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BILL CHARLAP TRIO

 BILL CHARLAP TRIO --- « Written in the Stars » - Blue Note 2000 « Somewhere : The Songs of Leonard Bernstein » - Blue Note 2004 « Live at The Village Vanguard » - Blue Note 2007 « Uptown, Downtown » - Impulse 2010 « Notes from New York » - Impulse 2016 « Street of Dreams » - Blue Note 2021 --- Le trio en mode jazz, tout un art, comme le veut (voudrait ?) Brad Meldhau. Une sorte de quintessence, un art chambriste, un mode en passe-passe d’équilibres sonores, harmoniques, instrumentaux. Keith (Jarrett) a porté le « genre » vers des sphères inaccessibles. Keith est inaccessible… et Jack ou encore Gary le sont (furent-Gary) aussi. Chaque intro, chaque entrée en matière, chaque fulgurance, chaque inflexion rythmique sont traits de génie… Bill (Evans) a sacralisé le « genre », révisant l’approche classique du standard en lui octroyant ses approches harmoniques uniques, modales, subtiles et sublimes (« Spring is Here »). Des partenaires inoubliables, des albums de légende et obli

Cigale, chante !

 Cigale, chante ! Faut bien trouver un titre… Elles chantent et enchantent – les cigales, d’ailleurs cette année (comme l’an dernier), elles ont un peu tardé et même qu’on s’en est inquiétés, tellement habitués comme bercés par leur chant. D’autres cigales envahissent les places et les terrasses, les bars et les restaus… Elles sont souvent seules, crise économique oblige. Certaines s’accompagnent d’une guitare, d’un piano… d’autres d’une tablette chargée de la playlist karaoké de YouTube aux sonorités mp3. Vous devinez aisément celles qui ont ma préférence. Et parfois, heureusement, les voici en duo, trio pouvant donner la pleine valeur de leur talent (ou pas…). Il faut de tout, il y a de tout, mettons Facebook et Instagram là-dessus et les pistes réellement musicales se brouillent. Le monde de l’été, des cigales, des terrasses et de l’image. --- J’avais envie ici de parler un peu de quelques chanteuses pas spécialement ultra connues, mais qui méritent largement un détour

L’ETE, TORRIDE, AVANCE…

  L’ETE, TORRIDE, AVANCE… La blogosphère de l’été, c’est un peu comme les programmes télé. En mode pause et vacances, normal. On préfère (moi en premier quand c’est possible) l’apéro et le barbecue entre potes au zonage canapé TV / Netflix. D’ailleurs cette dernière est chiche en nouvelles propositions… Suivrait-elle le schéma franco-français des séries dominicales TF1nisées des éternels gendarmes dont St Tropez est devenu cliché ou des 7 e Compagnies qui, Ukraine en toile de fond ne font (même en mode patrimonial comique troupier), plus rire grand monde… L’été 2022 est bien rempli, particulier même. La même musique partout. Cette espèce de pop dépersonnalisée qu’on croit « cover » inonde plages et restaus… Un petit duo par ci, une jolie soliste par là… Une pincée de jazz smooth en corner (là j’y suis), un poil d’électro (j’y suis aussi). Quelques pianos sont de sortie (preuve que les vieux comme moi restent encore dans la course), t’as des applauses sur « Strangers in the

QUIET NIGHT – (of) QUIET STARS…

 QUIET NIGHT – (of) QUIET STARS… Chaleur, Torpeur. La coolitude est de mise. Laissons-nous aller.   JOHN PIZZARELLI – « Sinatra And Jobim » / Concord 2017. Sinatra a traumatisé tant de chanteurs… L’album Sinatra et Jobim, auréolé de ces cordes subtiles et de cette décontraction tant dans le chant que dans l’enrobage a forcément touché un nombre incalculable de musiciens. Il aura emporté un nombre phénoménal de fans et renforcé le pouvoir de cette bossa aux guitares chargées d’harmonies complexes, syncopée, en mettant cet adage rythmiquement aérien en sensation. Cette bossa où le saxophone moelleux et forcément ténor, à l’image d’un Stan précurseur, est obligato… Une cool attitude, un autre blues, une imagerie récupérée de plages divines et enchanteresses, de cocktails et forcément de filles en bikini minimal et de rêve. J’écoute souvent cet album sur lequel je n’ai cessé de revenir dès que le mot bossa m’effleure l’esprit. Il a tous les bons ingrédients du genre. Il s

