dimanche 17 mai 2020

EN MAI, FAIS (presque) CE QU’IL TE PLAIT…


EN MAI, FAIS (presque) CE QU’IL TE PLAIT…

Alain Deneault : « La médiocratie ».

Je l’ai évoqué, j’en ai parlé…
Plus que jamais mettre des pensées, des mots et une analyse réaliste sur ce qui a envahi notre société, notre entourage, notre vie ce, jusqu’à lui ôter la substance, le fond pour ne voir que la forme… est d’actualité.
Je lis une phrase, un paragraphe et les pensées, exemples m’envahissent.
Cette montée en puissance du dirigisme médiocre à quelque degré de hauteur politique, hiérarchique, sociale est expliquée, décryptée et mise à plat.
Ça fait peur…
La médiocratie est partout et nous la subissons à chaque instant de notre vie.
Elle est pouvoir, donc sa dictature maussade et fade, dénuée de sens profond n’apparait pas si autoritariste que cela.
C’est plus mielleux, plus retors, plus pervers…
Pire donc.
Beaucoup à prendre, peu à laisser dans cet essai qui appuie du bon doigt sur ces faces de pouvoirs qui nous conduisent à notre perte.



Gamin je n’aurais jamais cru, fan de Zorro que j’étais, installé confortablement dans le petit fauteuil lit de ma grand-mère afin de me délecter des aventures du sauveur masqué sur son fidèle cheval Tornado et soutenu par le fidèle et forcément discret Bernardo, qu’un jour, adulte qui plus est, je me retrouverais chaque jour masqué.
Des éclairs victorieux, une ruade et un masque, une cape et l’épée, bien plus noble que le flingue en panoplie, je partais dans les rues du quartier en justicier de rien du tout et le jeu du gendarme et voleur, dans le parc prenait un tout autre aspect, bien plus noble, bien plus aventureux, bien plus rêveur…
On ne rêve plus, on est devenus Zorro au quotidien et ce n’est plus pour se cacher de forces de l’ordre dirigées par un sergent Garcia que l’on se masque, mais pour se protéger d’un ennemi sournois, friand, vorace de la faiblesse humaine.
Une toute autre fiction… et Don Diego plein de noblesse bienveillante ne peut pas grand-chose pour nous…
On lui a piqué son attirail dès qu’on sort en files d’attentes interminables, en regards suspicieux, en distances où chacun est paria.
Il faudrait bien un peu d’agilité d’escrimeur pour pourfendre cette petite bestiole à l’image rondouillarde bien plus néfaste que le bide du sergent Garcia, mais tout le monde n’est pas le justicier masqué… on lui en a juste mimé l’apparence.



En mai, le dicton veut que l’on fasse ce qu’il nous plait.
Tel un lâché de ballons à l’issue d’une soirée bien arrosée, on a ouvert les portes, on a libéré les confinés que nous étions pour leur redonner un apparat de liberté afin de les renvoyer faire tourner l’économie.
Avec ça l’idée du plus jamais après comme avant s’est envolée elle aussi dans les airs.
Les belles intentions embourgeoisées à la Hulot sont redevenues ce qu’elles ont toujours été, du vent…
La cruelle réalité a forcément repris son chemin.
Le critiquer, le pointer du doigt, le vilipender n’est qu’un acte intellectuel idéaliste parallèle.
Il faut rêver…
Mais il y a la réalité.
On ne change pas d’un coup de baguette magique de Mai les nécessités.
Elles sont là…
« Il faudra apprendre à vivre avec le virus » a dit notre premier ministre de la classe.
Il va falloir malheureusement apprendre et comprendre qu’il va aussi falloir continuer à vivre avec ces médiocres…



J’ai bouclé ma boucle d’intro.
Musique now…


Bon comme beaucoup vous ne savez pas qui c’est Bobbi Humphrey.

Ça c’est l’avantage de ces réseaux sociaux…
Il suffit de s’inscrire aux rééditions de tel label, via insta, facebook ou autre d’ailleurs pinterest et voilà qu’une pochette apparait…
Un nom, quelques autres qui accompagnent et voilà, on est piégés.

« Dig This » est un de ces albums issus du jazz, lorgnant vers un binaire groovy et funkysant tel que nombre d’artistes en pondaient dans les années 70.
Cet espace jam, ces grattes aux rythmiques mélangeant cocottes et funk rythm, ces lignes de basse véloces et dansantes, ces fenders en tapis moelleux, ces solistes qui s’envolent sur un minima d’accords, portés par cet espace libre et ouvert.
Un son de B.O à la Schiffrin.

La bretelle de highway qui encercle la mégalopole s’ouvre et le flot de voitures allant vers des directions multiples avance au fil de cette musique urbaine mesurée, linéaire et directement confortable.
La flûte dans un tel contexte est juste lumière.
Mouzon, Ron Carter, Spinozza (excusez du peu) apportent leur précieuse touche professionnelle à cet album qui est une plongée dans ces films où Harlem en coupe afro, pattes d’eph et bagnoles de légende m’apparait en images inévitables.

Le son est Blue Note-CTI, pour les fans du genre.
L’album s’écoute et se réécoute avec un plaisir frôlant le désuet classieux.
Et perso, Alphonse Mouzon, que j’ai souvent relégué en troisième rôle des batteurs fusion/jazz-rock, même quand il a été génial avec Pasto et Mangelsdorff, est une bonne "surprise" studio ici.

Bobbi Humphrey a un bien beau Cv et une discographie vraiment intéressante, évolutive et active selon les décennies où elle s’inscrit dans chaque nouvelle tendance.
Une belle découverte que cette flûtiste inconnue jusqu’alors de mes listings musicaux.



On pourrait les enchainer sans heurt ces deux albums…
« Ethiopian Nights » de Donald Byrd aux longues plages poursuit ce chemin à l’identique.
Là encore une rythmique proche de JB, de Sly sert de trame à des titres où l’impro, directement transposée des expériences davisiennes de la période dite électrique se déploie sur un groove, un axe harmonique, un jet fusionnel.
Ici ce sont les Jazz Crusaders qui officient et forcément, en parfaits maitres du genre ils offrent le tapis idéal pour les expérimentations de Donald Byrd qui explore, trouve, cherche, tente, essaie, veut, souhaite et finit souvent par décoller.
Le son est parfois rude, le jeu est direct, live, sans fioritures, c’est un jeu brut, initial, capté tel.
Et c’est ce qui est passionnant tant qu’interpellant…
On a perdu ça…
On a perdu cette audace, cette capacité d’oser, de présenter la quête comme un acte en soi, comme une autre vérité, sans fards, sans honte non plus, car chargé d’une sorte de mission, d’un engagement réel et honnête.
On entre dans la musique, on se jette dans la fosse de cette fusion urbaine, on plonge, sans recul, sans réfléchir et on est réactif, ensemble, communément…

J’ai ouvert la porte du club, j’ai commandé un whisky, sans glace, je me suis accoudé au bar et ils étaient là débridés, impliqués, barrés, authentiques, sur cette basse infernale, hypnotique, étouffante comme des cercles reptiliens, crachant de tous leurs poumons, de toutes leurs viscères ces méandres improvisés, ces traits de vie instantanée, cette expression immédiate.
Je n’ai pu bouger…
La fascination m’a pris, inexplicable… une sorte de transe hypnotique.



