SI VOUS AIMEZ LE JAZZ … (11)

SI VOUS AIMEZ LE JAZZ … (11)


Et si on reprenait un petit verre de jazz, histoire de ne pas perdre le fil de ces playlists qui deviennent presque une manie ici et qui peuvent agrémenter votre quotidien (et en tout cas qui agrémentent le mien).

Cela nous fait au moins le bien d’oublier ou de ne pas le faire mais de relativiser, car la vie continue, une actualité chargée, toujours de guerres, toujours de combats pour les libertés (ce qui fut l’un des combats du jazz et le reste), toujours de constats de pouvoirs, d’obscurantismes.
Russie-Ukraine, Israël-Palestine, Bataclan, 11 Novembre armistice et sa cohorte d’etc.
On est face à cela, on regarde, impuissants, la haine qui chez nous, en assemblée qui n’a de nationale que le nom, est une composante banalisée, banale, ordinaire et tacitement acceptée.
On aimerait la dignité, la « hauteur », la tenue et la retenue…
Tout cela semble révolu et tout s’accélère, inexorablement, inéluctablement.
Les opinions ne sont plus, les vérités et contre-vérités s’effacent.
La révolte gronde tant que le fatalisme s’installe, l’indifférence reste mais elle n’est plus aussi régulière, linéaire. De temps à autre elle tressaute, elle sursaute, sa ligne est brisée de piques graphiques qui expriment la sortie de route du correct, du « plane », du non-concerné, du blasé.

On attend.
Que ça bouge.
Qu’il parte. 
Qu’ils agissent.
Qu’il se passe réellement, quelque chose.

Et en attendant, on se vide la tête et l’esprit avec nos passions, nos « loisirs », ce, tant que possible, de façon nécessaire, vitale tant que salutaire.
La spirale infernale de la boucle médiatique dans laquelle ils tentent de nous aspirer et qui en piège plus d’un-e ne doit pas prendre la place qu’on veut lui octroyer.
 


Ces derniers temps j’ai lu.
Et relu.

« #Beat », de Manu Katché – des mots choisis, des flashs de vie, des opinions aussi sur le vécu. Pas spécialement un grand auteur, mais un grand batteur, alors sa vie a une valeur d’expériences dont il faut s’imprégner et connaitre la réalité.

« Les Buddenbrock – le déclin d’une famille », de Thomas Mann – enfin relu et sans heurts dans le temps.
Un pavé, un témoignage, une écriture précise, détaillée à l’excès, où chaque personnage apparait comme s’il était là, devant vous, tant en traits physiques que de personnalité.
Un chemin d’embûches, de gloire et de déclin.
La vie.
La mort.
Le … « destin ».
Baroque et Wagner entremêlés cette musique romantique en BO permanente.
Une fin d’une infinie tristesse … à en pleurer.

« Lettre à Delacroix », de Tahar Ben Jelloun.
Comprendre à travers le cheminement du grand peintre, témoin artistique de passage, le quotidien d’un peuple, de son pays, de ses « coutumes », de sa religion et de sa politique.
Mieux appréhender l’Islam.
Et s’éclairer tant que découvrir un peintre résumé souvent à une seule œuvre, symbole patriotique.

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Face A.

01- RACHAEL AND VILRAY : « The Stuff » - Album « West of Broadway » / Concord Jazz 2025.
Rachael Price : vocals – Vilray : guitar, vocals, whistle – Jay Rattman : clarinets, baritone saxophone – Steve Wilson : saxophones – Warren Wolf : piano, vibraphone, xylophone – Neal Miner : bass – John Riley : drums – Adam Dotson : trombone.

J’ai parlé de cet album et de ce duo créatif aux couleurs et réminiscences revival jazz dans un très récent article.
Commencer la playlist insouciante par eux, avec leur bonne humeur, les petites touches de couleurs cartoon de ce titre, voilà qui semble idéal pour démarrer et partir ailleurs.
Ça swingue funny.
Le xylophone sautille, trille, virevolte, égaie, la contrebasse se balade nonchalamment, les anches  boisent cet automnale image de Central Park, Rachael conte et raconte et Vilray égrène sa douceur guitaristique.
Ecriture parfaite, feeling subtil, amusette qui n’en n’est pas, construction musicale avec modulation qui va éveiller et augmenter l’attractivité et ce début en récit, comme dans toute comédie musicale.
D’où ?
De Broadway of course.

02- RAY OBIEDO : « La Samba » - Album « Zulaya » / Windham hill 1995.
Ray Obiedo : guitars, keys – Micheal Spiro : percussions, congas – Norbert Stachel : flutes – Peter Hovath : piano – Marc Van Wageningen : bass – Paul Van Wageningen : drums - David Kirk Matthews : keys.

Coincé dans l’un de mes Real Books, ce titre m’a toujours intrigué et fasciné par son écriture, sa fluidité mélodique et son latin groove.
Un titre que, me dis-je, il va bien me falloir orchestrer un jour pour Big Band.
Il y a peu, je trouve l’album qui m’a remis le pied à l’étrier de « La Samba », celui d’Andy Narrell, spécialiste du Steel Drums et voilà que je me suis mis en quête de retrouver sa version originale, celle-ci.
La mélodie à la flûte est un petit paradis, la seconde partie du thème à la guitare tout autant.
L’écriture rythmique ne laisse rien au hasard et le jeu du bassiste est simplement remarquable.
Tout s’organise autour de lui et ce foisonnement percussif qui ne s’échappe jamais du titre est articulé autour de cette basse.
Solo de guitare détendu, solo de piano en mode club, qui touche instantanément, claviers de background qui tapissent le fond apportant une douce chaleur, solo de flûte aérien.
La récup’ funky (en attestent ces cocottes guitaristiques d’entrée) des bases séculaires de (du) la samba.
Tellement cool.

