du groupe et lui offrir la possibilité de créer pour chaque titre un impact sonique qui va prédéfinir le hard rock à l’américaine, sur une dimension inédite de variété internationale.

L’album est – et on le constatera avec le live « Captured », absolument extraordinaire – préconçu pour le live, les tournées et … les stades.
Journey pose en studio ce son dit « stadium » qui sera vilipendé par les passionnés du rock de club, adulé par le public (un équivalent de ce penchant chez nous c’est Johnny Halliday qui pourtant n’a pas repris de titre francisé de Journey, ce qui les auraient rendus forcément plus populaires chez nous).

On se pose face à ces sessions et on est happés par cette ampleur, cette largeur surdimensionnée, l’espace dépassant le seul critère de stéréophonique que prend la musique et la densité massive du mixage qui jongle entre grandeur, grandiloquence même et proximité détaillée des instruments, du jeu des musiciens, présence hypersensible du chanteur mais également possibilité de l’imaginer là, sur la scène immense, au milieu du stade bondé.
Journey ne propose pas vraiment d’autre imaginaire désormais.
Journey propose de l’écouter dans son environnement essentiellement de musiciens : compositions, chansons, hôtels, limousines-hélicos-jets, groupies, backstage, matos high tech, stades, puissance sonore tout ça dans le … studio et dans leurs vies.
Journey d’adresse aux teenagers, aux jeunes adultes, à une génération nouvelle qui doit les inscrire dans leur ADN au même titre que les tubes qui inondent les radios qu’ils écoutent en boucle, au même titre que Springsteen, Police … mais à la différence près que leurs univers respectifs n’ont pas la même dimension de langage.
Une force musicale, une faiblesse de propos sur la durabilité.

« Evolution » sera leur album phare, le plus vendu, le mieux positionné et ce encore aujourd’hui.
C’est une machine à tubes rock, c’est un rouleau compresseur métallique et hard, c’est un modèle exemplaire symbolisant la véritable évolution non seulement du groupe à l’aube des eighties, mais du rock, purement et simplement.
Et avec eux le flambeau du gigantisme change de main, à leur avantage.
Ils sont … enfin … prêts.
Et leurs nouvelles recrues, les deux Steve, sont les chevilles ouvrières de l’exactitude horaire qui leur permet cela.

L’album débute orchestralement, magistralement, pompeusement et justement, majestueusement avec l’instrumental « Majesty » qui ouvrira en toute logique leurs concerts.
Le parfait morceau pour fasciner le public, l’auditeur, le mettre en haleine, le rendre attentif.
Un morceau d’ouverture, réellement composé, pour ça, là où tant d’autres groupes se font annoncer par un titre pré enregistré (la grande mode de l’époque, comme Stravinsky pour Yes) permettant une arrivée solennelle…
Journey compose sa propre solennité.
Et avec ça il fédère instantanément son public.

Quand on écoute « Evolution », attentivement, au-delà du l’impact immédiat qu’il procure on réalise nombre de choses.
En premier lieu le rôle que prend Steve Smith va positionner la musique du groupe vers une écriture arrangée plus précise, subtile, ne laissant strictement rien au hasard. Steve Smith vient du jazz. Il a certainement joué dans des grands orchestres et est habitué à la lecture et à jouer tout ce qu’exécute l’orchestre.
En tant que batteur il est habitué à driver mais aussi à être la synthèse de tous les événements musicaux qui sont joués, ont été arrangés. C’est une donnée flagrante ici.
Il tient le beat, assure le tempo mais dans ses rythmes, dans chacun de ses appuis, détachements, breaks, bref, dans l’intégralité de son jeu tout, absolument tout est transmis et joué par l’interface du batteur.
Il ne se contente pas d’être inventif mais il va intégrer les détails rythmiques de tel riff dans son beat initial, mettre des accents avec la guitare tout en maintenant son tracé, enfler de cymbales et de breaks efficaces et jamais envahissants les appuis, les ponts, bref – son jeu de batteur est la clé de voûte du truc.
Cela permet à Ross Valory de le coller et de prendre un rôle plus efficace, immédiat et « simple ».
Et Neal de son côté use et même abuse de cette faculté d’être soudé à la batterie, il peut alors faire place à toute sa créativité, sachant que la section rythmique va intégrer toute l’inventivité de son jeu.
Et cela va le pousser à être d’avantage créatif.
Ses riffs se surdimensionnent car soulignés en tout points par la batterie, ses solos deviennent de plus en plus mélodiques car ouverts par le jeu de Smith, etc.