Il y a bien longtemps j’ai découvert cet album de Steve Khan « Evidence ».
Un album de guitare seule, où cet artiste pas vraiment suffisamment mis en lumière s’empare de standards peu communs pour les magnifier en multipistes guitaristiques studio.
« Infant Eyes » l’une des compositions que je préfère de Wayne Shorter, ouvre l’album et l’on sait d’emblée que l’on part en voyage et qu’il va être difficile de changer de destination car la promesse autour de ces six cordes s’avère digne du rêve que l’on avait initialement.
« In a Silent Way » va succéder à cette délicatesse et il en sera ainsi de fil en aiguille, de corde en médiator.
La pureté, la limpidité et cette infinie délicatesse auréolent chaque seconde de ce voyage en ces contrées où la guitare fait oublier les originaux pour les recréer et les déployer dans un nouvel écrin.

Un horizon immaculé s’ouvre ce matin…
La pluie a fini de tomber et les derniers nuages s’étiolent dans le ciel.
Monk vient de se dessiner lentement pendant quasi vingt minutes et de reprendre doucement vie...
Le café a une toute autre saveur et ces notes égrenées en « melancholee » m’incitent à la torpeur et à la paresse.
A l’apaisement.



Bon dimanche.





mercredi 29 avril 2020

LA RUÉE MENTALE VERS… le déconfinement…


LA RUÉE MENTALE VERS… le déconfinement…

Bon, alors…
Depuis tout ce temps…
On en est où ?
Ah oui c’est vrai il l’a dit hier.
Il a été tellement précisément flou que même le journal de TF1, vous savez ce truc qui permet d’étalonner l’ensemble des français – mais bon, dont J.P Pernaud a tout de même osé (pas la première fois d’ailleurs, ce qui le rend infiniment sympathique) modérément mais surtout honnêtement l’ouvrir face à ce bordel organisationnel étatisé – en interviews d’un panel de population « représentatif », y perd son latin de racines des mots.
Bon, on l’a bien compris, les actifs ont des enfants.
S’ils restent chez eux c’est la cata économique, alors on renvoie les progénitures à l’école comme ça, ils vont pouvoir retourner bosser.
Le « gouvernement » (guillemets volontaires), nous a bien baladé avec les masques, délocalisés (tiens donc quelle surprise Mr Macron que de constater qu’on est tributaires alors qu’on avait ça chez nous… pourtant il y a peu…enfin, pas la peine d’en rajouter, nous sommes des millions à le penser et surtout à être pris de nausée quant vous apparaissez sur l’écran de moins en moins petit, fini la télé mini format, donc le côté le pire de cette évolution technologique c’est de voir vos tronches en grand format… la nausée… rassurez vous pour le moment du moins, elle n’est pas liée au virus, c’est juste de voir vos expressions de lâches et de fourbes du verbes qui nous la refile… à tous).
Super, la stratégie était simple.
Il suffisait de compter sur ce lot de gentils (et que je salue malgré tout) bénévoles pour se dire que de toutes façons, ça finirait bien par agir et, encore une fois et comme toujours dans d’autres situations (sdf, sous seuil de pauvreté, intégration…), le temps aura fini par vous décharger et hop, d’un coup de baguette magique de volontaires, qui plus est bénévoles qu’heureusement vous saluez (la moindre des choses) voilà qu’on finirait presque par oublier votre irresponsabilité… puisque la solidarité sociale a pris le dessus sur vos incohérences (incompétences ?).

Oh, je ne dis pas que cela est simple !...
D’ailleurs vous avez suffisamment de stratégie du langage pour contrer des dires tels que les miens.
Tirer cette ficelle est parmi vos habitudes, la plus commune, en fait…
Mais bon, je me souviens qu’il y a une petite poignée d’années lors d’élections vous avez joué des coudes arrogants et arrivistes pour en être là, alors c’est un peu comme le texte du mariage, vous savez ce truc qui dit : « pour le meilleur et… pour le pire… ».
Vous aviez pensé que le meilleur c’était vous remplir les poches et surtout vous auto-admirer ?
Et vous n’aviez pas pensé au pire…
Un peu facile…
Trop simple…
Je vous comprends… d’ailleurs…
On n’imagine pas que ça puisse arriver un jour et pourtant…

Votre grande question maintenant est cousue de masques colorés…
« Comment faire pour maintenir nos hauts privilèges et faire croire à la masse confinée et passive tant qu’elle ne sortira pas dans la rue pour reprendre son bordel social en gilets masqués ou en retraités usés que… rien ne sera plus comme avant sans que pour nous, surtout, rien ne change prioritairement et reste comme avant »
Un sacré marasme existentiel… un bien cruel dilemme… pour vous quasi existentiel et de l’ordre de la survie.
Purée, vous en avez surement bavé pour en être là, études, médiocratie estampillée, stratégies dignes du plus haut niveau de bluff du poker…
Il faut continuer dans ce sens… sauf que… confiner fait aussi réfléchir et qu’à force de nous dire que rien ne sera plus comme avant il faut bien réaliser qu’en effet vous risquez de vous retrouver accrochés au porte manteau des vestiges du récent passé.

En fait, oui je les salue ces personnes qui œuvrent au quotidien afin de palier à votre manque, à votre irrespect et à votre inconsistance qui se résume à des « effets d’annonce » non suivis car vous n’êtes tout simplement pas capables de tenir vos promesses, vos dires… mais ça, on aurait dû pourtant se rappeler qu’elles venaient des politiques, donc, d’emblée qu’elles seraient comme une chanson de Dalida, des « Paroles, paroles paroooles… ».
On aura beau rouler les rrrr, j’en soupire de honte…
Oui, chaque initiative effectivement « citoyenne » de quelque taille  qu’elle soit, initiée par qui que ce soit a donc pris le dessus sur vos ronds de jambes et vos réunionites aigües – les gens agissent là où vous tentez de ménager vos intérêts. Ils ont pris en compte le sens réel du mot survie et la simple idée de les renvoyer s’entasser dans des métros bondés, dans des classes à l’organisation improvisée par manque de… ah oui, le mot que vous avez mis en action, vous savez… moyens… puisque vous les avez ôtés… a remis un mot difficile à contrôler dans les esprits et les âmes : panique ! ...