Enième Eté …

 Enième Eté … Chaleur, Torpeur, Climat… Foule, Travail, Bouchons, Excitation tant positive que négative, Musique, live bien sûr, en voiture, encore plus… Fatigue, Sommeil, Sieste… Fête, Retrouvailles, Partage, Amitié… Le nouvel été est arrivé. Avec son lot d’habitudes, de plaisirs et d’usages. Ce bel espace bleuté, ensoleillé, optimiste, vacancier. Piano et micros ont repris leurs droits, le rosé coule à flot de cubis, le mot apéro est dans toutes les conversations. Plage, soleil, rires et cris des enfants, vacances. Et si on le voyait un peu autrement... côté nuit...   --- Craig Armstrong « Nocturnes – Music for Two Pianos » - Label Modern Recordings 2022. Il faut que je vous dise un truc… L’écoute de cet album est essentielle. Elle va apaiser votre vie, la rendre non plus heureuse, mais plus sereine. Une sorte d’introversion va se faire lentement, progressivement et la magie d’un voyage en soi, intemporel et nécessaire sera le rendez-vous, que ces d

ALAN WHITE (14/06-1949 – 26/05-2022)

 ALAN WHITE (14/06-1949 – 26/05-2022) Mai… Alan White, dont le nom est peut-être obscur pour certains se doit d’avoir quelques lignes ici. Juste un hommage, quelques rappels et la reconnexion pour ma part entre son nom, son jeu musical qui y est associé et un groupe qui aura été (et reste) l’un de mes axes fétiches. Un groupe de prog, n’en déplaise aux éternels détracteurs du genre aux œillères peu capables de discernement. Mais je leur laisse là le débat – on peut le relancer dans n’importe quelle étiquette où le musical n’est pas forcément le premier axe. Malheureusement. Côté prog et batterie (un instrument que j’ai largement pratiqué avec en ligne de mire référentielle des batteurs entre le prog, le jazz rock puis bien entendu le jazz), je pense directement Bill Bruford. Bill – dont il faut lire l’auto-bio afin de réaliser le pourquoi de cette musique, de ce mouvement, et sa vérité – c’est pour moi et reste, LE batteur du rock prog… Même quand celui-ci s’émancipera pour

VANGELIS – 29 Mars 1943/Agria (Grèce) | 17 Mai 2022/Paris.

  VANGELIS – 29 Mars 1943/Agria (Grèce) | 17 Mai 2022/Paris. Le temps passe et son lot d’artistes qui ont parcouru la vie s’éteint. Il y en a sur lesquels l’on passe, car l’on aura que peu (ou pas) suivi leurs carrières. Il y en a pour lesquels l’on aura une pensée respectueuse, un « tiens … pff dis donc » ou autre… Il y en a pour lesquels l’on est pris par l’émotion, les souvenirs liés à leur art, avec lesquels l’on s’est liés, attachés à eux d’une façon ou d’une autre à un moment de nos vies. Vangelis Papathanassiou est, pour ma part, de ces derniers.   Ça a commencé tout gosse, chez mon oncle. Je l’ai déjà raconté, j’y passais mes samedis après midi ou mes dimanches matin pour les voir (mon oncle et ma tante) et m’installer pour écouter de précieux disques. De ceux qu’il m’était impossible de mettre à la maison, temple du classique et de la culture chanson rive gauche en mode coco. Et puis, il y avait la magie mélo-maniaque de mon oncle, cette obsession du son Hifi, de l