EN TOUT SENS OU EN VRAC, SI VOUS VOULEZ (05) … Sonny Rollins, Daniel Barenboim (tango), François Béranger, Adrian Younge ...

EN TOUT SENS OU EN VRAC, SI VOUS VOULEZ (05) …


Quatre albums, du jazz qui consacre un hommage respectueux à Sonny Rollins (il m’a fallu un temps de recul pour parler de lui), du tango, de la chanson française dite « à texte » et un album cinématique que je vous laisse le choix de classer.
Y’en aura pour tous les gouts et les curiosités.
Faites votre marché, c’est l’été.

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SONNY ROLLINS : « The Best of Sonny Rollins » | Blue Note Compilation 1989.
Divers musiciens selon les sessions.

L’un des derniers géants du jazz n’est plus.
Il a joué avec tous, quasiment, les a tous côtoyés, connus, admirés aussi et c’était une réciprocité sans équivoque.
Mais il a tracé, par lui-même, son chemin.
Il a un peu suivi les modes, a remplacé l’acoustique par quelque électricité (basse, claviers), a cédé parfois aux belles mélodies de la muse pop et a accepté des invitations parfois inimaginables, incongrues (Stones…).
Mais Sonny Rollins est toujours resté Sonny Rollins, identique, intègre, jazz dans tout son saxophone, du bec au pavillon, des clés aux tampons …
Et sa réputation d’un don de soi dépassant l’imaginable avec une ferveur et une verve sans égal l’a suivi jusqu’à la fin …
Ce n’est pas pour rien qu’on lui a accolé le surnom de colosse, depuis son album où il s’est affiché tel.
Sonny aimait beaucoup s’entourer de jeunes musiciens, un besoin de boost, probablement et aussi, forcément, une mission de passeur.
Souvent en duettiste avec tromboniste (« Poor Butterfly » ici, par exemple), j’ai pas mal retenu cette particularité d’organisation instrumentale chez lui, dans ses albums.

Sonny je l’ai écouté, pas forcément beaucoup, mais juste ce qu’il faut de la part d’un musicien se prétendant jazz.
Une sorte de devoir, au départ, Sonny Rollins c’est comme Miles, Trane, Monk, Getz et une grosse poigné d’autres, entassés dans le compartiment jazz … un passage obligé.
Sonny est « représentatif », donc incontournable du jazz.
Tu joues le jazz, tu dois avoir écouté Sonny Rollins, ça ne se discute même pas.
C’est une figure de proue d’un vaisseau naviguant avec une flotte sur l’océan du jazz.

J’ai forcément nombre d’album de lui, en tous genres et circonstances même si son langage reste trempé de hard bop, ce quasiment de façon linéaire et permanente.
Le free chez Sonny c’est juste des écarts d’intentions dans ses solos, débordements de ce langage naturel avec ce phrasé fluide et nerveux, rauque et sec à la fois.
Puissant aussi – il embouche le sax et inonde le spectre de sa sonorité et fait surchauffer son ténor.
Bref, Sonny c’est pour moi avant tout le saxophoniste pour saxophonistes, là où par exemple Wayne Shorter se place en compositeur créateur pour le jazz, Trane en chercheur.
A chacun sa direction son trip, sa capacité et son envie de carrière aussi et n’étant saxophoniste j’en suis resté à ce constat.
Alors quand j’écoute Sonny Rollins c’est pour le jazz, l’énergie qu’il procure et l’interprétation toujours régulière et impliquée qu’il lui offre, ce même dans des albums qui ont suivi l’évolution du jazz (« Nucleus »).

Pratique donc cette compilation Blue Note (j’en ai plusieurs de cette « collection ») qui permet une remise de pendule à l’heure en la concentrant sur les années prestigieuses qu’il a offert au label.
Intéressant également que ce package de standards qui permettent un chemin presque initiatique qui offrira de s’intéresser au grand saxophoniste par des titres aussi variés que des usuels du real book ou des merveilles du répertoire monkien (« Misterioso »).
Et on appréciera également les prises de son du label là où parfois, en certains albums du saxophoniste, ça laisse franchement à désirer… et c’est aussi là que j’ai souvent décroché sur certains, la musique n’arrivant pas à dépasser ce sentiment d’une prise de son déplorable…
Là au moins la valeur est sure et elle va permettre de réapprécier de façon vaste et irréprochable l’immense artiste qu’il fut.