03- ERIC MARIENTHAL : « Unit 7 » - Album « Walk Tall » / Verve 1998.
Eric Marienthal : alto saxophone – Stanley Clarke : bass – Harvey Mason : drums – Russell Ferrante : piano – Le Ritenour : guitar.

Jazz purement hard bop pour ce titre que, curieusement j’avais découvert il y a très longtemps par BS&T…
Eric Marienthal, fraichement sorti de chez Chick Corea, saxophoniste régulier chez Jeff Lorber, devenu symbole du mouvement smooth jazz s’offre un album non parenthèse, mais d’envie de pur jazz.
Il a des « relations » et s’en entoure.
Rien qu’à la lecture des pointures qui l’accompagnent dans ce titre (l’album invite beaucoup de beau monde) on sait que le niveau sera obligatoirement élevé, sans surprise si ce n’est la certitude de qualité.
Une solide section rythmique (Clarke et Mason sont toujours fabuleux quand ils jouent le jazz de cette période hard bop), un soutien pianistique sans faille (Russell Ferrante des Yellowjackets n’a pas pu s’empêcher d’augmenter ses voicings de piano d’un layer en nappes qui apporte une douceur à la texture harmonique) et les deux solos (Marienthal et Ritenour) complètent majestueusement l’affaire.
Une île de jazz paradisiaque au milieu de l’océan des turpitudes mouvementées d’une météo instable et irrégulière tant qu’imprévisible.

04- SPYRO GYRA : « Morning Dance » - Album « Morning Dance » / Infinity 1979.
Jay Beckenstein : sax – Ted Reinhardt : drums - Jim Kurzdorfer : bass – Jeremy Wall : keys – John Tropea : guitar – Rubens Basini : percussions – David Samuels : steel drum, marimba.

Spyro Gyra, première mouture, son tube « Morning Dance » qui a sorti ce jazz oscillant entre funk et latin jazz du mouvement étiqueté jazz-rock.
On ne savait pas où les classer mais leur succès fut conséquent et les a installés sur la scène qui va devenir, lentement, mais avec certitude, « smooth ».
Le phrasé hyper fluide, non agressif, tranchant avec le tenant du titre altiste David Sanborn, de Jay Beckenstien, sorte de Stan Getz de l’alto, contrasté avec les trilles caribéens de David Samuels c’est, de prime abord, la couleur spécifique qui va coller aux basques de Spyro Gyra.
Ajoutons là une guitare (John Tropea, habitué des studios) acoustique qui mixe bossa et funk, du meilleur effet et une section rythmique rebondissante, quasi pop, presque rock Calif’, très ensoleillée et on aura l’axiome de ce groupe.
Jeremy Wall, délicat, éphémère (viendra très vite Tom Schumann), aux pianos électrique est loin d’être anecdotique, il contribue largement à cette atmosphère vacancière, paradisiaque, enchantée et doucement rêveuse.
Avec leur musique ces newyorkais se sont et nous ont offert des vacances avec juste le billet d’achat du vinyle.
Il en faut peu, parfois.

PS : obnubilé que je suis par ce groupe et ce titre je le fais encore une fois jouer en big band. Il est un « autre jazz » qu’il est essentiel de savoir appréhender, connaitre et jouer.

05- BRIAN BOMBERG : « Mercy, Mercy, Mercy » - Album « Downright Upright » / Artistry 2007.
Brian Bromberg : basses – Vinnie Colaiuta : drums – Jeff Lorber : piano – Kirk Whalum : tenor saxophone.

La lenteur originale du titre par Cannonball Adderley est rarement de mise.
Qu’importe, ici Brian Bomberg, nouveau chouchou dont tous les bassistes et contrebassistes parlent avec admiration, le reprend en tout groove et toute aisance.
Le son de la contrebasse est logiquement énorme, d’une incroyable présence, d’une densité poignante et elle prend tout notre corps.
Collé à Brian, Vinnie, devenu l’un des batteurs les plus connus, usités, plébiscités au monde (il a commencé chez Zappa, est passé chez Sting, Jeff Beck… on le croise chez Melody Gardot, Paul Anka…) offre un pur régal de sensations.
Vous le savez bien, Jeff Lorber est l’un des pianistes que je porte dans la plus haute de mes estimes, il possède un jeu jazz chargé de ce feeling soul, churchy, groovy et funky qui le rend unique. Vérifiable ici.
Pour soutenir le thème et poser un gros ténor, chaleureux et bluesy à souhait, le choix de Kirk Whalum est plus qu’approprié, un des héros du smooth jazz et ici il œuvre avec régal.

Un bon vieux standard, un casting toutes options.
Embarquez.

06- THE CRUSADERS : « Keep that same old Feeling » - Album : « Those Southern Knights » / ABC 1976.
Wilton Felder : tenor sax – Wayne Henderson : trombone – Larry Carlton, Arthur Adams : guitars – Joe Sample : pianos, keyboards – Robert « Pops » Powell : bass – « Stix » Hooper : drums – The Crusaders : vocals.

