mardi 7 avril 2020

MOVE YOURSELF AND… Dance ?...


MOVE YOURSELF AND…
DANCE ?...

Pff… et il fait beau en plus…
ça se relâche un tantinet, ça veut aller s’balader, ça n’oublie pas son ‘tit papier, ça ira fureter, jogger…
Et, en plus, pour certains c’est… les vacances…
Ouai, les vacances…
Bon, en principe, les vacances, c’est quand t’as besoin de répit rapport au travail.
Bon, ici en période de vacances, c’est blindé… juilletistes, aoutiens…
Parfois au temps de vacances, y’a des familles qui s’isolent, s’éloignent du vacarme de la ville, de la société.
Pas sûr que maintenant ils verront les choses pareil.

Tiens, il parait que maintenant on va tous devoir porter un masque, même artisanal, pour sortir avec non plus le petit papier, mais le portable, appli en tête…
La semaine dernière ce n’était absolument pas utile nous matraquait-on…
Donc on nous prend pour des cons.
En quatre semaines les choses ont vachement changé (évolué ?... à part le nombre de victimes et le discours politique qui change au gré des vents et marrées covidiennes…), enfin disons que ce qui était soi-disant valable hier, ce qui était dérisoire d’avant prend parfois des angles différents.
Prenez ce 1er ministre britannique… encore lui… tout fiérot d’aller serrer des paluches, de proclamer la propagation comme une sorte de bien utile et nécessaire…, il doit se retrouver bien seul avec sa petite arrogance, sa petite autosatisfaction narcissique maintenant…
Ça n’arrive pas qu’aux autres et franchement chaque jour de plus je me dis la même chose pour mes proches, mes amis, nous-mêmes…
On ne joue pas, par vanité, avec le feu.
Quant à l’autre il les a bien trumpés, eux… lui aussi quel frimeur, quel arrogant, quel beau parleur…
Finalement on le savait qu’il était dangereux, on ne savait pas trop comment ça se déclarerait, et bien voilà, c’est fait.
Allez, on va tenter de les oublier un peu ces premiers de la classe livides devant le passage de ce nouvel examen.
Leurs réponses sur l’ancien modèle ne fonctionneront bientôt plus, ils essaient d’inventer, de gruger encore un peu, mais franchement, crédibles ? ...
Je me souviens quand ils disaient que le service public et ses agents il fallait les bousiller…
Aujourd’hui les mecs, ils sont bien obligés d’avouer que sans ce service public tellement décrié et bousillé méthodiquement par leurs soins, pour le coup, intensifs, plus rien ne fonctionnerait…

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Bon, et bien puisqu’on va encore rester un bout de temps à la maison, autant se bouger.
Y’a plein de tutos sport, de milliers de sauteurs, coureurs dans salon, faiseurs de pompes sur le net, insta…
Et si, en plus on faisait ça en musique, genre le truc qui bouge comm’y disent, les djeuns.

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Le funk, y’a que ça de vrai…
Si, si…
Tiens, par exemple, mettez vous cet album de Rufus et Chaka Khan « Rufusized » …
Si avec ça vous n’avez pas la patate pour la journée, je me demande ce qu’il faudra.
Il y a là un condensé de tubes du groupe, de leur identité devenue vintage, avec cette mouth box, cette rythmique encore syncopée pas martelée dans les marécages du disco.
Il y a là cette richesse harmonique venue du copain jazz qui prouve qu’on peut être efficaces tout en restant recherché (tiens je pense à Michael J en disant ça…).
Et puis surtout il y a Chaka, qui en met de fabuleuses tonnes, des tonnes vocales, des tonnes de plaisir, des tonnes de performance…
Elle est intarissable, genre incapable de lâcher le micro et en plus elle motive les troupes, choristes en tête dans la plus pure veine de ce truc qu’elle a forcément en elle : le gospel.
La prod est d’un soin américain limpide, chacun a sa place précise et, dans ce cadre ou ce rôle a toute latitude pour se lâcher, émanciper le truc et l’exprimer au mieux.
Le soleil est entré pour de bon…
Non, pas seulement celui de ce beau temps qui devrait nous réjouir, mais dont on n’a peut être que faire…

Celui de Chaka et de Rufus, c’est autre chose.
Il réchauffe… de l’intérieur et c’est bien certainement ce qu’il nous faut ces derniers temps… comme pour les futurs à venir.