Un de mes amis passionné de jazz et musicien de jazz m’avait exprimé, il y a une petite poignée d’années, sa satisfaction d’avoir pu enfin aller écouter Sonny Rollins en concert, l’un si ce n’est le dernier grand du jazz.
J’avais eu cette chance et ce plaisir il y a bien longtemps et cela reste un formidable souvenir rapport à de nombreux concert jazz (souvent bien sûr en festivals) auxquels j’ai assisté.
Tout comme cet album que j’ai en fétichisme absolu, mais que je n’ai chroniqué ici, « Saxophone Colossus » de 1957, sorti chez Prestige et qui complètera à merveille celui-ci, compilant avec un choix très pertinent une part belle de sa carrière.

Une certaine idée du jazz tel qu’il faut garder et se doit de rester, quelque part, en mémoire et en jeu respectueux est partie avec Sonny Rollins.
Il y a des suiveurs, fort heureusement, mais il reste un maître respecté et adulé de tous.
N’oubliez jamais de mettre un titre de Sonny Rollins dans n’importe laquelle de vos playlist de jazz, pour le plaisir … et pour la mémoire.

Sonny Rollins - The Best Of Sonny Rollins (Full Album) - YouTube


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BARENBOIM, MEDEROS, CONSOLE : « Mi Buenos Aires Querido » | Warner Classic International 1996.
Daniel Barenboim : piano
Rodolfo Mederos : bandonéon
Hector Console : contrebasse

1996 - Urgence.
Me voilà invité à un pot d’anniversaire ou de départ (me souviens plus c’est dire) d’un ponte que j’ai comme supérieur pédago et pas le temps de filer chercher un « cadeau ».
Je viens de recevoir cet album par Dial, très certainement, je l’ai déjà bien écouté et bon, c’est tout ce que j’ai sous la main.
Vite une petite bafouille dans la pochette ce qui justifiera le retrait du cellophane et voilà, c’est pesé.

Et cet album est resté là, comme une trace, dans ma mémoire, moment tango classiquement joué avec une vérité admirable par le grand chef Daniel Barenboim, surprenant dans ce contexte d’un retour à ses origines et ses comparses, en trio.

« Mi Buenos Aires Querido » a laissé avec lui cette petite touche nostalgique, cette passion faite d’élans de bandonéon, de contrastes pianistiques et rythmiques, de contrebasses chantantes et lyriques.
Il garde le sens donné par cette musique à cette infinie sensualité érotique, à cette chaleur du désir, à cette attirance physique inéluctable, impérieuse et attractive.

On aime le tango, on a inscrit sous cette idée musicale, deux noms … nobles, en caractères éclatants comme ce rouge à lèvres, ondulant comme ces corps mus par le désir musical sur cette piste de danse où les talons claquent, où les bas crissent, où les soupirs et respirations frémissent … celui de Piazzola, Astor… celui de Gardel, Carlos.
Cet album puise son sens et sa tradition dans toute cette représentation et il la sublime, représentatif de l’âme qui habite chaque mélodie, chaque trait véloce, chaque mouvement de danse de ces corps enlacés.
Là, le tango et ses compositeurs emblématiques sont exacerbés, surlignés, auréolés d’une aura des plus belles et rares.
Là, il prend tout son sens et se perpétue, à l’infini, pur, beau, sensible et sensuel, délicat et nerveux, obscur et brillant – magnifié.

