QUAND LE JAZZ EST LA (05) … George Benson, Freddie Redd, Patrice Rushen, Junior Mance, Harold Danko, Ernie Henry

QUAND LE JAZZ EST LA (05) …


Ils ont été disséminés dans mes dernières chroniques, au milieu d’autres albums.
Allez, pour cette rentrée, on va reprendre le chemin du jazz et ça va swinguer – oldies de rigueur.
Des albums, pour le coup impossible de se contenter de simples … titres.
Et comme j’ai mis le jazz de côté cet été, en voici six de ces albums.
Régalez-vous y’en aura pour tous les goûts.

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GEORGE BENSON : « The New Boss Guitar » | Prestige 1964.
George Benson : guitar
Red Holloway : tenor saxophone
Brother Jack McDuff : piano, organ
Ronnie Boykins : bass
Montego Joe : drums
Joe Dukes : drums on « My Three Sons ».

On va commencer par le tout jeune George Benson (21 ans), son « premier » album semble-t-il.
Il est bien entouré et sous l’aile de son mentor, Jack McDuff.
Celui-ci lui déroule un tapis écarlate et George le foule à pleine guitare.
Il y sera tour à tour, inspiré, sensible, subtil, énergique et bien sûr (et déjà...) débordant d’aisance et de virtuosité.
Des titres avec Jack qui semble avoir pu troquer le piano et l’orgue pour les congas (cela reste à vérifier) laissant le trio guitare, basse, batterie avec le ténor s’exprimer.
D’autres où il reprend ses claviers – avec son brio légendaire.

Cet album est tout simplement enthousiasmant.
La juvénilité de Benson qui est volubile, comme le serait un gamin entrant dans une aire de jeux où tout est possible, est plus que palpable.
Red lui rend la pareille. Leurs dialogues sur toile de blues sont d’une franche complicité et ils s’amusent – rendant ainsi la musique « facile ».
Il faudra attendre un peu pour que Jack empoigne son orgue et là… c’est un peu comme le moment sublime qu’on attend tous en voyant son nom.
Ce sera le décollage plaisir immédiat - « The Sweet Alice Blues » - avec cette basse ronflante, ces voicings en mode section qui s’installent pour booster George qui n’en avait pas tant besoin que cela, déjà surexcité par les sessions.
Et ce solo d’orgue…

Cet album est un pur moment de jouissance musicale.
Il est profondément « physique », installé dans le blues le plus véritable et véridique, c’est du pur jus, sans fards, directement envoyé, immédiat et organique.
Ouvert à l’improvisation et au partage.

Commencer par cet album la chronique c’est présager le meilleur et d’ailleurs sera-t-il le meilleur moment de tous ceux qui viennent ?...
A vous d’en apprécier le questionnement.

A noter les titres se terminent souvent en fade out, ce qui était assez inhabituel à cette époque où l’on soignait ses intros et ses codas, prouvant par là que les impros devaient durer et que l’esprit jam était omniprésent obligeant à ce fade, sinon le compteur temps aurait certainement explosé …

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FREDDIE REDD : « Shades of Reed » | Blue Note 1960.
Freddie Redd : piano
Tina Brooks : tenor sax
Jackie McLean : alto sax
Paul Chambers : bass
Louis Hayes : drums