La sécurité passe par la confiance.
Cette confiance à votre égard n’est pas décryptable, il y a trop de zones d’ombres et d’incohérences dans vos consignes qui se contredisent les unes avec les autres.
Alors même si certains se projettent rapidos le 11 avec un sentiment de liberté car ils sont désormais sur les starting blocks, ils reviendront vite à la raison humaine et non malheureusement exclusivement économique…
Celle qu’en place de réellement afficher vous tentez de nous « masquer » en langue de détours et de faux semblants.
Cette réalité effectivement beaucoup la vivent et là encore les mots ne sont pas véritablement suivis de concret…
Ils restent en suspens, comme ces accords d’avant cadence dits suspendus et installés sur la quarte en attendant leur réalisation sonore par la tierce.
En musique tonale il faut que la cadence soit parfaite pour conclure et pour ce faire il y a un accord de dominante au sein duquel une note à fonction sensible va attirer l’oreille pour amener en souplesse ou de façon ferme, cette solution terminale.
Passez à l’accord de 7e de dominante (vous dominez, ça on le sait) et arrêtez de rester suspendus, il est temps de conclure et d’être sur la cadence parfaite de l’honnêteté (en abandonnant la saveur de la « transparence »…) afin de créer un titre crédible et qui permettra, au moins, de s’y retrouver, car là, vous vous êtes perdus en accords trop nombreux pour que la moindre cohérence, la moindre idée de développement agréable à l’oreille puisse seulement se dessiner pour une fin non spécialement heureuse (si l’on arrive à un résolument Majeur ce serait inespéré), mais du moins scolairement honnête.
Médiocre signifie moyen.
Avec votre médiocratie de la gouverne, vous vous sortirez peut être de l’exercice du pouvoir avec un « sans mention » en place de passable ? un 10/20 quoi…
Pas de quoi pavoiser, mais juste de quoi conclure de façon « potable ».

Mais laissons la conclusion héroïque à ceux qui mériteront ces honneurs, vous savez, ces chercheurs, qu'une fois encore vous avez remisé et qui seront salués, n'en doutons pas par l'unanimité dont vous n'avez jamais fait partie d'ailleurs...
Et surtout en ce moment merveilleux, ne tentez pas d'en accrocher la moindre once de gloire personnelle, nous ne sommes plus dupes.

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Kandace Springs, à la voix d’une chaleur dont Prince lui-même disait qu’elle pouvait faire fondre la neige s’est mise au piano qu’il soit Steinway ou Rhodes, elle a convoqué un background de luxe, quelques invités de marque (A.Cohen, N.Jones, D.Sanborn) et « The Women who Raised me », son troisième album est une plongée dans un de ces jazz de clubs enfumés, de ruelles newyorkaises, de scènes sombres et tamisées…
Une B.O virtuelle chargée d’émotions, blindée de feeling qui à chaque inflexion vocale vous fout ce frisson, cette chair de poule qui vous dit que c’est juste bon…
Allez savoir pourquoi, ça ne s’explique pas, ça.
C’est aussi là, dans ce piano simple et tout aussi empreint de cette charge imminente, immédiate, concrète que cette voix dont on ne peut qu’être amoureux…
Une sensualité sans fards, pas de vibes à la c…, pas de frime.
A quoi cela servirait-il quand on dispose d’un tel « organe » ?...
Elle rend ici hommage à ces chanteuses qui l’ont influencé, marqué et vu le répertoire… j’imagine que celles-ci sont revenues, pour certaines, sur terre l’écouter.
Et puis on a de belles surprises comme le clin d’œil beethovenien sous couvert de « I Put a Spell on You » avec la prime d’un Dave Sanborn égal à lui-même, c’est-à-dire toujours au plus haut…
Une reprise de « Pearls » de Sade, un duo amical avec Norah Jones (« Angel Eyes »)…
Le background est aux petits oignons, il s’agit de mettre en valeur sans surcharge ce charisme…

En dire plus ? Non, il faut l’écouter…

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Ah ! Ça fait du bien…

« Live Cream » première partie d’un best of sorti en 69 a été réédité.
Le trio éphémère aux super têtes d’affiche (Clapton/Bruce/Baker) a été ici capturé (et le terme est bien réel) en 68 à San Francisco (Winterland) et LA (Fillmore).
Beaucoup de frime estimait Clapton lui-même qui en pré-guitar-hero en balançait des blues clichés, tellement devenus usuels qu’on les entend partout…
Il en a été non le dépositaire, mais en tout cas l’un des dispatcheurs et purée, sous ce côté jam session tellement typé de l’époque on se régale et il nous régale le bougre…

Le son, d’une part, est juste énorme et parfait.
Le trio aussi d’ailleurs…
Ça se tire la bourre chacun de son côté, et ça fonctionne grave…

Bruce a oublié que la basse pourrait aussi jouer les fondamentales (et tombe, en passant, de bons gros solos) et vient guerroyer avec Clapton qui le nargue du sommet de son manche.
Quant à G.Baker, il n’est pas en reste et il se taille sa place entre les deux, les bousculant, les sollicitant, les contrariant en feux d’artifices drummistiques uniques…
La concurrence était raide avec Jimi et son équipe d’Experience… c’est vrai que côté créatif et barré la planète n’est pas la même.
Pour autant, oublier Cream c’est se priver d’un pan essentiel du rock et ce live est là pour remettre les pendules de ces afficionados de la pentatonique à l’heure.

Ce live est un festival !
Et les mecs sont vraiment d’un professionnalisme qui impressionne (les voix en chœurs, le jeu instrumental pendant le chant, le débridage contrôlé, la présentation des riffs… en live ça fait réfléchir !) et ça, au milieu de la pléthore de productions soit simplistes, soit anarchiques, soit produites sommairement, soit inscrites dans un mouvement mais sans essence, ça fait réellement la différence.

Un modèle qui reste d’une actualité imbattable.
Et ça fait réveiller la torpeur actuelle de confinés que d’entrer dans cette arène surpeuplée, car c’en est une.

Allez, je file au frigo me prendre une bière, la moindre des choses…

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Il en faut pour tous les goûts…
Passer de Cream à…
Mais après tout, ce n’est que question d’humeur, de moment, d’envie et de sensation…

J’ai toujours gardé le souvenir du « Freïschutz » de Weber.
J’ai fait partie des chœurs, enfant dans l’une des représentations parisiennes et les répétitions avant celles de mise en scène se faisaient dans le théâtre, nous étions placés à droite du chef, dans les sièges du public au-dessus ou du moins formidablement bien placés pour être transpercés par le son majestueux des cors.
Je crois même que j’ai presque failli, suite à cette expérience, demander à mon père de m’inscrire pour apprendre cet instrument.

Une histoire de chasse, d’amour, de valeurs…

Le romantisme fait opéra, dans sa plus pure et plus belle expression, voilà ce que j’aimerais simplement retenir de ce monument musical de Weber.
Je choisis sans hésiter l’interprétation inégalée de Carlos Kleiber qui est dans cette veine romantique que l’on désire dès les premières notes et qui ne faillira pas tout au long de l’écoute.
J’y retrouve là tout ce qui m’a fait adorer cet opéra, enfant, et ce sentiment resté là d’un ouvrage magistral, grandiose, unique et essentiel.
Il est des œuvres qui s’imposent à vous de fait.
Le « Freïschutz » s’est imposé à moi directement, sans aucun détour avec une réelle aisance par sa puissance, son réalisme musical…
Des chœurs toniques, des cuivres (des cors) grandioses, des cordes soyeuses et sentimentales, des airs inoubliables.