Il m’était resté dans l’esprit, cet album, comme une vérité et je l’ai enfin retrouvé, identique, inchangé, tel qu’il m’avait laissé, charmé et envouté, lors de sa découverte, de sa venue dans mon giron d’écoutes automobiles.
Et j’ai repris avec le piano si merveilleux de Daniel Barenboim, le bandonéon de Rodolfo Mederos et la contrebasse de Hector Console ce chemin argentin en suivant avec eux les traces d’Astor Piazzola mais aussi de Horacio Salgan, Jose Resta, Alberto Ginastera et bien sûr de l’obligatoire Carlos Gardel.
Et je repense avec tendresse à ma grand-mère et à son frère qui fut un grand musicien, célèbre et célébré, emporté trop jeune par la tuberculose, de ce tango argentin dans les années 50.

Un émerveillement …

Piazzolla et al : Mi Buenos Aires querido - YouTube

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FRANCOIS BERANGER : « Tranche de Vie » | DaCapo 1970.
Direction musicale : Bernard Gérard, Jean Claude Petit, Jean Pierre Martin.

Allez je m’ouvre la section souvenirs et là y’a du dossier.
Le jour où l’ami et collègue de boulot de mon père, un certain Henri, a amené les quelques premiers albums de François Beranger à la maison, ils furent enregistrés avec grand soin sur le magnétophone à bandes puis mis sur K7 afin d’être emmenés partout.
Et ces chansons, mon père les écoutait effectivement partout, ne se séparant de ses précieuses K7 - à tel point qu’elle sont inscrites texte et musique dans ma mémoire, comme un truc ineffaçable.

Je réouvre via le streaming cette envie d’aller retrouver cet artiste jugé, à juste titre, engagé, à l’époque, et qui me séduisait non par son chant plutôt approximatif, mais par sa musique aux accents parfois  rock, jazz et country, ce que mon père ne captait absolument pas, fasciné qu’il était par les textes de l’artiste.
Ces paroles, je les connais, là encore, par cœur.
Un peu comme quand on se retrouve face à une poésie apprise à l’école et dont il suffit de lire le premier vers pour que d’un jet, avec quelques hésitations (les mêmes qu’à l’apprentissage) on la clame ...
Des paroles dont j’arrivais, avec mon âge enfantin et les moultes explications politico-sociales de mon père, à saisir la teneur … et souvent … la gravité.

Cela a-t-il vieillit ?
Probable …
Par contre la véracité sociale exprimée avec gravité ou humour, sur des arrangements parfois décalés, oscillant entre grosse fanfare, country augmentée de banjo, écarts Brésil, orientations rock, semble inerte.
Ce constat m’accable.
L’ami Béranger épingle la société, il la lapide, la cible avec un humour décapant ou avec des textes touchants à en pleurer.

Cet album date de 1970, il est porté par la logique d’un post Mai 68 – régulièrement évoqué – empreint de changements, de constats, de réalisme social et de révolte face à l’inégalité, la réalité d’une société d’écarts, le pouvoir du pognon et des politiques, la guerre et l’embrigadement militaire, la répression sous toutes ses formes et la discrimination, là aussi, sans parler de racisme, de condition ouvrière, travailliste et de la réalité ghettoïsante de la « cité ».
Mais si l’on oublie cette dynamique de révolte sociale estampillée post soixante-huit, qui a incité ces titres, force est de constater qu’aujourd’hui les chansons de François Beranger restent d’une cruelle actualité, au-delà de toute idéologie basique.
Et cette cruelle réalité, qui peut se transposer, n’est guère honorable.

Ecoutons la chanson « Tranche de Vie », réalisons la cruauté de « Chanson Bleue », restons dubitatifs sur « Plus je me pose de questions », amusons nous avec « Y’a dix ans » comme sorti d’un disque des Haricots Rouges, imaginons l’espoir mis dans « Une Ville » qui va se délabrer et passer, en l’instant d’un couplet, du rêve édulcoré à la radicalité, au pouvoir dictatorial …

Forcément ces albums « à part » n’ont pas bénéficié de gros moyens pour leur mise en œuvre, mais c’est aussi leur charme – enfin si je puis dire – car dans les textes (à part et à peine quelque part, « Natacha » et « Dis-moi oui ») qui nous sautent ici au visage, rien n’est vraiment charmant et tout reste finalement alarmant…
Par contre les orchestrations qui encadrent ces chansons aux textes qui ne peuvent laisser indifférents sont un écrin parfait, qu’elles se veulent légères et décalées, qu’elles se posent pour étoffer, qu’elles soient sautillantes, fanfaronnantes, dixie, country et autres, elles ont été pensées avec un soin particulier permettant une juste relativité quant aux sujets traités.

