JAZZ NEWS (2026) – The Steve White Trio | Gabrielle Cavassa | Namas.
JAZZ NEWS (2026) – The Steve White Trio | Gabrielle Cavassa | Namas.
Au presque hasard, trois albums, sorties nouvelles, toutes chaudes ou presque.
Des univers différents, des productions aux espaces soniques soignés et
ajustés.
De la création qui laisse encore et toujours admiratif et surpris, curieux.
Allez, embarquez.
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THE STEVE WHITE TRIO : « Soul Drums » | 2026 Acid Jazz UK
Steve White : drums, percussion / Chris Hague : bass, guitars, rhodes
/ Joel White : organ and piano / Harry Hayward : guitars / Steve
Brighton : sax, flute, horns.
Le label Acid Jazz n’aura aucune équivoque quant à cette nouvelle sortie.
Un mélange de funk, soul, jazz, groove, boogaloo, tout cela enrobé d’une
présentation délibérément « vintage » tant en instruments qu’en
production.
Chris White est un batteur de la scène anglaise qui a un cv aussi divers
qu’impressionnant (Style Council, Paul Weller, Ian Dury, Squeeze, The Who,
Oasis … The Players, Trio Valore, The Jazz Renegades …).
Un trio claviers, basse, batterie, mené par un batteur voilà qui est
intéressant.
Son jeu est très roots, bourré d’usages et c’est un jeu typiquement anglais,
rappelant celui de Charlie Watts qui aimait lui aussi jouer le jazz.
Il est avec des amis, comme son vieux compagnon de route Chris Hague,
partenaire musical tant que producteur de l’album. Une production à l’image de
sa sonorité de bassiste, chaude, enveloppante tant que tonique.
Aux claviers Joel White, le genre de claviériste qui vous accroche tout de
suite tant en jeu plutôt nerveux et dense qu’en choix des textures sonores qui
pénètrent réellement les fusionnelles basse et batterie – ce petit côté Jimmy
Smith mâtiné Steve Winwood c’est du pur bonheur.
Steve, quant à lui, offre quelques plages solo, sorte d’interludes permettant
un mixage de la batterie peu commun et ça permet d’avoir l’orientation sonore
sur laquelle est construit et agencé l’album. C’est donc bien un trio de
batteur, agencé sur la batterie, mais pas au sens où la batterie est
techniquement en avant, ici c’est sa densité sonore qui est au centre du son.
Ce constat m’a littéralement captivé.
Des cuivres s’invitent, augmentant l’ensemble (« running ») de leur
expression bien vitaminée.
Avec de tels albums, bien anglais en concept et production, on ne peut que se
réjouir d’un sentiment qui nous fait dépasser l’idée de supposer ou se laisser
à penser que la musique live, réelle, palpable ne serait plus.
Ici nous plongeons dans une musique directe, immédiate et instantanée, sans
grande fioritures, juste jouée par envie, fun et transmettant une jubilation sincère.
Et là où les éternels débats IA et disparition supposée de l’humain en musique (entre
autre) font rage et alimentent nos médias, c’est un constat plus que positif.
Soul
Drums - YouTube
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GABRIELLE CAVASSA : « Diavola » | Blue Note 2026.
Gabrielle Cavassa : vocals / Joshua Redman : sax / Jeff Parker :
guitars / Paul Cornish : piano / Larry Grenadier : bass / Brian
Balde : drums.
Don Was : production
En général je n’aime guère me précipiter sur une « nouveauté » très
médiatisée, mise en tête de gondole, genre album de la semaine.
J’attends les semaines puis l’engouement passe et je m’y mets en ayant pris
soin de mettre l’album sous cloche pour ne pas l’oublier.
Dans la voiture, rare mais pas mal quand on fait de petits trajets, la radio.
Radio Classique et Jazz & Soul Radio, selon l’envie et à la pub, on change.
Là, coincé entre un bon vieux jazz swing et une incartade groove, on annonce le
premier album de cette artiste : Gabrielle Cavassa et sort dans
l’habitacle la célèbre chanson de Bacharach qui fut un tube sous les paroles
françaises de Sacha Distel (« toute le pluie tombe sur moi »).
Tempo rétrogradé lent au possible, swing de fond, son de la prod moelleux tant
que lumineux et voix qui devient absolument indispensable en l’espace d’une
poignée de secondes tant son expression est palpable.