Chef d’œuvre incontournable…

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Bon pré-déconfinement à tous…
Vous l’avez compris, il va falloir être prudents et redoubler de vigilance (comment ? ils vous l’ont pas dit ?... oui mais c’était en sous-entendu… vous savez il fallait appuyer sur la fonction sous-titre…).
Allez, à la prochaine.
On y croit et remercions vraiment ces initiatives de palliation qui émergent…
du concret… à la place de la nébuleuse…

D’ici le 11, on verra bien…









samedi 18 avril 2020

LIGNE D’HORIZON… 11 Mai.


LIGNE D’HORIZON… 11 Mai.

Tiens, d’un coup le temps qui commençait à devenir autre notion, à s’étirer ou à se rétrécir selon les moments journaliers vient de retrouver son état métrique, chronologique, ses balises…
Un mec moins bafouillant que d’habitude, soutenu par un traitement de texte un tantinet aléatoire, genre la grande dictée, a annoncé, encravaté et solennel à souhait une date butoir.

Bon si on sait lire entre les lignes il a prévenu…
« Les enfants, si vous êtes sages, si vous êtes capables de tenir jusque-là, alors… je lève la punition, vous pourrez sortir et aller retrouver vos petits copains ».
« Yessss ! » se sont écriés d’un commun accord les installés du canapés, médusés et hypnotisés par les beaux yeux bleus de cette couverture de magazine.
Puis ils se sont mis à réfléchir à leur engouement premier…
« Oui mais… » s’est quasiment de suite installé dans un espace appelé survie, confiné certes, mais à priori sécurisé…
Oui mais ok, je vais retourner bosser et franchement vu l’état de mes finances actuel c’est heureux que ça se fasse.
Oui mais, si je me souviens bien… c’est bien le même fanfaron au costard bleu qui nous avait dit y’a un mois que c’était dans les écoles que circulait plus dangereusement et plus librement, genre allez je saute partout, le fameux et célèbre virus, bien plus connu que Michael Jackson en personne.
Alors pourquoi annonce t’il qu’on va remettre à l’école tous les gamins, les plus petits, vous savez, ceux pour lesquels c’est déjà difficile de tenir un minima de discipline en ce moment à la maison le 11 Mai, alors qu’à ce jour pas de traitement officiel en vue, pas de vaccin imaginable avant des lustres…
Oui mais, même si mon boss établit des mesures, qu’en sera-t-il lorsque je vais retrouver, le soir, mes chers bambins qui se seront partagé en toute camaraderie la vilaine bête comme ces poux, ces rhumes, ces grippes, ces gastros qui voici peu, là, juste avant qu’on les renvoie chez nous, grouillaient dans les classes, les cours de récré, se régalant à passer d’un sourire, d’une innocence… à une autre…

En attendant, ceux qui, plus adultes, plus responsables, plus concernés aussi par exams, diplômes, études et capables de mettre en place les réelles mesures de sécurité… eux… doivent rester chez eux…
Bon c’est sûr pour le moment, coincés chez eux à réviser ce ne sont pas eux qui bloquent ou freinent l’économie… ce sont les millions de parents qui en ayant œuvré à la progression démographique voici peu, restent chez eux afin de couver leurs progénitures.
Mais bon, ça va un temps les nanas, les mecs… faudrait se remettre au boulot, là…
Et puis à force de râler que vous ne savez pas « faire l’école » et bien, on va vous les rouvrir les écoles.

Alors…
A quoi aura donc servi ce confinement si c’est pour renvoyer tout le monde dès le 11 mai au casse-pipe ? ...

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Depuis que j’ai écrit ce début d’article (le lendemain du discours Macron), je remarque que chaque phrase, chaque mot, chaque expression de notre Macron national est analysé(e) à la loupe, passé(e) au microscope de ces diplômés de l’info, de ces spécialistes aux appellations professionnelles chargées de salaires justifiant forcément leur pratique quotidienne du décryptage, du surlignage et du discours en pointillés, forcément en mode conditionnel et interrogatif et grands amateurs du partage de paniques et d’angoisses populaires.
Les mecs tournent en boucle, l’info s’auto-regarde informer et le ton est résolument pessimiste, ce, même quant on le dit optimiste…
Les journalistes, commentateurs prennent ces postures alarmantes, parfois pédagogiques et tentent d’expliquer l’inexplicable, incités certainement par les hauts lieux à modérer tant que possible leurs envies, comme nous tous, de ras le bol…
Mais comme tout à chacun faut bien gagner sa vie…
Je ne supporte plus ces donneurs de leçons interviewés, ces rois de la posture, ces faux altruistes, ces transparents du langage opaque, ces machin-truc…ogues dont on découvre que de tels métiers existent.
Oui, des personnes rament et chacun fait ce qu’il peut, à son niveau pour passer cela de façon correcte et certainement décente.
C’est certainement l’essentiel.

Ma voisine est médecin et je peux juste vous dire qu’elle n’a pas le temps de disserter sur les phrases macronistes aussi difficiles à avaler qu’un mauvais médoc au goût dégueu, de synthèse, fait pour, en fausse fraise, masquer la réalité.
On aura donc vu de celui qui s’est propulsé là, arrogant et pédant à souhait, un cirage de pompes en bonne et due forme, une volonté pédagogique ratée (comme prof y’a vraiment mieux), un appel à la raison et une incitation à rester sage sous peine de sanctions et un mea-culpa franchement pas crédible, sentant déjà le positionnement en tête de prochaines présidentielles (chacun n’a pas les même attentes de « l’après »).
Une petite fixette sur ceux qui critiquent, et au passage un petit rappel à l’ordre citoyen…
Un petit éclairage sur une gestion se disant professionnelle et formidable, histoire qu’on sache vraiment qu’ils font le max… pour qui ? ça reste à vérifier… et ceci dit encore heureux s’il /qu’ils le font…
Enfin, ça valait le coup de se battre, mec, pour être là-haut… climat, gilets jaunes, bourbier des retraites, et au sommet du gâteau, virus…
Bah, bah, bah…

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La semaine musicale a été bien remplie.
Pédagogiquement, et c’est normal.
Musicalement et ça va avec.
Entre lister des œuvres, titres, morceaux à faire jouer, découvrir et user du virtuel devenu véritablement essentiel, voilà qui remplit ce temps qu’on croit infini et qui en tout cas a pris une autre valeur.
Les élèves manquent, le lien donc, manque... emails et virtuels conseils ne changent rien à l'affaire...
Je préfère les avoir là, face à moi. 