Tiens, justement, en parlant de Jeff Lorber, il a repris ce titre avec bonheur…
Allez, les Crusaders, qu’ils aient été Jazz Crusaders ou simplement The Crusaders restent à jamais gravés en moi comme l’un des groupes qui m’a fait entrer en toute simplicité dans le jazz, ses harmonies, son approche, l’improvisation à caractère blues, etc. ce, avec une simplicité déconcertante.
Cela s’est fait comme tout le monde par leur tube chanté par Miss Randy Crawford, le célèbre « Street Life » que je joue encore assez souvent et qui est un véritable attrape doigts car à chaque section, il y a toujours un petit truc, une petite astuce harmonique, un petit placement qui oblige à rester vigilent, à bien bosser son sujet et surtout qui est inévitable par la moindre ruse ou astuce.
De l’album « Street Life », happé par ces deux faces absolument incomparables, j’ai très vite écouté tout ce que les Crusaders avaient sorti et cet album où le ridicule d’une pochette de ces croisés en armures ne leur a pas fait peur est souvent apparu en haut de la pile. L’incontournable présence de Larry Carlton y étant certainement pour quelque chose.
Mais j’ai choisi d’en extraire ici ce « Keep that same old Feeling », autre fleuron que l’on trouve aisément dans les Real Books et sur lequel s’amuser à choper les petites astuces pianistiques véloces de Joe Sample est un jeu des plus ludiques.
Le thème qui se répond, les gars qui chantent en chœur une phrase qui entre dans la tête et n’en sortira jamais, les guitares cocottes, du début, Joe qui navigue en toutes eaux, Larry qui circule entre thème, douceurs sucrées avec pédale de volume et appuis délicats…
Et puis il y a ce solo de Wayne, bourré d’une intention grosse comme ça
Wilton le laisse faire, il le soutient, lui colle au train, mais il le laisse prendre place. Il a de quoi s’exprimer dans l’album.
Une fois ce titre explosant la face, il va être difficile de passer au suivant…

07- SONNY ROLLINS : « Autumn Nocturne » - Album « Don’t Stop the Carnival – Live » / Milestone 1978.
Sonny Rollins : tenor saxophone – Mark Soskin : pianos – Aurell Ray : guitar – jerome Harris : bass – Tony Williams : drums.

Alors pour enchainer on tranche.
Sonny est en grande forme ce soir-là.
Le Great American Music-Hall de San Francisco l’accueille avec un groupe particulièrement dynamique, poussé par le féroce Tony Williams qui n’a pas pour habitude d’être un simple accompagnateur.
Pour ce thème Sonny offre une longue introduction a capella où il va déployer avec un son généreux une palette des plus vastes de son immense jeu qui lui a donné le patronyme de Colosse du Saxophone.
Le groupe attend, le laisse faire et exploser le compteur des vumètres de la console qui enregistre puis ils entrent, dans ce blues bien gras, bien lourd.
Un témoignage live du grand symbole du saxophone ténor jazz, un moment cuivré, débridé.
Jazz.

08- ALAN BROADBENT : « Journey Home » - Album « Threads of Time » / Savant 2005.
Alan Broadbent : piano – Eric Miller : trombone – Scott Wendholt : trumpet – Sam Dillon : sax – Harvie S : bass – Lucas Ebeling : drums.

On va terminer cette face en sextet, en hard bop classic sur ce titre composé par le pianiste-leader ici Alan Broadbent, peu réellement connu si ce n’est des amateurs qui lorgnent les noms des pochettes pour savoir qui joue quoi. Car ce pianiste a tellement de sessions à l’actif de sa carrière qu’il serait impossible de n’en citer une plus représentative que l’autre ici.

J’aime cette formule de sextet avec trompette, trombone et sax en général ténor, sorte de Big Band de poche où les sections 1 prennent place et où l’open soliste est de mise avec des couleurs instrumentales chatoyantes et diverses.
L’arrangement de ce thème, signé également du compositeur est modernisant sans être pour autant compliqué. Le tutti final impose le respect envers ces musiciens s’inscrivant dans un projet créatif sur socle d’usages bien trempés et pour nous, familiers.
Chaleureux et si l’on prête l’oreille au trombone, quel plaisir.

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FACE B.

01- WALLACE RONEY : « Jus My Imagination » - Album « Mystikal » / High Note 2005.
Wallace Roney : trumpet – Antoine Roney : saxs, clarinet – Geri Allen, Adam Holzman : keys – Matthew Garrison : basses – Eric Allen : drums – Val Geanty : turntables – Bobby Thomas : percussions.

L’influence davisienne à son plus haut degré.
Jazz et modernisme futuriste dans le même package avec comme point d’équilibre les claviers de Geri et Adam, vintage contre actuel.
Val est aux platines et bruite diaphane.
Matthew et Eric ont ouvert l’autoroute et la harmon de Wallace poétise en traversant les paysages.
Le fantôme de Miles se dessine dans la brume, il enveloppe de son caractère nébuleux la torpeur naissante, douce et magique.
Antoine caresse sa clarinette basse, ni au fond, ni devant, juste là pour augmenter la sensation.
Mystique, c’est bien ça… le mage noir est toujours bel et bien là…

02- BEN SIDRAN : « Drop me Off in Harlem » - Album « Are we there Yet – Live in Paris at the Sunside, June 13, 2024 ».
Ben Sidran : vocals, piano – Rick Margitza : saxophone – Billy Peterson : double bass – Leo Sidran : drums – Moses Patrou : percussions.