On devrait chanter plus souvent François Béranger.
Et penser que de tels chansonniers aujourd’hui c’est malheureusement en voie de perdition.
Autre effet du pouvoir global, des labels, des médias, du contrôle par le « politiquement correct » …
C’est le progrès comme dirait Nino…

Tranche de vie - YouTube

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ADRIAN YOUNGE : « Younge » | Linear Labs 2026.
Adrian Younge : Composer, Producer, Conductor | Mekela Session : drums | Brain Velasco : piano, e piano, harpsichord | Jack Waterson : electric guitar | Tatiana Tate : tpt | Danny Janklow, David Urquidi : baritone saxs | Scott Mayo : alto sax | Erm Navarro : trombone.

Adrain Younge, californien, a un CV qui ratisse large.
Il est multi-instrumentiste, il a orchestré pour nombre de rappeurs célèbres, il est obnubilé par le son de la soul vintage et il est fan de … Air.
Il possède un magasin de disques à LA dans lequel bien entendu il organise des showcase, concerts, etc.
Et il a composé nombre de B.O, fan absolu de … Ennio Morricone.

On a dressé le portrait du personnage que je découvre pour la sortie de cet album à l’écriture très B.O seventies américaine.
Et pas que.
Le son, le mixage, la prod générale et les orchestrations surchargées de cordes desquelles émergent des cuivres secs et nerveux d’écriture et de phrasé confirment sans la moindre équivoque cette orientation cinématographique, cette écriture pour série réelle ou imaginaire, cet environnement sonore lié intrinsèquement à l’image.

C’est forcément tout cela additionné d’un parfait contrôle de l’écrit musical, d’une mise en place orchestrale avec tous ces reliefs imagés et imaginatifs qui m’a instantanément, sans que je lise le descriptif de l’artiste, juste par la musique, attiré.
Je ne vais pas pour autant crier au génie, d’emblée, mais cela fait tellement de bien que d’écouter de tels projets musicaux aujourd’hui, juste pour ce plaisir du lien évident avec des racines tant d’écriture, d’inspiration que de production sonore et tout ce patrimoine musical cher.
A ranger entre un Shaft et un Dirty Harry – et en écrivant ça je me dis que c’est plus qu’un « pas si mal » …

Younge - YouTube
 
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Récents, vieux ou anciens, ces albums et leurs artistes respectifs méritent toute votre attention.
Venez commenter bien sûr et en débattre si l’envie vous le dit ou dicte.

Bonne semaine.

Commentaires

  1. Eh, je ne pensais pas voir Beranger ici. Moi c'est un oncle peintre qui mettais ces auteurs à chacune de mes visites. Je ramenais les 33T en mob pour mes K7. Y'avait Tachan avec ..mais aussi Bertin, Fanon, Escudero (le vrai, post 1971 hein). J'en ai pris plein la tronche et j'ai tout gardé. De temps en temps je m'en mets une tranche, même si ça passe mal auprès de mon entourrage :) (j'écoute cette tranche de vie..et on me dis : c'est quoi ça.. Guichard qui chante Renaud....) bon, je reste demarbre, la chanson leur a pas plu..n'en parlons plus. " Dis-moi oui" me fait toujours marrer.. j'adore. Merci pour ce beau rappel.

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    1. Béranger, ça agit en souvenirs et avec ses disques (ou du moinsK7 et bande magnétique) j'en ai écouté tous les recoins - mon père écoutait ça en boucle et on avait les commentaires avec.
      toute une époque.
      mais je crois bien qu'aujourd'hui en parlant social et politique il peterait un câble...
      ...
      Thx

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  2. Dans le désordre puisque c'est le thème

    Je vais chercher ce Younge que je n'ai pas encore écouté. Qu'est ce que j'avais adoré ses débuts : Presents The Delfonics en 2013 et Something About April 2 en 2016.... un peu moins la suite.