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La pianiste Sophie Hutchings a sorti un petit écrin de limpidité « Scattered on the Wind » …
Une sorte d’ambient music façon post classique, tonal, aérien, un son atmosphérique et une sorte d’aura en mode dreamy qui reste en suspens.
C’est bien réalisé, idéal pour le cocooning, ce sport de canapé qu’on affectionne certains week end mais qui aujourd’hui, de par sa récurrence confinée oblige, devient vraiment lassant et passerait bien en mode dispensable, désormais.

La prod est ample et soignée, le sens du détail et la prise de son du piano, instrument roi ici est époustouflante… ça fait donc rêver, à bien des égards…
Cela aurait bien accompagné les « longues soirées hivernales », mais on se contentera d’accompagner les longues journées de confinement par ce petit bijou ciselé aux multiples facettes resplendissantes. Pas une once d’agressivité, pas une once de négativisme, juste ce piano, posé là comme sur un nuage porté… par le vent…

Extra.

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« I called him Morgan » est un reportage sous un angle vraiment osé (à voir sur Netflix).
Helen, son épouse et assassin de Lee Morgan, ce trompettiste si prometteur de la nouvelle génération, est au centre de l’argumentaire.
Elle raconte et avec elle les amis, les musiciens…
Lee Morgan… la fougue, la haute voltige et l’âme…

J’ai ressorti mon bon vieux Art Blakey « Moanin’ »…
Lee Morgan, Benny Golson, Bobby Timmons, Jymie Merritt et Art, le pavé Blue Note incontournable par excellence… tu parles… « Blues March »…
Art et son chabada ne lâchant jamais la prise du shuffle…
La grande classe et toujours la même claque.
et puis j’ai remis « The Sidewinder » cet autre versant du côté groovy, funky de Herbie en Cantaloupe… et ce flashback m’a directement replongé à New York, si malade aujourd’hui…
Lee ? son jeu, c’est perçant, pugnace, sensible et bourré de feeling… sans parler du reste avec cette virtuosité aisée et frimeusement juvénile comme son beau costard, ses chemises à quatre épingles, sa coiffure gominée et ses pompes rutilantes.

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Du temps il en faut pour s’attaquer à un oratorio qui plus est pas vraiment des plus connus…
« Theodora » de Haendel…
par Gabrielli Consort and Players sous la direction de Paul Mc Creesh.
Une œuvre mature du grand compositeur qui fait partie de mon panthéon des grands baroqueux.
Il l’a composée à l’âge de 64 ans.
Les moyens déployés sont énormes et préfigurent véritablement ce que sera la période classique.
Cette œuvre, considérée en son temps comme l’une de ses plus abouties n’aura pourtant pas eu le succès qu’elle méritait. Elle ne fut donnée que trois fois et son manque de succès auprès du public (Haendel était une véritable star à Londres) s’explique aujourd’hui de deux façons. D’une part le sujet narratif éloigné des autres oratorios du compositeur mettant en scène une héroïne et son amoureux converti, plus proche finalement d’un synopsis d’opéra a bousculé les habitudes du public. Et d’autre part la semaine précédent la première il y eut un tremblement de terre et nombre des soutiens financiers de Haendel avaient fuit la ville… le public était dans une actualité plus concrète et ce qui aurait dû être un évènement musical ne put le devenir de ce fait.
Si l’on aime la grandeur du Messie, si l’on aime ses concertos grosso, bref, si l’on aime Haendel, alors… avec cette œuvre on va découvrir un monument, tout simplement…

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Je vais terminer avec cet album qui à sa sortie m’avait vraiment fasciné…
« Something There » de Michael Mantler, compagnon des routes multiples de Carla Bley, au même titre que Steve Swallow.
Ce qui est captivant ici c’est la rencontre de cultures…
Nick Mason de Floyd est à la batterie, avec à ses côtés Carla, bien entendu, mais aussi Steve, évidemment. Quant aux guitares elles sont offertes au jeune Mike Stern.
Michael Gibbs dirige une part du London Symphony Orchestra.
C’est rock, jazz, symphonique à la fois…
Mason est massif et le propos l’est tout autant.
Un album ambitieux et parfois étrangement exécuté, une particularité qui lui confère une couleur comme nul autre, une dimension inédite et une saveur vraiment différente si ce n’est divergente.
A compléter avec le « Fictitious Sports » de Nick Mason tant ils m’apparaissent comme complémentaires voir indissociables.

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Bon, j’en ai terminé pour cette semaine.
Pour ma part elle a été brisée par la mort du chanteur, compositeur et grand artiste Christophe que j’ai eu la chance de rencontrer il y a quelques années déjà.
Il était venu assister à un spectacle de danse dans lequel sa nièce (je crois) dansait.
A cette occasion j’avais fait bosser à un groupe d’élèves deux titres pour accompagner des chorégraphies (un de Fiona Apple et l’autre de Tori Amos).
A l’entracte il me fait appeler avec Damien, devenu aujourd’hui un batteur professionnel de haute volée et nous offre un verre.
On a causé, musique, électro, pédagogie musicale, valeurs artistiques et avenir pour les jeunes…
Puis un salut chargé d’émotions de part et d’autre.
Un grand homme, lui, pour sûr…

L'autre nouvelle bien triste, celle de la mort de Lee Konitz... un saxophoniste qui apparaît sur tellement d'albums que j'ai écouté...
Décidément...
Quelle m...


Je vous espère en bonne santé.
Portez vous bien et prenez soin de vous.









dimanche 12 avril 2020

HISTOIRE D’ŒUFS… et d’autres gourmandises.


HISTOIRE D’ŒUFS…
et d’autres gourmandises.

« Comm’ quand j’étais môme » - Eddy, je crois…
Dimanche de pâques, les chocolatiers se sont affairés, masqués.
Ils ont sorti de leurs mains habiles des œufs, des lapins, des poules, des cloches – mais rien n’est aujourd’hui… comme avant.