Pas spécialement connu ce Freddie Redd.
Il a pourtant accompagné Mingus en tournée, mais s’est surtout fait connaitre pour son travail à NY avec Jackie McLean (partenaire ici) pour la pièce « The Connection » / 1960 – Jack Gelber.
C’est dans cette période fructueuse pour le pianiste que va sortir cet album.
C’est un album dirais-je pur hard bop et encore trempée du be-bop (encore merci Bird d’avoir influencé tant et tant d’artistes – « Swift » et son stop chorus de McLean caractéristique comme sorti de « Night in Tunisia »).
Le jeu soliste de Freddie Redd y est d’ailleurs encore très installé avec cette caractéristique, dans les titres enlevés, de peu de voicings en main gauche mais de tracé de basse harmonique en octaves. Un jeu pianistique qui fait quelque part fi du walking de la basse qui laisse deviner le chemin harmonique alors que cette « sécurité » de main gauche permet de rester dans ce qu’on pourrait cibler comme le cadre (« The Thespian » - « Swift »).
Mais très vite le blues purement jazz en langage et en insistance de titre (« blues-blues-blues » - « Melanie ») va reprendre le dessus, laissant la verve des saxophonistes s’épancher. Tina Brooks, peu connu du public et certainement adulé des amateurs de pépites jazz prend là un superbe solo qui sera un excellent prélude à celui de Jackie McLean. Quand à Freddie, le blues (et le tempo médium) lui fait revenir à des voicings plus courants, ce qui allège quelque part son jeu et permet un beau solo.

Le reste de l’album est à l’image de ces deux premiers titres, augmenté de bonus tracks , désormais habituels, mettant en avant des prises alternatives non choisies à l’époque au regard du format 33 tours.
Il est à noter que c’est Freddie Redd qui compose tous les titres de cet album, ce qui n’est pas anecdotique là où l’usage était tout de même tourné vers un gros pourcentage de reprises de standards en mode blues ou issus du great american songbook.
C’est aussi en cela que cet album est intéressant car il propose une originalité doublée d’une personnalité qui nous fait faire un pas de côté rapport à la production habituelle de ces années magiques du label Blue Note.
Mention spéciale pour l’écriture arrangée des deux saxs, travail précis et d’orfèvre.
Et j’ai découvert là Tina Brooks, et c’est du lourd.

Les amateurs de jazz l’écouteront avec une attention particulière pour y découvrir l’artiste Freddie Redd, peu connu et qui mérite pourtant d’être réhabilité (on entend dans son jeu cette école mingusienne et aussi un peu de Monk ainsi que cette idée de composer non uniquement pour l’axiome jazz mais avec l’axiome jazz).
On note aussi la présence toujours inspirante de Paul Chambers qui, avec Louis Hayes (au drumming subtil), symbolise une forme de perfection du rôle de contrebassiste dans ce jazz post bot bop et hard bop.
Et chacun de ses solos est un petit moment de grâce (« Mélanie »).

Plus qu’anecdotique… et l’album (sans les bonus tracks) se termine en beauté par cette délicieuse composition : « Just a Ballad for My Baby » (une bien belle dédicace).

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PATRICE RUSHEN : « Before the Dawn » | Prestige 1975.
Patrice Rushen : keyboards
Lee Ritenour : guitars
Charles Meek, Tony Dumas : bass
Leon Ngudu Chandler, Harvey Mason : drums
Nate Alfred, Kenneth Nash : percussions
Hadley Caliman : tenor sax
George Bohanon : trombone
Oscar Brashear : trumpet, flugelhorn
Hubert Laws : flute, alto flute

Ce sera notre seul « écart » sur le côté du swing et de ses déclinaisons.
Les amateurs des Headhunters de notre cher Herbie vont s’y retrouver, là tous en chœur.
Et ils vont comme moi, s’émerveiller qu’une telle alternative puisse exister avec une approche identique mais forcément un jeu sensiblement différent.

Patrice Rushen, cette artiste qu’a découvert mon ami Aissa dans les sessions d’accompagnement des célèbre Aebersold, est tout au long de ces plages absolument fabuleuse.
De jeu, de rapport instrumental, d’usage des synthés, de funk avec le Rhodes, qu’elle sublime – elle, qu’on a plus familièrement l’habitude d’étiqueter funk à la sauce discoïfiée, vivifie ici, avec un groove et un feeling qui dès le premier titre épate, tout ce « Before The Dawn » - album carrément addictif.
On y remarque aussi le jeune requin des studios, Lee Ritenour qui se clone WahWah Watson, Ray Parker des grands jours du Herbie Hancock Group et le lascar a trouvé là une chaussure dont la pointure lui est idéale.
Ngudu, Harvey Mason sont les piliers de cette plongée au cœur du funk mâtiné jazz et le jeu des bassistes Charles Meek ou Tony Dumas qui leur collent au beat est imparable.
Les sections cuivres n’hésitent pas à standardiser le style, on n’en attend pas moins et c’est jubilatoire (« What’s The Story » qui serait un pont entre le funk de Herbie et celui du George Duke de « Reach for it »).