    Béranger, pas dedans, choix de l'époque, un ami essayait sans succès de nous passer ses albums (de celui que l'on surnommait bêtement entre nous Dérangé). Faudrait peut être que je tente le(s) vinyles de mon ex que je n'ai plus posé depuis 20 ans sur la platine.
    D'ailleurs me semble bien de mémoire qu'il chantait "Béranger faudrait voir à faire des chansons plus gaies" , ça m'avait fait marrer et marqué.

    Intrigué par ce disque de Tango, j'aime à petites doses et Verano Porteno est un morceau que j'adore.

    Sonny Rollins, je découvre doucement. Je ne connaissais au départ que Colossus et puis j'ai "goûté" à quelques titres et albums chez Music Memories
    https://musicmemoriesonmymind.blogspot.com/2026/07/sonny-rollins-newks-time-1959-01.html
    Je vais compléter.

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    1. oui, l'idée est, comme j'écoute tant et tant de musiques en vrac et selon l'envie et l'humeur, de faire des billets chroniquant des albums sans vraiment de ligne directrice - comme ça à chacun de voir, de piocher et d'attiser ou non sa curiosité.
      l'été n'est pas simple, je roule moins, donc moins le temps d'écouter sur une grande durée des albums complets, aussi ça modifie parfois mes plans - juillet a été catastrophique pour tous les zicos.
      on en parlait encore hier soir (concert du big band de jazz, donc 22 musiciens que je dirige, ça prend aussi le temps de se causer et de faire les mêmes constats) - entre les municipales avec des annulations, des non engagements car le "au cas où on repasserait pas" puis la cerise du gâteau foot à gogo, les contrats musique se sont très largement réduits...
      ajoute à cela la disproportion de DJs qui ont envahi le spectre des contrats locaux - bref, moins de contrats, moins de voiture, moins d'écoute sur la durée ... mais je continue tt de même à piocher chez mes disquaires virtuels favoris des petites pépites, du vieux comme du neuf.
      Younge, mais quel artiste !
      Béranger, simplement très lié à mon enfance, comme si ça appartenait à un album photos.
      l'album de tango est intéressant du point de vue passage en répertoire en place de spécificité exclu tango, j'aime cette réappropriation d'universalité et de rendre le répertoire classique en le sortant de ses caractéristiques.
      quand à Sonny, on en parlait tiens dont encore hier soir et avec les trompettistes on a eu une longue conversation Miles, Lee, Clifford, Dexter et Sonny - curieusement les contrats pur jazz semblent revenir en première ligne, je ne vais pas m'en plaindre, j'attends de pouvoir le dire sur une distance de recul.
      merci

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  3. Sonny Rollins, forcément, j’y reviendrai. C’est prévu, je prends ce « best of » démarche rare en jazz. Mais c’est une série Blue Note, je note si tu me dis que c’est bien vu. L’idée ne me déplait pas mais je pensais le genre se mettre à l’abri.
    Béranger : « la chaise » dans mon entourage de gamin, il y avait hérité d’un ainé de copain cet album que nous passions souvent, intégré à notre bande son. Fin de soirée, un peu joyeux et nous chantions « nous sommes un cas, nous sommes un cas » nous avions ainsi trouvé « du » Renaud dans « la fille que j’aime » « tes yeux qui ont l’avantage d’être deux ». Un humour décalé qui faisait passer l’amertume de pas mal de ces textes. Je vais découvrir celui-là, mais son amour pour Natacha semble moins joyeux que celui pour Rachel
    Ensuite ? Younge ou Piazzolla ? Ce sera le Tango, ton texte emporte l’envie, le besoin. Sensuelle, tu l’as bien décrit. Un sensuel que l’on souhaiterait faire sien. Une inaccessible nostalgie comme chez Fellini & Rota je trouve.
    Et Younge ? Quelques albums droppés par Sorgual et aussi récupéré des collaborations avec Ali Shaheed Muhammad. J’ai en haut de liste l’album « The Midnight Hour » à découvrir.
    Merci pour ce vrac