Au milieu de tout cela, Gregg peine encore à trouver sa place, ce qui ne l’empêchera pas de trouver quelques rythmiques de piano à la construction habile (« Just the Same Way »), de soutenir le tout orchestralement et bien sûr de chanter, en lead mais aussi en chœurs.

Parlons des chœurs maintenant.
On constate à l'évidence le travail du producteur de Queen…
La place des chœurs est prépondérante et leur écriture serait comme sortie des traditions du jazz et donc du gospel, avec un souci de grandiloquence comparable à Queen, mais avec des voix beaucoup plus homogènes, moins acides et moins trafiquées en mode pastiche.
L'autre tenant du titre chœurs (je laisse de côté CSN&Y) eut pu être Yes, mais du fait du registre falsetto haut perché d’Anderson, ils sont souvent très forcés dans des tessitures aigues inclinant nombre de faussetés que n’arrange pas la complexité harmonique des compositions du groupe.
Les chœurs, chez Journey, ça semble évident, on n’y prête pas plus d’attention que cela tant ils sont inclus dans la musique, de façon logique et naturelle et pourtant c’est de la pure tuerie ! ...

Et, sans détailler les titres, car leur agencement, leur progression, leur exactitude font de cet album un véritable témoin d’une époque, il faut inspecter à la loupe les détails trucs et astuces qui feront que ces titres seront des exciteurs de foules, de fans et prévus, taillés pour ce faire.
Des chœurs en Na, na, na, ça peut paraitre cul-cul, oui mais, partout dans le monde on peut reprendre, en chœur, na, na, na – ça dépasse tous les textes à message ou pas du monde et c’est … intemporel si c’est soutenu par une mélodie efficace et simple.
(« Lovin’ Touchin’ Squeezin’ ») … suivi par l’entrée en chœurs de « City of Angels » où l’on peut écouter tous les détails d’écriture entre Shon et Smith.
Le southern rock est en vogue ? on va faire un pendant Skynyrd et l’affaire est dans les oreilles des fans
Et ça reste du … Journey, tellement c’est bien agencé. « Sweet and Simple » - cf « Simple Man » …
Il faut un titre qui mette d’emblée la voix de Perry en avant, ce sera le second « Too Late » bien enfoncé par la rythmique et bien renforcé par des chœurs (un petit côté Kansas) avec en sus le solo mémorable de Neal.
Côté riff tranchant, acerbe, ce sera « When you’re alone » où chaque accent de guitare est validé par la batterie, du grand art, tout en tenant un beat absolument remarquable et puis ce pont avec un élargissement dû au jeu de Neal. Métal.
Réminiscences jazz-rock funky en mode Purple - "Stormbringer", avec « Lovin’ You is Easy »,
Le hendrixien et purpleien : « Lady Luck » … lourd à souhait qui conclut l’album.
Le folk prog zeppelinien en mode III de « Daydream ».

Vu comme ça on se dit, les vilains copieurs…
Vu autrement je me dis que ces gars ont une énorme faculté d’adaptation culturelle, de synthèse du rock de leur temps et que leurs personnalités respectives transcendent ces zones d’influences pour les faire … Journey.

« Evolution » mérite bien l’engouement dont il a fait part et s’il est un album de Journey qu’il faut absolument avoir c’est effectivement et certainement celui-ci.
Le groupe y est à son apogée, il a toutes les cartes dans son jeu et avec ses deux Steve il a non seulement évolué vers les objectifs dont il rêvait (ainsi que leur manager), mais il s’est aussi doté dune réputation qui peut lui ouvrir des possibilités illimitées.
De groupe rock reconnu, ils sont passé stars.

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1980 : « Departure ».

« Departure », mais vers quoi ? vers où ? titrait la lamentable chronique de rock’n’folk à la sortie de l’album.
Cette fois ci, après « Elevation », Journey était passé du cabinet de curiosité au dinosaure de stades et on le sait, le « succès » divise très vite et attise très vite les jalousies.
Outre Atlantique Journey tourne, remplit les salles et surtout les stades et épuise son succès.