Je rentre, je fonce dans l’espace où la musique est reine et je mets l’album.
M… bientôt l’heure du repas, qu’à cela ne tienne, je mets le casque et pars
éplucher mes légumes.
La préparation culinaire fut longue car difficile d’imaginer sortir de cet
album qui enveloppe, envahit l’esprit de douceur, de plénitude, de réflexion et
d’une forme de blues en mode spleen aussi.
Un album où, dit-elle, elle explore la coexistence de l’ange et du démon.
Une musique introspective qui m’a fait réfléchir à cette attirance que l’on a
envers ces espaces intimes, chargés de nostalgie, de mélancolie, d’une forme de
tristesse pudique mais tangible …
Et s’y complaire en tant qu’auditeur, mais aussi souvent, en tant qu’artiste.
Les affres de la vie sont plus source d’expression que le bonheur de celle-ci.
Alors on s’enferme, on se mure dans un monde de complainte, de tristesse et
parfois même de douleur… et curieusement on y est… bien.
Gabrielle chante aussi en italien (« Angelo »), mais cet
ensoleillement de langage n’efface pas ce sentiment de relative noirceur qui
émane de l’album.
C’est bien là que j’ai dû arriver désirer en sortir, en réalisant
potentiellement cela.
Cette empreinte était tellement hypnotique et attractive.
Quoiqu’il en soit, voilà une bien belle nouveauté et les artistes qui ont
participé au projet, dont les noms sont dans une sorte de Panthéon du jazz
moderne ou actuel si vous préférez, peu
importe, lui donnent une dimension personnelle et qualitative indiscutable.
Et la production de Don Was est à noter, illustrant parfaitement à la mise en
ambiance sonore de ce projet.
Une évasion en forme d’addiction.
Une sorte de beauté à l’état pur.
Diavola
- YouTube
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NAMAS : « Tonight » | Dooinit Music 2026.
Gaël Bourgeault : grand piano, upright piano, fender rhodes, keyboards |
Leo Debroise : upright basse | Victor Duboir : drums.
Keysuna : voice on « don’t rush ».
Ils sont rennois, on n’en saura pas plus.
C’est notre nouvelle scène jazz française j’aime à le penser et penser avec ça
que chez nous, elle puisse être, exister, créer et vivre, réellement de sa
musique.
Ils sont jeunes, nourris de jazz, de hiphop, de funk, de technologie, et de
tant d’autres de ces choses qui leur sont naturelles et générationnelles que je
ne vais pas les citer ici.
Et ils abordent la musique, leur musique avec toutes ces « données »
qu’ils ont en eux.
Gaël est un pianiste qui ne fait montre de virtuosité inutile, son jeu est
d’une forte limpidité, inspiré et sensible. S’il est rythmique il n’envahira
pas avec cet axe mais le garde sous le capot.
Il aime à faire tourner des motifs (« tonight »), comme un Jarrett
aime à le faire, il aime profiter de la richesse du piano. Il joue avec
subtilité de son Fender Rhodes et l’enveloppe d’effets qui en transcendent la
texture et élargissent son jeu.
Il est un claviériste subtil, pertinent, pointu et qui sait mettre en exergue
ses compositions – car, chose encore plus captivante ici, nous sommes face à de
la création et en ces temps d’éternelles reprises, covers et autres sucreries
remodelées où la surprise n’est que superficielle, se trouver face à un album
conceptuellement agencé, ça fait du bien.
Ecoutons donc le titre « FY » avec tant ses textures que ses
organisations rythmiques, son développement, son thème, en question-réponses,
ses jeux de rôle et on aura tout de suite une idée de la force attractive de ce
trio.
Avec lui, Léo, solide pilier qui se pose là où l’écriture l’impose, qui groove
quand cela le dicte et fait se souder le tout car nécessaire.
Et Victor, batteur qui structure et déstructure son jeu, tel que cette nouvelle
école drummistique (on en a parlé dans des albums précédents) l’insuffle.
Particulièrement lisible dans « don’t rush » qui présente une
drum-part d’une écriture très inventive, surtout dans ce cadre song.
Une pochette étrangement ordinaire, qui rappelle oh combien l’environnement
urbain peut être enfermement ou inspirant et une musique qui se découvre, sort et
s’échappe de cette brume citadine comme un rêve et qui éveille l’esprit et les
sens (« eleven » - mais quelle composition !).