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    1. Je suis plutôt content de remarquer que Béranger s'invite dans les comm's, c'est une bonne surprise.
      Souvent "comparé" à Renaud, ce sans surprise, bien que ce soit assez antécédent, peut être même influençant pour ce dernier, et en tout cas certes le caractère cité ouvrière qui prend la parole ne me fera pourtant pas pencher du côté Renaud. Ce qu'il reste en mode loque de ce gars ne peut me faire aller vers ce qu'il a fait, que j'ai pourtant bien écouté ayant même poussé le bouchon jusqu'à ame faire traîner à l'un de ses déjà, sans un groupe de cachetoneurs très pros, il ne valais pas grand chose laissant benoitement son public chanter (gueuler ? brâmer ?) l'ensemble de ses chansons qu'il ânonnait de façon inintelligible ... du foutage de gueule rebelle engagé et un public moutonisé ... j'ai peu de sympathie pour le bonhomme malgré des chansons vraiment "parlantes".
      l'éternelle dualité paradoxale entre la personne et l'artiste.
      F.Beranger c'est autre chose, d'abord musicalement et créativement et même vocalement même si c'est très loin d'être un véritable chanteur - mais de ces chansonniers épinglant avec ou sans humour la société, il remporte à mon sens, haut la mise.
      Pour Sonny Rollins, lis le comm' de mon ami Aissa ci dessous, venant d'un saxophoniste, c'est éclairant.
      L'album de tango ... mais quel plaisir j'ai eu de le retrouver en y pensant, tout simplement un jour et me dire, tiens c'est peut être sur Qobuz - il semble y avoir un second opus - à découvrir très certainement.
      Younge, directement happé. Il semble faire l'unanimité, je vais donc creuser d'avantage son univers que je ne connais que trop peu.
      THX

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    2. je parlais d'un des concerts de Renaud, pas relu, désolé

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  4. on the sonny side of the Street aurait fait un beau standard... Sonny..je l'ai bien sûr écouté, réécouté.. surtout sur the bridge.Dans cet album c'est surtout cette version de god bless the child qui me vient en mémoire, avec le fabuleux Jim.
    Comme Frank Morgan, et l'autre Sonny,dont ont parlait l'autre jour,Sonny à eu ses périodes carcérales.On as beau être un colosse de deux mètres, un musicien hors pair, il n'en demeure pas moins que personne n'échappe à la tentation.Sonny confiait même que libéré de la drogue,son jeu serai moins bon.
    J'aime bien Sonny,mais. Je préfère le son de ces ténors, Stan, zoot, jimmy, Hank,warne ...et surtout stitt au ténor et mon préféré...Dexter... difficile aussi de sortir du discours de Paul Desmond...Ce n'est pas la même sonorité,le même répertoire, plus un son velouté, feutré pour certains,aérien pour d'autres .Sonny reste bien sûr un énorme musicien,.
    Présent dans cette compilation,,poor butterfly nous montre un Sonny très inspiré ..un tune up ou Sonny enchaîne les croches , vitesse tgv ,une belle compil, époque blue note.
    Pour moi Sonny c'est aussi valse hot ,un magnifique thème, et la Sonny nous montre un côté créatif innatendu.
    Je ne connaissais ni de nom ni en chansons François Béranger.Deja on sent la contestation, le doigt sur quelque chose pour attirer notre attention.Je trouve cela pas du tout démodé et quasiment toujours d'actualites sauf qu'il faut remettre ses chansons dans le contexte de l'époque.François surf sur la vague...et pas des moindres...bresils,sa bossa est admirable, et franchement...ça mérite une écoute ...bien plus intéressant que certaines chansons actuelles.Mais son autre Vague contient les mots...Banlieue,Pavé, atelier, usine, casqués,dos courbé...des mots pour tenter de cerner cette société des 30 glorieuses,qui as donner tant d'espoir et aussi susciter tant de malaises...le train de la vie ,du bonheur à laissé beaucoup de retardataires et François, sûrement contrôleur à remarquer ces erreurs,et nous les as conté à sa manière.
    Human absence, quelques accords nous rappellent amicalement votre,du moins pour moi...Adrian a le sens de la mélodie , modulée et il a au moins le mérite d'écrire, même si ça musique convient parfaitement à une série ou un film .
    Playlist hétéroclite, il en faut pour tout le monde, mais malgré la présence de colosse, de virtuose pianistique, c'est François qui as ma faveur.. le p'tit gars contestataire.