 « Any Way you Want It » sonne d’entrée comme un hymne, un titre à chanter ensemble, en chœur…
Cette fois Steve Perry est bien installé face à nous, indissociable et représentatif du groupe et il compose la plupart des titres.
Derrière lui Steve Smith est désormais rompu à son complice Ross Valory et ensemble ils sont une paire que chaque groupe est en mesure de rêver devenir ou avoir un jour.
Voilà pour l’axe.
Et avec, autour, sur ... eux évoluent Neal et Gregg, complémentaires, gestionnaires du son, des arrangements et de la texture maintenant identifiée et identitaire de Journey.

Ils peuvent entrer en studio, le nouveau départ a été pris et ils sont maintenant sur l’autoroute du rock et du succès qui va avec ce rêve américain de rock band dont ils touchent au quotidien la réalité.
C’est Geoff Workman (Foreigner, The Cars, Queen, Toto …) qui passe aux commandes de la production.
Ils entre au studio The Automatt, à San Francisco pour enregistrer, cette fois quasiment live en studio leurs nouveaux titres.
Le son général s’en ressent et cet album aura son lot de fans.

Journey tourne beaucoup et Gregg Rolie signera là également sa dernière participation en studio au groupe, chantant peu (« Someday Soon ») et ne composant quasiment plus, il laisse ce champ d’action à Steve Perry et Neal Schon.
Il choisira même son futur remplaçant : Jonathan Cain, du groupe The Babys et de Bad English, un artiste très impliqué dans la musique chrétienne évangéliste contemporaine.

Comme le précédent album, « Departure » est une usine à tubes rock.
Il enchaine comme des perles les riffs tapageurs, les refrains qui font dresser les foules et chanter à tue-tête en voiture, les fracas de batterie, les balades sentimentales …

Des titres absolument magnifiques émergent de tout cela, comme le miraculeux « People and Places » et ses claviers féériques ou ses chœurs placés dans le spectre stéréophonique de façon à leur donner une dimension auréolée de spiritualité. De l’écho, …
Et l’entrée de Steve Smith qui déboulonne tout en quelques mesures…
Et le jeu de guitare de Neal y est complètement addictif. Il déploie là tant et tant de savoir jusqu’à son solo qui inonde tout sur son court passage.
J’ai écouté ce titre de très nombreuses fois et Gregg y trafique son orgue de façon exceptionnelle.

« I’m Cryin’ » oblige à une attention toute particulière. Le solo d’entrée de Neal (et toutes ses petits interventions) puis son passage en son clair. Les incartades de Gregg, la présence vocale de Steve, la lourdeur de Steve et Ross.
Tout cela redimensionne l’habituel schéma de la balade rock et pourtant la règle d’or, un maximum de déploiement vocal et une guitare surexposée est très largement respectée.

 On peut lui adjoindre le slow-rock « Stay Awhile », planté dans le blues le plus profond et le jazzy « Walks like a Lady » dont j’ai déjà parlé en chroniques orgue.
Gregg commence à développer des tapis synthétiques en imitation de cordes qui reprennent le penchant rock symphonique vers lequel Journey a failli s’incliner à ses débuts.
Il y a aussi « Little Girl » toutes cordes dehors, où Jan Hammer rejoint Neal à … la guitare… et où les chœurs de Gregg sonnent comme un adieu pour le dernier titre. 

Côté j’envoie du lourd ce sera le riff et le chant rythmique presque onomatopée de Steve qui va en plus partir vers des aigus inimaginables dans « Homemade Love » avec la cymbale perçante de Steve Smith, remplaçant la cowbell dont il a une (fâcheuse ?) habitude. Solo incisif de guitare, jeu de batterie phénoménal… brrr…
Ou « Line of Fire », bon gros boogie au jeu de batterie hyper technique et à la guitare sinueuse (encore une fois quel solo – mais dans chaque titre de Journey les solos de guitare semblent d’anthologie). Steve hurle tout son rock vocal et Gregg enfonce les touches de son piano. Petit passage en flanger, bref…
Et puis ce titre tranchant, décapant : « Where were you ».
Le genre de titre que tu mets à fond la caisse (cliché solo de piano délicieux) … et que tu remets encore, et encore et … encore (pour éviter de plagier Cabrel, c’est mieux en trois fois).

Une production plus live, plus directe, plus nerveuse, plus percutante.