Je n’ai jamais vraiment connu la frénésie de la course aux œufs de Pâques, gamin.
Mes parents étaient bien trop anticléricaux pour que cela puisse s’installer dans l’idée d’un rendez vous annuel sur fond de fête religieuse.
Par contre on s’est rattrapé ensuite avec nos enfants et maintenant, nos petits-enfants.
La chasse aux ‘tineufs avec la magie des yeux qui brillent à chaque découverte, la frénésie du départ en mode starting-block pour faire la plus improbable des récoltes, le rendez vous incrédule père Noël gourmand…
Les cris de joie des enfants, l’excitation, l’agitation, puis le moment de saveur…

Y’aura bien une appli pour la rendre virtuelle en ce jour, genre un petit jeu avec des trucs à dégommer, des pièces d’or en chocolat qui scintillent à chaque buisson exploré, à chaque recoin de maison inspecté, à chaque objet soulevé… une petite trompette pourrait fort bien accompagner l’affaire.
Un gros « pouêt » de ratage, une fanfare de réussite !...
Une marche hypnotique de recherche…
Quelques lapins sortent du bois, une poule court afin de ne se faire attraper, des cloches indiquent la direction à suivre…

Mais tout ce virtuel ne replacera pas l’arrivée en grandes embrassades de toute la famille dont chacun s’est éclipsé afin d’aller planquer les trésors gourmands.
Tous sont arrivés tout sourire, chacun a amené un truc en plus de la malle de trésors de saveurs.
Ceux-ci sont enrubannés – aujourd’hui c’est nous qui le somment d’un masque qui n’a rien à voir avec le Zorro de notre enfance.
La famille est là, l’apéro, le repas, la rigolade et le beau temps…
Les embrassades…
Les gosses, cousins, courent dans le jardin – pour eux ces retrouvailles participeront à leurs meilleurs souvenirs… d’enfance.
Pour nous, se retrouver tous ensemble est déjà largement un bonheur qui s’appelle la famille…
C’est si peu en temps normal et si cool, pourtant.
C’est si important de se rappeler que ça a existé, vraiment… aujourd’hui.


Macron a-t-il organisé une chasse aux lapins crétins dans la cour de l’Elysée ? ...
Il va peut être réaliser que ceux qui cherchent sont et seront les vrais héros du futur et qu’il faudra non seulement les remercier mais les considérer bien plus que ces joueurs de foot surestimés, surpayés, surmédiatisés…
Les vrais héros sont désormais ailleurs que dans le stade, ils sont dans une arène avec un ennemi invisible qu’il va pourtant falloir terrasser et cette coupe est vraiment une coupe du monde avec une seule équipe, l’humanité… contre… le microscopique…
Replacer les choses dans leur juste espace de valeurs…


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Aujourd’hui on part donc à la chasse aux œufs musicaux…
Un petit jeu commencé avec les poissons…
Après tout, faut bien s’occuper, alors, allons y…

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Dans mon jardin musical j’ai donc trouvé, en premier lieu « The Egg » de l’album « Empyrean Isles » de mon très cher Herbie Hancock. 
Il y a là la crème de la crème, les ressortissants du fameux quartet de Miles – sauf Wayne… et à la trompette c’est Freddie Hubbard…
Ron Carter, Tony qui est encore Anthony…

C’est complètement free, c’est les délires du quintet quand Miles avait fini son solo et qu’il se mettait sur le côté afin d’écouter ses jeunes lions.
Le plan de piano sert de passerelle, il serait funky si Tony et Ron ne s’amusaient à le rendre inaccessible…
Freddie est en tous sens éveillé, mais au détour de cette recherche du miracle de gourmandise musicale voici que Ron sort son archet, qu’Herbie va fouiller dans les recoins du piano, que Tony nettoie son attirail, il sort de là un de ces passages musicaux tant improbables que miraculeux.
Herbie redécouvre Debussy et l’enjambe pour partir vers une école de Vienne free….
Tony décide de passer un coup de balai et Ron repart en promenade walkin’ pour tracer et rendre la quête dans ce chemin la moins anarchique et sinueuse possible…
Mais les gamins partent dans tous les sens, c’est le bordel absolu… et ce ne sont pas ces retours sommaires vers le cadre qui vont changer grand-chose.

Tout le langage free exploré chez Miles et qui sera la pâte de Herbie dans le futur est là… dans cette poignée de minutes hors normes, hors cadre, véritablement frees, ouvertes…
Anthony conclut cela par un solo loin de ce qu’il fera par la suite et qui conclut peut être là son langage d’avant par une sorte d’adieu à ce qu’il fut avec Miles, ce qu’il fut avec Eric…
L’électricité tout comme pour ses amis ici présents va le happer.
Freddie les a laissé faire, ils sont rompus à l’exercice… Il a préféré s’effacer pour revenir, flamboyant sur le thème légato, bien contrasté rapport à ce pattern aux orientations funky, groovy qui s’ignore encore.

« The Egg » est le titre certainement oublié de ces sessions d’un album mythique, il est atypique, ailleurs… avec le VSOP, ils retenteront ce genre d’affaires, plus tard…
Avec le trio Herbie, Ron, Tony, aussi…
Mais c’est déjà une autre histoire…

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1981…
Un groupe que j’ai toujours bien accroché sur mon mur de posters d’ado : « The Cars » …
Quand même étrange d’appeler un groupe « les voitures », y’a bien que les américains pour imaginer un truc pareil… bon cela dit avec notre téléphone on n’a pas été plus malins non plus.
Et puis il y a ce nom qu’on retient de suite rien que par sa « bizarrerie » - il en faut peu, parfois – Ric Ocazek.
Premier album à gros succès… certains auront suivi, fans de première heure.
D’autres pas… et pourtant ce « Shake it up » sorte de gourmandise quatrième album, new wave pop bien dansante et kitch a tout pour séduire…
« Little Black Egg » sur boite à rythme avec son arpège de guitare et son histoire d’œuf trouvé dans l’arbre est juste délicieux et donne envie de se faire l’intégralité de cet album passé aux oubliettes… ou pas… selon qu’on aimait monter en voiture américaine, banquette molesquine et jolie pinup de calendrier fantasmée à ses côtés.

Un mythe…
La couleur du passé…
La bonne humeur festive.

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« Got an Egg »… 

Ça sent la fin…
Chichin a chopé ce truc, vous savez cette autre maladie dont on n’arrive pas à bout… le cancer…

Entre la sortie de cet album des Rita Mitsouko (08 octobre 2007) – « The Eyes Ep » -  et le décès du génial artiste (28 novembre 2007), je vous laisse faire les comptes…
Ils n’ont pas pu s’éclater en tournée…
Catherine la fera pourtant, cette tournée… on n’arrête pas le train en marche il n’aurait certainement pas voulu cela.
Il y a là tout ce qu’on a aimé des Rita, ce côté déjanté, ce côté tellement barré…
Les grattes supers, le coq de pacotille qui fout son cocorico, suivi de sa basse-cour, à tout va…
Une batterie basique et millimétrée…
Toujours ce second degré, toujours ce truc si reconnaissable, toujours cette dérision rock.

Chez les Rita, il n’y a pas eu que Marcia…
Eux aussi ont été là dans la chasse aux œufs pour sortir le rock français de l’ornière variétoche…
Purée, qu’il est bien ce EP…

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« The Egg »… quoi de plus logique que ce titre quand on signe la BO d’un film devenu culte, un documentaire animalier sur le froid, le courage, l’instinct de reproduction à tout prix…
Et cette longue marche, non napoléonienne, mais d’un autre empereur… 

Jusqu’alors on ne le connaissait pas vraiment cette sorte d’oiseaux non volant, mais nageur et protecteur, familial aussi…
Et puis il aura fallu des images sublimes, de la volonté d’évasion, d’espace, mais aussi les prises de conscience émergeantes sur le climat tout cela enrobé dans une BO bourrée de vitamines électro, auréolée d’une rare féminité créatrice, faisant la pige à l’autre échappée du grand froid, Björk… pour qu’un mythe français estampillé nouvelle scène émerge…
Une certaine Emilie… Simon.
L’intello de la zic… DEA Musicologie, Stages à l’IRCAM… bref la musique dans la boite du Mac, elle connait… et elle sait faire.