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    1. Comme je le répondais à Dev', F. Béranger, je suis heureux qu'il ne laisse insensible.
      l'étiquetage de cet artiste, les lieux où il se produisait et ses albums avec une production certes de qualité mais forcément à budget restreint, ça l'a mis en marge publique et politique.
      L'après (juste après) Brassens, Ferré, hauts du business des "révoltés" à textes pendant que les rockers se révoltaient en électricité et hurlements.
      Des mots, du bruit ou quand on parle de Renaud (cf ci dessus), de la révolte qui devient avec le temps ... posture.
      Ces artistes chansonniers aux textes entre humour, révolte, reflet social de contrôleur (j'ai adoré ce mot), y'en a encore aujourd'hui, certes, mais tout ça est noyé différemment, relayé autrement, contrôlé certainement.
      François avait le PCF et les Clubs Léo Lagrange, les fêtes de l'Huma et autres MJC comme terres d'accueil et un public qui ne le chantait pas à tue tête, mais qui l'écoutait et entendait un message qui concernait.
      Une autre époque... mais il en refaudrait de courageux engagés comme ça, ça aurait dû faire vraiment et pas superficiellement école ...
      Adrian est à creuser. C'est tellement rare maintenant les "vrais" qui écrivent... vraiment...
      Et le tango, ça reste majestueux, sensuel et chaud - mais côté chaleur on a la dose, alors, on verra à l'automne...
      merci et espoir que ce bordel incendiaire s'arrête enfin.
      Si François était encore là, il aurait de quoi faire car y'a de quoi dire et les sujets qu'il traitait à l'époque se sont amplifiés...

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    2. Je mets Sonny à part en réponse.
      Comme je l'ai dit, je l'ai bcp écouté, passage obligé et référence incontournable.
      Mais côté création au delà du titre de haut de podium du saxophoniste colosse, on reste mitigé et tu le soulignes aisément.
      Ce même jusqu'à 'l'image" instrumentale.
      Tu cites Dexter ... je n'ai jamais pensé à retirer le saphir-diamant, faire stop au cd d'un album de Dexter - Dexter t'emporte, systématiquement, là où Sonny trop souvent te noie d'une foultitude de notes, il en faut pour tout le mode et chacun a sa façon apprécie.ra.
      Tu cites Wayne, l'un des plus grands compositeurs de jazz, très certainement et ce n'est pas Miles qui eut pu dire le contraire.
      J'aime voir apparaitre Paul Desmond ici dans tes remarques, ses albums chez CTI sont absolument merveilleux et il est très représenté sur Qobuz d'ailleurs.
      Stan, fan absolu, inégalé et inégalable - pas ou peu de compositions ... un cas d'espèce du ténor.
      Et pour finir l'autre Sonny (Stitt), dont j'ai qq albums, que je prends à chaque fois bcp de plaisir tant que d'attention à réécouter - peu plébiscité, pas assez mis en avant - l'idée d'en parler plus avant me vient pour plus tard...