 « Departure » sonne le départ non vers des contrées autres, Journey confirme et se confirme avec cet album.
Mais confirme ici probablement le départ de Gregg, fondateur, piliers et socle du groupe.
Ils sont en tournée, vont enregistrer un live (« Captured ») absolument historique et pourtant passé sous les radars des pavés du rock. Gregg y fera sa dernière tournée et partira avec les honneurs car le groupe y est au sommet des sa forme, de son professionnalisme et de ses capacités.
On en parlera de cet album live.

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Second chapitre qui traitera des deux albums suivants pour très bientôt.
Bon week-end.










 
  





Commentaires

  1. J’ai commencé le voyage avec INFINITY.
    Déjà sans bien savoir à l’époque pourquoi je sentais bien un changement majeur entre le Santana de Caravanserai et de Borboletta, la réponse est JOURNEY. Il faudrait maintenant cherche les interventions de Neal Schon chez Santana, ado je pensais que tous les solos étaient de Carlos.
    Par un autre de tes papiers j’ai trouvé l’occasion de réactiver KANSAS, du coup le passage vers JOURNEY a été facilité, bien loin le temps où l’on se pincait le nez à l’évocation du Rock FM. Aujourd’hui je constate qu’il y avait là de sacrés talents et bien entendu JOURNEY
    Je sais que tu ne goûtes pas toutes ces interventions mais son papier de 2016 sur JOURNEY avait déjà ouvert quelques portes sonores chez moi. https://ranxzevox.blogspot.com/2016/01/voyage-en-frequences-modulees.html
    Je profite maintenant de ta chronique, disque après disque, pour plonger et comme je disais après KANSAS je n’ai plus de difficulté pour écouter un album entier. Donc INFINITY. Limite le sans faute. J’ai dû penser trouver la voix de Perry pénible, aujourd’hui je change d’avis à %. Force évidente, ligne claire, pas de vibrato et des aigus, sans oublier un timbre reconnaissable, une signature avec le guitariste comme tu le soulignes quel duo.
    A y revenir….

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    1. Journey a subi chez nous une très mauvaise presse à l'heure de sa gloire internationale et ça a faussé les appréciations. N.Schon n'a pas joué chez Santana, c'est G.Rolie et le manager qui sont sortis de chez Santana pour imaginer ce groupe.
      J'ai découvert le groupe par le live "Captured" et ensuite je n'ai pas lâché ce groupe tant son niveau m'enthousiasmait.
      Je parlerais de ce live pour l'ouverture du prochain chapitre.
      En attendant régale toi avec ces six là, car depuis le tout premier album jusqu'à "departure", c'est de tt le sans fautes.

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    2. après vérif', neal a bien joué un second rôle chez santana, deux albums

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    3. je suis bien entendu allé lire l'article que tu m'as mis en lien, il date de 2016.
      même si il légitime tant le rock fm que surtout journey à travers l'album escape dont je parlerais au prochain chapitre, c'est l'approche qui encore une fois me hérisse.
      le positionnement...
      désolé, je n'arrive pas à être objectif avec cet espace, au demeurant tout de même plutôt riche en infos, mais il y a l'art et la manière et là, la manière... me gonfle.
      ça a le mérite d'exister, d'avoir du monde et des comm's, d'être présenté rebelle et attractif de base, mais bon, en creusant les infos, on les a partout et les avis et analyses sont tellement auréolées d'une somme de démonstrations, d'à prioris louables ou pas, bref, c'est le trop plein pour n'en tirer que de la substance finalement commune.

      mais y'a le lot de commentateurs et de vindicte, d'épinglages, bref, tout ce qui me fait ... fuir.
      j'ai lu, j'ai fait ma conclusion, c'est bon ça ne m'a malgré ton incitation, absolument pas incité à adhérer d'avantage. chacun son trip et le sien tout respectable qu'il est, n'entre absolument pas dans ma sphère.
      il en faut pour tout le monde, il faut des manoeuvre, des eudeline et des blogs rouges vifs.

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  2. Ouh le bougre ; il va arriver a me faire changer d'avis sur l'américaneux rock FM avec ses tubes Totoesques !!! Je me suis dit, pas d' a priori et je débute au hasard de ce que je trouve : "Infinity."
    Et là, il faut bien l'avouer je suis bluffé par la qualité et la richesse du son. Et comme souvent dans le rock "rugueux" je suis ébahi devant les ballades, "Wheel in the sky" est parfait.
    Pff encore pas mal d'écoutes avec le reste.
    Merci.

