FUNNY SUMMER TWO – face B
FUNNY SUMMER TWO – face B
Il quand même temps, mois d’aout engagé, d’engager justement la face B.
Avec toutes ces nouveautés en mode vieilleries qui sont sorties, avec tous ces
albums qui font la une de tournée des festivals (les festivals, faudra aussi
qu’on en parle un jour), j’avais rangé la K7 au fond de la boite à gants ou du
vide poches comme vous voudrez.
Mais voilà, elle reprend … la route.
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01- SONNY ROLLINS : « Duke of Iron » | album « Dancing in
the Dark » / Milestone 1987
Sonny Rollins, le nom du saxophoniste très récemment parti rejoindre ses pairs
traine dans ma tête et avec lui ces titres caribéens, latin-jazz ou samba,
chaloupés, festifs qu’il faisait trainer plus que raison en festivals avec une
verve peu commune.
Alors je ressors cet album plus « pop », plus en actualité avec
l’environnement musical de cette fin eighties – dans lequel il est entouré
d’une équipe avec laquelle il tourne beaucoup.
Ils se connaissent par cœur, ils sont au service de l’immense idole du sax
ténor, encore en pleine forme, toujours aussi puissant et volubile et ils lui
offrent le tapis syncopé pour le laisser déblatérer son éternel captivant
discours. Soskin empoigne la possibilité pianistique que le maestro lui offre
et il sera suivi de Cliffton Anderson, rugueux, tonique, soutenu.
Le tandem Jerôme Harris et Marvin Smitty Smith est d’une efficacité rythmique à
prendre en exemple.
On sifflote ce thème ritournelle et on se laisse embarquer, en tordant du c…
allez, hop, direction le bar sans broncher.
02- WYNTON MARSALIS : « The Savoy Blues » | album « The
Wonderful World of Louis Armstrong » / Blue Engine Records 2012.
Tant de souvenirs à l’écoute de ce titre, morceau phare d’un groupe de jazz
Nouvelle Orléans dans lequel j’ai eu l’honneur d’officier il y a si longtemps
que ça me semble antique.
Des papys, de mon âge actuel qui m’ont tout ou tant appris sur le jazz avec ce
don de la transmission de la passion et des usages que je retrouve totalement
ici dans ce jeu de batterie aux variantes multiples mais dont le tempo collé au
tube(a-souba) est immuable.
Wynton, dans tous les genres est monstrueux, Wynton est un passeur, Wynton
transmet la mémoire du jazz et il en connait tous les infimes recoins.
C’est sa mission, c’est son crédo, c’est sa culture et il y consacre sa vie.
Alors quand Wynton prend directement en compte le répertoire ancestral de
Louis, forcément, c’est bien, forcément c’est authentique, forcément c’est
juste miraculeux.
Et c’est bel et bien ça, le swing, vous savez ce mouvement de balancier sur
lequel le jazz s’exprime…
Inestimable.
03- AL JARREAU : « Mornin’ » | album « Jarreau » /
Warner Bros 1983.
Après « Breakin’ Away », premier virage vers un
jazz-soul-smooth-groovy-tendance variété internationale, voici le simple
« Jarreau ».
Le club des requins de studio est réuni là autour de Jay Graydon qui, de
guitariste passe producteur ayant trouvé le filon Jarreau particulièrement
juteux.
Le tube « Boogie Down » à la ligne de basse synthétique chantante
comme sait le faire Al lui-même inonde les ondes – nous sommes en 1983 et même
les groupes de bal n’y échappent pas.
Oui jouer du bal et y mettre un titre de Al Jarreau – toute une époque de
possibles tout de même quand j’y repense.
Alors tu bossais tes idoles et ici t’étais bien servi en écoles entre Gadd et
Porcaro avec Abe, le fidèle bassiste d’Al.
Alors finalement tu trouvais dans l’album nombre de petites pépites jazzy-pop
comme ce superbe « Mornin’ » au pont chargé de cordes que tu pouvais
aisément réaliser avec ton DX ou ton « string ensemble » favori.
C’est bon, c’est calibré, c’est FM, c’est « rythm’n’flouze » comme
l’a épinglé admirativement Nougaro.
Et je réécoute ça avec le même, toujours le même, plaisir que quand c’est
sorti, ce, teinté d’une profonde admiration.
04- JOHN PIZZARELLI : « My Valentine » | album :
« Midnight McCartney » / Concord 2015.
Probablement l’une des plus belles chansons « récentes » de Paulo, se
prêtant au jazz puisqu’enregistrée dans un album qu’il a dédié à cette musique
qu’on sait qu’il aime.