      merci

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  5. C'est vrai pour Dexter, son discours s'écoute aisément,Il suffit d'écouter la version live en Belgique de lady bird .Chaque note est à sa place,chaque phrase est pensée pour coller au thème et embellir le discours,sur chaque accord tierce et septième sonne au bon moment, et il me semble même que Dexter est au sommet,et signe un Chorus d'anthologie sur cette session .Difficile de se lasser de ce morceau et la transcription confirme le génie de Dexter.Sonny à une autre démarche, comme tu le dit ,on ne s'y retrouve pas toujours et ,on s'y noie ( peut-être lui aussi)à essayer de chercher son cheminement...Dans cette vidéo de Dexter on trouve Daniel humair à la batterie. J'étais par hasard tombé sur une expo de ses peintures à Besançon.L' abstraction est son domaine,la forme oblong son leitmotiv.Et je trouve que c'est aussi ça le talent d'un musicien . s'exprimer non seulement avec des notes, mais aussi des pinceaux, des mots.et Je cite la phrase d'un critique qui disait à propos de Daniel et de son art...'.Certes le peintre travaille différemment ,seul dans le secret de l'atelier,ou le repentir est possible, alors que le musicien lui est en public ''...''il est légitime de mesurer la solitude du peintre face à l'action en groupe du batteur de jazz ''..Peinture et musique ,texte et musique ...ce critique résume bien la démarche d'un artiste qui as quelque chose à dire, à montrer.Je m'éloigne de Sonny, mais pas tant que ça, car ce qui fait que l'on écoute un Dexter , ou un Paul Desmond , c'est ce processus musical de création, original, personnel,certes compliqué,mais le musicien conscient le rendra accessible et compréhensible,pour susciter en nous le désir de découvrir cette proposition dédié à nous séduire.C'est quelque part un discours sur la méthode pour se rendre audible.Le cas Michael Brecker est aussi à part,car la justement la profusion de notes (ex:giant steps, avec Bob Mintzer) est acceptable...et même on s'interroge sur le'' comment fait il ''...(Pools bien sûr)...Sonny reste Sonny, avec son son public,ses adorateurs.. heureusement. Enfin ( dans cette causerie à géométrie musicale variable) petite remarque, sur un sax ténor dont je t'ai parlé,Harry Allen et que j'ai vu récemment en concert.A propos du meilleur sax selon Stan Getz ..réponse de Stan.. '' quelqu'un qui aurait ma technique, les idées d'al Cohn et le tempo de Zoot...peut être Harry Allen ''.


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    1. Tout se résume à la personnalité, la créativité potentielle (qu'elle soit soliste ou compositeur ou même arrangeur orchestrateur) et celle ci va toucher tel ou tel public, telle ou telle personne.
      il en faut pour tous et de récents débats internes visant à faire de la musique pour que ça plaise "aux gens" résument largement cela...
      la multiplicité est la richesse, si le formatage, le soit disant tout public régit par les médias omniprésents et qui cloisonnent volontairement les esprits devient (et c'est là à 75% des cas) ce qui inonde la musique, alors l'artistique de Police à Dexter, de Eno à Varèse ne sera plus et le "populaire" au sens le plus neutre et médiocre du terme déjà omniprésent va tout balayer.
      J'ai eu comme "professeur" de batterie Daniel Humair quand j'avais environ 15-16 ans...
      Il animait les master classes du festival de jazz de Grenoble à la maison de la culture et mon père m'y inscrivait histoire que je sorte mes baguettes du rock à la Bonham/Paice/Moon et lentement Bruford/Collins dont j'étais imbibé...
      En quelques master classes ce musicien extraordinaire et intègre a bouleversé ma vision de l'instrument batterie mais aussi de la musique et c'et probablement de là également que j'ai commencé lentement mais avec certitude à creuser le jazz et aimer d'abord le jazz-rock, mais en parallèle le free et ECM et bien entendu Miles électrique, puis j'ai fait cheminement arrière...
      Dexter ... je reste un inconditionnel.
      Brecker aussi même si parfois il m'a perdu.
      Quand à Desmond, il faut vraiment le remettre en haut de panier (ses enregistrements pour le albums de Sebesky sont extraordinaires).
      Le jour où j'ai découvert Night and Day par Al Cohn, je l'ai adopté dans mon répertoire, immédiatement.
      Bon Stan, j'en ai une véritable collec' et donc Harry Allen, que je connais mais trop peu, chose que je vais très vite corriger... tu le penses bien...
      à +

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