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    1. Toto est l'arbre qui a caché la luxuriante forêt.
      J'aime bien Toto, le pb c'est qu'on les résume à une poignée de titres alors que leur discographie est chargée de pépites.
      C'est un peu comme si on réduisait Van Halen à jump et la reprise de you really got me.
      l'avantage avec Journey et en même temps l'inconvénient c'est qu'ils ont été tellement descendus par la presse rock que seuls quelques curieux ou accrochés comme j'ai pu l'être, par hasard, ont suivi ce groupe.
      présence radio de Journey, à priori quasi nulle si ce n'est don't stop believin'.
      reconnaissance du haut niveau du groupe il n'y a que l'éphémère revue Muzik qui osait parler d'eux avec objectivité (ils firent de même avec gino vannelli et quelques autres effacés des médias presse français).
      alors aujourd'hui quand tu mets un Journey c'est comme si tu partais à la découverte, car c'est pas vraiment entré dans nos repères. Et effectivement ça scotche.
      merci

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  3. Oh la la, la grosse lacune. Comment je suis passé à côté..JOURNEY !!! La claque tout de suite, je commence par "Of a time" et t'enlèves la voix, on dirait un morceau de BJH des débuts. ça s’arrête là pour la comparaison :) J'ai du boulot, je vais me procurer ce coffret, j'aime bien ce principe des "Originaux" en 5 albums, y'a plein de groupe comme ça qui ont opté pour cette proposition ( j'en ai qquns :))) . Oh, je tombe sur la reprise "It's all too much" à la Genesis .. énorme. Ah ah, une découverte à fouiller, j'aime ça. En plus y'a un paquets d'albums.. Le 2000 "Arrival", très Foreigner. Bref, merci ..je chope le truc, je crois que je vais adorer les premiers. Merci Pax

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    1. C'est bizarre, depuis que j'ai lancé cet article (et même avant quand j'en ai parlé), vous êtes nombreux à avoir zappé ce groupe, soit parce que peu médiatisé en France, ou encore une fois épinglé par la presse se voulant spécialisée.
      Ainsi ce groupe absolument excellent est passé sous les radars en France, juste suivi par des fans ou curieux...
      Depuis que je les ai découvert avec la sortie de Captured ( j'aime bien l'idée qu'un album live ait pu engendrer une passion pour un artiste, un groupe, etc... car souvent comme les live sont le résultat d'une tournée d'album, on n'y attache d'importance que si véritablement ils transcendent l'album qu'on connait), je n'ai cessé de les suivre.
      Maintenant depuis l'arrêt de Steve Perry (drame familial et dépression) ils tournent avec un véritable clone chanteur, les nouveaux albums - là aussi des live qui reprennent leur répertoire emblématique US - possèdent un son actuel de malade.
      Mais bon, cette première et seconde période c'est juste de la tuerie.
      y'a tout là dedans...
      régale toi

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    2. Pourtant, c'est pas faute d'explorer les bacs et les promontoires. Alors j'ai peut être l'explication. Chez Gibert par exemple, Journey est classé en Hard !! J'ai pas fouillé des masses à cet endroit ttes ces décennies.. en Prog à côté des Tull ça m'aurait plus inquiété. Bon, ils n'ont pas grand chose en bac, rien en tout cas sur les 2 premiers. Je change de tactique ;D

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    3. C'est vrai qu'on leur colle souvent l'étiquette hard rock et métal.
      possible que ça freine les recherches.
      bonne pioche !

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  4. Même constat, comment être passé à côté de ce groupe... aujourd'hui avec les réseaux sociaux je pense que journey aurait eu sa place et une reconnaissance car c'est bien d'un groupe majeur dont on parle.Je découvre ce groupe et leur répertoire,et c'est difficile en quelques jours de tout digérer et appréccier.Steve à une voix incroyable, un jeu de scène et une aisance digne des groupes emblématique.Neal est un guitariste hors pair,et je suis très curieux de le découvrir sur ses escapades jazz. En tout cas c'est vraiment une belle découverte .est ce qu'il ne manquait pas à ce groupe un tube, un morceau populaire que tout le monde connaît? Je pense à keep on runnin, par exemple qui sonne comme un tube, compris par le public.cet album infinity que tu décris à merveille est une pépite dans la sociologie du rock,prog ,et les lives sont un régal.on sent à travers ta chronique l' admiration , la passion...tout cela est communicatif...Aissa