C’est sa faute si j’ai compris que le piano bar serait un jour tant mon boulot de pianiste que ma passion.
Ce sacré Ben continue à tourner, en famille. Son jeu stride sous sa voix de conteur du jazz fait encore merveille et, flegmatique du haut de son âge avancé, il tourne pour perpétuer ce rôle de passeur.
De passage à Paris, peu de monde en salle (en atteste me semble-t-il les applaudissements certes chaleureux mais si distincts…) il offre un concert entre compositions que ses fans connaissent à la perfection et standards comme ici de Duke, qu’ils connaissent aussi sur le bout des paroles et accords (tendez bien l’orielle et vous comprendrez de quoi je parle).
Ben Sidran est indémodable, il est une image du jazz restée dans son jus.
L’humour, l’aisance, l’esprit, le clin d’œil permanent, qu’il soit physique ou de petites touches musicales, voilà encore un album de cet artiste que décidément j’aurais toujours du mal à quitter tant il m’apporte cette sensation de proximité du jazz qui échappe tant d’autres fois.

« J’adore quand vous jouez Ben Sidran » m’a dit cet été, à mon immense surprise une cliente du restaurant où j’ai joué et chanté du Dylan (Album de Ben : « Dylan’s different »).
« On est allés l’écouter à Paris, c’était magnifique, hein chéri » a-t-elle ajouté, aguichant son mari à ce souvenir et nous glissant un billet de pourboire.
Et je suis resté comme un c… quelqu’un qui te parle de Ben Sidran dans un restau, c’est totalement incongru, inédit tant qu’exceptionnel… (ça m’avait fait la même chose, y’a bien longtemps avec un titre de Hall and Oates).
Sacré Ben au sourire charmeur… il a dû lui laisser un souvenir séduisant et la regarder toute la soirée.

03- ELLA FITZGERALD : « Love i Here to Stay » - Album « The best of The SongBooks » / Verve 1959.
Ella Fitzgerald : vocals – Nelson Riddle : arrangements.

Le délice enrubanné, le bonbon qui fond sous la langue, la pureté du goût élaboré avec soin, avec précision et avec perfection – il suffit d’écouter cette période où Ella, entourée de ces orchestres grandioses arrangés par les plus grandes pointures de l’écriture orchestrale, pose sa voix satinée sur cette banquette de molesquine musicale.
Plus qu’une image, cette sensation de douceur sucrée envahissante et séduisante s’installe immédiatement et on est bien, hein, comme le disait un des présentateurs admirateurs de musique d’une certaine émission musicale d’après-midis d’un temps semblent désormais passé.
Ici le terme de the voice n’est pas une image de dortoirs collégien où l’on braille la musique à qui mieux mieux – Ella qui l’a, cette voix, est totalement représentative de cette classe, de ce luxe absolu où le blues, comme ici, côtoie les sommets d’interprétation musicale.
Une voix parfaite, naturelle, aux vibes qui prolongent la phrase, à la justesse dépassant l’idée que l’on puisse s’en faire, aux petites vocalises dont le dessin et les contours semblent exécutés par un tracé d’orfèvre et un feeling dénotant un cœur généreux, plein de bienfaisance, d’amour.

J’écoute Ella et le temps prend le temps de s’arrêter et d’arrêter un moment, le cours de la vie pour être happé par sa voix et son charisme.
Eternelle Ella.

04- HORACE SILVER : « Kindred Spirits » - Album «  Serenade to a Soul Sister » / Blue Note 1968.
Horce Silver : piano – Charles Tolliver : trumpet – Bennie Maupin : tenor saxophone – John Williams : bass – Billy Cobham : drums.

Il y a des inconditionnels de Horace Silver, j’ai un de mes amis qui l’est et qui a même plusieurs fois tenté de monter des projets musicaux Horace Silver.
Une musique particulièrement exigeante, très personnelle, truffée de multiples influences réinjectées dans le jazz et sous cette aura hard bop – une direction très spécifique, totalement originale … et très difficile à appréhender.

Nous sommes en 1968, l’Amérique (et chez nous aussi en France) est secouée de turbulences politiques. Mais Horace affirme avec cet album, s’adressant à l’avant-garde musicale jazz, qu’il ne pense pas qu’il faille laisser la politique, la haine et la colère s’immiscer dans sa-la musique. Cet album sera donc insouciant, jovial, lumineux.

Nous sommes en 68, la muse du jazz rock électrique naissant aurait pu influencer majoritairement le pianiste comme ce fut le cas pour tant d’autres.
Horace Silver va juste s’entourer de quelques fleurons qui en seront les plus grands représentants, Bennie Maupin et Billy Cobham, immédiatement reconnaissables, même dans ce contexte et qui transcendent de leur jeu cette composition modale en presque drone.
Une pièce qui est posée sur un rapport harmonique en deux sections, permettant des improvisations très ouvertes et inspirées.
Horace reste minimal et blues sur cette grille et ne s’en égare.
Comme tous les thèmes d’Horace Silver, celui-ci ne déroge pas à la règle.
Il est tout simplement magnifique.

05- DIANE SCHUUR : « East of The Sun and West of the Moon » - Album « Swingin’ for Schuur » / Concord 2001.
Diane Schuur : vocals – Maynard Ferguson and his Big Bop New Big Band.

Révélée par GRP, Diane Shuur est une de mes grandes découvertes vocales du jazz et j’y suis resté attaché.
Sa carrière une fois le label GRP abandonné a été plutôt en dents de scie, difficile à suivre.
Elle compose peu, elle s’accompagne parfois au piano et c’est surtout une grande interprète de tout le jazz et d’une bonne part de la musique afro-américaine (un album inoubliable dédié à la musique de Ray Charles).
Alors il faut se rappeler qu’elle est bel et bien toujours là, comme avec cet album où, entourée du Big Band de Maynard Ferguson, véritable cocktail explosif cuivré et brillant elle et ils parcoure-nt un florilège de standards assemblés comme une de ces playlist qui fait rêver.
En extraire un titre, c’est donc difficile, mais le swing implacable, les solistes, le jeu vocal, l’arrangement aux petit oignons, m’ont imposé ce choix.
On ne résiste pas à une déferlante de swing de la sorte.