Une mélodie envoutante, un axe bossa incontournable, un chant suave et sensuel,
sans heurts, sans excès, sans démonstratif vocal, juste naturel qui sort de la
guitare qui distille son écrin brésilien.
Madeleine l’épouse de John vient pousser ses chœurs à la Astrud, du fond de la
cuisine de l’appart.
C’est intime, c’est amoureux, c’est enrubanné d’un bouquet d’amour – c’est
chaleureux avec cette petite brise de fraicheur qui fait flotter dans l’air ce
parfum d’été.
05- URBAN KNIGHTS : « Got to Give it up » | album « Urban
Knights V » / Narada 2003.
Allez on pousse le groove d’un gros cran, y’a même Ramsey Lewis qui s’est
invité sur cette jam consacrée à Marvin.
On joue jazz sur ce beat synthétique, on a convoqué les filles pour causer,
s’amuser, boire et verre avec la section de cuivres à la Brecker … et accrocher
les micros quand le refrain entre en scène.
Une cowbell scande le tout, la ligne de basse est fédératrice, les petits
synthés émaillent le tout de quelques arpeggios cristallins.
C’est funky en diable.
Et purée, que c’est bon !
Allez choper leurs albums à ces Urban Knights, vous serez pas déçus, pratique,
ils sont sortis numérotés…
06- SPINTER : « Gavy Train » | album « The Place I
Love » / Dark Horse 1974.
Les chanteurs Bill Eliott et Bobby Purvis (Spinter), amis des Beatles et
repérés par Apple Records vont sortir ce premier album « The Place I
Love » qui sera produit par George Harrison.
Le casting qui les accompagne est plutôt enthousiasmant et représentatif du
carnet d’adresses de George.
Billy Preston, incontournable des sessions de l’époque va y être associé à des
duettistes très en vogue en les personnes de Willie Weeks ou Klaus Voorman, sur
ce titre (basses) et le remarquable Jim Keltner ainsi que Mike Kellie
(batterie) dont ce titre permet d’apprécier toute la mesure.
Il y a là également Gary Wright aux claviers ou encore Alvin Lee guitares sur
ce titre également.
George joue là nombre d’instruments tandis que Mel Collins arrange les vents.
Sur ce morceau à l’influence typique rythm’n’blues de cette époque british, la
qualité du duo de chanteurs fait mouche et on en est à se demander pourquoi il
aura fallu attendre 2015 pour que l’album qui est de la même veine que ce titre
bien pêchu, épuisé, sorte (enfin) en CD.
Heureusement le streaming est là pour réparer cet oubli et le duo ravira les
amateurs de ce rock aux caractéristiques seventies.
07- JONATHAN WILSON : « Love to love » | album
« fanfare » / Bella Union 2013.
Comme un bon vieux Bruce, sans la voix.
Comme un bon vieux Bob (Dylan) avec la presque voix.
Bon ça y est j’ai grossièrement situé.
Un combo « de base » avec Jason Borger à l’orgue, Omar Velasco aux
guitares, Dan Horne à la basse et Richard Gowen aux drums alors que le leader
chante, guitarise, pianise.
Une fin sur la désormais typique descente harmonique de « Let it Be »,
un schéma rock marqué par tous les beats sur la caisse claire qui permet
d’avancer encore et encore même quand seul le kick prend le relais sur ce
gimmick rock’n’roll guitaristique.
C’est simple, basiquement efficace et ça s’écoute bien, en tout cas en
playlist.
Cela permettra d’aller écouter l’album et qui sait de s’intéresser plus avant à
cet artiste dont les origines américaines ne font doute.
L’album ? Oui, vachement bien…
08- BUTCHER BROWN : « Backline » | album « Letters from the
Atlantic » / Concord Jazz 2025.
On classe cela où bon ça nous semble.
Smooth jazz, funk, jazz fusion – en tout cas la mouvance esthétique qui enrobe
l’album et ce titre ne fait pas de réel doute et dès ce Fender tremolo on est
en terrain connu et conquis.
Si j’ai accroché là c’est par leur reprise dans l’album du « Infant
Eyes » de Wayne – faut bien un appât. Et Wayne pour moi c’est l’attraction
obligatoire.
L’atmosphère qui se dégage de ce titre est tout ce que ce jazz actuel qui
synthétise tout et offre des possibilités pas que techniques mais aussi sonores
– et vous savez si je suis friand du truc.
On me rétorquera que ce jazz n’invente pas et plus grand-chose, on me dira que
c’est peu « original », on me dira bien ce qu’on veut, mais quand
j’écoute des artistes de ce niveau qualitatif avec ce feeling, ce groove, cette
propension à rendre tout fin et subtil, délicat et intimement groovy, chargé de
cette pulse interne et collective unique, je suis juste … bien.