Cette B.O est simplement géniale et tout aussi culte que celle que fit Serra avec son Grand Bleu, c’est dire si elle se place à un certain niveau.
Dans ce titre les harpes se mêlent à une electro rythmique sonore et bruitiste…
Elles seront rejointe par quelques cordes de chambre, délicates, féeriques, pures et blanches comme ces espaces vierges, beaux tant qu’hostiles qu’elles sont censées accompagner au fil d’un film resté dans ma mémoire…
Par son sujet ?
Par sa musique ? oui certainement…

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Ella est dans la cuisine…
Elle prépare le repas pour son chéri et en bonne ménagère américaine, entourée de tous les ustensiles obligatoires vantés en publicités télévisées la voilà qui s’affaire, tout swing dehors et dedans, dans sa kitchen.
« I’m a Poached Egg without a Toast » un standard des frères Gershwin qu’elle a tellement chanté…

Ça swingue grave, le big band ponctue ce chant qui navigue et se promène sur une mélodie loin d’être simple… (un petit pont en forme de récit fait prendre la mesure de la difficulté du titre…).
L’arrangement est comme cette recette d’œuf poché sans le toast qu’elle prépare en métaphore culinaire et amoureuse, soigné au détail prêt, amoureusement goulu et sexy, coquin et féminin à souhait.
Les trompettes vont se renforcer de sourdines en son clair, le swing de prime abord up et délicat va se transformer en pas de danse au fur et à mesure que la recette prend forme.
Et… nous voilà embarqués dans ce tourbillon de jazz délicieux, gourmet, chargé d’images…

Cette belle Amérique aujourd’hui dans la tourmente…
Ce rêve d’insouciance devenu en quelques maigres semaines réalité cruelle sous l’irresponsabilité d’un clown teneur de manettes twittées…

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Allez, le printemps est là, pour autant ce n’est pas la peine d’aller batifoler tout jogging dehors…
Il n’y a pas que des œufs qui se planquent là, partout autour de nous…
Celui qui est montré comme une petite sphère boutonneuse est loin d’être savoureux… méfiez-vous en…
Mais rien n’empêche pour autant de se faire plaisir chocolaté… at home…









mardi 7 avril 2020

MOVE YOURSELF AND… Dance ?...


MOVE YOURSELF AND…
DANCE ?...

Pff… et il fait beau en plus…
ça se relâche un tantinet, ça veut aller s’balader, ça n’oublie pas son ‘tit papier, ça ira fureter, jogger…
Et, en plus, pour certains c’est… les vacances…
Ouai, les vacances…
Bon, en principe, les vacances, c’est quand t’as besoin de répit rapport au travail.
Bon, ici en période de vacances, c’est blindé… juilletistes, aoutiens…
Parfois au temps de vacances, y’a des familles qui s’isolent, s’éloignent du vacarme de la ville, de la société.
Pas sûr que maintenant ils verront les choses pareil.

Tiens, il parait que maintenant on va tous devoir porter un masque, même artisanal, pour sortir avec non plus le petit papier, mais le portable, appli en tête…
La semaine dernière ce n’était absolument pas utile nous matraquait-on…
Donc on nous prend pour des cons.
En quatre semaines les choses ont vachement changé (évolué ?... à part le nombre de victimes et le discours politique qui change au gré des vents et marrées covidiennes…), enfin disons que ce qui était soi-disant valable hier, ce qui était dérisoire d’avant prend parfois des angles différents.
Prenez ce 1er ministre britannique… encore lui… tout fiérot d’aller serrer des paluches, de proclamer la propagation comme une sorte de bien utile et nécessaire…, il doit se retrouver bien seul avec sa petite arrogance, sa petite autosatisfaction narcissique maintenant…
Ça n’arrive pas qu’aux autres et franchement chaque jour de plus je me dis la même chose pour mes proches, mes amis, nous-mêmes…
On ne joue pas, par vanité, avec le feu.
Quant à l’autre il les a bien trumpés, eux… lui aussi quel frimeur, quel arrogant, quel beau parleur…
Finalement on le savait qu’il était dangereux, on ne savait pas trop comment ça se déclarerait, et bien voilà, c’est fait.
Allez, on va tenter de les oublier un peu ces premiers de la classe livides devant le passage de ce nouvel examen.
Leurs réponses sur l’ancien modèle ne fonctionneront bientôt plus, ils essaient d’inventer, de gruger encore un peu, mais franchement, crédibles ? ...
Je me souviens quand ils disaient que le service public et ses agents il fallait les bousiller…
Aujourd’hui les mecs, ils sont bien obligés d’avouer que sans ce service public tellement décrié et bousillé méthodiquement par leurs soins, pour le coup, intensifs, plus rien ne fonctionnerait…

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Bon, et bien puisqu’on va encore rester un bout de temps à la maison, autant se bouger.
Y’a plein de tutos sport, de milliers de sauteurs, coureurs dans salon, faiseurs de pompes sur le net, insta…
Et si, en plus on faisait ça en musique, genre le truc qui bouge comm’y disent, les djeuns.

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Le funk, y’a que ça de vrai…
Si, si…
Tiens, par exemple, mettez vous cet album de Rufus et Chaka Khan « Rufusized » …
Si avec ça vous n’avez pas la patate pour la journée, je me demande ce qu’il faudra.
Il y a là un condensé de tubes du groupe, de leur identité devenue vintage, avec cette mouth box, cette rythmique encore syncopée pas martelée dans les marécages du disco.
Il y a là cette richesse harmonique venue du copain jazz qui prouve qu’on peut être efficaces tout en restant recherché (tiens je pense à Michael J en disant ça…).
Et puis surtout il y a Chaka, qui en met de fabuleuses tonnes, des tonnes vocales, des tonnes de plaisir, des tonnes de performance…
Elle est intarissable, genre incapable de lâcher le micro et en plus elle motive les troupes, choristes en tête dans la plus pure veine de ce truc qu’elle a forcément en elle : le gospel.
La prod est d’un soin américain limpide, chacun a sa place précise et, dans ce cadre ou ce rôle a toute latitude pour se lâcher, émanciper le truc et l’exprimer au mieux.
Le soleil est entré pour de bon…
Non, pas seulement celui de ce beau temps qui devrait nous réjouir, mais dont on n’a peut être que faire…

Celui de Chaka et de Rufus, c’est autre chose.
Il réchauffe… de l’intérieur et c’est bien certainement ce qu’il nous faut ces derniers temps… comme pour les futurs à venir.