06- BILLY HARPER : « Sir Galahad » - Album « Capra Black » / Strada East 1973.
Billy Harper : tenor saxophone – Jimmy Owens : trumpet – Julian Priester : trombone – George Cables : piano – Reggie Workman : bass – Elvin Jones : drums.

Premier album en tant que leader de Billy Harper, « Capra Black » est un disque de conscience du jazz afro américain. Chargé de spiritualité, de gospel, de negro spiritual, de traits avant-gardistes penchés vers le free (une sorte de pré David Murray) l’album démontre un véritable talent de compositeur, de futur leader.
Billy Harper n’est pas franchement connu du public, j’ai en mémoire « Priestess », un titre qui fut repris par Gil Evans et son collectif dans l’album live du même nom, basé sur les mêmes préceptes de fondamentaux éthiques.

L’intro de ce thème, sorte de rubato gospélisant sur fond de contrebasse archet et d’expression lyrique sera vite brisée par un thème hargneux, vorace, urgent qui laissera place immédiate aux solistes.
Une « construction » assez courante pour ce type de jazz posé sur le bop et le hard bop mais qui a franchi ses-ces frontières pour aller plus avant, être plus vindicatif, revendicatif et nerveux, politique.
De nombreux enregistrements d’artistes de cette époque, faits rapidement, en sessions urgentes existent, témoignages vivants de ce mouvement, de cette prise de conscience et de cette volonté d’exprimer la volonté de changement, de responsabilité politique, d’engagement social et culturel, par et avec le jazz.
Cet album en est un vibrant exemple et permet au passage de se régaler d’un solo décapant d’Elvin Jones…

07- JEFF GOLDBLUM AND THE MILDRED SNITZER ORCHESTRA : « Bye-ya » - Album « Still Blooming » / Decca 2025.
Joe Bagg : organ, arrangements – Kenny Elliott : drums, arrangements – Alex Frank : bass, arrangements – Scott Gilman, Alex King : sax section – John Storie : guitar – Jeff Goldblum : piano.

Jeff Goldblum, l’acteur (Jurassic Park, Independance Day, Annie Hall, Wicked, etc.) est aussi un formidable pianiste, défenseur du jazz et même s’il n’en est qu’un interprète, arrangeur et instrumentiste, il est en quelques temps devenu, au gré de ses sorties d’albums d’une grande classe et qualité, un représentant revival emblématique.

Cette mise en avant de ce thème de Monk, un registre soyons honnêtes trop peu usité, car très identitaire, atteste de ses extraordinaires capacités à prendre et jouer le jazz dans toute sa pluralité.
Je me retrouve ici face à Monk tel qu’il fut mis en compil’ dans un album où de nombreux artistes lui rendaient hommage (« That’s the Way I Feel Now » - introuvable si ce n’est en YouTube) et c’est un réel bonheur.
Rendre Monk tout public et abordable est un gage de haute volée et d’un recul sur le sujet du jazz, en écriture tant qu’en jeu qui impose ici le plus grand des respects.
Le thème est mis en valeur de façon conséquente et quasi humoristique, à la Monk donc, désacralisé, enfin désintellectualisé.
Chaque soliste pose sa pierre à l’édifice (quel super guitariste que ce John Storie), l’orgue et le piano sont installés en face à face cordial et complémentaire, la batterie (superbe solo ponctué) et la contrebasse sont simplement d’un soutien physique intensément exprimé et on termine le titre heureux et prêts à siffloter cette improbable mélodie, qui, de complexe et ramassée devient évidence.
« Evidence » … un autre titre monkien – pas fait exprès, ou presque.

08- AIRTO MOREIRA-FLORA PLURIM : « Partido Alto » - Album : « The colours of Life » / In+OUT 1989.
Airto Moreira : vocals, drums & percussions – Flora Plurim : vocals – Bob Harrison : bass – Michael Shapiro : drums – Marcos Silva : keyboards – Gary Meek : saxophone.

Les albums de ce duo made in Brazil sont toujours difficiles à trouver, dont un en particulier où David Sanborn est absolument magistral.
On se contentera de ce « The Colours of Life » aux sonorités encore FM eighties (le DX7 qui induit directement cette époque ainsi que le jeu total slap de la basse) et de ce titre très jazz fusion, entre Spyro Gyra, Djavan ou Gilberto Gil.
Airto et Flora je les ai admirés à Vienne, au festival.
Airto nous a gratifié de son habituel et ahurissant solo de tamborine, Flora, bien loin de ses vocalises de muse repérée par Chick Corea nous a offert un moment d’expression vocale d’une grande sensibilité.
Mais ici, restons festifs, un groove gros comme celui d’une bande de Level 42 qui se seraient accoquinés avec des potes brésiliens, un jeu vocal-percussif en onomatopées qui prend immédiatement, des breaks comme s’il en pleuvait avec des mises en place à faire pleurer n’importe quel groupe d’étudiants jazz, tant ils sont formidablement complexes et simples d’écoute. Superbe solo de ténor de Gary Meek, illustre inconnu et mention spéciale à Marco Silva qui arrive à faire groover ce son Fm souvent trop envahissant tant que sec et agressif en aigus.
Cela a été enregistré en 1987. Pour ce titre car l’album est le résultat de deux sessions d’enregistrement, le groupe, certainement, à cette époque croulant sous les dates de tournées et devenu très populaire auprès des festivals, garantissant un moment festif des plus fédérateurs.
Dès l’intro, on l’aura compris et on se sera levés.