Invité de luxe dont l’instrument est un bel illustrateur de ce genre musical typiquement seventies, Hubert Laws est sorti des studios CTI pour filer un coup de flûte véloce et aérien à la jeune Patrice pour quelques déviances où le latino sambaïsé, réoriente cette donnée funky clairement affichée. Le titre où il est éclairant, « Jubilation », est ici porté comme une tenue parfaitement ajustée à un mannequin fashion, il lui va comme un gant et permet à Patrice de nous émerveiller au piano.

« Before The Dawn » très hancockien d’écriture (cf « Butterfly »), avec son mini moog qui vocalise et ses cuivres à l’écriture moderniste, modale et ample installe une ambiance des plus magiques (le ARP String Ensemble, fétiche qui nappe…) et George Bohanon y fait rutiler son trombone (me rappelant quelque part l’album « Crosswind » de Billy Cobham) – une composition remarquable pour un solo de Rhodes traficoté chargé d’un feeling à fleur de peau.
Et « Razzia » pourra aisément réorienter l’écoute vers un sentiment où des restes de jazz-rock ne peuvent pas encore s’évader du cadre (et Lee y prend une place non négligeable) – mais quel titre incroyable pour conclure un si bel album ! …
(Le solo de Patrice est ici encore une fois, redoutable de maitrise, d’énergie, « d’action »).  

La pochette est bien sombre (bien qu’aux couleurs qu’évoque le Rhodes) pour une musique qui m’apparait comme éminemment lumineuse, pétillante, sautillante et réjouissante.
Un album où certes l’on pourra inévitablement se faire des parallèles référentiels, mais au-delà de ces évidences d’influences, il a sa place, en soi et ce, sans aucun doute possible, parmi les incontournables du genre et il devrait même figurer dans leur liste.

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JUNIOR MANCE TRIO : « Live at The Village Vanguard » | JazzLand 1961.
Junior Mance : piano
Larry Gales : bass
Ben Riley : drums

Alors lui, il a une carrière qui impressionne…
Il a abandonné ses études de médecine pour aller vers sa passion, le jazz.
1947.
Il entre chez Gene Ammons et c’est parti pour lui.
Lester Young, Sonny Stitt, Dinah Washington, Cannonball Adderley, Johnny Griffin, James Moody, Art Blakey, Dizzy Gillespie…
Il a également été professeur à la New School of Jazz and Contemporary Music et a eu, par exemple, comme élève un certain Brad Meldhau …

Mais être sideman ou prof … c’est bien joli, pour autant, de temps à autre avoir sa formation en tant que leader c’est tout de même le rêve de tous ces artistes de sessions (je crois pouvoir en attester).
Le jardin secret…
Il va donc créer son propre trio dans les années 60 avant d’évoluer vers le blues en accompagnant par exemple Joe Williams et s’orienter vers des esthétiques plus funky.