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Tenez, un autre album que j’ai ressorti de mes étagères à vinyles, c’est « Love Jones » de Johnny Guitar Watson.
C’est sorti en 80 et c’est juste physiquement irrésistible.
Des bons gros funk bien up avec claps et tout et tout, une vraie fausse bossa reliftée groovy, une ballade se voulant country/pop, tout ça enrobé dans un groove inépuisable, magnifié de cuivres scintillants.
Bill est au téléphone, encore un bon vieux modèle vintage avec le cadran à chiffres qui tourne, avec la grosse poignée écouteurs, il a des bagouses plein les doigts, il a dû se lever et abandonner un instant la brochette de jolies midinettes venues profiter de son flouze – que voulez-vous… les affaires… .
Johnny rappe avant l’heure, les lignes de basse sont hypnose octaviées, le Rhodes éclaire en background ce dodelinement de la tête, du corps, de la nuque, des hanches... obligatoire…
Le ménage devient danse, traverser le couloir devient boite de nuit, écrire sur le clavier de l’ordi devient funky et même ce petit moment scottish va apporter une touche de fun kitch et faire se ruer vers le frigo pour voir s’il reste de quoi se faire un bon cocktail et imaginer que tout cela n’est finalement qu’un vulgaire cauchemar, qu’un truc irréel, qu’une phobie de futur d’un gros roman déprimant de SF…
La caisse claire sur-vitaminée et tendue comme des muscles en pleine action fitness ne lâche pas son after beat addictif et Johnny là aussi vocalise à qui mieux mieux, de sa voix nasillarde réverbérée à souhait, so funky.
Il joue avec les mots, avec le beat, tourne autour, le récupère, s’en éloigne, comme le chat avec sa souris…
Il décoche quelques solos de gratte, il cocotte quelques riffs, quelques lignes concoctées avec un soin lorgnant vers le pur plaisir… une musique orgasmique… ces mecs connaissent tous les points sensibles et savent les faire vibrer.
La charley s’emballe…
‘tain déjà 19h ? ...
Comme le temps vient de passer vite…

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Tu ne peux pas parler de funk sans te mettre un bon J.B (James Brown pour les intimes).
Pour beaucoup, Jaaaaames c’est « Sex machine », « Il feel good », placé en tête des playlist, des compil’s estampillées funky…
Et si…
Enfin bref, parmi mes quelques vieux vinyles de la ma « collec’ » JB, il y en a un qui me fout une pêche d’enfer, c’est « Soul Syndrome ».
Sorti en 80, tiens comme le précédent J.G Watson (un signe que j’écoutais du funk en ce début d’eighties…) il démarre sur les chapeaux de roues (J.B sur la pochette est d’ailleurs coiffé d’un magnifique chapeau de cowboy…) par ce truc irrésistible, cuivré gueulard, au sax soliste couinant comme une bande de copines en sortie de night-club tropézien, à la basse immuable et au beat de drums martelé et usiné par des experts.
Ce truc c’est « Rapp Payback », avec le fameux bridge qu’on attend tous et qui fait gueuler de plaisir depuis « Sex Machine »…
James éructe, s’époumone, coache le groupe qui réagit au garde à vous sur ses interjections, il se donne à fond, fonce sur le piano pour poser son unique plan funky, interpelle choristes, sollicite grattes émoustillées par cette ambiance festive et vindicative à la fois.
On n’en peut plus et lui, comme nous, ne savons quitter ce lieu trempé de sueur, de chaleur, de vie…

On s’est dé-confinés le temps de ce mouvement perpétuel imparable, implacable et on ne veut plus les quitter tant ils sont là, avec nous, plus que live, plus que vivants, plus que présents… ils sont là partout, en foule, en masse collective portés par ce groove en jam session.
L’envie irrésistible de se bouger le c…  de croire que c’est vraiment possible de s’oublier aussi…
J.B, c’est certainement le remède moral tant que physique à ce satané virus, lui il va tellement l’épuiser en le faisant danser qu’il va en crever !...
La face n’est pas finie, Jaaaames envoie un ‘tit « Mashed Potatoes », et les zombies qui croyaient pouvoir se mettre en ligne pour danser un paisible dernier madison collectif, fédérateur, unificateur vont finir sur les rotules, le sport version J.B c’est pas de tout repos…
Pas le temps de souffler… on n’a même pas le temps de réaliser qu’il s’agit d’un bon gros blues shuffle, bien appuyé. Ah si ? vous aviez remarqué ? ...

Excitant… vraiment… tout ça.

J.B a la banane, son joli chapeau avec la plume nous nargue. Il faut tenter la face B.
« Funky Men » ouvre l’affaire avec une de ces intros à la J.B, totalement injouable, totalement improbable et en une poignée de secondes, c’est reparti mon kiki – une basse de folie, des guitares qui se font la pige complémentarité stéréo, des cuivres nerveux, le pont, oui, le pont… et cette intro placée là, genre vous plantez pas les gars, votre salaire en prendra un coup.
Hypnotique…
Enorme !...
JB désire plus que tout son bridge il joue avec lui-même, il revendique ses propres clichés, il danse comme nul autre, il braille comme jamais – il est électrisé, surexcité, combatif, sa jouissance est évidence.
Il boxe avec la musique mais ils finiront ex-aequo, épuisés, heureux.
Orgasmique, là encore…
« Smokin’ and ‘Drinkin’ » - et oui, que faire d’autre en ces jours incertains…
C’est structuré, écrit, l’arrangement des cuivres est une tuerie.
Le rêve des Brecker… là, à portée de riffs.
On croirait qu’il y a deux Nile Rodgers qui se font la pige…
James s’énerve, il tousse tellement il s’est donné… la clope et la boisson ça ne fait pas bon ménage avec les sportifs de haut niveau.
Tu lis « Stay with me » et tu crois qu’il y aura de la tendresse, une ballade, un… « slow »…
Tu parles… James a offert au batteur un petit joujou électronique, les choristes chantonnent en whou whou sirupeux et la basse a réorienté son jeu vers les trappes du disco…
Baby !... ouh ouh ouh ouh…
Mais où est passée Gloria Gaynor ?
« Honky Tonk » sera le dernier shuffle, à la « funky good times », un instrumental conclusif pas si anecdotique que ça, faut bien faire retomber la sauce… Il nous a épuisé Jaaames.
Il sort de scène, laisse l’orchestre briller de mil feux cuivrés, il a gagné la partie, comme toujours, il reste le seul l’unique, le meilleur… mais ça vous le saviez déjà et il le savait aussi…

Drinkin’…
Bon je vous laisse c’est l’heure de l’apéro tardif…
Grace à eux je suis sorti quelques heures de la réalité et ça, c’est juste un grand merci…
Merci Chaka, merci Johnny Guitar Watson, merci Jaaames…
A très vite, sur la planète groove… celle où Macéo va de temps à autre te rejoindre pour quelques pas de côté, des pas de danse, bien sûr.