Et cet album m’a fait juste ça : du bien (et réviser les tremolos de mon
émulation Rhodes).
09- THE OFFLINE : « Dans les grands espaces » | album « la
grande évasion » / DeepMatter 2025.
De Hambourg, le multi-instrumentiste The Offline (Felix Müller) offre un voyage
en mode B.O de série TV seventies et nous emmène en voyage au fil de séries
imaginaires dont les génériques, qu’il crée, rappellent ce … petit quelque
chose suranné, sépia, diapositivé, aux couleurs passées.
Un clavecin sorti de l’ombre des studios, des cuivres rigoureusement
minimalistes, un orgue qui tapisse une rythmique fondamentalement sommaire …
l’argument musical pour l’image qui lui fait un arrêt dans notre temps est
délicieux de passéisme.
Le son, la prod, l’esprit et même l’écriture sont obligatoirement vintages.
Le générique défile avec des noms imaginaires, jaunis par le temps et la
re-colorisation de la pellicule n’a cependant pas effacé les pattes d’eph, la
chemise à grand col, les bottines et la vieille Matra.
Le décor est kitch …
Et la mémoire s’éveille.
10- THE LEWIS EXPRESS : « Walk On » | album
« Doo-Ha ! » / Ata 2025.
Restons dans le vintage.
La flûte volontairement (comment pourrait-il en être autrement) un peu
« fausse » - Chip Wickham.
Le piano oldies tant en sonorité qu’en jeu – John Ellis.
Le label Ata dans toute sa splendeur et spécificité.
Ce son authentique, immédiat, roots et sans effets de mix – quasi pur et
direct.
La musique, jazzy groove, le fond reste définitivement bluesy sur cette ligne
de contrebasse qui agit en fondation et autour de laquelle la batterie tourne
sans s’échapper réellement du beat.
Ambiance cocktail garantie – à tenter avec Mojito.
11- CHIP WICKHAM : « Rebel N°23 » | album « Shamal Wind »
/ Lovemonk discos buenos 2018.
Tant qu’à terminer on va rester avec ce flûtiste – la flute avec cette chaleur
donne toujours un sentiment de fraicheur.
L’envie de découvrir plus avant ce label (Ata) et surtout les artistes qui en
sont issus, car là, franchement, ça joue (ce solo de Fender Rhodes est
enthousiasmant – Gabri Casanova en guest sur l’album).
Chip est un voyageur, il a posé ses valises à Madrid et a enregistré ce
formidable album avec un groupe espagnol de haute volée (Ton Risco /
vibraphone, David Salvador / contrebasse, Antonio Alvarez Pax / batterie, Phil
Wilkinson aux claviers pour l’ossature avec le percussionniste David el Indio
et Matthew Hallsal à la trompette en invité).
Son jazz oscille entre groove, funk et spiritualité et ses compositions son
véritablement inspirées et inspirantes.
Un artiste qui clôt cette dernière face et qu’il va falloir aller découvrir, mais
je pense qu’à l’issue de ce titre c’est la première chose qu’on se décide à
faire, il « parle » de lui-même et suscite un intérêt instantané.
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Bon, la chaleur n’exclue pas malheureusement les excès incendiaires récurrents et
si le mode détente à l’ombre - qu’on se garde bien de partager, à la piscine ou
à la mer qui sont les seuls espaces de rafraichissement en attendant la petite
possible brise du soir (mais qui justement attise les feux de broussailles et
forêts) – est de mise, on reste sur nos gardes …
Le département du Var est une destination prisée, touristiquement variée tant
que festive et multiple.
Un petit paradis à multiples facettes dont je ne pourrais désormais plus
vraiment me passer.
Mais chaque année, volontaires ou non, les incendies et leurs flammes parfois
meurtrières s’imposent comme la chape de plomb et de chaleur inévitable sur la
tête et l’âme des habitants, des « locaux », dont je suis désormais.
Alors on sort, on scrute le ciel et le paysage surchargé de chaleur afin d’apercevoir
la fumée, de jauger le sens du vent, à chaque passage d’hélicoptère, au
vrombissement de chaque Canadair qui accompagne le tintamarre des sirènes des
cohortes de sapeurs-pompiers.
L’envers du décor, le (notre) quotidien estivalier …
Alors on regarde le fumeur avec suspicion, on s’interroge sur la nécessité du
barbec’ et dès qu’une infime odeur de cramé s’invite … tout le monde flippe.
Allez, bon mois d’aout.
Et purée, s’il pouvait pleuvoir, juste un peu…
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