On l’a situé.
Rien de tel qu’un bon gros concert enregistré dans le lieu mythique du Village Vanguard (tapez le nom de ce lieu et une foultitude d’albums enregistrés live en ce lieu apparaitront – Bill Evans, Trane etc.) pour jauger de la verve et de l’inspiration d’un-e artiste jazz.
C’est sans filet et le haut lieu oblige à donner le meilleur.
C’est le cas, ils sont en forme olympique, au taquet, balancent plein jus un répertoire où le blues standard ou assimilé (« 9 :20 Special ») est maitre de cérémonie et ils s’en donnent à cœur joie.
L’ambiance de club est sans équivoque, ça cause, parle fort même, tintements de verres, cliquetis de couverts, frénésie de bar – et ça c’est aussi le truc que j’aime à percevoir, à constater.
Le trio est là, le public fait sa vie.
Junior grogne tel un Jarrett dans son piano, il envoie …
On est bien loin de ces « nouveaux » jazz clubs à la française où un public « de sortie » et fringué tel, en mode Rotary Club/Lions Club vient poser son c… sur chaises alignées, autour de tables dignes d’un grand hôtel onéreux, applaudissant de façon obligée par clapotis embourgeoisés et où le « chut… » est légion.
Ici il y a la vie, le monde, l’ambiance et l’atmosphère d’un club où la musique est réelle, là, palpable, présente et où la sueur, l’alcool, le don de soi font partie vivante du lieu et de sa musique.
Alors je ferme mes yeux, j’entre dans ce Village Vanguard, virtuel comme un rêve éveillé.
Je me sers un vrai whisky, je pousse la hifi et me voilà parti vers la stratosphère du jazz, du vrai, de celui qui est là, vivant, avec cet album dont cette vivacité captée en instantané est juste témoignage.
Et ce trio – mais quel niveau d’implication !
Ça joue, là, comme on dit maintenant…

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HAROLD DANKO : « Stablemates » | SteepleChase 1998.
Harold Danko : piano
Rich Perry : tenor saxophone
Scott Colley : bass
Jeff Hirshfield : drums

On va aller vers un jazz plus moderne maintenant avec de pianiste dont j’ai le souvenir en sessions en particulier en big bands (Chet Baker, Mel Lewis, Woody Herman mais aussi avec Gerry Mulligan et Lee Konitz) – j’ai nombre de ces albums en K7, Cd, Vinyles où il est présent.

Un pianiste de Big Band c’est quelqu’un qui a un sens de l’écriture, de l’arrangement et qui installe un langage d’improvisation autour et avec cette dimension, cette attitude musicale.
Cela s’entend ici, dans ses ponctuations, derrière, autour et avec le soliste Rich Perry, une sorte de prolongation sonore en douceur et moelleux d’un certain Stan mais aussi de Ernie Watts.
Ce jeu très réfléchi, ce même en improvisation, on le décèle dès son solo de « Con Alma », ce titre composé par Dizz, réaménagé ici version quartet.
Alors on sait vers quelle direction musicale sera tourné l’album et au fil de ces standards puisant large, de Benny Golson (« Stablemates », thème absolument magnifique de ce compositeur, sorte de pendant à Wayne Shorter) à Chick Corea (superbe version de « Windows », trop peu joué et formidable à retrouver glissé-e ici avec un accompagnement pianistique quasi debussyste par moments et un ensemble qui respire …), en passant par Herbie (« Dolphin Dance » comme suspendu dans l’espace) et l’incontournable détour Miles période quintets (« Solar » à l’intro volontairement hasardeuse, « Seven Steps to heaven » qui tente de se débarrasser du cliché du solo de batterie en le gérant autrement et où Danko se met en retrait sur le solo de Colley puis, quel solo de piano en octaves, magnifique).
C’est sans oublier Mingus (« Nostalgia in Time Square ») et Thad Jones (avec là aussi un titre d’une grande élégance : « Quiétude » où il faut tendre l’oreille vers le jeu up du bassiste Scott Colley s’appuyant sur le jeu saupoudré de balais de Jeff Hirshfield).

Ici tout est subtil, d’une grande classe, c’est pesé, pensé, clairement exprimé et d’un abord aisé, avec pourtant un répertoire très exigeant et peu simple ni commun.
Une section basse batterie précise et à l’écoute tout en ne s’écartant pas vraiment de sa fonctionnalité.
Un soliste sax ténor souple, expressif et inspiré.
Et le leader au jeu d’une grande richesse à tous les degrés de ce qu’exige le jazz de ce registre de valeurs.