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Tenez, un autre album que j’ai ressorti de mes étagères à vinyles, c’est « Love Jones » de Johnny Guitar Watson.
C’est sorti en 80 et c’est juste physiquement irrésistible.
Des bons gros funk bien up avec claps et tout et tout, une vraie fausse bossa reliftée groovy, une ballade se voulant country/pop, tout ça enrobé dans un groove inépuisable, magnifié de cuivres scintillants.
Bill est au téléphone, encore un bon vieux modèle vintage avec le cadran à chiffres qui tourne, avec la grosse poignée écouteurs, il a des bagouses plein les doigts, il a dû se lever et abandonner un instant la brochette de jolies midinettes venues profiter de son flouze – que voulez-vous… les affaires… .
Johnny rappe avant l’heure, les lignes de basse sont hypnose octaviées, le Rhodes éclaire en background ce dodelinement de la tête, du corps, de la nuque, des hanches... obligatoire…
Le ménage devient danse, traverser le couloir devient boite de nuit, écrire sur le clavier de l’ordi devient funky et même ce petit moment scottish va apporter une touche de fun kitch et faire se ruer vers le frigo pour voir s’il reste de quoi se faire un bon cocktail et imaginer que tout cela n’est finalement qu’un vulgaire cauchemar, qu’un truc irréel, qu’une phobie de futur d’un gros roman déprimant de SF…
La caisse claire sur-vitaminée et tendue comme des muscles en pleine action fitness ne lâche pas son after beat addictif et Johnny là aussi vocalise à qui mieux mieux, de sa voix nasillarde réverbérée à souhait, so funky.
Il joue avec les mots, avec le beat, tourne autour, le récupère, s’en éloigne, comme le chat avec sa souris…
Il décoche quelques solos de gratte, il cocotte quelques riffs, quelques lignes concoctées avec un soin lorgnant vers le pur plaisir… une musique orgasmique… ces mecs connaissent tous les points sensibles et savent les faire vibrer.
La charley s’emballe…
‘tain déjà 19h ? ...
Comme le temps vient de passer vite…

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Tu ne peux pas parler de funk sans te mettre un bon J.B (James Brown pour les intimes).
Pour beaucoup, Jaaaaames c’est « Sex machine », « Il feel good », placé en tête des playlist, des compil’s estampillées funky…
Et si…
Enfin bref, parmi mes quelques vieux vinyles de la ma « collec’ » JB, il y en a un qui me fout une pêche d’enfer, c’est « Soul Syndrome ».
Sorti en 80, tiens comme le précédent J.G Watson (un signe que j’écoutais du funk en ce début d’eighties…) il démarre sur les chapeaux de roues (J.B sur la pochette est d’ailleurs coiffé d’un magnifique chapeau de cowboy…) par ce truc irrésistible, cuivré gueulard, au sax soliste couinant comme une bande de copines en sortie de night-club tropézien, à la basse immuable et au beat de drums martelé et usiné par des experts.
Ce truc c’est « Rapp Payback », avec le fameux bridge qu’on attend tous et qui fait gueuler de plaisir depuis « Sex Machine »…
James éructe, s’époumone, coache le groupe qui réagit au garde à vous sur ses interjections, il se donne à fond, fonce sur le piano pour poser son unique plan funky, interpelle choristes, sollicite grattes émoustillées par cette ambiance festive et vindicative à la fois.
On n’en peut plus et lui, comme nous, ne savons quitter ce lieu trempé de sueur, de chaleur, de vie…