09- EDDIE DANIELS  hr BIG BAND: « Sing, Sing, Sing » - Album « Swing Low Sweet Clarinet » / Sanachie 2000.
Eddie Daniels : clarinet with the Hr Big Band

On va terminer ce énième parcours jazz par le clarinettiste Eddie Daniels, là encore aux albums trop difficiles à trouver, qui ici rend un vibrant hommage à Benny Goodman, accompagné par un Big Band tout feu tout flamme, le HR Big Band.

Terminer une playlist avec ce swing endiablé, avec ce solo de batterie habité de jovialité, avec cette clarinette débridée tant qu’hyper précise, c’est la cerise de ce gâteau jazz.

Titre incontournable des années de gloire du swing, ce « Sing, Sing Sing » qui fut aussi célébré par le chant subit ici un gros reliefting que les puristes n’apprécieront peut être pas.
Pourtant tout y est, c’est juste que c’est « présenté » autrement.
Le duo clarinette-batterie devrait faire figure d’exemple à suivre pour savoir ce que fut cette époque bénie du jazz où cette musique était passée de l’ombre à la gloire.
Alors on se surprend à jouer de la batterie avec tout ce que sa cuisine nous met sous les mains et on va applaudir avec ce public totalement enthousiaste qui jubile en fin de parcours puis, qui sait, reprendre, mais autrement, ses activités quotidiennes.
Après cette folie qui n’était malheureusement que passagère, je vous laisse profiter de cette semaine jazz que j’ai tenté d’ouvrir ici.

Et que je vous souhaite bonne.
A très vite pour la suite de ces aventures au gré d’autres titres de cette musique que je ne cesse de sortir et dénicher.





Commentaires

  1. Je reprends grâce à toi mon éducation (rééducation ?) jazz, moi qui n'ait même pas passé l'épreuve du Bop !
    Face A :
    J'adore ce jazz cabaret de Rachael & Vilray , jazz comedy qui sent le petit bar, l'intime, le plaisir de juste chanter.
    Logiquement la suite m'est moins favorable aux oreilles, jusqu'à ce que la contrebasse m'emporte avec Brian Bomberg, puis le charisme du funk de The Crusaders.
    Bon j'ai du mal à progresser avec le bop ... mais je commence à plus facilement m'accrocher.

    Et je me réveille en face B, avec le toujours délicieux Ben Sidran, quelle classe.
    Ella, j'adore (seulement) cette période, après j'ai l'impression qu'elle se fait ensuite manger par Armstrong ou les big bands enrichis en guimauve (pour le peu que je connais ...).
    Ce Horace Silver m'interpelle, et ce n'est pas la première fois qu'il me rend digeste la complexité de ses arrangements.
    Oh ces deux bonbons que sont l'Airto Moreira et le Eddie Daniels.

    Bref encore du boulot avec moi pour apprivoiser ce sacré Bop, hard Bop, Post Bop ... et à diversifier mes frontières jazz.
    et un grand merci pour ce coaching virtuel.

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    Réponses
    1. merci de "faire l'effort".
      rachael and vilray j'ai fait un article jazz revival très récent où je parle de cet album et donc de ce duo.
      une de mes grandes découvertes jazz récentes, si classe, décontract', bref un album qui éclaire la production actuelle.
      tous les albums de Bromberg sont excellents, ce, même quand il rend hommage à Pastorius, ce qui est bien trop rare.
      Les Crusaders, ... font toujours l'unanimité.
      Ben Sidran ne laisse jamais indifférent.
      ça me fait plaisir que tu aies apprécié horace silver, je l'écoute trop peu et ne le joue pas assez, faut que j'y remédie.
      airto... là aussi si t'as le temps, ses albums solos, extraordinaires
      Et eddie daniels hyper sensibilité à la clarinette, il a même enregistré avec sabine meyers, la soliste du philharmonique de berlin dont je te recommande d'ailleurs le concerto pour clarinette de mozart, sous son interprétation. magique !
      merci.
      à très vite

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  2. Rachel & Vilray. Comme Sorgual, Jazz Cabaret, quel délice, je résiste et reste dans ta compilation, mais tellement tenté de continuer avec eux sur QOBUZ. Tu as raison sur les images, automne à New-York, jusqu’à cette pochette… Ils sont juste « beaux » comme dans un film de Woody Allen.
    Ray Obiedo : a glissé sur moi, probablement encore trop sous le charme de Rachel
    Eric Marienthal, un peu plus familier grâce à l’épisode 2 mais même si les enchaînements sont très « smooth » (traduction « lisse » mais ce n’est pas ce que ce mot et ces enchaînements m’évoquent) Je l’ai confronté à la version de Cannonball Adderley, un gros plaisir en jazz c’est d’écouter différents ressentis. Un mot me vient ? Libre ! J’avoue, l’arrivée de la guitare apporte un frisson
    Spyro, j’écris tandis que j’écoute, pris connaissance dans un autre de tes épisodes, j’avais pris aussi celui-ci sur le conseil d’un lecteur AMG. Smooth et pourtant… exubérant (je reprends son qualificatif)
    Brian Bromberg, juste génial, faut que je fasse écouter à ma dame, elle qui adore le son de la contrebasse, je connaissais ce titre par Joe Zawinul.
    Crusaders, un que je ne connais pas mais j’ai la référence comme on dit, un funk cuivre et or, pas de sueur et de la classe. Même la pochette, ils y sont hilares et du coup cela neutralise le ridicule.
    Sonny Rollins Comme tu dis, « on tranche » mais je décide de revenir dessus ensuite. Je constate que je n’écoute pas alors que cela semble inspiré. Je reste donc sur Crusaders avec de belles rencontres : Rachel, Eric et surtout Brian (déjà familier dons les prénoms)

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    1. je vois plus loin que tu t'es réservé le sonny rollins.
      oui, j'aime trancher dans une playlist histoire de bifurquer car sinon on reste endormis sur le même critère...
      les crusaders, y'a pas un album qui dénote...
      et si' t'arrives à choper la version de la samba par andy narell, ça devrait te plaire.