Pas que pour les amateurs en mal de découverte, mais une vision d’un jazz moderne post hard bop pour tous…
Un pur régal qui a fait mon moment jazz au retour d’une soirée en trio .. jazz … justement, comme quoi.

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ERNIE HENRY OCTET : « The Last Sessions » | Riverside 1957 – Fresh Sound Records 2011.
Ernie Henry : alto saxophone
Benny Golson : tenor saxophone
Lee Morgan : trumpet
Melba Liston : trombone
Cecil Payne : baritone saxophone
Wynton Kelly : piano
Paul Chambers, Wilbur Ware : bass
Philly Joe Jones : drums.

Le son âpre, sec et serré ne laisse aucun doute, ça ne date pas d’hier.
Le grand intérêt de ces enregistrements réside en cette écriture pour octet et les musiciens pour lesquels ces arrangement ont été réalisés.
Entre Lee Morgan, Benny Golson, Wynton Kelly, Paul Chambers ou Wilbur Ware et Philly Joe Jones, on se retrouve face à un florilège de noms prestigieux.
Et les différents standards ici présents présentés sous l’écrin luxueux de l’octet, s’inscrivant entre la vigueur du combo et la masse du big band, prennent ici une couleur particulière.
L’écriture révèle une approche qui pourrait presque s’apparenter à celle de musique de chambre, adoptant des pratiques semblant sorties de l’écriture « chorale » classique (« Melba’s Tune » dédié au tromboniste) où les voix se croisent à l’horizontal pour redessiner l’harmonie plutôt qu’intervenant en groupe de sections instrumentales sous la forme de riffs.
Ces écrits encadrent les sorties solo qui apparaissent de façon relativement non convenue avec lesquelles ils dialoguent, interagissent, participent en les soutenant parfois.

Le leader, altiste est un saxophoniste habile à l’influence – époque inévitable – parkérienne quasi évidente (« Specific Gravity » - à s’y méprendre par moments dans ce phrasé aux incitations blues) et il a avec lui tous les bons amis pour dialoguer, partager et transformer ces moments cadrés par l’écrit en un parallèle jam qui réjouit.
Philly Joe a une très belle part d’interventions (« Stablemates »), ce qui est enchanteur, car ce grand batteur, immédiatement distinguable par son jeu et sa sonorité tant que ses petites astuces qui lui sont personnelles, est toujours un véritable plaisir à redécouvrir.
Les arrangements aiment aussi s’amuser entre les quelques styles qui commencent à s’immiscer dans le jazz, en particulier la binarité latine ( « I Get A Kick Of You » - il faut se rappeler que Bird a enregistré dans le style latin-jazz un bon nombre de titres), ce qui est également un axe d’écoute appréciable rapport à nombre d’albums de cette pré-sixties.
Lee Morgan est flamboyant, Benny Golson est inspirant, Melba Liston imposant, Cecil Payne inspiré.
Wynton Kelly est, comme à son habitude absolument parfait tant en accompagnateur qu’en soliste (« All the Things you Are ») et puis quelle rythmique, ce qu’elle soit menée par Joe Chambers ou Wilbur Ware.
Cet album est donc parfait pour conclure cette route jazz que je reprends et sur laquelle, cet été, mes doigts pianistiques, le Big Band, avec mes amis, nous avons pu jouer, ce régulièrement.

Le jazz semble revenir sur la scène et pas forcément en mode easy, mais sous bien des aspects et, enfin, le public qui est autre que celui que l’on croit « charmer » avec des chanteuses-chanteurs « à tablette » est à nouveau pris en considération par une poignée d’organisateurs et d’établissements résistant, par cette musique, à cette déviance.
Espérons que cela non s’amplifie (ne pas rêver tout de même), mais se maintienne, pour les quelques années qui vienne – car jouer cette musique qui est un privilège et nécessite une implication, un état d’esprit et un travail dédié, c’est – pour ma part en tout cas, ce qui s’apparente à une retraite où s’installer au piano ou encore diriger un Big Band, est une forme de récompense de la vie.


Bonne semaine à vous !

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