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    1. Oui, Journey a été un groupe qui m'a beaucoup inspiré et influencé, tant par le jeu de batterie de Aynsley Dunbar leur premier batteur qu'ensuite Steve Smith (je t'enverrais par le wahtsapp du groupe des liens...), de là, j'ai suivi avec passion et application leur évolution.
      Aux USA ils ont de nombreux tubes, mais ils ne sont pas venus jusqu'en France, leur rock FM a été écarté au profit de Toto et de la période Jump de Van Halen.
      Certains groupes qui ne tournent qu'aux US parviennent difficilement à s'imposer en Europe à part parfois en Angleterre.
      Journey en plus, comme l'indique Charlu dans son commentaire précédent a souvent été étiqueté hard rock chez nous et ça a certainement contribué à réduire son potentiel public.
      J'ai de la réhabilitation à faire donc...

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  5. Une chronique quasi encyclopédique ! Bravo ! Une belle réhabilitation pour un groupe généralement honni par la presse française.
    Découvert par une compile résumant les deux premiers disques (en fait, un double vinyle avec pratiquement l'intégrité des deux premiers), simplement pour retrouver Gregg Rolie et Neal Schon. À mon sens, le morceau "Look into the Future" est l'un de leurs meilleurs. Question album, "Infinity" est sur le podium 👍

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    1. Merci Bruno de passer ici commenter.
      J'aime à réhabiliter certains albums, groupes, etc. (je crois d'ailleurs qu'il doit y avoir ici quelques chroniques titrées réhabilitations...).
      Il y a tant et tant d'artistes, d'enregistrement uniques et devenus rares (ou oubliés) que de temps à autre c'est bien de se faire et faire par notre envie et passion blogueuse des petites piqures de rappel.
      Journey... il n'y a bien que le magazine Muziq, déplorablement effacé de la presse mais chargé de chroniqueuses et chroniqueurs qui savaient écrire et avaient une réelle base de connaissances musicales (j'ai pas mal échangé par emails avec certaines et certains fut un temps) qui s'est rappelé que ce groupe fut (et reste) une grande figure du rock FM, stadium, bref très populaire, du rock versant gigantisme américain.
      Comme j'aime à le dire, le comparatif Johnny chez nous (sauf que Johnny... même si parfois et d'ailleurs faudra un jour que je m'offre la petite réhabilitation hors des affres médiatiques de l'artiste, juste pour la musique, chose qui passe à tellement de degrés inférieurs derrière le personnage...).
      Look into the future a été le premier vinyle de Journey que je me suis acheté, le reste avait été mis sur K7 pour les écouter en train pendant mes trajets de tournées. Je l'ai usé...
      De là j'ai aussi suivi avec un intérêt massif tout ce qui se rapportait au groupe, les obligatoire Santana ou Rolie officiait, les albums solo de Neal, de Steve Perry et surtout le premier Vital Information de Steve Smith carrément dans la lignée de The Man With The Horn de Miles avec Mike Stern.
      Journey est une mine de plaisir rock et ils ont un sens du jeu, de l'écriture au cordeau exécutée par chaque musicien avec une précision d'orfèvre typiquement studio.
      J'ai aussi beaucoup suivi la carrière d'Aynsley Dunbar, tout aussi captivante dans des groupes forcément rock mais parfois prog où il a été pilier central.
      Bon, me reste à chroniquer la suite qui sera surement tout aussi fouillée - j'aime à détailler car trop souvent l'écoute reste superficielle et faire prêter attention à tel ou tel élément qui permet à la musique de... je trouve que ça modifie l'attention musicale et que parfois même cela peut mettre de l'émotion là où il n'y aurait eu que du plaisir instantané et accrocher encore l'audition.
      Une vieille habitude de prof de culture et analyse musicale...

      Merci sincèrement pour ce passage ici.
      à très bientôt.

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    2. Aynsley Dunbar qui avait aussi fondé son propre groupe dans les années 60, le Aynsley Dunbar Retaliation. Groupe qui réalisa quatre disques de British Blues entre 1968 et 1970.
      Et merci pour ce bon comm. sur Journey qui n'omet pas les premiers albums - pour beaucoup, l'aventure ne commence qu'avec l'arrivée de Steve Perry.