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  3. Sonny, j’ai bien fait, démarrage du matin et le frisson quand le groupe rejoint et les applaudissements simultanés, par contre…. Trop court.Donc Frisson + frustration, j’ai voulu en savoir davantage. Donald Byrd sur « President Hayes », et surprise sur QOBUZ, première fois : un extrait ?? Décidemment.
    Alan Broadbent, tu as raison, il faut le chercher celui-là, découverte et plaisir. J’adore cette impression d’ambiance apaisée et pourtant pleine d’énergie, cette musique qui prend son temps, belles couleurs et surtout ce climat de bonheur de jouer, de vivre.
    Wallace Roney, bluffant, bluffant, un tube soul reconnaissable puisque j’ai lu le titre. Tu nous enfonces dans de plus en plus cool. Effectivement un son marque de fabrique, QOBUZ oblige je me suis laissé emporté sur ATLANTIS et par rebond je vais me pencher sur un Wayne Shorter « Atlantis » parait-il délaissé.
    Ben Sidran, me sort de ma léthargie, toujours content de retrouver le monsieur, « Rainmaker » était touchant, ensuite par ton entremise « Old Songs.. ». Tendu l’oreille mais hélas pas distingué la salle, une enceinte de poche et soudain : ha oui, une voix qui fait le souffleur. A réécouter tranquille le soir avec un chti verre…..
    Ella sur un disque que j’adule…. Je vais y retourner tout à l’heure. Mérite toute mon attention. A+

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    1. oui t'as bien fait de t'y mettre après.
      alan broadbent, je l'ai découvert il y a bien longtemps dans le quartet west de charlie haden, il y est magistral !
      wallace roney était le digne successeur de miles. le covid l'a emporté en 2020...
      tu ne connais pas l'album de shorter atlantis ? sorti à sa rupture avec weather report il est l'un de ses plus beaux période fusion, les compos sont incroyables.
      ben sidran, à l'occas' réécoute old songs for the new depression et aussi the cat and the hat.
      ella, sublime bien sûr.

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  4. Pascal, juste te prévenir du besoin que tu me parles de ton ressenti sur l'album publié demain.
    Si c'est pas du teaser ça !

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    1. je sors de mes programmations de synthé...
      demain je vais tenter de trouve run peu de temps sinon t'inquiète j'aurais un moment ce w end, dimanche car samedi je joue.
      mais ce sera écouté bien sûr.

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  5. Ella, j’ai presque envie de copier ta section. Bien entendu elles sont nombreuses les chanteuses qui me charment, mais si un jour où les circonstances limitent les accès à la musique (tu imagines !!) j’espère encore entendre et Ella et Billie.
    Horace Silver : plus habitué à ce qu’il a fait dans « Song For My Father », mais ce jeu de piano m’émeut, après un Bud Powell, auquel il est souvent comparé ?? je trouve son jeu caressant, avec moins de … là il faut m’aider, moins de parcours de tout le long du clavier ? Fioritures ? J’écoute « Sally » et c’est grandiooose. Pour ça que je perds du temps, je m’attarde ensuite sur l’album quand la tentation est trop forte.
    Diane Schuur, tu nous avais fait connaitre « Talkin' 'bout You » (Mais vi, mais vi 2012 !!) Autre beau cadéaucouverte. Je reviens sur ce que j’ai dit sur Ella, je maintiens mais en attendant quel plaisir d’entendre ces vocaux. Et ça rutile.
    Billy Harper ? Je connais un peu… ?? Ha ben encore toi, tu avais mis en avant justement « Priestess » moins pendant le morceau, mais le début m’a fait penser (et envie) à Coltrane. Magistral. Et à son solo du milieu revient cette impression de Coltrane. ET encore Cobham à la batterie, il a été partout ce monsieur ?
    Jeff Goldblum, ha ha, au début ? Ha bon il fait du cinéma ?…. Mais quel idiot, « La mouche » aussi et tu as raison, il ne jure pas dans ta playlist…. Surtout après le géant précédent, c’était pas évident. (Comme expliqué, j’écoute, j’écris, j’écoute… j’adooore même si pas toujours réfléchi, pas le temps 😉 ) On n’oublie pas la petite pointe d’orgue toute chaude.
    Airto Moreira Flora Purim, chouette…. Pourquoi cela me donne envie d’écouter Al Jarreau ? pour ces vocalises pleines de vie, grand morceau… En farfouillant j’ai pu trouver un album en FLAC « Humble People » avec David Sanborn, Joe Farrell, c’est à cet album que tu fais référence ? Après ta playlist je vais y jeter une oreille. Si ça te dit en bitrate FLAC ?
    Eddie Daniels, pas le niveau pour faire puriste, mais la version de Goodman au Carnegie, je la connais bien avant d’écouter le moindre jazz, 1974 mon pote revenu des usa avec Aerosmith/ Get Your Wings ET Benny Goodman, me fais écouter et insiste : « Écoute le batteur, c’est quasi rock !! » Marrant cette version, avec une clarinette davantage Klzemer ou bien ?
    Avant de te saluer et te remercier pour ces chouettes moments. Je reviens sur tes lectures « Buddenbrock » un grand souvenir, davantage qu’enrichissante, je pense inspirante. J’oublie beaucoup mais je me souviens du vertige du père en lecture de la bible, soudain assailli par un frisson de révélation qui ne lui reviendra plus je crois. C’est le Thomas Mann « abordable ». En évoquant les livres qui changent la vie je fais l’apôtre de la lecture de celui-ci
    Vie Et Destin de Vassili Grossman.
    https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/la-culture-change-le-monde/vie-et-destin-de-vassili-grossman-3475601
    Un livre qui m’a un peu changé.