On s’est dé-confinés le temps de ce mouvement perpétuel imparable, implacable et on ne veut plus les quitter tant ils sont là, avec nous, plus que live, plus que vivants, plus que présents… ils sont là partout, en foule, en masse collective portés par ce groove en jam session.
L’envie irrésistible de se bouger le c…  de croire que c’est vraiment possible de s’oublier aussi…
J.B, c’est certainement le remède moral tant que physique à ce satané virus, lui il va tellement l’épuiser en le faisant danser qu’il va en crever !...
La face n’est pas finie, Jaaaames envoie un ‘tit « Mashed Potatoes », et les zombies qui croyaient pouvoir se mettre en ligne pour danser un paisible dernier madison collectif, fédérateur, unificateur vont finir sur les rotules, le sport version J.B c’est pas de tout repos…
Pas le temps de souffler… on n’a même pas le temps de réaliser qu’il s’agit d’un bon gros blues shuffle, bien appuyé. Ah si ? vous aviez remarqué ? ...

Excitant… vraiment… tout ça.

J.B a la banane, son joli chapeau avec la plume nous nargue. Il faut tenter la face B.
« Funky Men » ouvre l’affaire avec une de ces intros à la J.B, totalement injouable, totalement improbable et en une poignée de secondes, c’est reparti mon kiki – une basse de folie, des guitares qui se font la pige complémentarité stéréo, des cuivres nerveux, le pont, oui, le pont… et cette intro placée là, genre vous plantez pas les gars, votre salaire en prendra un coup.
Hypnotique…
Enorme !...
JB désire plus que tout son bridge il joue avec lui-même, il revendique ses propres clichés, il danse comme nul autre, il braille comme jamais – il est électrisé, surexcité, combatif, sa jouissance est évidence.
Il boxe avec la musique mais ils finiront ex-aequo, épuisés, heureux.
Orgasmique, là encore…
« Smokin’ and ‘Drinkin’ » - et oui, que faire d’autre en ces jours incertains…
C’est structuré, écrit, l’arrangement des cuivres est une tuerie.
Le rêve des Brecker… là, à portée de riffs.
On croirait qu’il y a deux Nile Rodgers qui se font la pige…
James s’énerve, il tousse tellement il s’est donné… la clope et la boisson ça ne fait pas bon ménage avec les sportifs de haut niveau.
Tu lis « Stay with me » et tu crois qu’il y aura de la tendresse, une ballade, un… « slow »…
Tu parles… James a offert au batteur un petit joujou électronique, les choristes chantonnent en whou whou sirupeux et la basse a réorienté son jeu vers les trappes du disco…
Baby !... ouh ouh ouh ouh…
Mais où est passée Gloria Gaynor ?
« Honky Tonk » sera le dernier shuffle, à la « funky good times », un instrumental conclusif pas si anecdotique que ça, faut bien faire retomber la sauce… Il nous a épuisé Jaaames.
Il sort de scène, laisse l’orchestre briller de mil feux cuivrés, il a gagné la partie, comme toujours, il reste le seul l’unique, le meilleur… mais ça vous le saviez déjà et il le savait aussi…

Drinkin’…
Bon je vous laisse c’est l’heure de l’apéro tardif…
Grace à eux je suis sorti quelques heures de la réalité et ça, c’est juste un grand merci…
Merci Chaka, merci Johnny Guitar Watson, merci Jaaames…
A très vite, sur la planète groove… celle où Macéo va de temps à autre te rejoindre pour quelques pas de côté, des pas de danse, bien sûr.


 













2 commentaires:

  1. Bon ben je connais aucun des albums mais les deux premiers m'interessent !
    Merci pour les conseils 😉

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    1. Oui, tu verras, c'est bonne humeur à la maison... et mouvements dansant obligés...
      Bizs

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