Un album ingénieux, créatif, à la sensibilité artistique qui ne peut laisser
insensible (« 735 »).
J’ose imaginer la magie que ces trois-là déploient sur scène.
Namas - YouTube
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Trois albums.
Trois univers là encore à explorer, découvrir et qui ont cette étiquette
« jazz » qui revêt tant et tant de pluralité.
Des anglais, une américaine, des français.
Des identités bien affirmées et des projets artistiques et créatifs qui le sont
tout autant avec des choix de présentation et de production qui collent à leurs
musiques.
Selon l’envie et l’humeur vous trouverez là largement de quoi vous ravir et
vous dire que on n’en a pas fini avec… le jazz, tant il est en capacité de se
renouveler, de renaitre, de toujours exister et d’être encore et encore un
moteur puissant à la création.
Quel plaisir cette dame, cet album et surtout cette voix. Je t’ai suivi sans me préoccuper d’autres avis, positifs en général, j’ai même tremblé sur certaines interprétations si chaudes et lumineuses tel « Be My Love » que je ne connais que de « Mario Lanza » pour passer d’un Elvis Presley Tenor à sa version si troublante, le temps qui ralentit. J’adooooore.
RépondreSupprimeroui, un bien bel album, qui s'écoute lentement et paisiblement.
Supprimermagnifique
Soul , funk and more.. ce trio distille une musique plaisante , et on se croirait 50 ans en arriere, sur une scène ,ou sur une musique de film de série américaine. La comparaison s'arrête là ,car le niveau d'impro,l'idée des thèmes, le jeu pianistique est bien à la hauteur
RépondreSupprimerDe leurs ambitions...proposer un jazz différent .
Certes ce trio reprend certainement les influences de Steve, bien que, Chris est l'élément mélodique ,celui sur qui repose la revisitation,,la trame de ce projet.
Plus qu'agréable à écouter dès le premier titre cette musique,bien ficelée,avec un emballage sonore qui ne laisse pas indifférent, nous emmène dans l'univers de ce trio aux racines bien ancrées,
Je dirais que Gabrielle chante avec la tristesse qu'avait Billie holiday dans sa voix...il me semble même entendre des intonations de Billy ( sur la fin des phrases de prisoner). Après je me dis que chanter raindrops sonne forcément mélancolique et que ce choix correspond bien à sa personnalité. Cet album aux accents plaintifs
S'écoute , mais il entre en nous une part de cette
mélancolie, voir de la tristesse..Une voix sublime
qui devrait s'essayer sur all of me, on the sunny ,pour gommer cet aspect comme tu le dis de noirceur,et montrer l'étendue de son talent.On compte sur toi pour suivre les prochaines sorties de Gabrielle.
Comme tu l'as suggéré, j'ai écouté FY,en premier et bizzarement,j'ai pensé de suite à chameleon, à ses sons de synthè de l'époque , il y a même un peu de Herbie dans le solo de piano, enfin c'est une impression..Car en fin de compte il y a dans cette musique des idées, des notes posées, répétées, accentuées...ça interroge, et
a part untitled, ou je n'ai pas accroché le reste de l'album s'écoute avec attention.cette musique a un truc en plus, c'est l'ambiance , la simplicité, le temps pris pour développer une idée, il y a de l'évidence dans le développement,et tout cela fait que Gaël a un talent novateur. Je dirai même,en exagérant un peu, qu'il y a du subliminal dans l'expression, à l'image de la pochette...il y a ce que vous voyez, et derrière ce que l'on devine,mais qui se construit pour devenir réalité.
Merci pour ce retour qui à chaque fois complète l'article avec tes impressions d'auditeur averti.
SupprimerAvec tout ce qui sort on ne sait plus où donner de la tête car maintenant même en classique on découvre des compositeurs oubliés, retrouvés, etc.
En jazz, en plus comme je suis régulièrement l'actu via qobuz mais aussi mes disquaires en réseaux des villes du monde entier (NY, Tokyo, Berlin, Paris, Londres, Vienne, Lisbonne ou Barcelone mais aussi LA et Rio, Amsterdam ...), faut écouter, aimer, s'interroger et trier puis trouver le temps d'écrire...
Le temps...
Oui, ces trois albums sont vraiment intéressants et offrent de belles pistes et perspectives. Le jazz est toujours vif et actif, ça en tout cas c'est une très bonne nouvelle.
à +