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    3. Ado je m'étais bcp intéressé à la carrière de S. Dunbar, il y avait eu un article intitulé je crois "cher batteur" qui le présentait comme l'un des batteurs les plus demandés et plus chers au "monde"... en tant que batteur j'étais parti explorer ses albums et participations et j'ai bcp décortiqué, à l'époque, son jeu. très intéressant d'ailleurs.
      thx

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  6. « Evolution » marrant il suffit de se brancher sur une fréquence années 80, se souvenir de comment j’écoutais Queen, Scorpions, Foreigner (seul groupe FM de cette époque que j’ai écouté… à cette époque). Ton papier aide bien à entrer dans ce climat d’écoute, les chœurs à la Queen effectivement. Alors il ne me manque qu’un petit quelque chose, quand on pense à Queen, suit une autre pensée, un autre souvenir persistant, Meat Loaf, si je compare à Journey, Meat Loaf ajoutait un aspect théâtral, Broadway ou cirque, un aspect probablement plus criard mais plus drôle aussi. J’ai passé un bon moment, mis quelques *** pour de futures écoutes sur de grosses enceintes ? Vivement !!
    Je lisais les commentaires sur l’absence de reconnaissance de ce groupe en France en tout cas. J’en ai un autre en tête, depuis que j’écume les Utube chapitre « mes meilleurs albums prog rock » souvent, très souvent vient le groupe RUSH que je ne connaissais pas et pas davantage aujourd’hui, sauf « Moving Pictures » j’y reviendrai.

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    1. (je m'incère... 😁 ) Oui, RUSH. Encore un, injustement passé sous les radars hexagonaux - toutefois la presse spécialisée (celle dite de "harderoque") avait osé vanter ses albums, y-compris les plus commerciaux. Cependant, RUSH peut s'avérer difficile d'accès suivant les albums (et les périodes). On peut adorer un album et ne pas accrocher au suivant.
      À mon sens, c'est un groupe immense dont on ne mesure pas l'impact qu'il a eu sur un grand nombre de groupes de métôl des années 80 et 90. Dream Teather en tête.
      C'est aussi un groupe libre, qui a su défier l'industrie musicale (ou du moins sa maison de disque) pour imposer sa propre vision. Rester camper sur ses positions pour imposer un morceau de 20 minutes accaparant toute la première face pour leur 4ème opus, alors que le label insistait, sous menace de casser leur contrat, pour avoir un hit à passer à la radio, est des plus louables.
      Un groupe aussi qui a osé à plusieurs reprises se remettre en question, à prendre quelques chemins de traverses plutôt que de se maintenir sur le chemin qui l'a conduit à ses premiers succès.

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    2. bien vu l'insertion.
      Rush, j'ai eu ma période Neil Peart, un précurseur...
      Effectivement un groupe difficile à "suivre", mais dont l'influence a été énorme sur les zicos et le reste.
      J'avoue les avoir écoutés en pointillé, beaucoup les premiers albums puis j'ai décroché probablement pour les raisons que tu évoques - y'a des groupes si t'es fan tu suis tout, comme je le suis devenu avec Journey ou sinon s'ils ont juste croisé ta vie ça finit par s'étioler.
      Dans un tout autre registre, mais vraiment tout autre, genre difficile à suivre c'est Joe Jackson, juste pour la comparaison. Il fait comme il sent, comme il veut et peut même te composer une symphonie entre un album de ska et un de new wave, puis il passe latino, jazz... le mec électron libre.
      Ce côté libre est très important, ça évite les clash à la Police et le rock indé, les autoprods ont certainement accentué cette envie pour l'artiste d'avoir la totale maitrise de ce qu'il fait, sans barrière (sparklehorse, au hasard). Mais selon les décennies et aussi les personnalités, c'est à géométrie variable.
      Journey avec l'arrivée de Steve Perry est passé du groupe d'excellents musiciens mais pour amateurs du genre (qu'ils peinaient encore à définir d'ailleurs) au statut commercial de rock FM sous l'impulsion de leur manager. Ils on joué ce jeu, c'était aussi certainement leur volonté respective. Rolie s'est barré, Steve au décès de sa mère n'a jamais pu s'en remettre, dépression, pression du "succès" et Smith est parti jouer avec ses potes jazz fusion (Steps Ahead, Vital Information, Players et autres)...
      Rush, eux, ça a tenu dans le temps. Pas de compromis - intégrité = peut être bien... durée.
      Merci d'être passé faire cette inclusion et du coup on va surement réécouter Rush (pour ma part c'est certains) plus attentivement.