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    1. j'ai tout noté...
      lecture, en ce moment william, autobio de william sheller.
      captivant.
      thomas mann est lui aussi captivant, à sa manière, mais très long à lire (et là c'était relecture)...
      je vais dégotter ton livre de grossman.

      pour le reste en parlant des écoutes - m... 2012... bon ça fait un bail que j'écris sur la toile.
      ça rajeunit pas.

      bref, bon week end qui s'approche (oui cobham est dans plein d'albums et dans ses contextes où on l'attend pas comme avec james brown en second batteur)...

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  6. Nouvelle playlist,et nouvelle écoute..Que nous propose tu?...Rachel and Vilray..douceur et presque mélancolie ,du rythme mais aussi des clins d;oeil,comme ce forever never lasts,qui commence dans le style de Frankie ( under my skin ) et des 4/4 puis 2/2 efficace ..j'ai beaucoup aimé cette album aux diverses facettes'. Eric Marienthal -Unit 7 , il est évident qu'Eric est un maitre virtuose , ce que j'apprécie chez lui c'est sa disponibilité ,car on le voit trés souvent joué dans des orchestres de collèges et c'est surement ses études au Berklee collège qui le rende si présent dans ces configuratioins.Cet Unit 7 a des airs de killer joe ? Spyro gyra et morning dance ,jay a d'un seul titre renouvelé un genre , et ce morning dance frais et enlevé est un plaisir a jouer ,et trouver des idées de solo dessus nécessite des heures d'éssai,de recommencement pour sonner juste mais c'est un plaisir renouvelé. Alan Broadbent,que j'avais écouté sur un album solo ou journey home apparait ( il y a je crois un peu de silver's serenade ) avec un dessin de pochette me rappelant un cd récemment prêté par un ami pianiste. Ce gars la a un sens de l'arrangement incroyable ,comme deja signalé , sur cette séance du wdr big band ,hommage à Miles avec un solar de toute beauté,. Solar est à Miles ce que my favorite things fut à John Coltrane ,à la différence que les deux premières mesures sont gravées sur sa

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    1. salut,
      tu résumes parfaitement le choses en apportant un plus de ressenti et de connaissances évident.
      merci pour ce commentaire éclairant

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  7. Dernière demeure...je m'égare un peu et reviens après une panne de batterie.
    The sing sing sing est prodigieux mais comment peut il l'être autrement,avec Eddie Daniels, aussi à l'aise sur un concerto pour clarinette de Mozart , qu'ici en dirigeant ce Big Bang avec oh surprise un begin the beguine et surtout stompin at the savoy, répertoire du big oblige avec des idées à creuser. Ténor de haut vol donnant la réplique à joe Henderson dans le thad Jones mel lewis Orchestra,il est je crois le dernier représentant de la sax section de ce bb.redpect.
    Sonny Rollins à un tel pouvoir pour capter notre attention,que la j'ai du mal à le suivre, je reste toujours sur the bridge, j'aime cette période de renouveau obligé pour lui, l'inspiration se cherche,se trouve et
    Le miracle perdure...une autre écoute peut être pour l'apprécier.
    Billy Harper, Ben Sidran, incontournable à l'évidence tout comme Brian bomberg ou en creusant sur you tube je tombe sur cette vidéo avec Jeff lorber, Georges Duke,et... Eric marienthal.. magistral.
    Merci pour cette playlist et également pour ce rappel d'actualité, que l'on ne peut ignorer, l'espoir demeure...a Hope for tomorrow.Aissa

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    1. merci pour cette suite.
      oui cette vidéo au Namm de LA est incroyable, je l'ai regardée x fois étant un fan absolu de jeff lorber.
      sonny rollins parfois, faut suivre, moi c'est par périodes, quand je me sens je l'écoute.
      eddie daniels, je reste toujours fan de son album consacré à bird (to bird with love) et puis il faut l'écouter en big dans l'album digital duke sorti chez grp, en particulier pour son solo inimitable de mood indigo qui est d'ailleurs introduit en blue monk, comme quoi...

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    2. Effectivement superbe version, fallait oser blue monk. Justement je suis sur mood indigo,et que pense tu de la version Laurent cugny et avec surement des connaissances à toi, déjà l'autre Laurent.

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    3. La version de Laurent Cugny s'inspire très largement de celle avec Eddie Daniels dirigée par Mercer Ellington... Mais de sa part, en grand connaisseur du jazz qu'il est il n'y a pas à en être surpris, cette version est magnifique.
      Laurent De Wilde est lui aussi un érudit du jazz et j'adore son approche musicale. Il n'intervient plus sur Radio Classique et c'est bien dommage, un grand artiste. Et j'ai son bouquin sur Monk, c'est une mine ...

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