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  7. J'ai terminé cette première exploration qui vient heurter mes postures d'oreille.
    Il faut dire que le hard rock n'a été pour moi qu'un instant fugace ciblé autour du premier Black Sabbath, de Machine Head un un peu après du déviant Alice Cooper. Je crois même que j'avais échangé mon Deep Purple avant de racheter plus tard l'album...
    Rock FM encore pire.
    Donc j'ai un sacré rattrapage à faire, d'autant plus que je n'étais pas grand fan de rock symphonique, adhérant plus à Supertramp qu'à Queen ... encore moins au rock très théâtral comme dit Dev genre Meat Loaf.
    Donc logiquement dans ma "rééducation", je m'accroche à des relents de rock progressif, et préfère Infintiy, picorant dans les autres, d'ailleurs plus les premiers que les derniers.
    Mais cela fait du bien d'écouter tout cela avec attention, et même si je ne vibre pas toujours, quels musiciens ! Merci.

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    1. Oui, quels musiciens !
      Leurs premiers albums sont devenus assez cultes du fait de leurs divers positionnements musicaux avant de devenir les hauts de podium du rock FM aux States.
      Il est vrai qu'ils sont souvent assimilés à du Hard Rock, mais leur jeu et leur culture musicale dépasse tout de même ce seul critère (un peu comme Toto d'ailleurs qu'on résume trop à Rosana ou Hold the Line alors qu'ils ont fait des titres incroyables).
      Concernant Meat Loaf, ce que j'aimais surtout c'était la production de Todd et même si je trouvais le jeu Steinman riche en couleurs, je n'ai jamais accroché plus que cela à cette démesure - par contre cela a eu le bénéfice de me faire aller vers le Todd et ses albums solo, Utopia et bien sûr producteur (Hall and Oates). Un type génial tt de même.
      Queen je n'ai jamais pu me laisser émouvoir par ce groupe.
      J'ai essayé d'autant que mes élèves à la sortie du topic étaient à fond là dessus, j'ai même filé les rares vinyles que j'avais d'eux à l'un d'eux, qui commençait à s'intéresser au support tant que devenu fan du groupe.
      Quand je dis ça on me regarde comme un gars étrange, quoi ? t'aimes pas Queen ?
      Pas que j'aime pas, mais je ne comprends pas l'engouement pour ce truc.
      Le trop du trop... la surenchère musicale et la surcharge d'inutilisé en place de l'efficacité, et surtout de la vérité. Certes ça fait le show, même en albums, mais... est-ce que le show suffit ?
      Sinon super guitariste Brian May, mais Freddie ... m'a jamais provoqué la moindre émotion musicale.
      Dès leur sortie quand ados on jouait du prog, certains gars ne voyaient que par eux, mais j'arrivais pas à me dire que c'était intéressant. Juste l'album the game... Et pourtant j'ai essayé, j'ai même une élève à qui j'ai fait bosser, sur sa demande, le bohémian en version piano solo en chantant... un énorme challenge qui l'a récompensée par un passage d'exam sup avec félicitations jury unanimité, excessivement rare.
      Donc Queen, j'ai dû m'en satisfaire, sans réellement accrocher, par contre Supertramp, dès que je mets le sillon, c'est parti... et j'ai quelques anecdotes les concernant disons de l'intérieur par un ami musicien. Et pour finir, leur saxophoniste est adjoint culture à la ville de Cavalaire, un gars hyper sympa.

      Autour de Journey je commence le parcours avec leurs musiciens en albums solo, là aussi, un univers s'ouvre... mais le temps... toujours le temps. Et bosser mon piano tt de même...
      THX

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  8. A vous tous, j'aurais jamais pensé en faisant un article sur Journey avoir autant d'échanges et de vue.
    C'est super que l'on puisse ici dans ce blog, engager des échanges respectueux et constructifs.
    je vous en remercie.
    Bon ... maintenant je dois écrire la suite de Journey, me reste 3, 4 albums...
    j'ai du retard car, vous le lirez dans les articles suivants, j'ai fait un gros retour en classique et là, faut du temps, de l'écoute très avisée, des références et quant on plonge dans le classique (je vous avais dit que je souhaitais le remettre à un bonne place), une sorte de fascination addictive prend le dessus et perso j'ai ensuite du mal à en décrocher.
    Mais Journey est l'objectif que je dois conclure, donc, je vais m'y mettre...
    Merci en tout ca à toutes et tous

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